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Normand Paquette
Normand Paquette
May 2009 - Messages
23 mai 2009, 8:49
Milles images valent milles maux

Abasourdi devant ce brillant film! Un exercice de haute voltige n'excluant aucunement le sens, du fond et du contenu. Le cinéaste s'empare d'une histoire d'adolescente mal dans sa peau, une histoire qu'on a vu et entendu cent fois, et en fait un film extrêmement personnel. Il se sert de l'image qu'il double, quadruple, scinde, brouille pour illustrer les états d'âme de l'adolescente. Il faut accepter sa proposition et partir avec lui dans le cerveau de cette jeune fille et vous vivrez une heure et demie de pur cinéma d'auteur.

Je trouve ce film très intéressant car il redéfinit les films d'ados qui dernièrement inondent les écrans et font notre désespoir par leur insipidité. C'est à un autre voyage qu'on nous invite, un voyage épuisant mais fascinant. On devient Tracey eton comprend mieux son désespoir devant sa vie si mal partie.

Ellen Page est tout simplement géniale! Elle ne joue pas, elle est. Elle passe toute la gamme des émotions et jamais on ressent que c'est trop, elle est toujours juste.

Je le répète ce film vaut d'être vu par tous ceux qui sont de vrais cinéphiles et qui cherchent un film réussit tant dans la forme que dans le contenu. Ils ne seront pas déçus, ils aimeront ou détesteront mais ne pourront demeurer neutre devant cette oeuvre.


22 mai 2009, 7:58
La recette

Ce film est exemple d'application de la recette pour plaire aux foules. Une histoire simple, prévisible et qui ne demande pas une grande attention. De bons sentiments, une petite leçon de morale pigmentent le tout. On saupoudre un peu de folie, on se sert d'idées communes et on brasse le tout espérant que le bouche à oreille fasse le reste.

Cela demeure un bon divertissement mais on est loin d'une comédie hilarante et/ou grinçante. On se contente de miroiter ce que la majorité des gens pense. Ce qui fait le charme de ce film ce sont les personnages attachants campés avec bonhomie par de bons acteurs. La langue est la grande vedette, on se moque gentiment de la fâçon de parler d'habitants à l'extérieur du grand centre. Tout dans ce film respire la gentillesse comme si on ne voulait choquer personne ce qui est parfois un peu désolant car à vouloir plaire à tous on finit par en lasser d'autres.

Pour moi, les meilleurs moments du film sont dans le générique. Le réalisateur a conservé des scènes manquées qui ont fait mon bonheur.


19 mai 2009, 6:20
Coeurs troués

Un film comme je les aime, un film plein de sentiments! L'histoire d'un homme dans la trentaine qui vole des autos en compagnie d'un jeune adolescent, c'est son travail. L'histoire surtout d'une amitié entre des êtres au coeur troué. Deux êtres avec des carences affectives et pris dans des imbroglios familiaux et amoureux. Un réalisateur qui nous promène dans un Montréal rarement visité, l'est de la ville avec ses quartiers paumés, ses blocs appartements délabrés, ses fonds de cours, ses ruelles pitoyables. Un Montréal plein d'êtres vivotant et subissant la vie. Un Montréal loin de l'efferscence du centre-ville.

Des histoires d'amour impossibles et primaires ou règnent l'urgence et le désir, la jalousie et la peur du rejet. Tout cela campés par des acteurs magnifiques de vérité. En somme un bon film malgré quelques défauts mineurs.


17 mai 2009, 8:45
Ego Trip

Après moi le déluge! Voici une phrase qu'un roi de France prononça et qui irait à merveille pour Nixon.Ron Howard, entre deux adaptations de romans populaires, s'attaque ici à une épine douloureuse del'histoire politique américaine; le Watergate! Il nous invite à un duel entre deux êtres assoiffés de gloire. Nixon, seul président américain à avoir démissionné, et Frost, un animateur de talk show sur le déclin, se confronteront sur un plateau de télévision. Frost avait eu cette idée d'interviewer Nixon en visionnant en direct sa destitution de la présidence. Il ne voulait pas la vérité, il désirait tout simplement le scoop afin de relancer sa carrière.

Le duel est délicieux car deux grands acteurs donnent vie à ces deux monstres d'égoisme. Frost considéré comme un bouffon n'est pas crédible aux yeux des grands réseaux de télévision et peine à ramasser les fonds pour la diffusion, Nixon lui est attiré par l'argent et par le besoin de redorer son blason. Il se dit qu'il ne fera qu'une bouchée de ce zigoto. Mal lui en pris...Je laisse ici le plaisir aux cinéphiles de découvrir la teneur de ce combat.

J'ai aimé ce film car la magie opère et le réalisateur lorsqu'il filme cette entrevue nous y amène comme si on y était. J'ai aimé ce film surtout pour Frank Langella qui ici a le rôle de sa vie. Il y est tellement vrai qu'on le hait avec passion puis on découvre la vulnérabilité de ce pédant qu'était Nixon. Tout est dans l'interprétation magistrale de cet acteur que je connaissais peu mais dont je me souviendrai longtemps.


14 mai 2009, 7:31
Viva le cinéma italien!

J'ai retrouvé avec ce film le bonheur du cinéma italien. Il fut un temps ou j'attendais avec impatience la sortie des films venant de l'Italie puis il y eut comme un déclin qui me peina beaucoup. Les cinéastes aimés vieillissaient et leurs films aussi.

Romanzo Criminale est un excellent exemple de film européen; une histoire bien racontée, une approche réaliste, une façon de filmer qui est loin du cinéma-bonbon qui affluent sur nos écrans. Ce film nous raconte une histoire vraie, une bande de petits criminels de rue qui décide que Rome sera à eux. Ils affrontent la mafia et tout ceux qui se mettent au travers de leur chemin tuant, volant, vendant de la drogue et causant un dommage considérable sur leur passage. Le gouvernement n'insistera pas aurprès des forces policières pour leur barrer la route, au contraire il va les utiliser pour commettre lui aussi des crimes assez sordides et se débarasser ainsi d'êtres indésirables.

Le cinéaste nous brosse un portrait de l'Italie des années 70-80 et on suit avec passion les protagonistes de cette saga. Il y a de tout, l'amour, l'argent, la drogue, le pouvoir, la corruption et de la violence. Les personnages sont très crédibles et les acteurs y sont assez convaincants. Il faut voir ce film en version originale pour êre vraiment dedans.


11 mai 2009, 7:06
Gants blancs & Regards torves

J'ai hésité longtemps avant de voir ce film n'étant pas amateur de films qualifiés '' d'horreurs''. Hier, je l'ai loué et l'ai visionné. D'abord il y a plus à imaginer qu'à voir et c'est un des aspects dérangeants de ce film. Que veut me dire le réalisateur? Espère-t-il me passer un message? S'agit-il d'une dénonciation ou s'amuse-t-il simplement à mes dépens?

Je crois que des gens sans scrupules comme les deux voyous du film existent. Donc rien de nouveau de ce côté, cependant je pense que le réalisateur veut nous laisser voir notre propre perversité. Il nous invite au visionnement d'un film admirablement maîtrisé et nous rend complice des faits et gestes de ces monstres. Tout au long du film il s'adresse directement à nous, il nous fait des apartés et nous rends quasi responsables de l'action. Il dénonce ainsi notre propension au voyeurisme.

Quelques scènes du film le prouvent, à un certain moment les deux chenapans disparaissent et je me suis surpris à penser que cela devenait moins intéressant, puis à un autre moment il change l'action en revenant en arrière allongeant ainsi le supplice et cela doit sûrement plaire à plusieurs.

Donc un film qui fait réfléchir si on ne s'arrête pas au premier degré.


10 mai 2009, 5:39
Le besoin identitaire

La quête d'identité est le sujet principal de ce film. Au début je me suis perdu dans les histoires parallèles, je ne savais jamais s'il s'agissait de fantasmes du jeune homme ou si on me narrait la véritable histoire. Le réalisateur prend plaisir à nous semer des idées et des images. Je dois dire que cela m'a un peu exaspéré. Je finissais par me désintéresser du film en venant à faire des solos de paupières...

Je comprends l'intérêt du réalisateur à chercher des racines et à vouloir en faire la démonstration dans un récit mais il complique trop les choses en embrouillant son scénario. De plus, ce film dont le sujet est hautement émotif n'arrive pas à en provoquer chez le spectateur. On voit les acteurs en ressentir mais la caméra ne parvient pas à les transmettre. Je suis assez déçu du résultat. J'ai essayé de m'intéresser à ce film ayant beaucoup aimé d'autres réalisations du cinéaste mais quand mon âme reste froide il n'y a rien à faire l'ennui s'installe.


10 mai 2009, 9:32
Dérapage

Un simple vol, facile, sans heurts disait l'ainé à son frère. Tous deux ayant un besoin pressant d'argent, tous deux vivant des situations difficiles, décident qu'un hold-up de la bijouterie appartenant à leur parent est une cible parfaite. Tout le monde y gagnera, eux auront l'argent du larcin et les parents seront remboursés par les assurances...

Tout tourne mal! D'abord le benjamin introduit un comparse qui se charge du vol mais ça dérape et il tire la mère qui elle arrive à le tuer. À partir de là tout dégringole.

Lumet a fait un autre brillant exercice mélangeant drame policier et familial. Les hommes ont toute la place, ici les femmes ne sont qu'accessoires. On s'aperçoit que des vérités cachées amènent les protagonistes à commettre des actes qu'autrement ils ne feraient pas. C'est la grande force de ce film de voir que de vieilles frustrations tapies au fond de chacun sont le moteur de leurs actions. Une tragédie grecque moderne ou encore une fois on constate que l'émotion détermine l'avenir de chacun.

Les acteurs y sont superbes et le suspens est maintenu jusqu'à la fin.


8 mai 2009, 12:34
Jouissif!

Charles Dantzig est un être érudit et il partage ses goûts avec le lecteur. Si vous voulez acquérir des connaissances intellectuelles et culturelles tout en vous amusant lisez ce livre. L'auteur nous emmène dans un tour du monde en se servant de listes sur des sujets déterminés par lui et ce procédé se révèle enthousiasmant. On peut passer d'une liste de choses exquises à une liste de vieilles actrices sur le déclin tout en s'arrêtant poétiquement sur une liste des nuages ou de la pluie. Il possède un don pour l'écriture peu importe le sujet il demeure intéressant. Il a des connaissances littéraires et générales qui dépassent l'imagination. Il a des opinions tranchantes parfois mais ce n'est jamais écrit de façon négative, bien sûr il lance ici et là un peu de fiel sur les êtres et les choses qui l'horripilent mais cela a fait mon bonheur.

Je vous invite à le lire. Il a aussi écrit un dictionnaire égoiste de la littérature assez irrévérencieux et qui mérite la lecture.


8 mai 2009, 8:27
Un monde parallèle

Un film sombre et ce tant dans la forme que dans le contenu. Un film qui à mon avis n'est pas tout à fait parvenu à traiter son sujet. Il s'en éloigne un peu et rate ainsi l'occasion d'aller plus loin dans son propos. J'aurais aimé que l'on demeure dans le monde des SDF qui vivent dans la forêt de Versailles, qui représente le côté sombre de la magnificience qu'évoque Versailles.

J'ai aimé la relation entre le petit bonhomme et le jeune adulte. Il y a une confrontation entre la désillusion et l'espoir. Le clodo est touché par cet enfant abandonné par sa mère et dont il choisit de s'occuper. Il en vient même à retenter de joindre à nouveau la communauté afin de donner une chance au garçon de se développer. Il ne résistera pas, sa désillusion étant trop ancrée en lui.

Guillaume Depardieu est très bon et son jeu réussit à nous convaincre. Pressentait-il que sa fin approchait? Ses regards et sa gestuelle parlent beaucoup plus que ses mots. Il nous manquera.


7 mai 2009, 8:36
Un fil à la patte

Un Woody Allen pas tout à fait convaincant, pas tout à point mais quand même mieux que plusieurs autres films sur le marché.

Une histoire mêlant amour, cupidité et liens familiaux. Deux frères unis et un peu indécis sur leur avenir respectif se retrouvent dans un engrenage dont ils ne pourront se défaire. Pour gagner de l'argent afin d'éponger ses dettes pour l'un et permettre à l'autre d'investir dans un projet ils s'embarqueront dans un chemin sans possibilité de retour en arrière.

Allen nous mène sur ses thèmes favoris et nous donnent quelques bons moments. Il y a comme toujours de savoureux dialogues, des personnages aux prises avec leur hésitation morale et les images sont soignées. Mais, je trouve que l'interprétation n'était pas d'un niveau homogène. Farrell y est excellent tandis que son collègue ne parvient pas à nous convaincre. Cela demeure un Allen et c'est à voir.


6 mai 2009, 12:44
La rencontre

Grande rencontre entre un acteur et son personnage. On ne pense plus à l'acteur, on suit le personnage et on y croit tellement que c'est comme un ami dont on écouterait l'histoire et les confidences. Ici, la magie opère,  Sean est Harvey Milk.

On le rencontre d'abord le jour de son anniversaire dans le métro de New-York ou à son tour il rencontre celui qui changera le destin de sa vie. Quelle délicieuse entrée en matière! Les voilà partie pour la californie ne sachant pas ce qu'ils y feront mais gonflés à bloc, prêts à affronter l'avenir. Un avenir semé d'embûches mais si intéressant à vivre. Harvey s'implique en politique, il veut changer les choses pour le milieu auquel il appartient. Tout n'était pas rose encore pour le gais, ils étaient ostracisés et avaient besoin d'un leader charismatique pour affronter le côté puritain des américains. Ils trouvèrent en Milk un être passionné mais patient, prêt à tout pour défendre sa cause, persévérant. Son chemin en est un d'assez exceptionnel, il arrivera à ses fins et le paiera de sa vie.

Ce film doit beaucoup au réalisateur qui nous fait revivre cette période stimulante à San Francisco ou tout restait à inventer. La reconstitution est franchement réussie. Ce film doit surtout à Sean Penn et à son investissement total dans ce personnage haut en couleurs. Il le fait avec un respect évident et on embraque dans ce voyage avec un sentiment que l'on assiste en direct aux faits et gestes de ce grand homme qu'était Harvey Milk.


5 mai 2009, 7:31
La vie est absurde

Un film très intéressant sur les rapports familiaux, sur la vieillesse, sur l'importance de faire des choix. J'ai aimé ce film parce-que le ragrd de la réalisatrice est doux-amer, sans compromis. Elle nous dépeint la vieillesse en nous donnant deux situations qui pour moi sont identiques. D'abord une petite ville peuplée de vieux où tout y est propre, il y fait toujours beau et la vie y est absente malgré les apparences. Puis, un centre de fin de vie, ou tout y semble moche, ou les gens attendent la mort. Ces deux endroits représentent la même chose mais dans des décors différents.

Il y a aussi l'histoire de ce père sur le déclin qui est pris en charge par ses deux enfants dans la quarantaine. Deux écorchés émotifs à qui la vie n'a pas donné de cadeau. Les voilà pris à s'occuper de leur père qu'ils avaient mis de côté depuis plusieurs années. On assiste alors à une confrontation entre eux. Cette histoire est le reflet d'une réalité que bien des gens n'aiment pas voir; la vie est absurde. Il n'y a pas de jugement, pas de gagnants ni de coupables, seulement des êtres qui tentent de faire du mieux qu'ils peuvent avec les aléas de la vie.

Les acteurs sont magnifiques de justesse. J'aime Laura Linney car elle est toujours dans le vrai, j'adore Hoffman car lui aussi ne surcharge jamais ses personnages se contentant de les habiter avec une vérité saisissante. Je vais suivre cette réalisatrice qui est loin des sentiers battus et rebattus du cinéma américain populiare, elle a une vision personnelle intéressante et elle en fait une démonstration juste.


4 mai 2009, 5:29
L'école de la vie

Tout d'abord il faut souligner le jeu exceptionnel de Ryan Gosling, quel acteur! Je l'avais vu dans autre chose mais ici quel éblouissement! Il incarne un professeur d'histoire dans une école de banlieu de Los Angeles. Tous ses étudiants sont noirs, aux prises avec la pauvreté et vivant assez miteusement. Il est un prof assez original se servant de méthodes hétéroclites pour intéresser les étudiants.

Il a un grave défaut, il se drogue. Il arrive le matin encore dans les vapeurs de la veille et réussit èa faire ses cours. Un incident le rapproche d'une de ses élèves et s'établit alors une relation amicale entre eux. Ce film nous montre deux êtres vivant dans l'univers de la drogue et leurs façcons respectives de s'y confronter. La jeune se révèle plus mature que le professeur.

Le réalisateur a beaucoup d'empathie pour ses personnages. Sa caméra est proche d'eux. Il les filmes avec intimité. Il est à l'affût de leurs pensées. Il y a de belles scènes silencieuses mais très révélatrices. Un excellent film humain.


3 mai 2009, 9:28
Rata

Vous êtes un cinéphile. Vous rêvez de faire un film sans trop vous creusez les méninges? Vous n'avez qu'à suivre la recette du réalisateur de ce film, vous prenez les idées et personnages des films visionnés et vous brassez le tout. Hélas, pour ce film cela n'a pas donné le résultat escompté.

On y retrouve des traces de Six feet under, des personnages glanés dans les petits films d'ados, des bouts de scénarios plagiés mais un peu arrangés avec le gars des vues. Cela donne une bouillie assez quelconque, sans grande invention, macabre et pas drôle. On se demande tout au long du film ce que le réalisateur veut nous donner. Allez, ne gaspiller pas votre argent, passer outre ce navet.


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