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L'ennui et le bonheur
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Tout d'abord évacuons l'ennui, The Garden of Heart de Murray Schafer m'a ennuyé mortellement. Je n'ai rien compris du texte, la musique m'a paru ne jamais finir et la chanteuse ...Mais dès que l'autre soliste au programme s'est pointée sur scène on a su qu'on aurait droit à autre chose. Les Wesendonck Lieder de Wagner sont parmi mes favoris et je dois dire que Mme Brueggergosman les a chanté divinement. Une voix grandiose, une présence captivante, une interprétation sentie. Une grande artiste en devenir qui enchantera les grandes scènes du monde. Puis nous avons eu une démonstration de ce qu'un orchestre symphonique doit être. Jacques Lacombe a dirigé le Shéhérazade de Rimsky-Korsakov avec aplomb et avec toutes les nuances rendant justice à cette oeuvre envoûtante. Les musiciens furent irréprochables sauf le premier violon qui a encore une fois gâté le plaisir. Je me demande ce que la direction trouve à M. Roberts. Il n'a rien d'un bon musicien et toutes les fois qu'il doit intervenir en solo j'ai envie de me boucher les oreilles. Je sais que son assistant, M. Crow, est de cent fois supérieur et je presse M. Nagano lorsqu'il entrera en fonction de rémédier à la chose .
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Jupette et bouclette
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Je veux des bouclettes comme les hommes virils de Troy! C'est décidé, l'élégance cet été sera jupette et bouclette. La virilité agrémentée d'atours féminins mais qui n'amenuise pas l'homme...Soyons sérieux un instant et disons je ne me suis pas ennuyé durant les presques trois heures du film. J'ai suivi les pérépéties d'Achille et et de sa gang et j'ai tenté d'oublier Homère car il est peu présent dans ce film. On est parti de son histoire pour en faire un film à grand déploiement qui plaira à tous et qui en plus invitera sûrement les gens à lire Homère pour découvrir le vrai destin de ses Héros. C'est bien réalisé, il y a de tout dans ce film, de l'action, de l'amour, de la philosophie et de beaux hommes ...Un cinéma d'été qui nous fait oublier le quotidien et qui nous plonge dans le plus grand débat de l'humanité depuis qu'elle existe; le pouvoir, l'honneur, l'amour, les dieux. Les acteurs sont bons mais pas de grands numéros hormis Peter O'toole qui en père déchiré et noble réussit à nous émouvoir. Évidemment on pourrait faire une toute autre analyse si on se mettait dans le contexte actuel de ce qui se passe en Iraq mais je n'ai pas envie de prendre cette avenue. J'ai vu un film d'été!
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Chercher l'enfance
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Monsieur Ibrahim rencontre Momo et tout de suite il se reconnait. Ce n'est peut-être pas tout à fait lui mais il veut tellement retrouver son enfance qu'il sortira le grand jeu de la séduction pour gagner la sympathie du petit Momo, lui, il veut l'amour du père, sa reconnaissance, être le premier pour quelqu'un. Il se démêle en même temps avec l'adolescence, ça le titille, il lorgne les filles...Tout est en place pour une rencontre qui changera à jamais leur existence. Oui, c'est un film lent mais paisible, c'est un film qui tend vers l'infini qui se tient au plus profond de nous, qui s'y cache et attend qu'on le découvre. Monsieur Ibrahim sait que la fin est inéluctable et il voudrait revoir son village, sa terre natale et il a besoin de passer le flambeau d'où l'importance capitale de sa rencontre avec Momo. Le réalisateur a su s'insérer dans ce terreau fertile et il a réussi à nous émouvoir. Omar Sharif rend Ibrahim attachant et inoubliable, cet acteur a vieilli et il se sert de cela pour peaufiner son personnage. Le jeune acteur qui personnifie Momo lui donne toute la vigueur juvénile. J'ai beaucoup aimé cet univers vieillot et cette rue des putes toutes plus sympathiques les unes que les autres. Et que dire du père dans cette histoire, cet être troublé qui abandonne son enfant et décide de se donner la mort, on voudrait l'avoir connu plus profondément...Ce n'est pas le chef-d'oeuvre mais ça vaut toujours mieux que les sempiternels films d'ado à l'affichent...
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Wajdi
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J'aime ce jeune créateur. Il laisse place à l'imaginaire sans jamais se départir de la poésie. Chaque pièce crééee m'a donné le goût de me replonger dans cet univers fantastique mais ô combien humain. Incendies, je l'ai vu lors du Festival de Théâtre l'an dernier et j'ai encore de fortes impressions en moi. Il faut accepter de se couler dans ce monde et on part pour un voyage fascinant. Wajdi nous donne à voir l'introspection, il se sert de son don de visionnaire et nous amène à ses racines et jamais ne nous perd malgré les nombreux méandres empruntés. Il utilise la scène comme une âme et nous invite à y visiter les moindres recoins. Ses trouvailles scéniques sont audacieuses et pourtant si simples. Il dirige surtout les acteurs-trices de façon sublime et les amène à nous donner la justesse de leur personnage sans jamais de débordement. Je n'oublirai jamais Incendies, Littoral et toutes les autres pièces que j'eus le bonheur de voir.
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Calvaire
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Mel Gibson a beaucoup fait jaser avec la sortie de son film sur la passion de Jésus. Il faut tout de suite songer que passion est synonyme de débordement, en effet il est rare qu'une passion soit tiède et sans violence. Donc, je crois sincèrement que ce film est représentatif de ce qui est évoqué dans la bible, du moins l'histoire qu'on nous raconte depuis des millénaires. Quant à la responsabilité je ne serais pas aussi tranchant en attribuant entièrement la faute aux juifs, il me semble que le film démontre une implication assez directe des romains. La violence qu'on condamne en traitant le réalisateur de sensationaliste et de sadique me laisse pantois, mais comment que croyez-vous que l'on puisse imager ce récit? Lorsque vous fréquentez l'église durant la semaine sainte et que vous écoutez la description du calvaire enduré par le Christ à quoi pensez-vous? Une couronne d'épine, une flagellation, une torture psysique tout cela laisse des traces. Une crucifixion ce n'est pas propre, propre. Alors les reproches faits à la présence exagérée de la violence dans ce film sont un peu vains. Je crois que Mel Gibson a choisi d'illustrer ce récit et je ne trouve pas qu'il y ait de complaisance dans ce choix. Évidemment il y a des images à la limite du supportable mais si vous aviez été là lors de cette condamnation et que vous aviez suivi le chemin de croix du Christ je pense que vous auriez vu et entendu encore bien pire. La vraie douleur lorsqu'elle s'exprime est sûrement plus insupportable à regarder que celle projetée à l'écran. Sans épouser toutes les thèses du réalisateur, je trouve qu'il a fait un travail remarquable et qui laisse des traces en nous longtemps après le visionnement du film.
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Irish Stew
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D'abord s'habituer à l'accent des acteurs, puis dès les premières images arrive un incident qui nous déconcerte totalement. C'est parti et on s'attend à tout. Malheureusement le film s'essouffle et ne réussit pas tout à fait à garder le rythme et l'originalité des premières minutes. Il y a quelques bons moments et il n'y a rien de vraiment plat dans ce film mais on aurais aimé que les surpises se succèdent et nous étonnent. On peut y voir des personnages hors du commun et mon préféré est celui de la fille moustachu et du petit démon...Ce petit garnement est un personnage savoureux et foncièremnt méchant. Ça fait du bien de voir un enfant aussi vil. Il y a aussi un patron insupportable et qui finit par se faire...Il y a le policier immoral et abuseur, la mère aimante et protectrice, il ya surtout l'épouse délaissé et enragée...Enfin, il faut y aller parce-que c'est un genre différent des films américains et qu'om y passe somme toute d'agréables moments
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La masse
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Inquiétant et envoûtant ce spectacle de danse. Il est si difficile d'être différent, de vouloir se départager de la masse. Jean-Pierre Perreault a réussi à illustrer de façon convaincante le dilemme de l'humanité. Il nous montre l'humain se débattant avec sa vie, avec son désir de se prouver et en même temps sa crainte de se séparer complètement des autres. Chaque tentative de marginalisation sera dûrement vécue et on verra qu'il est plus facile de vivre et faire comme les autres que de voler de ses propres ailes. Évidemment que de vivre en troupeau a aussi de nombreux désavantages mais cela demeure plus réconfortant et surtout plus acceptable socialement. En effet, dans la vie quotidienne on peut remarquer que tout le monde se comporte plus où moins de façon similaire et l'originalité se paye un prix fort. Sur scène on décelait ce combat, cette quête. Le rythme des danseurs arrivait à représenter une gamme d'émotions et de comportements humains. Je me sentais angoissé parfois par ces images et je ne pouvais que constater combien il est vain de chercher l'absolu. Ceux qui voulurent se démarquer finissaient toujours par rentrer dans le rang. Une chorégraphie toujours actuelle et qui le demeurera car l'humain évolue certes, mais il le fait en se regroupant et ne peut jamais tout à fait réussir à se détâcher complètement des autres.
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La perfection existe!
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Je suis vraiment désolé pour toux ceux qui n'étaient pas au Pollack Hall vendredi le 7 mai 2004 car ils n'ont pas vécu une soirée exceptionnelle. En effet, Bernard Labadie nous a démontré que l'Opéra Baroque est extrêmement jouissif lorsque bien chanté. Le plateau de chanteuses et de chanteurs fut irréprochable. Toutes et tous méritaient la longue ovation qu'ils ont reçu vendredi dernier. Je ne pouvait pas m'arrêter d'applaudir et de crier Bravo à cette formidable équipe d'interprète. Ma découverte est Krisztina Szabo, une artiste complète, une chanteuse inoubliable, sa voix est tout simplement parfaite, et son interprétation mémorable restera longtemps dans ma mémoire. Elle vivait intensément toutes les émotions que son personnage affronte et tout son être rayonnait, on sentait qu'elle était bien. Les autres chantèrent avec autant d'aplomb et affrontèrent les difficultés techniques et émotives avec un sens de la musique prodigieux. Karina Gauvin nous tint en haleine et nous prouva que les notes se chantent et cela avec une agilité déconcertante. Mme Lemieux nous envoûta avec sa voix de contralto, Mme Brandes nous enchanta en démontrant qu'une voix ça se contrôle et ça exécute les notes que l'on veut. Les autres possédant de plus petits rôles réussirent à nous ravir. Les musiciens et le chef nous rappelèrent que la musique lorsque jouée avec âme ne peux que réjouir les auditeurs. Enfin, je dois dire que le calibre était international et que toutes les grandes salles Européennes où autres n'ont qu'à bien se tenir car elles seront envahies sous peu par de grandes voix venu d'ici.
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Décadence
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J'ai vu cette pièce il y a quelques jours et j'ai encore quelques-unes de ces chansons dans la tête. En assistant à ce spectacle je me suis rappelé le film où Liza Minelli campait une Sally Bowls autrement fascinante que celle de Sylvie Moreau. Pour moi l'interprète de ce rôle primordial pour la pièce est la grande déception de cette soirée. Je n'ai pas cru un instant à cette Sally, je la trouvait fade, absente et les numéros chantés où elle apparait sont aussi très faibles. Le maître de cérémonie a beaucoup plus d'aplomb, le jeu de François Papineau est plein de vices et de piquant et il demande une dépense énergétique que le comédien réussit à faire passer. Véronique LeFlaguais et Paul Doucet forment un tandem délicieux et tous les moments où ils sont en scène rehaussent le spectacle. Les numéros musicaux sont plein de prouesses que les danseurs-comédiens relèvent avec brio. Denise Filiatrault confirme ici son talent de metteur en scène et nous donne a voir un spectacle divertissant qui mérite un succès et une diffusion prolongée. Il est dommage que ce spectacle sonne le glas du Théâtre du Rideau Vert. Il est vrai que je n'ai pas toujours été tendre envers les pièces à l'affiche mais je ne crois pas qu'il faille se réjouir pour autant de son éventuelle disparition. Je garde de bons souvenirs de soirée exceptionnelle et souhaite qu'une solution règle le déficit accumulé.
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L'humain
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Je suis sorti de cette représentation avec une amertume et en constatant que l'être humain est vraiment désolant. Ce film est complètemnt différent de tous les autres films que j'ai vus. Le décor, le choix des paramètres, le traitement de l'histoire et surtout le jeu fabuleux des acteurs et actrices font de ce film une réussite totale. Évidemment il faut beaucoup aimer le cinéma, l'introspection et il faut surtout accepter de suivre le rythme lent pour variment apprécier cette oeuvre. L'histoire est bouleversante et on assiste à une démonstration du véritable dessein de l'humain. Il y a un suspense qui nous tient en haleine car on ne sait qu'à la fin la véritable identité de l'héroine. Nicole Kidman est toujours aussi excellente, elle habite complètement ce personnage complexe et on sympathise beaucoup avec elle, même si on on se pose souvent des questions sur ses agissements et ce qui a bien pu l'amener dans ce trou perdu. Le reste de la distibution brille par un jeu intense et varié et qui nous démontre hélas la bassesse de l'homme face à l'expoitation des autres. Ce que je retiens de ce film est que l'espoir d'un monde meilleur est utopique et qu'au pays du rêve américain il n'existe bien souvent que le cauchemar.
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Attrayante saison
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Lors des lancements de saison on nous promet toujours l'extase et bien souvent juste à découvrir les pièces, les acteurs, les metteurs en scène on salive à l'avance et on ne a hâte à l'automne suivant. On reçoit les programmes, on sort nos agendas et on planifie l'année. On essaie de tout voir, on voudrait allonger les semaines afin de ne rien manquer. On paye nos abonnements, on reçoit nos billets et on les classe par date. Il ne reste plus qu'à attendre l'automne et a rêver au menu souvant alléchant qui nous attend.
Si je prends la liste des quatres théâtres mentionnés dans l'article ci-dessus je peux affirmer que Lentement la Beauté, Délicate Balance, Les Bonbons de la Survie, l'Aigle à deux Têtes, Le Procès et La Tempête sont les pièces qui s'annoncent incontournables. La programmation du théâtre d'Aujourd'hui m'attire particulièrement. Cette institution nous propose souvent des découvertes intéressantes et hors des sentiers battus. Il n'y a jamais rien d'académique et on n'en ressort jamais indifférent. Le TNM poursuit ses relectures du répertoire et espérons que la prochaine saison nous fera oublier celle qui se termine car à mon avis il n'y eut que deux réussites sur les cinqs pièces à l'affiche. Chez Jean Duceppe on assistera à une création québecoise et à une pièce d'Edward Albee. Enfin, j'aurai à attendre au printemps prochain pour voir Sylvie Drapeau dans du Cocteau mais je suis certain que je serai grandement récompensé. Évidemment il y a toutes les autres compagnies dont nous ne savons pas encore le contenu mais que je fréquente assidûment. On en reparlera.
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Trop de libre-échange
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Déçu, amèrement déçu. Un théâtre dit de répertoire qui choisit de monter un Feydeau, ça va, qui prend Normand Chouinard comme metteur en scène et qui lui se tourne vers sa gang d'amis et d'acteurs, ça va toujours, mais lorsqu'on assiste au résultat...J'avais l'impression de regarder des gens qui se trouvent drôle et qui cabotinent exagérément. Il fallait voir les turpitudes et grimaces de Benoît Brière, les facéties de Violette Chauveau qui y allait outrancièrement de ses mimiques et qui modulait sa voix de telle façon qu'elle m'a exaspéré dès le début, des fillettes emmerdantes avec leurs répititions fastidieuses d'onomatopées inintéressantes...Finalement, je n'ai pas ri de la soirée, je me suis emmerdé royalement et j'ai trouvé la mise en scène désolante d'amateurisme. La plupart des gens semblaient s'amuser mais je crois sincèrement qu'ils étaient vendus à l'avance et leurs rires sonnaient faux. Je pense que certaines personnes fréquentent le théâtre pour y voir leurs vedettes préférées et ils ne veulent pas les voir autrement que lorsqu'ils les suivent au petit écran et dans les commerciaux. J'ai adoré Benoit Brière au cinéma, j'ai vu Violette Chauveau autrement meilleure au théâtre mais cette production sentait trop la recette et cela m'ennuya profondément. D'ailleurs la saison du TNM fut dans l'ensemble un désastre sauf les deux créations, Tristan et Iseut, puis L'asile de la pureté. La saison prochaine s'annonce assez corsé sur papier mais on peut s'attendre à tout...
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Monica? non Monique...
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Bon film, bons acteurs, extraordinaires actrices, belle cinématographie, Montréal historique...mais d'où me vient le malaise ressenti à la sortie du film et qui persiste encore lorsque j'y songe? pourtant Céline Bonnier est époustouflante, Isabelle Blais est absolument parfaite dans ce rôle de pute écorchée, Marc Labrèche nous donne un choc en père menteur, Patrick Huard se révèle un excellent acteur à l'opposé de son image macho et sûr de lui...Il y a un aspect qui me dérange, une certaine immoralité, une tendance à la glorification d'un personnage qui me titille...Peut-on verser dans l'admiration pour une telle femme...peut-on ignorer ses crimes en n'insistant pas sur eux...Ce film nous fait l'apologie de cette femme née pour un "petit pain" et qui s'en sort en choisissant des moyens illégaux et on tente de nous dire que ceux-ci importent peu et le seul fait de sortir de l'ordinaire mérite une attention qui tend à l'idolâtrie de la part du réalisateur. J'aurais préféré un traitement plus objectif, une mise en contexte plus sociale. La réponse de Monica était qu'elle faisait vivre ses enfants mais il existait de nombreuses femmes à cette époque et encore aujourd'hui, prisent avec ce problème familial et qui ne devinrent pas criminelles pour autant, car il s'agit bien de crime ici et ce malgré le fait qu'elle ne tua jamais lors de ses vols de banque. Ça me gène un peu cette récupération et surtout du fait que beaucoup de gens verront ce film et assisteront à la quasi-béatification d'un être marginal qui à mon avis ne brillait pas par son sens des responsabilités. Oui, cette femme fut différente des autres femmes de son époque, elle fut une sorte de féminisme en occupant un créneau réservé aux hommes mais il n'y a rien ici qui mène à la respectabilité, ceci dit elle ne méritait pas la mort du seul fait que certains policiers furent blessés dans leur orgueuil de mâles et voulurent punir celle qui les réduisait à l'impuissance.
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