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Normand Paquette
Normand Paquette
juin 2005 - Messages
20 juin 2005, 7:39
Dualité
L'homme face à ses doutes. L'homme devant ses contradictions. Il n'y a pas de blanc ni de noir dans ce film, il est gris. Gris comme ces zones qui traversent nos vies et nous font renier ce qu'hier encore on croyait pourtant la vérité. Le réalisateur nous brosse un tableau dur mais convaincant de l'humanité tentant de vivre selon ses convictions et se retrouvant dépassée devant le chaos émotif qui la façonne. En effet comment concilier croyance et réalité dans le quotidien? On assiste à une journée dans la vie de quelques spécimens humains se débattant entre leur vérité et les autres. Difficile de toujours être à la hauteur de ses idéaux. On subit les influences de nos congénères et notre manière de penser s'en retrouve déstabilisée et nos actions épousent trop souvent celles véhiculées par la société bien souvent au détriment de notre intégrité. On voit donc différents intervenants se comporter selon les règles établies puis bifurquer tout à coup sur un chemin escarpé. On verra toute une gamme d'émotions se défénir à l'écran. Un film révélateur de notre condition humaine qui nous pousse souvent à faire contre notre volonté. Un film qui démontre que l'homme est esclave de ses émotions qui l'amènent à des confrontations fatales. Un film utile parceque vrai.
19 juin 2005, 8:52
Sapristi, j'ai embarqué!!!
Complètement dingue comme film! Irrespectueux, drôle, et carrément fou braque! Desgagné nous mène en bateau et on suit malgré le dévoilement des ficelles...En effet, tout au long du film il frappe dans le tas et nous démontre que ces séries de télé-réalité, emberlificotent le monde et les font manger dans leur main! Malgré cela on marche et à la fin du film on devient fanatique et on souhaite que notre candidate favorite remporte le concours. L'empire de Péladeau en prend pour son rhume et les dessous pas trop reluisants de ces productions n'auront plus de secrets pour nous. C'est un univers diaboliquement efficace et complètement dépourvu d'âme. Le cash, le gros cash sale, c'est tout ce qui compte. On manipule et les candidats et le public mais personne n'y voit rien et tous se laissent berner et vivent ces émotions cent mille à l'heure! Car il s'agit bien ici d'exploiter le regsitre émotif, de tabler sur ce qui fera jaillir la larme salvatrice et touchera ainsi le coeur des téléspectateurs. Il y a un portrait féroce de la population et même si parfois le tout frôle la caricature, il est très jouissif d'en rire. Je lève mon chapeua à l'équipe formidable de comédiens de ce film, Ils sont tous excellents. J'ai particulièrement apprécié Murielle Dutil et Ghyslain Tremblay en parent de région éloignée complètement dépassé par les événements, ils sont savoureux. Il ne faut pas manquer Huguette Oligny en vieille groupie qu'on farde et déguise pour les besoins de la cause, vous ne l'oulierez jamais. On se sent que tout le monde a eu un plaisir fou à faire ce film. Quant à Claudine Mercier qui ne fait pas partie de mes idoles, je dois avouer qu'elle compose une panoplie de personnages singuliers qui colleront à votre imaginaire.
18 juin 2005, 8:15
Héros = Solitude
On redécouvre le prix à payer pour être un héros, la solitude! Ça coûte donc très cher de défendre la veuve et l'orphelin et de se porter garant de ses idéaux. Ce film en fait la démonstration et d'une manière très convaincante. Je ne m'étais jamais vraiment arrêté sur cet aspect des films de Super Héros mais je dois me rendre à l'évidence que ceux-ci sont très souvent chastes et purs. Ce n'est pas par choix mais ils payent pour devenir le Héros. Quant à la vie sexuelle de ces Super Hommes on n'en parle jamais. C'est fou car lorsqu'on pense aux nombreux fantasmes que provoquent l'uniforme on croirait que leurs propriétaires ont une vie sexuelle trépidante...Ce film vient renforcer l'idée que le Héros ne peut qu'être solitaire. Rachel donne un seul baiser à Bruce Wayne mais c'en est un chaste et aussitôt terminé elle lui dit qu'elle ne peut aimer celui qu'il est devenu. Batman encaisse donc ce coup fatal et s'en retourne avec son fidèle serviteur...Pourtant quel homme sexy et désirable! Il a tout du sex-symbole mais n'en récolte pas les fruits.Il plaît mais de loin. C'est l'idole des enfants et on ne penserait pas à flirter impunément avec un tel représentant du monde fantastique qui peuple leur imagination. Doit-on en conclure que faire le bien n'excite pas le désir? On a plus envie du diable que de l'ange, c'est tout un message qui est transmis ici; le bien équivaut à la chasteté et les plaisirs ne font pas partis du quotidien de ces défenseurs. Ils sont beaucoup trop occupés à combattre les injustices et les criminels qui eux s'amusent et se vautrent dans la luxure..Vraiment un message sans équivoque et qui ne donne pas trop le goût de se ranger de ce côté là des choses... C'est fou les réactions qu'un film peut amener, le réalisateur n'a sûrement pas planifié celle que j'ai!
16 juin 2005, 7:51
Je suis né à Montréal
La ville me terrifie de plus en plus. La saleté du centre-ville me répugne. Les odeurs me lèvent le coeur. Je me surprend à être à chaque jour plus nauséeux. Je rêve de campagne, de verdure moi qui pourtant suis né à Montréal. La promiscuité m'horripile. Les trottoirs ne sont que dépotoirs à ciel ouvert. Les gens sont négligents et déversent leurs déchets un peu partout. Il n'y a qu'à tenter de franchir les entrées de building qui ressemblent à des cimetières tant il y a de mégots et de cendres qui y sévissent. Les citadins changent et se terrent dans leur condos climatisés. Ils ne sortent que par nécessité, alors, comment voulez-vous qu'ils respectent la ville! La ville appartient aux laissés pour compte, aux sans-abris et autres clochards errant et traînant avec eux leurs mal de vivre. Ils fouillent les poubelles et contribuent à apesentir l'air déjà vicié par les différents polluants sévissant sur cette grande cochonnerie que devient Montréal. Lorsque j'étais enfant j'aimais ma ville mais aujourd'hui elle m'indiffère...
14 juin 2005, 8:41
Des images indélibiles
Ce film me reste en tête et ce même après quelques jours. Au fil de la journée des images me reviennent en mémoire et mon âme en est atteint à chaque fois. Le réalisateur a réussi une oeuvre forte qui se loge en nous et ne nous quittes pas. Le sujet est brûlant d'actualité et fut dernièrement traité par de nombreux artistes et ce dans tous les domaines. Gregg Araki en a fait un film vraiment troublant. Il a pris ce sujet et l'a transposé de façon inoubliable en lui donnant une approche à la fois sérieuse et poétique. Ses images sont souvent fortes, quelques-unes frôlant l'insupportable. Des scènes inouies de vérité, des situations dramatiques et aussi un humour corrosif composent ce film. Je n'oublireai pas la scène de séduction entre le coach et le jeune garçon ou la poésie atténue l'interdit. Je garderai aussi longtemps en mémoire celle de la rencontre entre le sidéen et Neil. Araki parvient à faire un film tout en nuances et ses personnages sont tous extrêmement bien campés. Il se penche sur les conséquences dévastatrices de l'abus d'un être sur un autre. Il dénonce l'enfance volée et la perte d'innocence. Il parvient à nous intégrer à son histoire et ne nous laisse pas indemne. Je porterai longtemps en moi Neil et Brian.
13 juin 2005, 9:46
Je me branle, tu te branles...
Rarement vu autant de gens qui se branle, en exceptant les films pornos, que dans ce film! Le père, le fils, l'ami sont tous obsédés de la branlette et spécifiquement sous la douche. Un film sur le désir dans un cadre estival, à proximité de la mer. Tout est permis en vacances, on se laisse aller et on oublie plus facilement les conventions sociales. Il y a un peu de tout dans ce film et c'est ce qui fait que le souvenir s'en efface facilement. Bien sûr il y a quelques situations loufoques qui nous égayent mais le scénario prend trop de tangentes différentes pour qu'on y adhère complètement. Il reste les acteurs qui sont tous excellents dans ce registre léger. La mère cool et désinvolte parfaitement rendue par Bruni Tedeschi, le père homo qui tente de l'oublier, le fils qui laisse croire à son homosexualité, le copain amoureux du fils mais que le père désire secrètement, l'ex-amant plombier, ces personnages s'envoient en l'air et ne songent jamais aux conséquences de leurs actes...C'est l'été! Mon favori est l'amant de la mère qui trouve toujours moyen de la baiser et ce dans des lieux dangereusement proches et compromettants! Petit film qui traverse l'atlantique en lieu et place d'autres qui seraient sûrement plus appréciés mais c'est l'été...
13 juin 2005, 9:30
Pour les jours de canicule...
Ce n'est pas un grand film mais pour les jours de canicule cela se regarde d'autant plus que le merveilleux Daniel Auteuil y tient un des rôles principaux. J'ai souri puis carrément ri à quelques reprises. Je trouve la bouille de Garcia sympathique et il se rapproche des comiques français qui ont fait leur marque dans ce genre. Un homme un peu benêt, distrait, sans grande envergure mais tellement naif qu'il en est désarmant. L'histoire est simplette et les situations hautements prévisibles mais ici l'interprétetion fait la différence. Auteuil est toujours aussi crédible et habite son personnage jusqu'aux bouts des ongles. Il arrive à nous emberlificoter et jamais on trouve dérisoire son comportement. Est-on responsable de celui qu'on a sauvé? Doit-on le suivre et faire en sorte que sa vie reprenne le bon chemin? On se sert donc de ces questions philosophiques et on en fait un ragoût comestible. Évidemment les situations sont parfois tirées par less cheveux et le scénario ne se démarque pas des conventions mais on sent le réalisateur en parfait contrôle de son histoire et on fait fi des petites invraisemblances le temps de fuir la canicule...
13 juin 2005, 8:56
Chimie & physique
Une charmante soirée que nous propose le Festival Juste pour Rire. On a demandé à Mme Filiatrault de remonter cette pièce qui fut la première que le Festival présenta. Du théâtre en été à Montréal! Formidable initiative qui depuis à fait des petits... Donc nous assistons aux soubressauts qui menèrent à la découverte du Radium par Pierre & Marie Curie. C'est une comédie intéressante car elle instruit et décortique un peu le monde austère de la science. La pièce repose sur le talent des interprètes et nous sommes ici devant des acteurs de hauts qualibres. Sylvie Drapeau démontre qu'elle est une actrice efficace et la comédie lui sied bien. Je ne l'avais vu que dans des drames et je m'aperçois qu'elle excelle autant dans la comédie. Elle possède ce don inoui d'habiter ses personnages et elles le fait avec un naturel déconcertant. Ma découverte fut Denis Roy. J'ai vraiment adoré ce comédien et j'ai trouvé son jeu rempli de subtilité. Il réussit à camper un savant timide et distrait sans caricature et le voir évoluer aisément faisait vraiment plaisir. En somme des moments agréables et instructifs car nous repartons du théâtre en étant un peu plus au courant de la science et de la façon dont souvent on fait des découvertes importantes.
8 juin 2005, 9:48
Tout le monde tout nu!
J'avais hâte d'assister à ce spectacle. Je ne fus pas déçu, seulement un peu ennuyé par certains numéros moins réussis. D'abord soulignons la joyeuse impertinence de ces interprètes qui se montrent vraiment à découvert. Ça prend de l'audace et une certaine abnégation pour faire fi des convenances sociales et s'aventurer dans l'univers qui leur fut proposé par le concepteur. Il y a des numéros vraiment insoutenables parce-que criants de vérité, il y en a d'autres dont la teneur s'harmonisait moins bien à la ligne conductrice. La nudité surprend, choque, interpelle et ce malgré le monde moderne dans lequel nous vivons. Nous ne sommes pas habitués de nous mettre à nu et de regarder l'autre comme il est véritablement. Nous préférons les artifices mais Dave St-Pierre a décidé qu'il était grand temps que nous cessions ces fausses impudeurs et il nous offre des exemples convaincants. La nudité n'est pas que physique dans ses tableaux elle est aussi émotive. Il parvient à laisser toute la place à l'âme car la vedette de ce spectacle malgré la nudité physique apparente est l'âme... La découverte de la vérité de l'âme nous met mal à l'aise bien plus que la nudité du corps. Celui-ci n'est qu'une enveloppe, une armure dissimulant notre véritable identité et cela on le comprend profondément lorsqu'on réfléchit aux propositions de ce valeureux spectacle.
8 juin 2005, 9:14
Inutiles sparages
Une relecture ou une adaptation comptemporaine d'une pièce doit mener vers une meilleure compréhension de celle-ci. Or, nous assistons ici à un exercice qui au lieu d'approfondir la pièce de Tchékov l'embrouille. Je ne juge pas pertinent la mise en scène de M. Mouawad. l'oeuvre n'avait pas besoin de ce report dans le temps, elle est assez forte pour en passer les barrières. Je ne crois pas que le fait de voir la nounou se promener avec une tronçonneuse, que d'introduire des chansonnettes insipides et des danses de ligne ajoutent de la pertinence au texte. De plus les comédiens-nes, ne possèdent pas tous le texte de la même façon et bien souvent j'ai trouvé qu'ils récitaient sans comprendre vraiment les mots de Tchékov. Je ne pense pas que les nombreux tics dont le metteur en scène affublent les personnages rehaussent le propos. Dans un interview M. Mouawad avouait ne pas être à l'aise dans l'univers Tchékovien et cela transparaît dans sa lecture. Il ne suffit pas de peupler la scène d'artifices et de demander aux comédiens de performer de vains sparages pour tenter de masquer son inconfort, celui-ci réussit tout de même à poindre. Le public s'est laissé berner par cet habile meneur de jeu. Il a détourné leur attention en les implicant dans sa vision. En effet, en les faisant participer grâce à deux subterfurges, à mon avis inconvenants, il les a doublement floué. Non seulement il n'ont pas ressenti le message de Tchékov mais ils ont participé à son enfouissement.
7 juin 2005, 2:45
Importance et influence de l'art
Ce film fait la démonstration de l'importance et de l'influence de l'art dans nos vies. Les héros de cette chronique familiale vivent au rythme de la musique. Celle-ci sera déterminante pour Zachary. Il réussira à se connaître en s'identifiant d'abord aux groupes et chanteurs alors en vogue. L'utilisation de la trame sonore se révèle ici moteur de l'intrigue. J'irais même jusqu'à dire que sans cette relation intime avec la musique Zachary ne serait pas devenu aussi indépendant et ne se serait sûrement pas accepté dans toute sa différence. Je dirais même que ce qui rend complice Zachary et son père est leur amour réciproque de la musique. Ils éprouvent un besoin primordial de se ressourcer dans l'écoute de leurs chansons préférés allant jusqu'à en faire un principe de vie. Le père utilise Aznavour pour laisser ses rêves prendre forme et Zachary en se peignant le visage comme son idole Bowie et en imitant ses voix et gestes, arrive à extravertir ses sentiments profonds et à vivre ainsi sa sensibilité. Cela m'a rappelé la grande importance de l'art dans ma vie.