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Normand Paquette
Normand Paquette
mars 2007 - Messages
12 mars 2007, 11:09
Manque de direction
Un film inachevé, brouillon. Une histoire qui aurait pu être intéressante mais à mon avis le réalisateur est passé à côté du sujet. Il a pris tant de direction que le résultat déçoit. Je m'explique. Chabrol se promène entre le drame, la comédie dramatique et l'ironie sans jamais vraiment opter pour une ligne directrice. On se promène donc entre différent genre et on s'y perd. Mon intérêt a décliné au fur et à mesure du déroulement du scénario. L'ennui s'est installé et les dernières minutes m'ont paru interminables. Bien sûr Isabelle Huppert habite toujours l'écran avec tout le talent qu'on lui connaît mais ici ce n'est pas assez pour captiver notre attention. Les autres ne sont pas mauvais non plus, sauf Bruel qui semble se foutre totalement de ce qu'il dit, mais il manque une cohérence de forme et de fond à ce film. Chabrol tergiverse trop, il amène des personnages inutiles, en évacue d'autres trop rapidement comme s'il ne savait plus sous quel angle traiter son sujet. Ce n'est l'histoire qui ne séduit pas mais la façon dont elle est décrite.
10 mars 2007, 9:49
Beaucoup de bruit pour pas grand chose
Rencontre ratée. Je ne m'attendais pas à un chef-d'oeuvre mais je pensais y voir mieux que ce que j'ai vu. Déçu. Un sujet prometteur à peine effleuré. Pas de suspens qui tient la route, émotion absente, mauvais montage, direction d'acteurs laissant à désirer, musique omniprésente et horripilante...Je pourrais continuer longtemps l'énumération mais à quoi bon. Je retiens la présence convaincante de Laurence Leboeuf qui est la seule à vraiment ressortir de ce film. Surtout je me demande qui a choisi la comédienne interprétant la mère, un désastre d'interprétation!
9 mars 2007, 10:33
la musique
Univers clos, bureaucratique. Système dictatorial. Monde calculé, aseptisé. On entre dans ce film comme en prison. Interrogatoires menés par des fonctionnaires, tortionnaires. Le réalisateur s'attarde à un de ces petits hommes. Il est toujours à l'affût de la moindre dénonciation allant jusqu'à les provoquer. Un jour on lui demande d'espionner un auteur qui semble pro-régime, on voudrait bien trouver la petite bête qui le perdrait. Voilà notre homme installant la panoplie d'un système d'écoute et bien déterminé à coincer le poète. Ce film donc est l'histoire d'un homme quelconque vivant par procuration, se nourrissant de leur vie car la sienne est quasi inexistante. En espionnant et en voulant prendre le poète il se retrouve piégé. C'est à ce changement que le réalisateur nous invite. C'est à cette rédemption que nous assistons. Tout part d'une sonate qu'il entend lors d'une séance de surveillance, celle-ci viendra perturber tout son existence. Le comédien interprétant cet être à prime abord dégoûtant est tout simplement hallucinant. Il s'identifie totalement à son personnage et le voyage qu'il nous propose est fascinant. Le cinéaste, dont c'est le premier film, arrive à illustrer avec brio cet univers et ses ramifications. Il nous emmène tranquillement et subtilement à la découverte d'un homme avec sa vraie nature. Beaucoup d'émotion et d'intelligence dans ce film.
6 mars 2007, 9:45
Enfants de la patrie
Diviser pour mieux règner! C'est un peu beaucoup l'histoire de ce film. L'exploitation de la fibre patriotique par un état empirique, les promesses floues, l'esclavage sont tous contenus dans ce film émouvant. En effet, l'émotion est le moteur principal de ce film. Un film de guerre émouvant, dérangeant. Une histoire peu connue que celle de l'enrôlement des arabes, africains et autres membres, malgré eux, de l'empire colonial français. On assiste au péril d'un petit groupe, d'un peloton de soldats mal entrainés, utilisés surtout comme chair à canon, envoyés là ou les français de souche ne voulaient surtout pas aller. Il s'agit surtout de pauvres hommes dont l'avenir est bouché, vivant dans la misère, d'exploités dans leur pays qui ne font que changer de décor et s'y retrouvent aussi démunis. En fait ce film est axé sur les déboires de ces hommes qui tentent honnêtement de défendre la mère patrie. Quelques-uns y sont pour par intérêt, d'autres par choix afin d'améliorer leur sort mais tous finissent par se rendre compte qu'ils se sont fait floués et qu'ils mourront finalement pour un pays qui n'a aucune considération pour eux. On comprend aussi dans ce film qu'il s'agissait d'un terreau fertile pour les divisions actuelles sévissant dans le monde arabe et africain. La France a entretenu les différences entre eux afin de mieux règner. Qu'on pense au sergent pied noir qui dirige son unité et qui reproduit le schéma des oficiers supérieurs allant même à prendre un de ses hommes comme esclave. Cannes a récompensé les acteurs de ce film en leur donnant un prix d'interprétation de groupe qui est amplement mérité. On y croit à leur personnage. Ils sont merveilleux de vérité et de nuance.
5 mars 2007, 10:36
Entrer puis frapper
Un film émouvant sur les incidents de parcours que la vie amène. Un film subtil, intelligent, défendu par de brillants interprètes. Une histoire simple, à la limite du banal mais tellement bien scénarisée avec des dialogues percutants, voilà ce qu'a réussi Minghella. Les personnages sont sincères et vraiment attachants. J'ai suivi cette histoire avec intérêt me surprenant à être ému à plusieurs occasions. Jude Law se révèle un acteur fabuleux et sensible. Juliette Binoche habite l'écran avec elle aussi une sensibilité exceptionnelle. Robin Wright Penn défend un personnage ambigu avec brio, on ressent bien son désarroi face à ses nombreuses incertitudes. Il y a un personnage savoureux dans ce film: c'est la prostituée. Elle nous assène des vérités sur la vie avec toute sa gouaille et ses apparitions sont absolument délicieuses. En somme, un film qui fait réfléchir sur notre quotidien. Depuis j'ai repensé à mon parcours et l'ai revisité. Un film à voir!
4 mars 2007, 10:42
Méthodologie et obsession
Ce qui m'a d'abord frappé dans ce film c'est la reconstitution de l'époque. En effet, nous sommes loin de la modernité actuelle en ce qui concerne les outils électroniques. Nous pénétrons dans la salle d'un grand quotidien et les bureaux ne contiennent rien d'autres que papiers, crayons et quelques machines à écrire. Même chose au poste de police, une scène hallucinante est lorsque les différents enquêteurs tentent de se refiler les preuves et que le seul moyen possible est la poste...On comprend mieux les ratés survenus lors d'enquêtes policières requérant une coordination entre plusieurs bureaux de comté. Le réalisateur nous emmène en voyage au coeur d'une chasse contre un tueur en série sévissant en Californie. Il s'agit de meurtres commis par un individu s'indentifiant comme Zodiac et frappant au hasard, sans autres motifs que de tuer gratuitement et de défier la loi. On plonge donc dans cette enquête par le biais de policiers, de journalistes, d'experts et des victimes. On assiste à leurs démélés. On y est avec eux. Les acteurs principaux, Ruffalo, Downey Jr., Gyllenhaal, Edwards sont tous très crédibles. Les erreurs, les espoirs. les peurs, les obsessions sont bien amenés. Le traitement est proche du documentaire mais non exempt d'émotions. Un bon film sur la détermination et le courage. Mention spéciale à Chloé Sévigny dont la présence rehausse le cçoté humain du film.