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Normand Paquette
Normand Paquette
April 2005 - Messages
25 avril 2005, 4:53
S'asseoir sur ses lauriers
Je suis très déçu du dernier opus du Cirque du Soleil. Je crois que le renouvellement y est absent et qu'on nous sert du déjà vu. Les numéros des arthlètes/artistes sont évidemment toujours époustouflants et vertigineux mais on a déjà vu ces exercices par d'autres qui furent tous aussi bons. Il serait temps que le Cirque du Soleil revoie sa formule. Je pense que l'on nous donne la même formule car on la sait gagnante et surtout on connaît le public Québecois qui est un public en or et un peu trop gratifiant. Je n'ai pas assisté aux spectacles que le Cirque du Soleil présente à Las Vegas mais je pense qu'ils sont autrement spectaculaires que ce qu'on nous montre à voir ici. J'ai vraiment leu l'impression d'assister hier soir à quelque chose de frelaté. On m'avait promis une autre vision, une mise en scène plus théatrale, plus onirique. Je m'excuse mais ce que j'ai vu ne valait pas les cent dollars payés! Oui, les numéros d'acrobaties étaient de forts calibres mais tout ce qui les entouraient m'a semblé du remplissage. Je n'ai pas embarqué du tout dans la démarche du concepteur, ça frôlait l'amateurisme! Lorsqu'on vend des billets si chers et qu'on nous délivre un produit qui ressemble à tous les autres spectacles du Cirque du Soleil présentés ici et bien on a du culot! Toujours le même processus, clowns/acteurs tentant de nous faire rire, numéros d'acrobaties et la sempiternelle et omniprésente musique qui est un identique à toutes les autres dont le Cirque nous a habitué. C'est justement cette habitude que je dénonce et je commence à croire que ces petits spectacles sont la "vache à lait" qui permet au Cirque de créer et d'innover ailleurs... Je trouve les commentateurs et critiques très tendres à l'endroit de cette institution. Il est temps qu'ils cessent de s'asseoir sur leurs lauriers et qu'ils nous donnent autre chose que l'habituel. On vaut bien Las Vegas!
23 avril 2005, 5:46
Festif!
Un film d'action qui ne se prend pas au sérieux et qui nous emmène dans un univers complètement jouissif. L'art martial dans toute sa splendeur et son invraisemblance ce film en est le reflet irrésistible. Je ne suis pas un accroc de ce genre de film mais aujourd'hui j'avais envie de sortir de mon univers. Je me rendis donc au cinéma pour y voir ce film et je fus servi! Un autre monde plein de fantaisie et dont la violence ne porte pas à conséquence, elle est au contraire jubilatoire car le réalisateur s'en sert pour nous faire une démonstration d'arts martiaux pas piqués des vers. Nous assistons à la rencontre d'une gang de rue et un quartier à prime abord pépère mais qui se révèle vite rempli de gens hétéroclites qui nous ferons passer deux heures agréables. Le couple de de propriétaire est tout simplement inénarrable et vaut à lui seul le déplacement. Je ne raconterai pas en détails le déroulement du film car il faut laisser au gens la surprise des nombreuses trouvailles du scénariste, acteur et réalisateur. Ils ne seront pas déçus et repartirons de la salle le sourire accroché aux lèvres. Qu'il me suffise de dire que l'on ne s'y ennui jamais, qu'on y ri amplement et qu'on y est ébloui par tant de virtuosité cinématopgraphique qu'on oubli tout le reste. Donc je le conseille à tous ceux dont le besoin de dépaysement est nécessaire pour contrer la morosité. Vive le cinéma!
23 avril 2005, 11:19
La leçon
Ce film considéré comme un des meilleurs de l'histoire du cinéma mérite l'attention de tous. Kurosawa démontre ici une connaissance de l'humain et nous en donne la magistrale leçon à travers une hisoire qui à prime abord nous semble conventionnelle et qui s'évère une riche étude du comportement de l'homme. Se basant sur une histoire de meurtre arrivé sur une petite route menant à Osaka le réalisateur nous amène lentement à partager ses points de vue sur l'âme humaine. On a droit à quatres récits de la même histoire des différents protagonistes et à chaque fois on croit enfin connaître la vérité et celle-ci est mise au défi au cours des versions subséquentes. Le style est dépouillé. On mise sur le jeu des acteurs qui sont tous excellents. On embarque à fond dans cette histoire pourtant banale mais l'intérêt ici est comment les hommes réagissent et s'approprient les faits et en font leur vérité. Chacun y ajoute ou y enlève ce qui le fera mal paraître. L'homme est assoiffée de gloire et veut se démarquer de son quotidien pour ce faire il est prêt à tous les mensonges. Qui n'a pas embelli ou orné un fait vécu afin que sa narration s'enrichisse et devienne le socle qui l'élèvera temporairement au statut de héros? Kurosawa nous donne donc ici des exemples de la capacité de l'être humain, il est capable du pire comme du meilleur et il ne faut pas perdre tout espoir en lui...Il y en aura toujours un pour racheter l'autre.
21 avril 2005, 11:23
Au-delà des convenances
Les gens riches et oisifs ont-ils plus le temps d'expérimenter les différentes facettes de la vie? Leur inlassable ennui en fait-il des êtres plus enclin à la tricherie, à la veulerie? Antonioni illustre quelques moments de la vie d'un petit groupe de privilégiés qui outrepassent la marolité et s'enlisent dans des interdits afin de mieux glisser de leur mornes existences. L'amour ne se commande ni se répresse aisément. Un homme et une femme s'éprennent malgré de récents événements troublant. Ils sont à la recherche d'une autre femme disparue mystérieusement d'une île lors d'une croisière entre amis. Il s'agit de l'amoureux et de la meilleure amie de la disparue. Antonioni démontre que le désir et l'amour n'admettent aucun contrôle. Lentement une relation se développe donc entre ces deux êtres et ils en oublient leur recherche. Ils en viennent à souhaiter que la disparition soit définitive. D'ailleurs le réalisateur nous laisse dans le vague concernant cette mystérieuse disparition, y-a-t-il eu meurtre? sucide? accident? L'action est axée sur le nouveau couple et comment ils vivent cette attirance réciproque dans ces conditions loin d'être idéales. Observation crue de la caméra qui se fait complice de notre regard plein de curiosité sur cette idylle un peu outrancière étant donné les circonstances nébuleuses.Étude de moeurs d'un doué réalisateur qui nous laisse à nos propres conclusions et c'est là le point déterminant du film.
21 avril 2005, 10:46
Rigueur, discipline et amour...
Les enfants prodiges n'ont pas la vie facile. Adèle et Alexandre sont nés dans une famille de musiciens mais attention on ne parle pas d'amateurs ici! Le grand-père est un célèbre maestro, la mère était une violonceliste de premier plan, le père joue à l'orchestre et l'oncle compose. Ils baignent donc littéralement dans cet univers de rigueur et on comprend que leur vie ne laissa pas grand place à la fantaisie jusqu'au jour ou l'amour éveillera Adèle et alors tout changera. Ce film décrit bien l'atmosphère étouffante de ces milieux fermés ou le plaisir semble être synonime de rigueur. On ne peut que compatir avec ces deux jeunes qui découvrant une autre facette de la vie remettent en question leur cheminement. Adèle choisira de poursuivre la musique mais elle épousera l'idélogie de son amant qui lui-même pianiste vit son art d'une toute autre manière que je qualifierais de plus équilibrée. Alexandre ira jusqu'à se blesser volontairement aux mains afin de mettre en cause l'ambition demesurée de son père. Il s'agit donc de ces parents frustrés et ambitieux qui veulent que leurs progénitures dépassent et assouvissent leurs rêves inaccomplis. Cela se passe ici dans le milieu musical mais on aurait pu se retrouvert dans le sport ou dans toutes autres professions. Ces parents qui briment les enfants et leur demandent la perfection et qui ont besoin d'un quasi-malheur pour remettre en question leur vision élitiste. Un meilleur équilibre entre la vie et la profession est souhaitable sinon on se retrouve floué et on se réveille hélas souvent trop tard avec des regrets amers. Belle réalisation, sobre et efficace ou évidemment la musique joue un rôle nécessaire et nourrit le film.
19 avril 2005, 9:12
Naissance et exécution de tableaux
La rencontre entre Francis Bacon et un jeune voyou n'aura profité qu'au peintre. Nous assistons dans ce film à la genèse de quelques tableaux du peintre anglais. Le réalisateur réussit avec brio cette démonstration. Nous avons vraiment l'impression d'être dans le cerveau du peintre et de vivre avec lui cette démarche créatrice. George lui tombe littéralement du ciel et il se l'approprira et ce sans scrupules. Il se donne entièrement à son art et transpose la moindre émotion sur ses toiles. Il entretien cette relation destructrice avec ce jeune voyou dans le but unique nous semble-t-il de parfaire son oeuvre. C'est une rencontre choc pour lui et même s'il sait que cela mène George directement à la déchéance il ne fera rien pour changer le cours des choses. Lorsqu'une de ses amies insistera pour qu'il amène George à se soigner il restera sourd à cette quête et répondra que George est un homme et qu'il sait ce qu'il a à faire. On est donc ahuri devant l'insensibilité de ce peintre pourtant capable de créer et qui reste de marbre devant l'évidente dégringolade de son amant. Il est un être vraiment égoiste, répugnant et profiteur. Il ne s'occupe que de lui et de sa création. Il traite tout le monde de la même manière et les accuse de sentimentalité lorsque ceux-ci laissent voir leurs émotions. On a rarement vu un film aussi pervers et en même temps aussi magnifiquement tourné. Il y a une grande recherche esthétique et je dirais que le film réflète habilement les composantes de l'oeuvre de Bacon. Les images sont distorsionnées et traitées comme le peintre les ressentait. La question à se poser est jusqu'ou peut-on aller pour l'accomplissement de son génie artistique, peut-on gaspiller la vie des autres? Un peintre admirable lorsqu'on regarde ses tableaux mais au visionnement de sa vie on le trouve moins sympathique. L'art est la transposition de l'âme et dorénavant je me questionnerai profondément de sa réelle provenance.
17 avril 2005, 11:29
Vengeance
Des dialogues sublimes écrit par Cocteau. Des images dures filmées par Bresson. Deux superbes actrices. Une histoire classique de jalousie et de revenge. Tout cela nous donne un film comme on n'en voit pas de nos jours. Le rythme y est différent. La façon de tourner est complètement à l'opposé d'aujourd'hui. Pourtant on regarde ce film avec intérêt. Probablement à cause de la manière de faire de l'époque qui nous fascine et qui rend hautement séduisant ce film. Maria Casarès joue la femme trompée dans ses espérances et décide de se venger de cet abandon. Elle tramera un piège pour cet amant et rein ne l'arrêtera dans sa réalisation. Elle utilisera de façon froide et calculatrice la déchéance ou se retrouve une connaissance pour arriver à ses fins. Elle tissera patiemment la toile où viendra s'empêtrer l'homme du monde mais elle n"avait pas tenu compte de la force de l'amour... Un classique qu'il fait bon voir et revoir ne serait-ce pour la différence dans le traitement. On prenait le temps de développer les histoires. On se ne se souciait guère de la lenteur car elle faisait partie du schéma et les gens acceptait aisément cette convention. On n'allait pas au cinéma pour consommer, on savourait les films. La qualité primait sur la quantité.
17 avril 2005, 11:13
Pas si douce la vie...
La dolce vita n'a rien de doux. Ces gens qui apparemment ont tout ne parviennent pas à vivre heureux. C'est un monde complètement éthéré et plein de faux-semblants et qui tente de s'accrocher par tous les moyens disponibles. Fellini nous y entraîne et nous y guide de façon magistrale. Sa description de ce milieu bourgeois, de cette faune des gens du monde est dure mais tellement réaliste. Cet ennui appartient aux gens qui possèdent tout sauf l'essentiel. Ils n"arrivent pas à s'émerveiller et s'enlisent dans des fêtes insignifiantes et les soirées succèdent aux soirées et jamais rien de concret n'en ressort. Ces gens connus que les journalistes assaillent et traquent afin de faire rêver ceux moins nantis en décrivant leur moindre geste, et bien ils s'emmerdent royalement et n'arrivent plus à ressentir aucun plaisir. Cette description vue à travers le journaliste mondain que joue Mastroianni nous laisse un goût amer et nous fait réfléchir sur notre propre recherche identitaire. L'argent et la célébrité ne donnent pas nécessairement le bonheur. Les vraies valeurs n'y sont pas présentes. C'est un monde vain et futile ou les sensations se vivent en surface sans jamais nourrir l'âme. Un monde à éviter nous dit Fellini.
17 avril 2005, 10:55
Extravagance dans le désert
Forcier nous revient avec son thème favori; l'amour sous toutes ses formes. On a droit à des personnages hauts en couleur, amoureux à leur façon et qui tentent d'atteindre la consécration de leur rêve respectif. Le jeune premier émule de Valentino qui veut à tout prix jouer au cinéma, l'actrice vieillissante et prête à toutes les manigances pour obtenir un baiser dudit éphèbe, la mormonne qui veut une révolution des femmes, l'amatier de golf et de femmes qui ne recule devant rien pour assouvir sa faim d'amour physique et enfin un tueur en série indescriptible mais ô combien inquiétant. Ils se démènent tous et rien ne les arrêtera dans leur quête. Ces personnages sont la matière forte de Forcier. Il excelle dans l'art de les défénir et de leur donner âme. C'est un cinéma onirique et fantasmagorique. C'est un film d'auteur car l'important n'est pas de plaire au public mais de présenter sur grand écran une vision de la vie. Cette vision est souvent floue et jamais tout à fait plausible. C'est un voyage dans un univers du domaine du rêve et ou la réalité est complètement occultée. Il faut accepter le dépaysement et ne pas s'attendre à une cohérence. Il faut donc s'évader en laissant sa rationalité au vestiaire. Évidemment le film d'auteur doit continuer d'exister et être subventionner par les différents organismes culturels et gouvernementaux mais pas au détriment des autres formes de cinéma. Le juste équilibre prévaut.
16 avril 2005, 7:34
État de grâce!
Un autre bijou dans un magnifique écrin. Une autre histoire de retour aux sources mais cette fois tellement bien amenée, si habilement écrite, jouée avec tant de naturel que c'est dur de s'en plaindre. Nouveau réalisateur qui ira loin s'il continue dans cette veine. Il est intelligent, drôle et en plus de diriger les acteurs d'une main de maître il réussit à camper son personnage d'une manière très fraîche, très humaine. Cette histoire on la connait mais pas relatée de cette façon. Les scènes loufoques alternent avec celles plus tendres mais sans jamais qu'on sente la recette. Ce film est original malgré son sujet archi-exploité au cinéma. Un jeune homme revient chez lui pour l'enterrement de sa mère et revoit quelques copains de jadis. On apprend son histoire lors des quelques jours qu"il restera dans cette petite ville. Son père est son psychiatre...sa mère était devenue infirme à la suite d'un accident dont il serait responsable...il a un groupe de copains tous aussi singuliers les uns les autres, on n'a qu'à penser à celui qui a inventé le "velcro" silencieux et qui riche après cette invention habite dans un manoir incroyable...Ce film est surtout la rencontre délicieuse entre le jeune homme et la jeune fille épileptique, magnifique Nathalie Portman, qui ment comme elle respire mais qui changera le cours de sa vie. Cette relation est tout simplement inénarrable car sous des allures de romantisme se cache un échange significatif qui rendra l'avenir plus plausible, plus vivable. Un réalisateur est né et on attend son prochain opus avec impatience. Faites-vous plaisir!
16 avril 2005, 1:05
Amours & blessures
Il n'y a pas d'amour heureux et lorsque l'homme ouvre les bras son ombre est celle d'une croix... La passion ne va pas sans blessures. Marie-Christine Lê-Huu en sait quelque chose. On ne peut écrire impunément une pièce si forte sans en avoir ressenti ne serais-ce que quelsques blessures à l'âme. Ses personnages sont tous recouverts de plaies plus ou moins visibles mais ô combien vives. Sa petite de sept ans possède un langage poétique tout à fait mordant et imagé. On comprend vite ses propos et on est souvent charmé pas cette verve réaliste pleine de trouvailles. On assiste donc à des histoires d'amour qui prennent différentes avenues mais qui toujours achoppent sur la vie et ses contraintes. Qu'on parle d'amour-passion, d'amour-parental c'est du pareil au même. on se bute contre les apparences et surtout contre la quotidienneté. On ne peut aimer sans laisser de trace. On ne peut s'aimer en toute liberté sinon un court instant. La vie nous rattrappe toujours et nous demande un prix fort cher. Cette pièce démontre habilement que la vie se joue de nous et nous malmène. Cette enfant si lucide a trouvé une solution radicale pour que ses parents ne se détruisent pas, elle les a enfermés dans leur amour et en a coupé toutes les issues. Elle a choisi pour eux... Bravo à toute la distribution pour ces moments intenses. Pas facile la vie...
14 avril 2005, 7:45
Trop souvent vrai
Sujet tabou. Une femme préférant l'amour d'un homme à ses enfants. Dans ce film, elle a quatre enfants conçus avec différent partenaire et elle ne s'en préoccupe guère. Elle part souvent les laissant à eux-mêmes et sans remord. Elle recommence souvent. Dès qu'elle s'amourache elle oublie ses petits et rien ne compte plus que l'éphémère amour. C'est donc l'histoire de ces orphelins qui subsistent malgré tout et s'arrangent avec la vie. On leur a volé leur enfance. On les a privé de famille et en plus on les négligent honteusement au profit de rencontres amoureuses fortuites et vaines. Ce film m'a profondément choqué. Il ne faut pas se leurrer cela n'existe pas qu'ailleurs. Cette histoire pourrait se dérouler ici et cela serait tout aussi crédible. Les femmes qui ont des enfants et qui les abandonnent sont beaucoup plus nombreuses qu'on le croît. L'enfance est précieuse. Nous sommes si dépendants de nos parents, si vulnérables lorsqu'enfants. Il est criminel de détruire des êtres pour son propre bonheur. Ce film est bouleversant.
14 avril 2005, 7:24
Du bonbon!
Tout simplement délicieux! J'ai choisi ce film par hasard, il était sur une étagère dans les nouveautés et je l'ai loué, grand bien me fit! D'abord les prénoms, Fleur, Vénus, Dieu & Bonheur, ils sont tous très représentatifs des personnages qui les portent. Une histoire simple et délicieuse sur la rencontre de jeunes filles complètement à l'opposées une de l'autre et qui vivront quelques jours ensemble à Marseille. Il y a Vénus, la Russe qui vient du froid mais qui a un tempérament latin et puis Fleur, jeune bourgeoise intello qui vient de Paris pour se reposer dans la maison que son oncle lui a gentiment prêté. Ces deux donzelles tenteront de s'éclater et finiront par s'adorer et vivre une amitié vraiment sympathique. Le personnage du voisin, prénommé Dieu, est à mourir de rire dans sa soif d'attirer à lui les brebis égarées...Quant à Bonheur il est tout simplement romantique à souhait. Fleur lit Pessoa tandis que Vénus se trémoussse au rythme d'une musique populaire russe. Vénus, fier de son patronyme, jouera la séduction à fond et Fleur, pleine de candeur et attendant d'être cueilli, s'effacera au profit de sa camarade... Une histoire bien racontée, pleine d'humour et qui m'a fait bien souvent rire de tout coeur. Un film frais, revigorant. La réalisation est fine et efficace. Un moment fort agréable passé à visionner ce film et qui vous fait oublier tout le reste. On y plonge avec délice et on en ressort prêt à affronter notre routine beaucoup moins rigolotte. allez, faites-vous plaisir!
13 avril 2005, 5:19
La vie, intensément...
On peut dire que le film se résume dès les premières images, un magnifique paysage traversé par des clairs-obscurs et le temps s'égrenant au son de diverses sonneries d'intensité différente. Tout est en place, je dirais même que tout est dit! Pourtant Bergman nous entraînera dans ce manoir ou trois femmes assistent à l'agonie d'une quatrième et nous démontrera les cris et chuchotements que contient l'âme humaine. Un film difficile et beau parsemé de scènes étonnantes d'intériorité. Des êtres torturés, pris dans un schéma psychique infernal et dont à prime abord on ne soupçonnera rien jusqu'au dévoilement venant à tour de rôle et qu'on oubliera pas de sitôt. Bergman c'est la vie intense, les conflits psychologiques et les secrets profondément enfouis en chacun de nous. Il parvient à laisser transparaître sur les visages de ses interprètes des pans entiers de vie et de souffrance. On se promène dans ce manoir immense peint de rouge sombre et habité d'horloges gardant le rythme des êtres qui y logent. Le drame de la mort y tient une place prépondérante et sa contrepartie, la vie, y est aussi très présente. Cette lutte pour garder sa contenance face au déroulement sinueux de l'existence est habilement traité par ce réalisateur qui laissa sa marque dans le septième art et on comprend pourquoi en visonnant ce film absolument abouti et parfaitement maîtrisé.
13 avril 2005, 9:48
L'argent ne fait pas le bonheur
Ce film de Fassbinder est son plus accessible mais cela n'implique nullement qu'il soit moins intéressant pour autant. Une histoire connue, l'éternelle lutte des classes, mais cette fois-ci transposé dans le milieu homosexuel. Fassbinder incarne lui-même ce Fox qui gagnant une somme gigantesque à la loterie pense que sa vie se transformera en conte de fée. Hélas, il n'avait pas compté sur la cupidité des humains qui sont prêts à tout pour s'emparer du bien des autres et surtout profiter de la naiveté des plus démunis en esprit. Fox se laissera donc berner par cet affreux bourgeois qui attiré par son argent le séduira et le ruinera. Fassbinder met en parallèle deux classes et fait la démonstration que la culture et les bonnes manières ne sont pas garantes de la probité. On a beau fréquenter la haute, écouter la vraie musique, voir et vivre les dernières nouveautés culturelles mais si à la base on ne possède pas les qualités du coeur on demeure ignoble. Fox est un être ordinaire mais il a en lui des qualités humaines et c'est ce qui fait son malheur. Une fin horrible l'attend. On reste avec un goût amer à l'âme lors du générique. Fassbinder aura contribué à la dénonciation di Dieu des temps modernes :L'ARGENT!
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