septembre 2003 - Messages
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La manière Inarritu
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Un film dérangeant, décapant, impressionnant, déroutant et je manque de qualificatif pour souligner l'apport exceptionnel au cinéma de ce réalisateur. J'avais adoré "Amos Perros" et je me suis rendu evec enthousiasme un samedi matin de septembre à la projection de ce film que le FFM présenta en première. Tout d'abord le montage et la construction de ce film nous démontre qu'un renouveau est toujours possible au cinéma, que l'on peut prendre une histoire et la façonner de manière fort différente . On ne sait trop vers où on s'en va au début tant on est déstabilisé par les images qui s'intercalent allant du passé au présent et à l'avenir. Le réalisateur réussit un tour de force à nous garder captifs tout au long de l'histoire, évidemment qu'il vient un temps ou l'on comprend mais il reste toujours une part de mystère pour nous garder captifs. Sean Penn, qui mérite grandement son prix d'interprétation au Festival de Venise, nous sidère avec son jeu toujours juste et varié, il nous fait vivre une gamme d'émotions et ce sans trop en mettre. Les autres acteurs sont aussi très efficaces et se promènent aisément dans ce tourbillon sans nous faire perdre pied. Ça fait du bien de voir un film qui sort des sentiers battus, avec un scénario qui aurait pu être conventionnel et cucul mais que le réalisateur ici traite aventureusement sans s'embourber et nous lasser. Vivement un autre film Monsieur Innaritu!
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Loin d'être ouvert...
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La culture Gai...cela existe-t-il? Avons-nous besoin de qualifier de Gai tous les événements culturels et autres auquels nous prenons part? Je ne crois pas nécessaire de s'enfermer dans des espaces restreints. En faisant cela nous ne participons pas vraiment au reste du monde. Nous nous coupons des autres. Un village gai, un festival de cinéma gai, des jeux gais...à quand la nourriture gai! Lorsque je passe dans le village je ne me sens pas bien, j'ai l'impression d'être dans une cage et de d'être dans un vase clos. Il est plus intéressant de participer à la vie quotidienne en compagnie d'une multitude de gens, de ne pas faire d'une préférence sexuelle un absolu, de s'intégrer tout en vivant sa différence. Tant que nous persisterons à vouloir nous démarquer exagérément nous ne ferons que nous enfoncer profondément dans un moule malsain. Je pense que de se mettre à l'avant-scène ne nous donne pas nécessairement plus au contraire cela augmente l'intolérance et cultive la répression. Je ne suis pas quelqu'un de secret, j'ai toujours vécu ma vie en n'occultant aucun aspect de celle-ci mais en mettant pas l'accent sur la partie privée. Ce qui m'appartient intrinsèquement ne regarde personne d'autre. Tout cela pour dire que de moins en moins je trouve justifié l'emploi du mot "Gai" à toutes les sauces. Je sais qu'un temps il a fallu défoncer des tabous mais aujourd'hui on a d'autres moyens à notre disposition et surtout on peut très bien vivre sa différence.
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La culture à Montréal
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Montréal est une ville exceptionnelle au niveau théâtral a dit Robert Lepage lors d'un interview à la suite de la remise des nombreux prix Gascon-Roux du TNM qu'il a reçu pour la saison 2002. Il voyage partout dans le monde, fréquente des grandes salles de théâtre, des metteurs en scène impressionnants et il nous dit qu'ici ça bouge beaucoup plus, que la création est très présente et qu'on doit en être fier. Intéressant. Vivre la culture à Montréal est facile et il existe un tas de petits événements quotidiens pas C'est assez exceptionnelle comme situation on a accès à une multitude de choses peu importe le temps dans l'année, l'été comme l'hiver et de la qualité en plus! Qu'on pense aux nombreux festivals, aux concerts hebdomadaires soit dans les universités ou les Maisons de la Culture, à des tournées de pièces de théâtre montées elles aussi dans le réseau desdites Maisons, d'une journée gartuite des musées, on peut visiter des studios de télévison lors de portes ouvertes, on peut fréquenter certaines salles de cinéma pour une minime contribution. À Montréal quelqu'un qui ne fréquente jamais le milieu c'est qu'il ne veut pas! On a pas d'excuse, allez on consulte Voir et on décide qu'on sort ce soir!
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Couleurs
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À prime abord c'était l'instrument qui m'attirait le moins. Je trouvais que les sons semblaient du pareil au même et je cultivais à tort des préjugés qui m'empêchaient de goûter à toute la palette que cet instrument possède. Puis, j'écoutai des oeuvres que Bach composa et je commençai à saisir toutes subtilités que l'on pouvait en tirer. J'allai ainsi de découvertes en enchantement et je ne cesse depuis d'apprivoiser cet instrument merveilleux. Les sonorités diversifées, la musique sacrée et profane nous procurent un plaisir et un envoûtement incessant. Il suffit de se laisser aller et de ne pas craindre l'immensité de sa stucture physique. C'est imposant un orgue, ses nombreux tuyaux remplissent aisément une bonne partie de l'église. Alors, qu'un festival y soit entièrement consacré tout en y incorporant divers facettes et en y mariant toutes catégories de musique est plus que bienvenu. Laissez-vous aller et oser assister à l'un des concerts proposés ou visitez-en quelques-uns et vous serez étonnés de l'attrait exercé sur vous. Assoyez-vous dans l'immensité d'une église et abonnez-vous aux réverbérations provoquées par les sons et je vous garantis un voyage intérieur palpitant.
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Une région inimitable
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Je garde de bons souvenirs de mes visites dans les Cantons de l'Est. J'y ai fait du vélo sur les magnifiques pistes cyclables en partant de Granby et en empruntant cette route qui nous fait découvrir un paysage campagnard, sauvage et ô combien beau. Quelques promenades aussi au lac Memphré-Magog, ce plan d'eau d'une splendeur a`couper le souffle! Je suis jaloux des gens qui y habitent et qui ont vue sur le lac et ses alentours. Je me vois très bien y résidant et y couler des jours et des nuits tranquilles en compagnie de cette nature douce et reposante. Les maisons ancestrales, les auberges, les chalets sont toutes plus invitantes les unes que les autres et leurs architectures est très intéressantes pour l'oeil et les sens en général. Je comprends M. Chirac d'avoir choisi cette région pour y passer ses vacances sauf que je n'aimerais pas y voir trop de touristes. J'imagine très mal les cars pleins d'étrangers y déverser et enlever ainsi la quiétude qui y règne. Je sais que c'est économiquement valable mais quand on aime véritablement on résiste à partager ce qu'on l'on aime avec tout le monde. Suis trop égoïste ?
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Surtout pour Albert Millaire
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En fin de pièce, lorsque Oedipe s'en va vers sa mort et disparaît de la scène, on comprend que sans Albert Millaire la pièce s'effondre. Je m'explique; il reste environ dix à quinze minutes avant la fin et j'ai trouvé cela insupportablement long. Je crois sincèrement que cette production souffre d'un manque de direction, ( je sais que Jean-Pierre Ronfard est malheureusement décédé mais je me dois d'être honnête) d'un manque d'unité. Albert Millaire est époustouflant, convaincant en vieil aveugle qui a souffert et qui souffre tous les maux de la terre. Il parvient à nous émouvoir, à nous embarquer avec lui dans son ultime périple. Malheureusement le autres ne m'ont pas convaincu de leurs existences, sauf François Tassé merveilleux en coryphée. Parfois, on se serait cru en pleine répétition, Gabriel Gascon cabotinant un peu, Nathalie Gascon campant une Antigone souffreteuse et pleine de "mimiques" et de tics exaspérant, Jacques Baril récitant son rôle et je n'ose écrire ce que je pense du Polynice de monsieur Legendre...Et puis, ce numéro de music-hall qui arrive tout à coup et qui a fait s'esclaffer le public, c'est d'un mauvais goût...et les chants que l'on entend en coulisse et qui à mon avis n'apporte rien à cette pièce. Par contre, la sortie d'un des personnages pour nous livrer un texte ajouté par Jean-Pierre Ronfard et qui nous fait l'apologie de la vie, vient nous interpeller profondément surtout maintenant que l'on sait la mort de celui-ci. Le savait-il qu'il mourrait ? C'est troublant de s'arrêter sur ceci, sur le choix de cette pièce comme testament, sur l'ajout de ce texte, se savait-il condamné? Reconnaît-on la mort lorsque celle-ci s'approche? Percevons-nous sa présence ? S'annonce-t-elle ? Troublant...
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Un menu copieux
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Le violoncelliste Pieter Wispelwey et le pianiste Dejan Lazic étaient les premieers invités de la saion du LMMC. Ils nous avaient préparé un menu copieux, les 5 sonates pour violoncelle et piano de Beethoven. Il faut souligner le jeu impeccable des musiciens et l'écoute et l'attention qu'ils se sont démontrés tout au long de cet après-midi. Il y avait beaucoup à écouter, tout un menu que ces cinqs sonates, un peu trop peut-être...Cela prend une concentration et un abandon d'environ deux heures de notre part et je dois avouer ne pas y être parvenu entièrement. L'interprétation n'est pas en cause, les musiciens furent exemplaires de justesse et de générosité mais il manquait parfois d'un peu d'émotion. Ça me paraissait un peu froid, précis mais sans le petit plus qui aurait pu m'accrocher du début à la fin. Est-ce moi qui l'entendait ainsi ? Je ne sais trop. Cela n'enlève rien à ce récital et à l'endurance des deux comparses. C'est juste que rendu au dessert, je n'avais plus très faim sauf que la troisième sonate, étant la meilleure à mon avis, me combla malgré ma fatigue.
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Le choeur, le soprano et Mozart
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Premier concert de la saison aux Violons du Roy. La grande Messe en do de Mozart, précédée de deux airs pour soprano et orchestre et de la symphonie numéro 38 dite "Prague". Passons vite sur la symphonie qui m'a un peu ennuyé...Arriva le soprano Sandrine Piau, une voix exceptionnelle et une artiste complète. Ses deux airs, difficiles et complètement différents l'un de l'autre, elle les a rendu avec tout ce qu'il fallait d'émotions et de techniques sans que cela paraisse. On ne sentait pas l'effort et on goûtait avec bonheur la voix qui habitait Madame Piau. Après l'entracte, ce fut la pièce de résistance de la soirée, La Grande Messe en do de Mozart. Ici, ce sont les parties avec le choeur qui ont fait ma joie. La Chapelle de Québec a réussi à rendre cette musique avec toute la solennité nécessaire sans pourtant trop en mettre. L'unité, la justesse et l'écoute étaient au rebdez-vous. Les solistes chantèrent correctement avec un petit plus du côté du soprano qui encore une fois faisait fi des difficultés et parvenait à nous ravir. Un belle soirée. Un petit bémol, est-ce que la climatisation faisait défaut? Quelle chaleur! Quel inconfort!
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Ému
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Je n'avais pas été touché outre mesure par l'attentat du 11 septembre 2003. Je me croyais sans coeur, anormal. Pourtant j'avais bien vu les avions pénétrer les deux tours et suivi les nombreuses émissions d'information consacrées à ce drame. Mais rien d'important ne se produisit chez moi, en moi. Je regardais les autres et trouvaient que leurs réactions étaient démesurées. Tout a changé depuis trois jours. J'ai acheté le roman de Beigbeder sur un coup de tête et parce-que je le voyais partout sur les étagères des librairies que je fréquente régulièrement. Ce fut le choc! Tout un! J'ai vraiment été atteint profondément par ce récit apocalyptique mais si humain, si émouvant. Je crois que cela me prenait les mots pour véritablement m'identifier aux victimes de cet acte insensé. J'en avais lu des articles sur le sujet, il y a deux ans on ne pouvait passer une seconde sans que quelqu'un en parle, mais le roman de Beigbeder possède une force d'émouvopir que j'ai rarement lue ailleurs. Je me suis identifié aux principaux protagonistes et à leurs déboires avant qu'ils sombrent dans le néant. J'ai pleuré, forcé, rêvé, disjoncté avec eux. J'ai vécu le courage, la force, le désespoir, la compréhension. Je me suis résigné et ai trouvé terrible leur destruction. Beigbeder a aussi très bien réussi la narration de son histoire parallèle, la sienne. Un grand roman nécessaire, dur, envoûtant, qui dit les vraies affaires. Il faut lire la description de l'agonie de ces gens et jamais plus vous ne serez indifférent aux désastres. Je crois que les mots ont beaucoup plus d'impact que les images. Nous sommes habitués de regarder les informations et on dirait que de voir défilé quotidiennement des images d'horreurs nous laissent de marbre mais un récit bien écrit arrive à nous émouvoir. Allez-y, lisez Beigbeder.
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Quand l'émotion est absente...
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Concert Tchaikovski, le célèbrissime concerto pour piano, que l'on donne tous les ans ou presque à l'OSM!, et la non moins célèbre sixième symphonie étaient au menu hier soir. Laplante a bien joué le concerto, sa virtusosité, son engagement, son endurance ont prévalu. L'accompagnement un peu erratique de l'orchestre ne l'a pas trop déconcentré, il faut dire qu'il le connaît bien ce concerto et nous aussi, pour paraphraser un de mes amis "je l'ai tellement entendu que je pourrais le jouer!". Pas sûr, les difficultés techniques et la virtuosité lui feraient probablement défaut. La sixième est passée inégalement, sans émotion. Ce fut comme une répétition bien rendue mais dans laquelle on n'avait pas tout donné. Je n'ai pas ressenti le frisson, la fougue, la profondeur, l'abîme que cette musique dégage. le chef, pourtant russe, semblait avoir oublié l'essence même de cette oeuvre. Il est grand temps que l'on redonne une direction à cet orchestre orphelin depuis bientôt deux ans et que ceux qui programment les oeuvres fassent preuve d'un peu plus d'audace. Je sais qu'il est difficile de concilier rentabilité et originalité, que le changement est parfois hasardeux mais il existe des oeuvres extraordinaires que l'on entend peu ou pas à l'OSM. Je ne parle pas ici de compositeurs obscurs mais il y a un répertoire immense autant du côté des concertos que des symphonies et je suis certain que tout le monde y gagnerait. Vivement un chef !
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Bien tiède
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D'abord on est conquis par cette histoire rocambolesque de petits bandits et de cette caméra-woman, par cette union irrésistable entre le bien et le mal. On y dépeint une philosophie de vie qui n'est ni mieux, ni pire que les autres. On y rit, on embarque et on aime les personnages. Puis, c'est la descente, l'ignoble violence gratuite qui fait surface et qui enlève tout le bien que l'on pensait de la démarche du réalisateur. On passe alors de la comédie de moeurs à la représentation inutile de la violence, à une quasi-apologie de ce rythme de vie. Pourquoi travailler et se forcer on a qu'à braquer une bijouterie c'est si simple de faire peur aux gens! de les agresser, de les déposséder, de les voler. Ce n'est pas le premier film violent mais ce réalisateur a toujours eu des propos pertinents et le voilà qui s'engage dans une voie que je ne suivrai pas s'il y persiste. Mais je lui prête plus d'intelligence et de bon goût et je sais qu'il s'apercevra qu'il peut faire beaucoup mieux.
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Un fim Américain
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Un film Américain comme je les aime. Un film d'auteur qui a du sens. Un film sur du monde de tous les jours, pas de canons de la beauté, de déesses aux seins opulents, de dieux aux muscles luisants, juste la vraie vie, celle de tous les jours. Le plus difficile à vivre n'est pas l'aventure, c'est le quotidien. Comment survivre au jour le jour, à la nuit après le jour, au travail ennuyant et réussir à passer au travers. Il suffit d'une maladie mortelle et nous voilà chérissant ce quotidien si souvent décrié. Harvey, ce cher artiste de la quotidienneté, sa femme, ses collègues de travail tous aussi étranges les uns que les autres, ses amis rarissimes, sa "drabe de vie", tout cela démontré dans ce film magnifique. Un mélange de documentaire et de fiction ou le personnage intervient et nous narre son existence ordinaire qu'il a transformée en l'énonçant en lui donnant la place qu'elle mérite. Ça fait du bien de constater que l'on peut s'intéresser aux gens simples et que ceux-ci ont parfois des trésors inavoués et inavouables.
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Titan & Karina
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Mahler! Un compositeur incontournable pour ceux qui aiment les symphonies. Hier soir, l'OM ouvrait sa saison avec deux symphonies du maître autrichien. En premier lieu la quatrième symphonie, une oeuvre toute en douceur, effervescente, enveloppante. L'orchestre a un peu cafouillé et je n'ai pas ressenti l'émotion qu'habituellement m'envahit à l'écoute de cette musique. Karina Gauvin a sauvé la mise en interprétant très justement l'ultime mouvement. À l'entracte je fus tenté de quitter car je n'aime pas être déçu par les exécutions des oeuvres que j'adore. Après moult tergiversations je décidai de rester et je ne regrette pas ce choix. Dès les premières mesures de la première symphonie Nézet-Séguin me transporta avec lui et ses musiciens et je connus une heure intense. Je ressentais vivement le foisonnement mahlérien et la fougue du maestro se répercutait de façon grandiose sur les musiciens. Pas la moindre hésitation dans l'exécution, pas de grande faille, juste une harmonie, une concentration qui donna une interprétation magistrale de cettte symphonie. Je suis bien content d'avoir résisté à l'envie de partir et je garderai un bon souvenir de ce "Titan".
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Il reste New-York..
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Woody Allen est un de mes cinéastes favoris. J'ai vu la quasi-totalité de ses films. Il ya des années moins bonnes que d'autres et je crois que "Anything Else" en fait partie. Je ne me suis pas vraiment ennuyé, n'ai pas vraiment embarqué, ai souri à quelques occasions et quand le film s'est terminé je n'étais pas fâché. Christina Ricci m'a exaspéré, son jeu déficient, je la sentais en représentation. Jason Biggs s'en tire mieux, étant l'alter ego d'Allen il réussit bien, frôlant parfois la parodie. Les vieux acteurs sont superbes, que ce soit De Vito en agent d'artiste qui se vante de ne représenter qu'un seul mais qui ne pourrait en faire plus, vivant même avec sa vieille mère. La mère de Ricci, chanteuse sur le retour, alcoolique, un peu nymphomane, d'ailleurs le moment fort du film, pour moi, arrive lorsqu'elle s'installe au piano et chante une chanson des années quarante. Et il y a Allen, avec son sempiternel personnage dont on ne se lasse pas. Un autre personnage important et régulier des films d'Allen est New-York. New-York vue comme on regarde l'amour de sa vie, filmée sous tous les angles. On attendra le prochain qui parviendra sûrement à nous combler.
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Le pur bonheur des mots
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Je connaissais Philippe Noiret. J'avais lu quelques romans d'Hugo. Je me suis dit " de la poésie lue par Noiret? Pourquoi pas !" Et vint le ravissement. La puissance des mots. Le bonheur de ceux-ci lorsqu'ils sont mis ensemble par un poète extraordinaire. N'oublions pas l'interprète, Philippe Noiret ne lisait pas la poésie de Victor Hugo. Il nous racontait la vie de celui-ci et avec une verve et une véracité inouies. Je suivais passionnément ces phrases, ces vers et je ne voulais pas en manquer une virgule. L'interprète nous emmenait avec lui et nous promenait d'une phrase à l'autre avec l'aisance incroyable d'un virtuose de l'émotion. Je savais la beauté des mots, l'importance de ceux-ci mais jamais auparavant je n'avais vécu aussi intensément leur résonnance. Je suis jaloux de Victor Hugo qui pouvait trouver les mots justes et les agencer de sorte que nous ne pouvons qu'y plonger avec délice. Les contemplations resteront à jamais gravées en moi et cela grâce à l'humilité de Philippe Noiret qui a laissé toute la place aux vers inimitables de Victor Hugo.
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