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Normand Paquette
Normand Paquette
April 2009 - Messages
30 avril 2009, 5:10
...jamais je ne t'oublirai

Juliette, médecin autrefois respectée, vient rendre visite à sa soeur. Ce sera une visite décisive. Cette arrivée provoquera le questionnement dans l'entourage immédiat de la soeur qui n'avait jamais dit l'existence de cette parente. On apprendra tranquillement le bouleversant drame qui les avait désuni et qui les rassemble à nouveau.

Scott-Thomas porte le film sur ses épaules, non, pas sur ses épaules mais dans son regard. Ce regard qui dit tout, ce regard désespéré. Cette Juliette, elle l'incarne dans son âme et cela perce l'écran. Il sagit ici d'être un personnage ayant commis un geste indicible, un geste condamnable. Juliette l'assume cet acte, l'a tant assumé qu'elle ne s'en est point défendue, elle l'a admis et a payé de ses années et de sa réputation. Elle ne veut pas l'oublier car c'est tout ce qui lui reste dans la vie, ce souvenir douleureux poutant si précieux.

Un film magnifique sur la responsabilité, sur les gestes délibérés mais ô combien tabous.Un film sur l'amour, ce genre d'amour définitif et condamnable par les autres puiqu'incompréhensible. Je ne veux pas trop dévoiler l'histoire car ce serait brimer ce film de son sens. Un film sans réponse ni jugement nous laissant seul avec notre conscience. Un fim tout en nuance grâce à une actrice inégalable.


29 avril 2009, 8:16
Exercice de style

Les frères Cohen se font plaisir avec leur nouvel mouture. Ils ont engagé leurs amis et on décidé de faire un gros party. Mais ils n'ont pas pensé qu'un party cela prend plus qu'une idée pour que ça lève. Les acteurs-trices s'éclatent dans leur personnage mais ils n'arrivent pas à nous communiquer leur plaisir. On reste assez tiède devant cette histoire abracadabrante, comme si on avait omis de nous donner le thème du party et qu'on se retrouve là dans le mauvais costume.

Il y a des moments cocasses, des numéros d'acteurs assez intéressants mais la sauce ne prend pas. Brad Pitt en fait trop. Les femmes sont meilleures que les hommes sauf pour Georges Clooney qui à mon avis donne un peu plus de profondeur à son rôle. J'ai toujours été déçu par les frères Cohen, à chaque fois je me fais un devoir de visonner leur film et je ne ressens jamais d'enthousiasme. Je devrais peut-être refuser leur invitation et me tenir loin de leur party!


28 avril 2009, 5:19
Combattre

Un film sur le combat contre la vie et ses aléas, voilà ce que j'y ai vu. Tous les personnages de ce film mènent une lutte à finir avec leur destin respectif.Comment arrive-t-on à changer la route empruntée et qui semble traçée dès la naissance. Le réalisateur nous plonge dans des vies banales mais dont chacun cherche à sortir de leurs ornières respectives. Il y a ce lutteur paumé, vivant au jour le jour et tentant d'embellir ce qui lui reste à vivre en renouant avec sa fille et en convoitant une femme. Cette femme, danseuse dans un dancing sordide, ayant déjà dépassé l'âge de son métier et résistant malgré tout aux assauts des plus jeunes. Cette fille qui revoit son père reparaître pour la énième fois et qui n'y crois plus. On les suit donc dans une tranche de leur vie ou le temps de bifurquer de leur chemin est possible.

Difficile de survivre aux changements, de faire des choix différents, d'oublier le passé. Les vieilles habitudes reviennent rapidement à la surface et empêchent souvent de persévérer dans la quête d'un renouveau. Ce film en est le miroir saisissant. On a dit et redit beaucoup de bien de Mickey Rourke et cela est amplement mérité. Pour moi la révélation de film est Marisa Tomei. Quelle actrice!  Impossible de ne pas être séduit par son jeu, par sa présence énigmatique. Elle personnifie cette danseuse vieillissante avec un naturel désarmant. Elle aurait mérité un prix d'interprétation.


27 avril 2009, 10:16
Te quiero mucho!

Ayant raté ce film sur grand écran je l'ai loué et viens de le regarder. Quel plaisir! Woody m'enchantera toujours! Son périple Européen se poursuit à Barcelone et c'est pour notre plus grande joie. Il filme Barcelone en amoureux en y mélangeant américains et européens aux prises avec l'éternel questionnement sur l'amour. On n'en finira jamais de se demander c'est quoi l'amour? Depuis le temps que Woody nous en parle on croirait le temps venu d'y trouver sa réponse, mais non et c'est tant mieux. Il dirige ici un quatuor délicieux, et nous promène dans Barcelone avec son regard coquin et tendre à la fois. On y reconnaît ses obsessions amoureuses livrées dans des dialogues savoureux.

Qu'est-ce que le bonheur? Une vie sensée et sage ou bien une vie de bohème avec tous les soubressauts que cela impliquent? Il nous entraîne dans les méandres de gens incertains, de gens amoureux, de gens insatisfaits et on le suit bien volontiers. On ne trouvera rien d'autre que des incertitudes mais ô combien celles-ci nous ravissent. Woody c'est de la folie fait avec sérieux, c'est un directeur d'actrices formidables, c'est un conteur impénitent et on souhaite qu'il poursuive son oeuvre encore longtemps.

Plus qu'un divertissement ce film à l'aspect léger contient toute une réflexion pertinente sur notre quête du bonheur.

 


27 avril 2009, 6:03
Exaspérant!

Il n'ya rien qui m'horripile plus qu'une personne toujours de bonne humeur. Je n'ai rien contre la joie mais cela devient lassant et inquiétant si c'est la seule émotion présente. Mike Leigh qui nous a habitué à des films très personnels dépeignant le malaise d'une génération, d'une classe, d'une ville. Mais ici il choisit délibéremment de faire un film douceureux. À mon avis il rate la cible. Il nous entraîne dans le sillage d'une jeune femme que rien ne dérange. Il peut lui arriver n'importe quoi, n'importe quand et elle garde le sourire. Leigh la confronte à des personnages complètement à l'opposé, qui eux sont humains, et nous fait la démonstration que la vie est rigolotte si on le décide.Ça ne marche pas. D'abord son héroine est insupportable, puérile, ne semble pas connectée à la réalité. Elle déconne constamment et j'avais juste envie de lui botter le derrière pour voir si son rire passerait au jaune...

Il y a bien sûr quelques scènes qui sont joliment tournées. Je pense à la danseuse de Flamenco qui donne des cours de son art. Il faut la voir définir le Flamenco et s'enflammer.Mais au bout du compte je fut bien déçu de cet opus d'un grand réalisateur qui espérons-le retournera à des films plus pertinents.


26 avril 2009, 8:55
Notes de lectures - Le journal de Charles Swan - D.I. Grossvogel

L'auteur a pris un des personnages principaux de l'oeuvre de Proust et a imaginé qu'il avait tenu un journal. Nous replongeons dans '' À la recherche du temps perdu'' mais du point de vue de Swan. C'est un brillant exercice. L'auteur connaît son Proust. Nous retrouvons les personnages de cette saga d'une autre façon et croyez-moi c'est délicieux.

Donc, Swan nous révèle ses opinions et ses sentiments sur les protagonistes peuplant La Recherche. Odette, Mme Verdurin, Norpois, les Guermantes, Charlus et même le narrateur sont présentés autrement. On a l'impression de mieux  les comprendre. Cette lecture m'a énormément impressionné et j'ai vraiment retrouvé l'univers de Proust. Ceux qui ont adoré La Recherche trouveront ici un complément imaginatif et très respectueux du chef-d'oeuvre de ce cher Marcel!


26 avril 2009, 8:38
Caméléon

Michel Côté est un excellent acteur et il en fait la démonstration dans ce film. Il arrive à se fondre dans les quatres personnages et on oublie que c'est le même interprète qui leur donne vie. Ce film mérite d'être vu que pour sa performance. Bien sûr, les clichés abondent, les situations se répètent et on n'invente rien mais Côté s'investit tellement qu'il arrive à nous faire passer un bon moment. Il m'a fait rire et je n'ai pas boudé mon plaisir.Le cinéma c'est aussi un divertissement et de temps en temps on ne doit pas rechercher plus que de rire un peu.

 


25 avril 2009, 9:54
Chinoiseries

J'hésite un peu avant d'écrire ce que je pense du Dragon Bleu. J'y ai assisté hier soir, le seul du parterre à ne pas me lever pour applaudir cette représentation.J'avais l'impression de commettre un crime de lèse-majesté. Je n'étais pas emballé. Je ne pouvais pas feindre un enthousiasme que je ne ressentais pas. Ressentir est le grand absent de ce spectacle. Je n'ai pas été ému et lorsqu'au théatre je reste de marbre, ce n'est pas de bon augure pour la pièce que je viens de voir. Voir, autre mot qui prend tout son sens devant cet opus de Lepage. On voit, on regarde, on attend les coups d'éclat, on guette le moindre mouvement et si on a vu d'autres spectacles de Lepage on ne peut que s'apercevoir qu'il se répète un peu.

L'histoire est simple, simpliste. Trois personnages se questionnant sur le sens de leur vie respective. Un peu d'humour, merveilleuse Marie Michaud qui elle, a réussi à me faire rire. Quelques considérations sur l'alphabet chinois donnant lieu à de petites trouvailles visuelles. Quelques dialogues chinois avec sur-titre évoquant le cinéma d'auteur. Pas d'ennui mais pas l'impression que je me souviendrai longtemps de cette soirée.


22 avril 2009, 8:38
On veut le voir!

Dans un de ses monologues Yvon Deschamps disait dans les années 70, on veut pas le savoir, on veut le voir! Il pressentait déjà que l'image vaincrait toute forme de communication. Ce film en fait la démonstration. Il est évident que si un tueur en série utilisait internet et invitait les gens à assister en direct à des meurtres, ils seraient nombreux à se brancher sur le site et ainsi précipiter la mort des victimes. C'est ce qui est hallucinant dans ce film. Le réalisateur ne fait que reflèter la réalité. Certes, il y a peut-être un peu d'exagération dans la technologie mais je crois que son message est que l'humain est voyeur et ce nonobstant les implications morales que cette curiosité peut causer.

Le suspens est bien amené, les acteurs sont crédibles. Évidemment on devine la fin, on sait comment le tout finira mais à mon avis l'important est le message. Internet ouvre la porte à une nouvelle ère dans la criminalité et tant que l'homme existera il trouvera des moyens pour sortir de l'ombre et redorer son blason. La gloire et la reconnaissance, même à des fins diaboliques, demeurera un attrait inestimable pour l'homme.

Donc, la preuve qu'un bon divertissement peut contenir un message noble.


19 avril 2009, 4:41
Pure chaos du désir

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Un autre film sur l'amour! Mais quel film! Bouleversant car si réaliste, James Gray nous emmène sur des sentiers ou perdre pied est la règle. Il peint des relations amoureuses à sens unique. On se croise, se désire, on tente encore une fois malgré les blessures encores vives d'aller vers l'autre qui nous enflamme et puis on prend la réalité en pleine gueule. Les personnages de ce film sont tous perdant et se résignent à vivre même s'ils savent que finalement ils n'ont pas le beau rôle. La vie c'est d'abord le quotidien, c'est s'adapter et l'amour c'est tout le contraire.

Ce film est loin de la fabulation, du rêve. Il s'ancre dans la réalité des petites joies qui colorent un peu la route que nous empruntons. Le réalisateur nous donne cette vision crue et elle est magnifiquement vécue par des acteurs criant de vérité.

 

 


17 avril 2009, 5:47
C'est arrivé près de chez nous...

Je croyait tout connaître de ce drame. J'avais lu, relu de nombreux écrits au fil des ans sur cette turie. J'avais vécu comme tout le monde cet évènement par le biais de la télévision. Pourtant, je ne m'étais pas senti trop ému, comme si mon intellect avait pris le dessus, m'avait permis le détachement. Depuis que j'ai assisté au film de Denis Villeneuve je ne pense plus, je ressens. Comme si j'avais été présent, comme si j'avais croisé ce tueur. Les images chocs, le noir et blanc réaliste, le traitement sobre ont contribué à me faire vraiment vivre une partie de cette histoire.

La haine comme leitmotiv, ce sentiment est tellement vécu par l'acteur qu'on ne peut malheureusement qu'y croire. La démonstration aussi de la fragilité de la vie, le constat que la violence dérègle une société. La culpabilité mais aussi l'espoir de se refaire une vie malgré l'horreur.

Ce film était nécessaire car il ne s'agit pas d'une fiction à la sauce d'Hollywood. Le réalisateur a compris comment évoquer l'horreur sans trop en montrer le côté sensationnaliste. On a pas besoin de bain de sang pour ressentir la violence, au contraire ce film en fait une démonstration lucide sans pathos.

Un grand film!


17 avril 2009, 5:36
Haletant

D'abord c'est un dépaysement total. On pénètre un monde loin de notre amérique. On embarque facilement car le rythme nous prend aux tripes. On cotoie un monde assez sordide puis on s'aperçcoit peu à peu que l'américanité y est présente. Le jeu télévisé, les centres d'appels et la trépidation des grandes villes s'implantent dans le décor.

C'est une fable magnifique sur l'humain essayant de s'en sortir, tentant d'améliorer son sort. Il y a l'enlisement puis la volonté de se dépasser et tout ça grâce à l'amour. En effet, c'est aussi un film sur le pouvoir de l'amour, sur la possibilité de vivre autrement que dans le moule ancestral.

Il ya plusieurs clins d'oeil èa différentes cultures dans ce film.Le réalisateur s'amusemais reste toujours en contrôle de son sujet. Un excellent moment!


17 avril 2009, 4:57
Les tours infernales

Si vous rêvez de visiter l'Italie, n'allez pas voir ce film car il n'a rien d'une carte postale. Si vous aimez découvrir les moeurs d'un coin de pays, courez voir ce film car il dépeint une réalité que vous ne verrez pas dans les brochures publicitaires. Le réalisateur nous montre un microcosme des effets dévastateurs de la Gomorra. On y suit quelques personnages pris dans un engrenage infernal. Un quotidien déprimant, tous vivant dans un monde chaotique et sans moyen de s'en sortir. Ils perpétuent des traditions les enfermant dans un monde désespérant.

Ce film est tourné comme du cinéma vérité. Il n'y a rien de beau, même les quelques instants à Venise sont gris. Les personnages sont tous plus vrai que nature. Les tours d'habitation sont un village dans la ville et on y sent l'étouffement. Un monde clos, centré sur lui-même ou règnent la terreur et les petits caids. La Gomorra est présente dans toutes les strates de la société et y sème la déchéance.

Film choc, loin des histoires Hollywoodiennes sur le crime organisé. Tout y est vrai, on le ressent ainsi et on en sort en étant content de ne pas tremper dans ce monde glauque.


17 avril 2009, 7:19
Liens du coeur

Ce qu'il faut pour vivre est un lien qui nous tient en vie. Ce film en fait la magnifique démonstration. Cet inuit enlevé à sa famille pour aller dans un autre monde que le sien afin de guérir de sa maladie, se retrouve isolé et dépérit. Il refusera de combattre car loin des siens. Le réalisateur démontrent avec maestro les effets du déracinement sur l'humain. On assiste au suicide lent de protagoniste jusqu'au jour de la rencontre d'un autre déraciné qui lui redonnera le goût de combattre pour tenter d'en finir avec la maladie. Il n'y a pas beaucoup de mots mais les images parlent avec éloquence et sensibilité. Le comédien principal est tout simplement extraordinaire et son visage est un grand livre ouvert qui nous émeut. Un excellent film sur le besoin d'appartenir à une communauté, sur le nécessaire lien émotif pour arriver à vivre.