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Normand Paquette
Normand Paquette
September 2004 - Messages
26 septembre 2004, 5:25
Samovar & Vodka
Musique russe à l'OSM cet aprèes-midi. La soliste, une excellente pianiste, joua le 4 e concerto pour la main gauche de Prokofiev, ce fut une bonne exécution, rien de mémorable mais très honnête. L'orchestre accompagna la soliste comme sur le bout des pieds, comme ayant peur d'en mettre trop. La pièce ce résistance, la première symphonie de Shostakovich, reçue elle une meilleure interprétation. Le chef souligna chaque changement avec parcimonie et les musiciens étaient à l'écoute. Somme toute un après-midi russe assez plaisant mais qui ne restera pas longtemps dans mon souvenir. Un peu plus d'âme aurait été apprécié...
26 septembre 2004, 10:25
Amertume
En sortant de La Licorne je ne savais trop que penser de ce que je venais d'y voir et attendre. Un constat amer, une atteinte directe à mes préoccupations récentes; devant tant de malheur rapportés tous les jours par les salles d'information pourquoi reste-on de marbre? Une partie de la réponse se trouve dans cette pièce de théâtre, le public est saturé et en même temps de plus en plus friand de voir l'inconcevable et l'indicible mais en direct! L'auteur nous plonge dans une histoire abracadabrante et totalement déconcertante qui au début me laissa coi, ou voulait-il en venir? Doit-on en rire ou bien tente-t-il de nous éveiller? Des voix sortis de nulle part interviennent auprès des personnages et commentent cyniquement le déroulement de l'action tout en demandant des changements...alors c'est le dérapage, le chaos s'installe et nous conduit tout droit vers l'horreur. Les personnages obéissent à ce public et on part vers un jeu de séduction entre ceux-ci. Pour ma part je n'ai pas beaucoup ri, j'ai plutôt frémi devant le pouvoir de ces gens qui changent le cours des histoires et qui demandent toujours plus de violence et parfois se laissent amadouer par l'émotion. En sommes-nous là! La télé-réalité est vivante et supplante la fiction et c'est dangereux pour nos sens. Nous en venons à être insensible et cynique. Les gens recherchent toujours à dépasser la réalité de leur vie ordinaire et ils s'embourbent dans de fausses représentations quotidiennes, attention danger... Ne serais-ce que pour ouvrir la discussion cette pièce est la bienvenue mais il faudrait dépasser le rire et s'interroger sérieusement sur nos besoins et nos frustrations car notre avenir pourrait s'en ressentir amèrement.
18 septembre 2004, 12:39
Souvenir
Nous étions plusieurs jeunes fous qui allaient vour le film Stop Making Sense à chaque fois qu'on le projetait dans les salles de répertoire, On ne pouvait se lasser de voir et d'entendre David Byrne, on le trouvait charmant, on lui trouvait un sex-appeal fou...La musique nous plaisait et on fredonnait les tubes et on se laissait au rythme de cette musique enveloppante. Alors la sortie de cet album me fait un immense plaisir. Je l'acheterai et tenterai de me retrouver en ce temps-là. Je vois que toutes les chansons de ce film culte y sont et j'ai bien hâte de chanter psycho-killer, de me dandiner un brin sur Take me to the river, enfin je me donnerai un coup de nostalgie...ô jeunesse!
18 septembre 2004, 12:33
Avec une telle voix...
On se ferme les yeux et on écoute et on se retrouve loin ailleurs, bien ailleurs. On croirait entendre Billie Holliday mais il s'agit de Madeleine Peyroux. Je la pensais morte car depuis son premier album il y a quelques années, que j'avais adoré et que j'aime toujours, on n'avait plus entendu rien à son sujet. Je pouvais difficilement penser que son premier essai avait été un désastre car lorsqu'on possède une voix aussi magnifique que la sienne on ne peut en priver les autres longtemps. Donc, le voici ce cd attendu et il comble mes attentes, Je retrouve la voix, la simplicité, le bonheur de chanter. De plus, j'ai lu qu'elle venait en spectacle bientôt, je vais y courir et la regarder me faire du bien...Si l'atmosphère est aussi envoûtante sur scène que sur disque on ne s'ennuira point! Alors, on se rencontre là-bas?
16 septembre 2004, 1:04
Début de saison
Un début de saison intéressant mis à part la venue de Kiri Te Kanawa qui pour citer un éminent critique vient pour un concert à son bénéfice et qui semlble pas avoir trop vendu car l'OSM m'a téléphoné pour m'offrir d'acheter des places...Enfin, il y a notre grande chanteuse Karine Gauvin qui interprétera du Handel et je vous invite à y aller, l'ayant entendu le printemps dernier dans Alcina, je vous jure que c'est une magnifique disciple de Handel et son chant vous charmera. Marc-André Hamelin vaut, lui aussi, le détour à l'OSM, il jouera Rachmaninov et on peut s'attendre à une démonstration virtuose . Au même programme Stravinsky par l'OSM... Il y a un tas d'autres événements cette semaine dont un pianiste magnifique au LMMC et des chanteurs à la Société André Turp, mais je m'arrêt car on me croira à la solde de ces compagnies...il y a tant de concerts à Montréal qu'on ne sait plus lequels choisir! Mais, c.est tant mieux!
16 septembre 2004, 12:56
De grâce, on coupe...
Ce que je retiens de la première diffusion de cette série c'est l'irritation que m'a causé la pléthore de commerciaux!!!!!! On en perdait le fil de l'histoire et on se demandait si la série n'existait que pour permettre aux annonceurs de nous innonder de leurs produits. Ça m'a vraiment déplu et presqu'enlevé le goût de poursuivre l'écoute de cette histoire qui m'a paru bien fait et bien joué. Il faut se faire à l'idée que les télé-séries hélas sont victimes de leurs succès et les diffuseurs peuvent demander le gros prix et nous refiler ces immondices entre quelques images de qualité.
12 septembre 2004, 7:52
Splendeur orientale
Subjugué! les images de ce film valent à elles seules le déplacement, mais il y a plus, une histoire vraiment bien menée, des acteurs talentueux, des décors naturels débordant de grandeur et de beauté, les scènes de combat qui étaient vraiment des chorégraphies pleines de poésie, des revirements étonnants, un souci du détail, un sens de l'esthétisme à faire baver tous les esthètes de ce monde, une musique enivrante, un réalisateur qui s'est fait plaisir en orchestrant les Arts martiaux avec une finesse et une érudition à envier! Ouf! je sens que je vais manquer de qualificatif pour vraiment exprimer toute l'admiration que j'ai ressenti au visionnement de cette oeuvre d'art. Il s'agit d'une magistrale démonstration de ce que doit être le cinéma...un divertissement intelligent, sensible, provoquant le rêve et changeant à jamais l'idée qu'on en avait jusqu'à maintenant. M. Zhimou a un talent fou et mérite une reconnaissance universelle. Il sait divertir en demeurant un auteur qui a des choses à dire et qui sait se servir d'un médium populaire pour arriver à créer un chef-d'oeuvre demeurant accessible au plus commun des mortels. Son film parle d'aventure, d'amour, d'amitié et prône la paix!
12 septembre 2004, 7:38
Ode au corps humain
J'ai assisté à un magnifique spectacle de danse samedi soir dernier. J'en suis ressorti vraiment emballé par les BJM! Une célébration du corps humain et de ses nombreuses possibilités lorsqu'activé par des interprètes de talent! J'ai vraiment adoré ces danseurs et de les voir explorer les multiples facettes de leur corps m'a tout simplement emballé. La soirée comprenait trois chorégraphies de Crystal Pite sur des musiques originales d'Owen Belton, musique qui a fait mon délice et qui envoûtait et amenait les danseurs à se dépasser. Dès l'ouverture du rideau ce fut le délire sur scène et dans la salle, le public étant d'une réceptivité enivrante. Les danseurs y allèrent de leurs numéros individuaux et en groupe et j'allais être rivé à mon siège les yeux grand ouvert afin de ne rien manquer de ce divin exercice. La chorégraphe a exploré les gestes et mouvements du corps avec un souci du détails absolument renversant et je demeurais vraiment ébahi par tant de souplesse de la part des artistes qui donnèrent corps à toute cette folie exploratrice. Chaque danseur faisait ressortir un éventail de détails et me laissait béat devant tant de virtuosité. Un seul bémol à cette soirée fort réussie, la troisième chorégraphie m'a laissé perplexe. L'utilisation de personnages du music-hall et de divers accessoires hétéroclites m'a déplu, je ne voyait pas le dessein de la chorégraphe et cela a un peu diminué mon plaisir. En somme une démonstration de talent, de sensibilité et de poésie qui a provoqué une marée d'applaudissements amplement mérités.
9 septembre 2004, 1:08
Coup d'âme!1
Il m'aurait suffit de voir Saraband et mon festival eut été un succès! Quel film! Le testament d'Igmar Bergman en est un qui vient nous démontrer qu'il n'a rien perdu de son art! Un cinéma personnel mais ô combien universel! Un exercice fascinant sur les relations humaines, sur l'amour-haine qui règne sur l'humanité. Un quatuor d'acteurs inqualifiable car les mots manquent pour exprimer toute la justesse de leurs interprétations. En fait, ils ne personnifient pas ils sont et on y croît sans peine. Des personnages donc vraiment complexes qui nous tiennent en haleine avec leurs mots toujours justes et parfois si cruels. Bergman nous entraîne dans une de ses histoires intimes et nous captivent avec ces révélations pas toujours flatteuses sur le comportement familial, sur la dépendance affective, sur les amours souvent si déconcertants qui nous habitent. Dès la première image de son film on plonge dans une intimité dont on ne sortira pas sans heurt. Marianne nous résume succintement son histoire et nous voilà à nouveau en contact avec ce personnage quasi mythique du cinéma et on la suit dans ses pérégrinations vers le passé, le présent et l'avenir. Nous découvrons aussi un personnage fascinant qu'on ne voit pourtant jamais mais à qui Bergman prête vie par l'interaction des autres protagonistes et la posistion qu'elle occupa dans leurs vies respectives et on s'attache à elle autant qu'à ceux qu'on voient sur l'écran. Je n'oublierai jamais l'affrontement père-fils, le désespoir de Johan lors d'une angoisse nocturne, le regard de Marianne et de Johann découvrant leurs corps nus et vieillissant et toute la subtilité de Liv Ullmann, son regard et la magnifique scène de la fin...Je sais que d'ici les prochaines semaines je vais acheter les films de Bergman et je les regarderai à nouveau...