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Normand Paquette
Normand Paquette
novembre 2003 - Messages
27 novembre 2003, 12:25
Tradition et renouveau
Michel Plasson est un grand défenseur de la musique française et c'est tant mieux. Il est vrai que l'on entend toujours les mêmes compositeurs et surtout les mêmes oeuvres en dehors de la France. Ici, sous le règne Dutoit, Ravel et Debussy ont profité grandement du fait que nous avions un chef francophone. Il existe pourtant des compositeurs très intéressants qui se retrouvent rarement à l'affiche. Ça nous prend donc des chefs dévoués pour les connaître davantage. Michel Plasson aurait pu nous faire un bon chef mais je souhaite que nous cédions la baguette à un jeune chef d'un autre tempérament qui nous amènera vers des lieux inédits, quoiqu'avec la direction de l'OSM... Pour revenir à Maestro Plasson, j'ai hâte d'entendre son Dutilleux et Saint-Saens et je crois que nous ne serons pas déçus de sa prestation. L'orchestre lui répond bien et sa communication musicale plaît au public.
24 novembre 2003, 7:49
Répétitif, malheureusement
L'idée était bonne mais le résultat m'a déçu. Malgré la courte durée du spectacle, à peine soixante-cinq minutes, j'ai trouvé la chorégraphie répétitive. C'est comme si en cours de route on avait manqué d'inspiration et qu'on s'était replié sur des mouvements déjà explorés. La musique m'a semblé répétitive elle aussi. Les danseurs furent très bons et même magnifiques mais je me suis lassé et mon attention a diminué avec le temps.
24 novembre 2003, 7:40
La musique russe
Un programme consacré principalement à la musique russe nous attendait au LMMC. C'était un changement de programme car le quatuor Melos prévu en début de saison étant absent on fit appel à un quatuor composé de quatres musiciens russes nommé "Kopelman". Ces interprètes ayant fait partie de prestigieux quatuors depuis le début de leur carrière ont fondé le Kopelman en 2002. Donc beaucoup d'expérience et cela a paru. je passerai vite sur la première oeuvre jouée, en fait le Tchaikovski m'a laissé sur ma faim. Je n'embarquais pas dans cette atmosphère et je craignais qu'après l'entracte cela continue. Mais non! Le Schubert, seule oeuvre allemande au concert, m'a ravi et m'a réconcilié avec le quatuor. Le jeu brillant a très bien servi cette maginifique page de Schubert. Il restait à entendre le Chostakovich et là on on assisté à une démonstration d'un abandon total à la musique. La musique de Chostakovich est pleine de soubresauts et de changements subtils et ce quatuor connaissait bien cette oeuvre. Tous les changements de ton, d'humeur et la grande versatilité de cette musique a trouvé des exécutants respectueux et fabuleux. L'auditoire était suspendu à la moindre note et rendit un accueil enthousiaste à ces musiciens hors normes. Nous eûmes droit au premier mouvement du premier quatuor à cordes de Chostakovich en guise d'au revoir.
20 novembre 2003, 10:07
Un grand
Qui ne souvient pas de Répulsion, de Catherine Deneuve dans son meilleur rôle à mon avis, qui erre dans son appartement et qui nous fait frissonner. Ou encore Mia Farrow sombrant dans l'inquiétant Rosemary's baby. Cette faune diabolique qui la guette et qui réussit à la rendre comme eux Ou la désopilante comédie " le bal des Vampires" avec ces scènes d'une drôlerie irrésistible. Le tout "Le pianiste" qui m'a fait du bien et du mal à la fois, ce film si important démontrant ce qu'un humain peut endurer et réussir à s'en sortir grandi. Qu'on pense aussi au Locataire et à MacBeth et on s'apercevra qu'on doit de forts bons moments de cinéma à M. Polanski. Il a eu une vie si parsemée d'embûches de toutes sortes qu'on s'étonne qu'il puisse avoir encore foi en l'homme et nous le dépeindre avec lucidité. Je lui souhaite longue vie et surtout de continuer à nous nourrir le coeur et l'esprit.
20 novembre 2003, 9:58
Le quatuor Molinari
J'ai assisté il y a quelques années à la salle Pierre Mercure à une intégrale Schafer donné par Le Molinari. Je ne connaissais qu'un quatuor de celui-ci que j'avais entendu par le quatuor St-Lawrence et cela avait éveillé en moi une curiosité pour ce compositeur. Cette musique m'avait plu et intrigué à la fois. La façon dont elle était interprétée me donna le goût de connaître plus à fond ce compositeur. Alors quelques semaines plus tard lorsque je sus que Le Molinari donnerait l'intégrale des quatuors à cordes de ce M.Schafer je me suis embarqué dans cette aventure sans hésiter. Je ne fus point déçué Cette soirée m'apporta un plaisir agréable et me fit connaître un univers que je fréquente depuis. Cette musique nous donne envie de mordre à la vie et nous démontre l'amour que le compositeur porte à la musique. C'est un univers sonore, théâtral et une vraie expérience enrichissante. Je vous propose de vous y rendre et vous découvrirez que la musique moderne n'est pas toujours rébarbatives et qu'elle contient une dose d'émotivité qui vous enchantera.
20 novembre 2003, 7:37
Au service de la musique
Un autre très bel exemple d'artistes qui servent l'art et qui nous donnent une joie immense. Tout d'abord la soliste qui joua avec toutes les subtilités imaginables et qui respecta la musique et qui nous donna des instants de bonheur inestimables. Puis, le chef, qui je dois l'avouer ne m'attirait pas plus qu'il ne faut, dirigea ce splendide orchestre avec toute l'attention que demande un vaisseau qui vogue selon le bon vouloir du capitaine. La valse triste de Sibélius fut poignante sans être larmoyante, l'accompagnement de la violoniste nous démontra qu'un maestro sait être à l'écoute de la beauté et la symphonie de Beethoven reçut toutes les nuances souhaitables. Une grande soirée qui nous transporte ailleurs et qui nous laisse béat devant tant d'humilité des musiciens qui s'unissent pour servir la musique. Et dire que ce matin on apprend que le nouveau gouvernement abandonne pour le moment tout projet de nouvelle salle pour ce grand orchestre que nous avons la chance d'avoir!
17 novembre 2003, 8:27
Les précieuses
Un bon moment de théâtre. Un court moment mais bien enlevé. Aurait-on dû jumeler cette pièce avec une autre du même auteur afin d'apprécier plus longtemps le jeu de ces fabuleux comédiens? Je ne sais pas. En fait, le prix du billet est élevé pour une si prompte représentation. Est-il temps de changer la direction de cette institution? Les choix des dernières années ne furent pas toujours de bon goût. Une autre vision nous changerait et nous mènerait vers d'autres lieux. Je rêve de classique, de Racine, d'Eschyle, d'Aristophane, de Dubé, de Sophocle, de Montherland, de Genêt...
17 novembre 2003, 8:18
Le maestro
Il fallait être là vendredi dernier pour assister à une démonstration magistrale de direction d'orchestre. Je fréquente l'OSM depuis plusieurs années et je peux affirmer que les musiciens jouèrent avec une joie profonde. Ils donnèrent leur 100 % et suivirent ce chef car ils savaient qu'ils avaient devant eux un vrai musicien. Il dirigea tout de mémoire et son attention ne se relâcha pas d'un iota de toute la soirée. Le Stravinski fut un moment inoubliable. La musique semblait s'écouler naturellement et on ne sentait pas les effets, tout se déroulait sans anicroches . maestro Kreizberg était al musique, son corps vibrait et transmettait chaque instant avec un rare bonheur. Je sais qu'il est parmi les candidats pour devenir directeur de l'OSM mais j'ai aussi entendu la rumeur qui ne le place pas au premier choix du conseil d'administration. C'est malheureux car il serait celui qui pourrait redorer le blason de cet orchestre qui a grand vesoin d'un tel directeur musical. En plus, je pressens qu'il nous amènerait vers des découvertes intéressantes vers des compositeurs différents de ceux habituellement entendus. Donc, je ne sais pas comment on pourrait influencer le jury autrement que de leur dire que Yakov Kreizberg est la musique!
17 novembre 2003, 7:55
Angoisse fantaisiste
Une autre actrice qui passe derrière la caméra. Une nouvelle venue dans le monde de la réalisation de film qui s'en tire assez bien pour la première fois. C'est une histoire à prime abord qui n'attire pas beaucoup la sympathie, les déboires d'une famille riche et surtout l'histoire de la femme qui se sent coupable de sa richesse mais qui en même temps en profite, mais la réalisatrice réussit presque son pari de nous intéresser complètement à cette famille dysfonctionnelle. Je dis presque car je n'ai pas tout à fait embarqué dans cette galère sauf dans les moments où Frederica se laisse aller à ses vies imaginaires. Je fut frappé de la ressemblance de Chiara Mastroainni avec sa mère, j'avais vraiment l'impression de voir Catherine Deneuve. La mise ne scène m'a déplu. Les scènes avec les enfants elles, je les ai trouvées touchantes. Celle où la jeune Frédérica raconte à sa soeur l'histoire de l'éviction d'Adam et Eve du paradis et que depuis ce temps la mort existe, elle lui dit qu'elle va prier Jésus et lui demander de pardonner à Eve et donc les gens ne mourront plus...J'y pense encore ce matin, c'est fou comme une simple scène peut faire réfléchir. Tout compte fait, ne serait-ce que pour cela le film est pertinent.
14 novembre 2003, 10:50
Jolie môme
Un nouvel album pour la grande interprète, car Juliette Gréco est avant tout une interprète plus qu'une chanteuse. Interpréter est beaucoup plus que chanter car cela implique que l'on s'efface derrière les chansons et qu'on leurs laissent ainsi toute la place. Je l'ai vue en spectacle il y a quelques années aux FrancoFolies et je m'en souviendrai toujours. Cela était la première fois que j'assistais à un de ses spectacles et je fus foudroyé devant tant de générosité. Dès qu'elle apparut sur scène son âge devint celui des chansons . Elle paraissait si heureuse d'être là et de nous donner son talent que la foule ne pouvait qu'être en liesse. Alors j'imagine facilement que ces gens achèteront le nouvel album et retrouveront avec joie cette interprète fabuleuse.
14 novembre 2003, 7:54
La foire
Je fréquente les librairies hebdomadairement et je vais rarement au Salon du Livre car comme j'en achète régulièrement et ne suis pas du genre "groupie" je ne vois pas ce que j'y ferais. Je ne suis pas contre cette rencontre annuelle mais pour ma part je préfère découvrir les écrivains à travers leurs bouquins. Je ne vois pas l'utilité de me faire dédicacer un volume par mon auteur favori car pour moi je considère que son oeuvre me parle déjà beaucoup. Ce qui m'intéresse se retrouve dans son écriture et le reste m'importe peu. Je ne vois pas l'utilité de lui poser des questions car ce qu'il pense je peux déjà le lire entre ses lignes. Un auteur se révèle par ses écrits et ma rencontre avec lui a lieu quand bon me semble et où je le désire. J'aime mieux penser qu'il s'adresse à moi personnellement dans mon salon au lieu d'attendre en ligne pour qu'il m'accorde quelques secondes dont il ne se souviendra pas. Je suis un fervent lecteur et sans la littérature la vie n'aurait pas grand sens pour moi mais cela se passe entre le livre et moi, c'est intime.
13 novembre 2003, 12:57
Ne manquez surtout pas cette violoniste
Hilary Hahn est une pure merveille. Elle joue du violon comme on jouerait de son âme. Je l'ai entendue l'an dernier au LMMC en récital et elle m'avait litéralement séduit. Je la connaissais par ses enregistrements mais la voir et l'entendre en direct apporte une plus grande joie. Elle se met toujours au service de la musique et n'a pas besoin de fioritures pour nous épater. Elle n'a qu'à toucher son violon et nous voilà partis vers des sphères célestes. Elle a choisi Bach et Vaughn Williams pour ses débuts avec l'OSM et elle saura certainement nous enchanter. Si vous aimez la musique, si vous aimez le violon et si vous adorez les grands musiciens et que vous n'avez malheureusement qu'une sortie à vous offrir alors ne ratez pas celle-ci. Vous entrerez dans le cercle des chanceux touchés par la grâce...
13 novembre 2003, 8:24
L'indiscret
Une photo révèle tant de chose, particulièrement celle qu'on n'attend pas. On se regarde et on se demande que pensait-on vraiment à ce moment-là. C'est très cruel une photo car il est impossible d'y cacher quoi que cela soit. Je parle évidemment d'une photo prise sur le vif, à l'insu du modèle. Je ne parle pas du poseur qui ne cherche qu'à se montrer et qui utilise ce moyen pour séduire les autres. Une photo est très puissante et dangereuse. Alors celui qui manie avec art le métier de photographe peut nous démontrer en un flash ce qu'un éditorialiste fera en plusieurs lignes. Une photo ment rarement et s'impose d'elle-même. Quelqu'un qui ne s'attend pas à la visite de cet appareil de plus en plus petit et qui s'insère partout sans être détecté peut en une seconde changer sa vie. Alors souriez on ne sait jamais!
10 novembre 2003, 4:04
Place au théâtre
Marcel Dubé nous dit qu'il ne dirait pas non si on lui demandait d'écrire un télé-théâtre. Radio-Canada devrait sauter sur l'occasion et lui proposer d'en écrire des pièces. Cette société d'État ferait mieux de nous présenter du théâtre que les turpitudes qu'elle met à sa grille horaire. Il ne pense que culture populaire et je me demande de quelle manière il définisse le mot populaire. Est-ce que cela veut nécessairement dire "Kétaine"! Je crois que des auteurs de la trempe de M. Dubé mériteraient qu'on s'arrête à leur oeuvre et qu'on les jouent. C'est un peu le mandat de Radio-Canada de voir à la promotion de la culture et si on regarde sa grille on la cherche la culture! On nous sert des téléromans insipides (il y en a même un quotidien!) et des émissions de variété qui parfois me font rougir de honte. Je trouve que l'on méprise ceux qui aimeraient voir des oeuvres sensées et enrichissantes. Je pense que la proportion est faible présentement et lorsque je lis les propos de M. Clément, paru récemment dans La Presse, qui s'extasie sur Virginie et qui dit avoir de grands projets pour Véronique Cloutier je frémis. Où est le théâtre, le cinéma de qualité , les quizz intelligents, la musique autre que populaire, la peinture, la littérature ect.... Nous pourrions continuer longtemps à énumérer le manque flagrant d'envergure de cette télévision qui tente de gagner des cotes d'écoute en attirant les gens et leur offrant que de la pacotille. Qu'on serve de la qualité et elle s'apercevra que les gens aiment la diversité! Peut-être que le désir de M. Dubé se réalisera et que les auteurs trouveront enfin une place qu'ils méritent.
10 novembre 2003, 8:15
Amour/Haine
La dernière pièce de Michel Tremblay porte sur la relation souvent conflictuelle entre le père et le fils. On pourrait écrire des pages et des pages sur le sujet. L'auteur l'aborde de façon particulière et nous amène en fin de vie, le temps idéal pour les règlements de compte! La mise en scène me laisse perplexe. La première partie nous plonge dans un contexte dramatique où le père , interprété de façon sublime par Jacques Godin qui nous sidère malgré qu'il ne dise mot, subit les foudres de son fils qui tout en prenant soin de lui, lui lance à la tête de dures vérités. La deuxième partie m'a un peu ennuyé. La répétition en est la cause. Je trouvais difficile de rester attentif à un texte que je connaissais déjà et dont on avait changé que quelques réparties pour en accommoder le déroulement drôlatique. Il me semble que le traitement ne rendait pas justice à la pièce. J'aurais pour ma part choisi une autre manière d'illustrer ce propos mais on ne me le demandera pas donc ne rêvons pas...L'interprétation de Robert Lalonde m'a laissé de glace. Je ne ressentais pas les émotions évoquées. Je n'embarquais pas dans son jeu. Tandis que Jacques Godin réussissait à me bouleverser. Une histoire dure et intense qui gagnerait à subir un traitement différent.
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