Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Normand Paquette
Normand Paquette
March 2005 - Messages
31 mars 2005, 11:37
Au fil du temps
Claire est rousse. Elle possède une crinière d'une beauté incroyable qu'elle dissimule sous un turban pour étayer son mensonge à propos de sa santé. Elle dissimule sa grossesse sous un faux diagnostic de cancer. Claire vit mal son état, elle ne veut pas garder le bébé. Elle se réfugiera chez la brodeuse du village, une arménienne qui vient de perdre son fils adolescent dans un accident. Claire aime la broderie. Claire apprivoisera la brodeuse puis elle acceptera sa grossesse. Ce film se résume ainsi mais il est composé d'images tellement lumineuses qu'elles sont indescriptibles. Il faut les voir, les vivre. C'est un film tout en douceur, en beauté, construit comme une broderie, point par point. Il se dessine une vie que la réalistarice nous découvre tranquillement. Le rythme y est fin, patient comme un abandon à la vie. Il y a bien quelques rebuffades de la jeune fille et sa complice et patronne mais le ton de ce film est vraiment toutes en touches poétiques. On repart content et sûr que Claire connaîtra une vie pleine et continuera à en tisser chaques moments amoureusement.
31 mars 2005, 8:09
L'arrivée
On l'a acceuilli en héros. Une salle pleine, enthousiaste, assez disciplinée qui a écouté avec attention cette symphonie qui en demande beaucoup à l'auditeur. Les musisciens avait revêtu leur beaux habits de soirée. On les sentait nerveux. Le chef entra, s'installa sur le podium et nous partîmes en sa compagnie au pays de Mahler...Malheureusement je ne fis pas le voyage escompté. J'attendais un périple rempli d'intériorité, plein de contrastes comme Mahler aime tant nous y conduire. Nagano n'a pas pris tout à fait le même chemin. Il a tardé, tergiversé et aboutit dans une contrée un peu éloignée de celle que le compositeur préconise. Il y avait comme un manque d'aboutissement, comme une rencontre fait vitement et donc sans l'approfondissment. Je suis donc resté sur ma faim. Mahler reste Mahler et je ne me suis pas ennuyé. Il y avait tout de même cette immense musique qui demeure toujours une rencontre fantastique. Le public a sûrement mieux apprécier puisque l'ovation debout a duré longtemps. M. Nagano semblait ravi, un peu abasourdi par cet accueil triomphal. Savait-il qu'il aurait pu faire mieux?
28 mars 2005, 12:34
Le Sauveur
Tout de suite après Pâques il nous arrive celui qu'on attendait avec impatience. Comme une résurrection, comme un renouveau! Cet orchestre aura-t-il enfin une direction musicale digne de son haut niveau? Nagano chassera-t-il les vendeurs du temple? La direction administrative ne mérite que cela! La programmation s'améliorera sûrement avec ce chef éclectique. Nous connaîtrons enfin d'autres avenues que celles toujours empruntées. Notre culture musicale ne pourra que mieux se porter avec la fréquentation de compositeurs différents de ceux habituellement entendus à Montréal. Déjà Messiaen dans deux semaines et j'espère voir et entendre lors de l'annonce de la prochaine saison des noms tout aussi prestigieux que celui du nouveau chef.
27 mars 2005, 8:05
L'orpheline
Cette orpheline m'a profondément touché. Je ne connaissait pas ce tableau de Lemieux et c'est celui qui me reste en mémoire à la suite du parcours de l'exposition de Québec. Je suis arrivé devant cette toile et en ai compris tout de suite le désespoir, la tristesse et le profond désarroi que le peintre a immortalisé dans cette figure tragique. Le monde de Lemieux en est un de difficulté, d'incommunicabilité. Les grands espaces n'en finissent plus de montrer ô combien l'homme s'y perd et n'en est qu'un petit rouage. Désespérance de ne point compter plus que l'immensité de l'horizon" Démonstration aussi de la distance contenue dans chaque être, de l'infranchissable nature humaine qui tait de si grands secrets. Ses tableaux explorant la nuit sont aussi une découverte extraordinaire pour moi. J'ai adoré ces espaces froids ou seulement la lune éclaire faiblement l'immensité. Les lampadaires dans la nuit calme des villes qui sont les seuls éléments apportant la lumière, une lumière solitaire comme abandonnée là, ne reflétant qu'une lueur matérielle. Une clarté orpheline, tout comme la lune dans le ciel noir et comme la jeune fille faisant dos au village qu'on devine intolérant à son égard. Lemieux, grand chantre de l'impossible et incompréhensible condition humaine.
27 mars 2005, 7:41
Quatre mains, deux âmes et la musique
Il fallait y être. Un rendez-vous avec la musique, avec deux grands interprètes. Une cérémonie à laquelle les fidèles vinrent nombreux et en eurent pour leur plaisir. Martha et Nelson étaient ne grande forme et ils nous ont démontrés que la musique est reine lorsqu'on s'y abandonne complètement. Leur générosité a effacé les petites maladresses commises au cours de cette soirée. Mieux vaut se rouvenir des moments remplis de bonheur. Haydn, Rachmaninov, Lutolawski, Schubert et Ravel étaient au menu sans compter les quelques rappels tout aussi bien joués par les deux musiciens. Un engagement total, de la virtuosité, de l'émotion, de l'abandon et un goût exquis furent l'apanage de ces grands artistes. Je suis venu à Québec pour eux, pour Martha surtout et ne regrette pas ce voyage culturel.
27 mars 2005, 5:51
Quelques longueurs
Allant à Québec pour un concert et ayant appris qu'il y aurait des supplémentaires, je n'hésitai point et me procurer des billets pour assister à cette création. J'étais fébrile. J'avâis hâte de voir ce qu'il frait avec un sujet en or: Hans Christian Andersen! Cela ouvrait la voie à tant de posibilité...Je fut un peu déçu. Certes, cela demeure un essai fascinant sur le conte et toutes ses implications. Oui, le traitement foisonne d'idées et de trouvailles. Bien sûr que nous assistons à un exercice de virtuosité impressionnant tant sur le plan technique qu'au niveau de l'interprétation. Mais, j'ai des réserves. J'ai trouvé cela long, deux heures te demie sans entracte...Ça prend beaucoup d'attention et pour capter celle-ci ça prend une histoire sans faille, passionnante, intéressante et au-delà de toute épreuve. Hélas, je pense que Robert Lepage, malgré tout le génie qu'on lui reconnaît et l'admiration que j'ai pour lui, hélas donc, il n'a pas réussi à m'entraîner complètment dans ce conte moderne. Il m'a perdu à quelques reprises. J'ai souti. J'ai ri. J'ai repensé à ses propos depuis l'autre soir mais il me manque l'étincelle, le petit quelque chose qui fait vaciller, qui fait qu'on garde à l'àme l'impression d'avoir grandi et d'avoir cheminé un peu plus.
27 mars 2005, 5:34
Si la vie vous intéresse...
Si la vie vous intéresse, il vous faudra composer avec sa fin. La vie et la mort sont si intimement liés que de le nier est une tentative d'échappement qui ne réussit jamais tout à fait car la réalité lorsqu'elle vous rattrape, elle le fait durement. Sébastien Rose a compris cela et il nous le démontre passionnément dans son deuxième film. Il a encore une fois choisi des acteurs au talent fou et qui habitent leur rôle à la perfection, c'est du sur mesure! Le scénario est fort bien écrit et habilement amené. On connaît la fin comme on sait qu'un jour nous allons mourir mais on ne sait pas comment cela se déroulera et je trouve que le réalisateur nous conduit finement vers l'inéluctable. Il habille son histoire de différentes émotions très bien maitrisées et rendues de manière inoubliables par cette équipe d'interprètes. On s'insère aisément dans ce milieu un peu bourgeois et tellement loufoque. Un père écrivain qui vit sur la gloire de unique roman, qui séduit multitude de femmes y compris sa presque bru. Le fils complètement à l'opposé l'un de l'autre. l'un bohème et l'autre "work-o-lique" tentent de concilier leur vie avec le retour inopiné du père venu s'échouer parmi eux. Une histoire parmi tant d'autre mais qui nous touchent profondément. Une approche humaine, une histoire actuelle remplie de moments indélébiles. Merci à Raymond Bouchard de cet abandon et de cette présence attentive. Merci à Sébastien Rose d'avoir remué en moi moult souvenirs et regrets et dem'avoir confirmé que j'appartenais à l'humanité.
17 mars 2005, 1:02
Une larme
Hitler était donc humain! Y-a-t-il quelqu'un qui en doutait? Il possédait défauts et qualités. Il lui arrivait d'être joyeux, gentil. L'incompréhension pour moi est pourquoi un peuple entier l'a suivi, lui a fait confiance. Il n'avait rien de très charmant. Il était petit, quelconque, et ne resemblait en rien à l'Aryen dans toute sa splendeur. Que s'est-il passé dans la tête des gens pour le faire roi... Le film nous montre son déclin, sa fin. Il nous le dépeint comme un homme fini ayant perdu les moyens de vaincre mais qui continue pourtant à en imposer à plusieurs qui même reconnaissant la défaite ne démordent pas de leur respect envers cet hurluberlu vociférant et déraillant et les traitant comme de vils créatures ne méritant pas d'exister. Malgré tout cela ils sont plusieurs à le vénérer, à le suivre encore et encore et ce jusque dans l'inéluctable. Que penser de cette mère refusant à ses enfants le droit de poursuivre leurs vies, allant jusqu'à les empoisonner de sa propre main et ce sans qu'un sourcillement ne la saisisse! Que penser de ces sécrétaires et de sa maîtresse qui sont prêtes à l'accompagner en enfer! Ce film est important car il tente de reconstituer des faits historiques et tragiques et pour une des rares fois c'est un point vue allemand mais sans complaisance ni hagiographie. Ce film démontre encore une fois qu'hélas l'homme est capable de la pire horreur et que lorsqu'on lui donne le pouvoir il peut se transformer en véritable despote et vider toutes réflexions de son cerveau tant il mettra l'emphase sur son but à atteindre. L'homme est tragique et tellement vaniteux.
16 mars 2005, 11:29
Au-delà des conventions
L'opéra c'est d'abord la voix et je crois que la production d'Agrippina de l'ODM est exemplaire. Les chanteuses furent absolument magnifiques lors de la première. Chanter Handel demande une agilité et une précision assez phénoménales et les interprètes ont tous et toutes brillé avec leur merveilleuses voix. Pour la mise en scène, il ne faut pas oublier que l'opéra baroque n'est pas facile à mettre en scène à cause de sa construction. Vous avez un récitatif, un air, rarement des ensembles. Dans les airs il y a souvent répétition des mêmes phrases et c'est ce qui fait la beauté du baroque. Les chanteurs ornementent donc ses lignes musicales d'où le grand besoin de poséder une maîtrise totale de son instrument vocal. Donc on ne va pas assister à une représentation de Handel en s'attendant à de l'action, à de la netteté au niveau de la direction dramatique. Il faut avoir l'esprit ouvert et se concentrer sur la présence et la prestation vocale des interprètes. Disons que le metteur en scène a privilégié et accentué le côté fourbe de cette histoire romaine mais il faut dire que le destin des personnages de cette Rome décadente s'y prêtait. Je vous encourage donc à y aller car contrairement au prédécesseur de M. Labadie, on a le grand bonheur d'avoir un directeur qui ose sortir des sentiers battus et nous proposer au moins une nouveauté par année. Bien sûr que j'adore Puccini et Verdi mais il existe d'autres compositeurs qui gagnent à être connus et entendus.
11 mars 2005, 7:53
À quelle heure on meurt?
Un huis clos angoissant que ce film, il nous emmène dans une zone inconfortable; la mort! Une histoire de peine de mort décortiquée jusqu'à ce qu'on ne puisse plus se la sortir de la tête. On nous l'enfonce en usant un procédé répétitif mais ô combien intéressant. On assiste donc à la mise à mort d'un condamné, un meurtre légal et punitif. On nous montrera différentes façons qu'a un détenu de vivre cette exécution. Un film grave, profond et porté par deux excellents acteurs qui habitent leur personnage respectif d'une manière très naturelle et convaincante. Roy Dupuis fait encore ici la démonstration de son immense talent de composition. Il parvient à nous faire vivre des émotions si fortes en interprétant les nombreuses facettes de ce condamné. On passe de la peur à l'arrogance, du rire aux larmes, de la révolte à la soumission...On vit cet dans univers aseptisé et cruel. On ressent beaucoup d'impuissance et le réalisateur arrive à nous surprendre malgré une histoire répititive mais non fastidieuse. On rit même un bon coup. Au bout du compte il reste la mort qu'on inflige à un être vivant. On l'a condamné pour meurtre mais on le tue de sang froid. On le met devant l'inéluctable et on le laisse mariner dans l'angoisse totale jusqu'à l'heure fatidique. Il y aurait beaucoup à écrire sur cette peine insensée et inhumaine mais le réalisateur le démontre très bien dans son film horrifiant. Tu ne tueras point!
11 mars 2005, 7:31
Mal de mère
Vipère au poing ft un livre choc, célèbre en France lors de sa parution. Un grand écrivain qui révèle son enfance et qui plus est, une enfance loin de l'émerveillement. Dernier film de De Broca, dernier de Villeret et sûrment un des premier du jeune protagoniste, ce film réprèsente donc l'enfance brisée de frères ayant la malchance d'avoir comme mère une femme absolument incapable de tendresse envers les gens, encore moins ses enfants. On se retrouve ici en terrain de connaissance nous qui vouons un culte à la petite Aurore, enfant martyre. La marâtre du film est d'autant plus effrayante car plus crédible que la nôtre qui dans le vieux film québecois frisait la caricature. Celle de Catherine Frot est donc plus réelle, plus humaine car on croit à sa frustration d'avoir dû laisser ailleurs dans les colonies son amoureux pour suivre son mari fadasse en France et retrouver des enfants qu'elle avait gentiment confié à sa belle-mère. Nous assiterons à une relation amour/haine entre le jeune garçon et sa mère arrivé en catastrophe dans son univers qui désormais n'aura rien d'enchanteur. Pas question de tendresse, d'abandon dans les bras maternel mais plutôt de guerre et de compétition. Il y a quand même filiation car l'échange entre eux en est un que deux êtres complètement indifférent ne se livreraient pas. Un film plein d'amour malgré la démonstration du contraire...
11 mars 2005, 5:27
Diaboliquement froid...
Keanu Reeves est égal à lui-même; il n'y a pas un pli sur son visage...L'homme sans émotions est de retour dans un thriller futurisco-fantastico. Venez le voir se démener contre plusieurs éléments surnaturels et ce sans qu'aucune trace émotive ne l'atteigne! Faut le faire, réussir à garder son visage de robot pendant près de deux heures! Toute une réussite! Ce film est un peu dans la veine des autres auquels prenait part M. Reeves, soit une pseudo-science-fiction avec des effets spéciaux feutrée d'une quasi-histoire d'amour avec une belle jeune femme qui tombera pour lui mais qui le laissera conplètement indifférent... Rachel Weiz fait ce qu'elle peut mais de jouer face à du marbre doit être très pénible! Le scénario est un peu trop abracadabrant pour qu'on embarque et les nombreuses invraisemblances ne tiennent pas la route. À vrai dire on n'éprouve pas beaucoup de plaisir en assistant à ce film à part le mais soufflé!
9 mars 2005, 5:24
L'amour, toujours l'amour!
L'amour mène le monde et le détruit. L'amour engendre des drames intimes. Qu'est-ce que l'amour? Un instant intense de désir et de bonheur physique avec un inconnu? Une caresse au fils? Un sourire? Une larme? Une scène de ménage? ah! l'amour! Ce film est brillant. Il commence à l'envers mais le réalisateur sait ou il s'en va...Il nous emmène au pays des désillusions, au pays des grandes joies, des grandes blesures, au pays de la vie! Cette histoire ressemble à beaucoup d'autres. Elle est mienne, vôtre. On peut se reconnaître dans ces bouts de vie, dans ces errances vers le bonheur qu'on atteint que momentanément. Un film assez dur. Un film cru mais intelligent. On ne repart pas du cinéma le coeur léger mais la tête envahie par des questionnments. On s'interroge sur nos comportements amoureux, sont-ils vraiment aussi déficients? La recherche de la perfection amoureuse gâche-t-elle notre existence? Rompt-on trop facilement? Démisonne-t-on trop vite? Laissons-nous toute la place au changement?L'engagement dans une relation est-il impossible? Le duo d'acteur-trice est renversant de vérité. Ils réussissent à nous intéresser à l'histoire de ce couple ordinaire se démenant dans la quotidienneté de leur histoire amoureuse. En fait, la quotidienneté n'est-ce pas le plus diificile à vivre en amour?
9 mars 2005, 5:08
L'incompris
Un film sur le déraillement, sur le besoin de se démarquer de la meute. Un individu disjoncte et prend ses principes pour du cash. Un être ose se différencier du troupeau et il se retrouve perdu et perdant peu à peu ses illusions. Un homme est mis au rancart, sa façon de penser ne trouve pas beaucoup d'adepte. Un film puissant sur la différence, sur l'envie de tout envoyer promener lorsqu'on doit trop se plier à des conventions sociales qui éteignent notre âme. Un film réussi et fort bien fait. Un acteur surtout, Sean Penn est époustoufflant dans la peau de cet homme brisé par la vie et qui tente de s'en sortir. Il n'y a pas un geste de trop, pas un regard de faux et on croît à ce déraillement et on applaudit presqu'à son opiniâtreté. Mais le coût est énorme pour vivre autrement...on y perd la raison car la masse gagne toujours et pourfend le rebelle jusqu'à son entrée dans le moule sinon c'est l'extinction. Un cinéma difficile mais ô combien intéressant!