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Normand Paquette
Normand Paquette
janvier 2007 - Messages
28 janvier 2007, 10:02
Dilemme
L'homme cet être capable de tout. L'homme empêtré dans ses contradictions. L'homme subjugué par son désir de vivre. Susanne Bier explore les méandres de l'âme humaine avec brio. Elle s'insinue au coeur des êtres et y creuse afin d'en faire ressortir leurs vérités. Dans ce film elle se sert de l'actualité pour mettre les protaginistes en contradiction avec ce qu'ils croient être. Elle les place devant une réalité autre pour sonder leurs convictions et les amener au bout de leurs émotions. Ce sont des situations extrêmes mais plausibles qu'elles explorent et exposent. On assiste à la remise en question de deux frères au parcours différents mais qui finissent par se rejoindre. L'un qui sort d'une adolescence tourmentée et l'autre dont la vie a toujours été calme. en les plaçant devant des situations inhabituelles elle les amènent vers leur destin. Le voyage est éprouvant et le résultat est surprenant. La réalisatrice démontre avec finesse que notre connaissance de soi est loin d'être accomplie et que placé devant des choix extrêmement difficiles nos actions nous surprendraient et n'iraient pas nécessairement dans le sens de nos valeurs. Le désir de vivre l'emporte et le prix à payer est souvent onéreux.
28 janvier 2007, 9:41
Démesure
Voici un film démesuré, un film grandiose dont la facture s'approche de l'opéra. En effet, tout y est exagéré mais ô combien intéressant. Il y ici un mélange de théâtre, de musique, de chorégraphie qui forme un opus hallucinant. On assiste à la déconfiture d'une dynastie et le traitement que choisi le réalisateur est à la mesure de son talent. Il y a plusieurs références culturelles tant occidentales qu'orientales. On peut y déceler du Shakespeare cotoyant les Atrides en passant par le soap. Du mélodrame, de la comédie, de l'action, de la violence, des scènes de combat magnifiquement chorégraphiées et interprétées. Un décor riche, oppulent, ou l'or prédomine et ou les couleurs vives attaquent nos yeux d'abord émerveillés puis saturés devant tant de coloris. C'est un film orgiaque, inclassable. Les acteurs sont tous convaincants et se prêtent avec talent à ce périple déstabilisant. La famille royale se désagrège devant nous et expose ses tares sans pudeur. Je l'ai dit il s'agit d'un opéra avec l'exagération des sentiments. On passe de l'amour à la vengeance, de la jalousie à la fidélité, de la servitude à la révolte. On en ressort gavé, au bord de l'écoeurement mais on y retournerait la semaine suivante tellement le dépaysement nous a séduit.
27 janvier 2007, 11:47
Voyage au fond de l'enfer
Un bouillonnement d'image passant à une vitesse déstabilisante. On s'y accroche et on part dans un monde putride. Le début est fracassant et la suite entraînante. On glisse dans l'interlope. On se mêle à ce monde inacceuillant et inquiétant. On n'a pas grand temps pour reprendre haleine. Pas de temps mort. Une histoire abracadabrante, pas toujours crédible ni subtile mais qui déménage! Pas de réflexion possible pendant ce périble au coeur de l'enfer. On passe de l'univers de petits truands de banlieue à celui de gangs plus organisés en faisant un détour par les flics véreux et corrompus. Le réalisateur nous promène allègrement dans ce cloaque humain. On visite les avenues nauséabondes de la déchéance humaine. Dealers, tueurs, prostituées au grand coeur, pédophiles organisés, souteneurs, tous y passent. Le suspens est bien préservé et jusqu'à la toute fin on ne devine pas grand chose du dénouement. Il y a des invraisemblances, des trous, mais la réalisation compense pour ces petites incohérences qu'on a à peine le temps de remarquer. C'est violent mais ce genre de film ne fait pas dans la dentelle, il fallait s'y attendre. Ce n'est sûrement pas loin de la réalité peut-être même en-dessous...
20 janvier 2007, 5:47
Le spasme de vivre
Ah comme la neige a neigé...Montréal est la grande vedette de ce film. Un Montréal hivernal et glaçé, bleu froid, comme figé dans le temps. Une partie de la ville rarement exploité, une rue tranquille, des ruelles glissantes. Montréal déserté par ses habitants, en effet il n'y a pas foule dans les prises de vue de Mitrani et cette situation sied bien au héros de son film. Il se promène en compagnie de son ballon de foot et croise rarement des gens. Il est solitaire, étranger dans cette ville. Il y est venu à la suite d'un chagrin d'amour et de la perte de sa fortune. Il vivote. Il a pour compagnon un jeune bandit et ensemble ils commettent de petits larçins pour survivre. Jean-Marc nous apparaît bien solitaire et on le regarde aller san vraiment s'y attacher. Il a tellement l'air ailleurs, en fait on comprend qu'il vit dans le passé et que le présent ne lui importe peu jusqu'à deux incidents qui le transformeront. Mitrani a fait un film sur l'homme et son pouvoir de changer sa destinée. Tranquillement il nous entraîne dans la vie d'un homme floué pour qui la vie n'a plus de sens mais chez qui vacille encore un relent de flamme ne demandant qu'à se raviver. Il nous emmène donc à la rencontre de l'étincelle. Le chemin est lent. Il ne s'y passe pas grand chose d'excessif. C'est un cinéma de chambre, comme chez la musique. Il faut être attentif pour y capter les subtilités. Pour cinéphiles avertis.
19 janvier 2007, 11:28
Fraîcheur
J'étais chez un disquaire et attendais mon tour pour passer à la caisse quand j'entendis " I will survive" mais dans une version vraiment inatendue. Tout de suite j'ai adoré. J'ai demandé à une vendeuse qui chantait et j'ai achté l'album. Depuis je l'ai écouté à quelues reprises et c'est une joie à chaque fois. Les standards sont repris avec une touche d'humour subtile et agréable et il fait bon les entendre dépoussièrés de leurs habituelles enveloppe sonore. Quant aux reprises de succès connus mais transposés dans cet environnement particulier et bien on se régale et on se surprend à les préférer de cette manière. Les Puppini se démarquent par leur originalité et leur interprétention savoureuse de tubes connus. Elles en font des bijoux inestimables. En ces jours hivernaux l'écoute de cet opus est absolument nécessaire à l'âme.
14 janvier 2007, 12:28
Conte d'un autre temps
C'est l'histoire d'un homme doué d'un sens olfactif inusité à la recherche du secret de la conservation de l'odeur humaine. Ce film nous est raconté par un narrateur. Nous sommes dans un conte. Nous suivons donc le destin de cet être rejeté par tous sauf de quelques-uns qui l'utilisent pour arriver à leur fin. Nous assistons aux déambulations de ce jeune homme sans jamais le trouver attachant car il ne possède pas de qualités humaines. En effet, à part son don inné de capteur d'odeurs il s'apparente plus à la bête. Il n'a aucun sens moral et il est un intuitif et ne s'embarasse pas de respecter quelques codes que cela soit. Le réalisateur réussit à nous captiver par des images fortes et celles-ci arrivent à nous faire sentir ce que le jeune inhale. Toutes les odeurs y passent. Il y a une grande beauté plastique dans ce film. On commence dans un tableau de Bruegel pour terminer dans une photographie de Spencer Tunick. Il y a plusieurs références artistiques tant au plan picturale que littéraire et j'avoue avoir été séduit par l'ensemble. Le comédien principal est excellent car on croît en son personnage. Les acteurs secondaires sont tout aussi crédibles. En somme on passe un bon moment et on repart en remerciant le ciel d'être né dans un temps moins dérangeant pour notre odorat.
8 janvier 2007, 7:29
Attention chef d'oeuvre!
Quel film! Je ne m'attendais pas à être happé si pronfondément. Dès les premières images je ressentis une vive émotion et tout au long je fus vivement bouleversé par la vision du cinéaste. Une oeuvre forte et incontournable. Ici, il s'agit bien d'une résussite totale du réalisateur, il s'agit d'un film d'auteur. Cette réussite est attribuable à toutes les composantes du film. C'est un film d'acteurs, un film d'atmosphère, un film à la cinématographie exceptionnelle, un film avec un message d'espoir. Nous suivons des êtres pris dans le chaos du monde tentant d'en sortir et de le redéfinir. Les images sont fortes, à la limite du supportable parce-qu'hélas tellement possible. Une démonstration de l'humanité dans toute ses facettes, dans tous ses travers, toutes ses qualités. Une histoire troublante, plausible, à la fois décourageante et enrichissante. Des personnages étonnants, palpitants, inoubliables. Des scènes chocs qui nous habitent longtemps. Une musique vraiment extraordinaire, justicieusement employée accompagne cette épopée. Taverner,Mahler, Penderecki et des chansons connues font partie intégrante de l'action.Je vous recommande fortement de vous rendre au cinéma pour y voir ce film et vous assisterez à la définition de ce que devrais toujours être le cinéma.
6 janvier 2007, 9:54
Sans gadets ni trompettes!
Un film sur le célèbrissime agent 007 sans gadgets! Fallait y penser! Eh bien, c'est fait et grandement réussi. Cela fait un bien fou de visionner une aventure de Bond qui ne s'appui pas sur les dernières trouvailles électroniques. Il y a une histoire plausible, de l'action, de l'humour, des sentiments et une crédibilité. Craig s'empare du rôle et le rafraîchit. Il lui donne une perspective plus réaliste et prouve qu'on n'a pas besoin de sauter d'un cratère enflammé pour garder les spectateurs en haleine. Son côté sexy est aussi plus convaincant que tous les autres ayant endossés le personnage. Le scénario est bien ficelé et ne s'embarasse pas de péripéties inutiles sans pour autant nous priver du côté aventure de ce genre de film. Au contraire il nous est plus facile d'y croire et de nous y transposer. Soulignons la performance d'une actrice formidable, Judi Dench, qui encore une fois prouve qu'après avoir fréquenté Shakespeare on peut jouer n'importe qui et ce sans jamais se tromper.
6 janvier 2007, 9:32
Illusions
Deux femmes dont la vie s'enlise se croisent et leur rencontre accélère leur perte. D'abord nous faisons connaissance avec la narratrice (Barbara), une femme vieillisante à l'humeur acariâtre, au jugement dévastateur. Elle écrit son journal y notant son quotidien plat jusqu'au jour ou une nouvelle institutrice (Sheba)arrive dans son collège et vient y chambouler la vie de ceux qui le fréquente. Elle est belle, assez jeune, séduisante. Barbara s'entiche d'elle et un évènement dont elle est témoin lui procurera le piège nécessaire pour tenter de se l'accaparer. Film sur le désir et tout ce qu'il provoque chez les humains. Film sur les illusions qui nous attirent jusqu'à s'y brûler les ailes. Film sur la jalousie dévastatrice, sur la vengeance que l'on croit bienfaitrice mais ô combien amère. Film sur l'amour et ses méandres. Tout cela mené rondement par un réalisateur qui dirige ses deux actrices principales avec un subtil doigté. Dench y est hallucinante de vérité, toujours juste, pas un regard ni un geste qui est de trop, on a même l'impression de lire dans les pensées intimes de cette femme malheureuse qui enveniment la vie des autres. Blanchett habite elle aussi son personnage avec conviction, on embarque complètement et on la suit dans sa belle aventure qui changera de façon drastique son univers. Ce sont elles qui rendent cette histoire intéressante. Je n'ai qu'une réserve et elle porte sur la musique omniprésente et énervante de Philip Glass qui n'a pas sa raison d'être car les deux actrices arrivent à nous faire passer leur désarroi par la qualité exceptionnelle de de leur interprétation.
5 janvier 2007, 3:20
J'ai lu ce bouquin en un week-end! J'ai toujours eu beaucoup d'affinité avec l'écriture de René-Daniel Dubois. J'ai toujours été sidéré par sa conception de la vie car j'avais parfois l'impression que certaines pensées m'appartenaient et de les retrouver dans une oeuvre d'un auteur que j'aime beaucoup me faisait un bien énorme à l'âme. Ces entretiens j'en ai eu peur d'abord, je voyais le livre sur les présentoirs des librairies et mon état d'esprit m'empêchait de le prendre et de l'acheter. Puis, je me décidai enfin et n'en regrette pas le geste. Je ne sais trop comment qualifier cet ouvrage car je ne voudrais pas en dire nimporte quoi. Mon voeu le plus cher serait qu'il soit lu et fréquenté par de nombreux lecteurs. Il faut faire cette lecture pour entendre un discours vraiment différent et voyager en des contrées humaines rarement évoquées sinon par une parole aseptisée et édulcorée. Daniel nous entraîne dans une aventure amoureuse hors du commun. Cette quête de l'amour de la vie redonne espoir dans le genre humain. Si les hommes sortaient des sentiers battus et rebattus par des générations de censeur et se mettaient à l'écoute de leur véritable idendité, il ne pourrait qu'en résulter des retrouvailles émouvantes avec le monde. Il fallait une générosité exceptionnelle pour donner accès à ses pensées intimes et les partager afin de faire découvrir aux autres l'immense possibilité qu'offre la vie. Je vous suis reconnaissant Monsieur Dubois de me permettre de m'arrêter un peu et d'écouter la petite voix en moi qui ne demande qu'à prendre du volume.
2 janvier 2007, 10:35
Ararat, le début du monde
En toile de fond il y a le splendide et historique mont Ararat. Noé et son arche s'y sont échoué et le monde a pu recommencer. C'est un peu cette histoire de recommencement que ce film aborde à plusieurs niveaux. Des personnages à la recherche d'un renouveau, à la redécouverte de leur âme défilent devant nous. C'est une histoire simple, de tous les jours vécus par des gens habitant un pays en redevenir. Il y a l'homme sous ses différentes facettes cherchant à améliorer son sort et prenant divers moyens pas toujours très éthiques mais ce qui compte pour eux et l'achèvement de leur quête. Il y a la Parisienne qui ne se croît pas l'âme Arménienne et qui à son grand étonnement ressent qu'elle l'a toujours été, il y a les salauds qui profitent du chaos créé par la fin d'un empire pour s'enrichir tout en se proclamant nationaliste, il y a aussi les grandes compagnies internationales s'affichant d'une manière impérialiste et promettant le bonheur immédiat et surtout à travers ce fourmillement il y a l'arménie elle-même avec ses paysages magnifiques et ses habitants acueillants qui nous donnent le goût d'aller partager avec eux un repas.