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Normand Paquette
Normand Paquette
août 2009 - Messages
29 août 2009, 10:16
Sexy Beast

Ce film est un véhicule pour le nouveau bum d'Hollywood. Il a la gueule de l'emploi, un corps sculpté et musclé, une démarche masculine à souhait et une façon de s'exprimer classique pour ce genre de garçon pour qui le corps sert de passe-partout.

Il ne faut pas se leurrer,nous ne parlons pas ici d'un film qui passera à l'histoire. Il s'agit d'un écrin pour Channing Tatum, le nouvel étalon à la mode. Un film fait pour séduire les filles et quelques autres attirés par la beauté des corps maculins. Il y a beaucoup d'acteurs qui ont commencé ainsi et ont fini par avoir une carrière respectable, d'autres n'ont duré que le temps de quelques films.

Dans ce film on ne découvrira rien d'autre que ce que l'on voit sur l'écran. Bien sûr on y sent la recette de ce genre, beau garçcon rencontrant belle fille qui sera la bouée de sauvetage en n'oubliant pas le mentor un peu crapule qui finira par s'assagir. Quelques batailles à poings nus, quelques provocations verbales entre deux paons qui se battront pour se prouver qui est le meilleur, une petite trame moralisatrice sont des éléments qui ont toujours fonctionnés. Les gens aiment ces films faciles comblant ainsi la platitude de leur vie routinière et ne demandant pas autre chose que de s'assoir, de manger son pop-corn et de regarder l'écran.

Ce film n'est pas meilleur ni pire que les autres du genre. Il est fait honnêtement et ne prétend rien d'autre que de divertir. Je l'ai regardé sans m'ennuyer.


28 août 2009, 9:19
I recommand the pecan pie

Parfois il ne nous reste qu'une phrase dite par une personne qui nous était chère. Elle peut être banale aux oreilles d'étrangers mais pour nous elle représente et résume la vie antérieure.

Il n'y a pas grand chose de joyeux dans ce film, un peu de douceur, des moments tendres, des rêves raisonnables et un peu d'espoir. On veut le bonheur des siens puis le nôtre et on s'engage dans des actions paraissant vaines aux yeus des autres mais qui pour nous sont le moteur de notre existence. On cherche parfois longuement la bonne route, l'on s'y égare puis on aperçoit au loin une aube nouvelle. On sait alors que le chemin emprunté nous mènera au bon endroit et ce même si on a conscience que des embûches tenteront de nous arrêter. On fait confiance à notre force et à notre courage et on fonce.

La réalisatrice a de bonnes idées et elle est une femme sensible. Elle manque un peu de conviction dans le traitement de son sujet mais on devine qu'elle deviendra une bonne cinéaste. Elle possède du talent et l'art de raconter une histoire et a aussi beaucoup d'originalité. Un beau petit film indépendant qui vaut bien mieux que plusieurs films à gros budget sortant des grands studios. Un film intimisme qui plonge dans des vies ordinaires d'êtres écorchés mais qui porte aussi un espoir.

Quant au titre de mon article je vous laisse en découvrir le sens lors du visionnement du film.


28 août 2009, 7:01
Le damoiseau

Un autre film d'ados! Oui, mais celui-ci se démarque des autres par un traitement sobre et qui ne verse pas dans la scatologie.On est loin des ''college kids'' habituels et leurs blagues douteuses sur le sexe. Il en est question de sexe mais le réalisateur s'attarde plus sur les aventures sentimentales d'un jeune homme en devenir lors d'un été au début des années 80. Il pensait partir en Europe avec son meilleur ami mais il se retrouve obligé de se trouver un boulot afin de payer ses études car son père a perdu son emploi et ne pourra contribuer comme prévu financièrement à ses projets futurs. Il se retrouve donc dans un stand de jeux au milieu d'un parc d'amusement vétuste.

Cette adolescent qui approche de la vingtaine est encore puceau car il croit à l'amour et ne veut pas coucher pour coucher. Il détonne avec le reste de ses copains mais tient bon. Il s'éprend d'une jeune fille troublée qui elle n'a rien de la pucelle ayant déjà goûté maintes fois aux plaisirs charnels. Elle a une liaison avec le réparateur maison de la foire, il est marié et chaque été il séduit les jeunes filles qui fréquentent l'endroit. Elle se surprend à apprécier la compagnie du jeune homme pur et s'interroge sur son mode de vie.

Eisenberg qui interprète ce jeune idéaliste est absolument parfait dans ce rôle difficile qui requiert beaucoup de subtilité pour ne pas tomber dans la caricature. Il est très crédible amenant une sensibilité juste à son personnage. Les autres acteurs sont aussi assez convaincants dans leur rôle respectif. J'ai aimé l'approche du réalisateur qui garde le contrôle sur son film et ne déborde pas dans la mièvrerie ni dans la farce grasse. Il maintient un équilibre intéressant tout en nous donnant de bons moments cocasses remplis de dialogues intelligents. Un bon film.


27 août 2009, 7:43
Le chat et la souris

C'est au jeu du chat et la souris que nous convie le réalisateur. Qui dit vrai? est le fil conducteur de cette comédie sentimentale mettant en vedette Julia Roberts et Clive Owen dans des rôles de deux agents secrets qui décident de s'unir et de frauder leur patron.

Ce film vaut pour le jeu des deux acteurs et les dialogues qu'ils nous servent avec subtilité et humour. On est déstabilisé par leur propos car on ne sait jamais s'ils sont sincères ou s'ils mentent. Ils parlent d'amour surtout avec des discours assez percutant. Ils sont habitués de mentir dans leur métier et doutent donc tout le temps des paroles qu'ils échangent entre eux. Ils ne sont jamais sûrs l'un de l'autre et même si cela ajoute du piquant dans leur relation on les sent vulnérables face à leur amour.

Ce film se regarde bien et arrive à nous divertir. Les personnages secondaires sont savoureux et le réalisateur s'amuse à retourner dans le temps afin de nous perturber un peu plus. Alors je vous le recommande si vous avez envie de ne pas vous casser les méninges et de passer des moments légers et agréables.


22 août 2009, 4:46
Ça c'est du cinéma!

Tarentino réussit encore à nous faire passer de merveilleux moments au cinéma. Il refait l'histoire de la fin de la deuxième guerre mondiale et croyez-moi ça pétarade!

Il imagine un commando de quelques hommes américains que rien n'arrête et qui se retrouve en Europe pour aller casser du Nazi. Ils n'emploient aucunes subtilités, dès qu'un groupe de nazis est à l'horizon ils s'en donnent à coeur joie! Parallèlement on suit l'histoire de quelques autres personnages, une juive française ayant échappé de justesse au massacre de sa famille qui se vengera de façon spectaculaire, un jeune soldat et héros Allemand auréolé de gloire et dont on se surprend d'éprouver de la sympathie pour lui jusqu'à..., un chasseur de juifs qui ne les détestent pas mais qui les pourfends jusque dans les chaumières isolées de campagne, une actrice et espionne Allemande ayant passé de l 'autre côté et tous les grands personnages historiques Allemands, Anglais, Américains et Français.

Ils se croisent, s'entrecroisent et illuminent l'écran grâce aux talents exceptionnels des acteurs-trices qui les interprètent. Tarentino est un directeur d'acteur extraordinaire et un brillant raconteur d'histoire. On retrouve le Tarentino des beaux jours avec un scénario surprenant, juxtaposant le drame et la comédie, ajoutant un peu d"amour, du glamour et il possède un humour mordant qui nous frappe au moment ou on s'y attend le moins. Il a surtout un amour pour le cinéma et dans ce film on le sent plus que jamais. Il a aussi une vaste culture qui enrichit son oeuvre.

Donc un film qu'il faut absolument voir, n'ayez pas peur des deux heures trente, elles passent vites. Certes, Tarentino nous demande de travailler un peu( il y a des sous-titres, les personnages s'exprimant dans différentes langues) mais comme on participe à une grande oeuvre on s'en fout!


21 août 2009, 8:11
Les couleurs de l'âme

Ce cinéaste est impressionnant, il possède l'art d'illustrer les couleurs de l'âme. Dans ce film il utilise la couleur avec une maestria inégalable. On y voit et ressent les reflets de l'âme des personnages. Tantôt vive, tantôt floue, la couleur participe pleinement à définir la psychologie des personnages. Chaque image est signifiante comme un tableau de maître. Il y a toujours quelque chose de différent lorsque la caméra bouge, impossible de tout voir, de tout comprendre tellement riches sont les images.

Il transforme un petit restaurant en atelier d'artiste pour mieux illustrer son propos. Les acteurs baignent dans ces ambiances magiques et leurs jeux viennent ajouter des nuances délicates sur la toile. Un grand artiste ce réalisateur. Il transpose les errances humaines sans leur enlever leur richesse. On reçoit le tout et on est subjugué par la complexité qu'il réussit à nous transmettre. Ce ne sont plus de simples images qu'on regarde mais un chef-d-oeuvre éblouissant.

Les acteurs sont magnifiques de vérité et de justesse. Ils interprètent le désespoir de leur rôle respectif avec subtilité. Des personnages pour la plupart arrivant à un tournant important de leurs destins. Un film à revoir pour le plaisir d'y découvrir plus pronfondément toutes les palettes peintes par ce grand maître du cinéma.


20 août 2009, 10:00
Le Guggenheim

Ce qui me reste après le visionnement de ce film est l'impression d'avoir passé le temps sans trop penser à autre chose, c'est tout dire! et un petit traumatisme d'avoir assister à la quasi-destruction du musée Guggenheim de New-York, cette splendeur d'atchitecture, malmené par une bande de tireurs fous voulant à tout prix en abattre deux autres.

L'histoire est assez compliquée à résumer, un peu échevelée, mêlant requins de la finance, politiciens et même les services secrets de plusieurs états. Un enchevêtrement d'actions et de paroles donnant le vertige et obscurcissant le scénario au lieu d'aider à sa compréhension. De bons acteurs mal dirigés et ne donnant pas vraiment chair aux personnages incarnés. Des scènes d'action et de violence gratuites, une récupération du sujet de l'heure( la magouille financière au sein des banques, le blanchiment d'argent, le détournement des profits ect...) ne font pas nécessairement un bon suspens. Donc, en résumé seulement si vous n'avez vraiment rien d'autre à faire....

 


18 août 2009, 8:20
Anecdotique

Une suite de scènes s'enchevêtrant les unes dans les autres ne font pas un bon film. On assiste à un survol de la vie de Françoise Sagan qui connu la gloire très tôt et vécu sa vie prisonnière de ses penchants toxicologiques. Une vie riche en événements tragiques parsemés de quelques périodes de bonheur. La réalisatrice a fait des choix afin d'illustrer ce parcours sinueux mais j'ai eu beaucoup de difficultés à aimer ce film. Je le trouve trop éparpillé. Je pense qu'elle aurait du s'attarder à quelques moments clés de la vie de Sagan et les développer plus profondément. Je ne veux pas refaire ce film mais il ne m'a pas accroché sauf quelques scènes très réussies.

Testud campe Sagan avec tout le talent qu'on lui connait. Elle se donne entièrement au personnage troublant. Les autres interprètes sont bons et entourent bien Testud. La cinématographie est belle et les époques biens reconstitués. Pour moi, il manque le ciment qui aurait pu lier le tout et me donner un plus grand intérêt à visionner ce film.


15 août 2009, 5:53
Crimes & Châtiments

Une jeune fugueuse est entraînée dans une histoire sordide par une prostituée. Un pimp lui a demandé de trouver une jeune fille pour un client au goût particulier. Elle l'accompagne chez le bonhomme et l'affaire tourne au vinaigre. Elles s'enfuient laissant le vieux libidineux baignant dans son sang. Le fils du client somme le pimp de retrouver les deux filles et de les lui livrer.

C'est un film très intéressant sur la conscience humaine, sur le courage d'une femme menant une vie difficile et qui décide d'aider une adolescente qui pourrait s'enliser à son tour dans cette voie. Un film sur le courage, sur les blessures provoquées par la vie. Un film dénonçant l'exploitation des femmes par des hommes sans scrupules prêts à tout pour s'enrichir et satisfaire leurs envies perverses. Un film sur l'amour d'une femme pour une jeune fille égarée dans une grande ville et ayant besoin d'un coup de main pour retourner à son destin.

Le réalisateur possède l'art de nous raconter une histoire, il tisse sa toile et on le suit allègrement, il a le sens du suspens et il arrive à nous surprendre car il mêle plusieurs genres sans jamais s'éloigner de son sujet. Le montage est excellent, haletant. On est sur les nerfs et alors qu'on croit deviner l'issue du drame, le cinéaste choisit de nous révéler un côté moins sombre de l'homme.

Les deux actrices principales sont  superbes, la cinématographie est admirable. Un nouvel auteur qu'il faudra suivre car il ne peut que continuer à faire des films qui sortent des sentiers battus.


13 août 2009, 7:22
Buddies

L'amitié masculine est le nouveau dada d'Hollywood. Depuis quelques mois on a droit à quelques films exploitant ce nouveau filon. On explore cet univers rarement traité au cinéma sinon par des stéréotypes éculés. Cependant tous ne réussissent pas à en faire une démonstration intelligente, les films frôlent souvent le ridicule et s'enlisent dans des scénarios bas de gamme et souvent en bas de la ceinture.

Ce film-ci n'est pas complètement à l'abri des lieux communs mais il se démarque par un traitement sensible et plein d'humour d'un sujet longtemps tabou. Deux hommes peuvent-ils se dire "Je t'aime" sans passer pour des homosexuels? Auparavant on n'osait pas s'aventurer trop loin sur ce chemin glissant par crainte de froisser la virilité de la masse. Aujourd'hui on commence à transposer à l'écran la sensibilité masculine et l'amour que peuvent éprouver un homme pour son senblable sans générer de scandale.

Le réalisateur a de bonnes idées, il n'est pas trop complaisant, use parfois d'éléments vulgaires mais qui ne l'est pas de temps à autre, il illustre bien le malaise de l'homme moderne qui après le féminisme se cherche un peu. Il emprunte une voie différente que celle habituelle du retour à l'adolescence lorsque les hommes sont entre eux. On croit à cette amitié quasi-amoureuse entre ces deux mâles désirant presque partir à la recherche de notre âme soeur. Bien sûr on devine la fin, on voit venir les situations mais malgré tout on passe un excellent moment car le cinéaste demeure sensible et cela se ressent.


12 août 2009, 8:05
Tout le monde veut aller au ciel?

Nana est au ciel, au paradis. Ce n'est pas ce qu'elle croyait ou plutôt ce qu'on lui avait fait croire, elle est déçue. Elle apprend qu'elle devra passer l'éternité aux côtés de ses connaissances terrestres, pas de nouvelles âmes à fréquenter. Elle s'aperçoit aussi qu'au paradis il y a des privilèges, ceux qui sur terre se prévalaient de ces droits font la même chose au ciel! Elle est enragée de s'être laissé berner, elle se demande pourquoi Dieu n'a pas plus de justice. Elle décide de régler ses comptes avec sa vie terrestre en nous en racontant quelques moments.

Tremblay a fait un cadeau à Rita Lafontaine, une de ses muses, une des plus fidèles interprètes de son univers théâtral. Il lui a écrit un monologue sur un personnage qu'elle connaît bien pour l'avoir fréquenté à moult occasions Nana, la mère, personnage pivot de son oeuvre. Il en profite pour nous donner sa pensée sur la vie, la mort, la religion, le pouvoir. Il le fait avec humour, avec rage et avec un soupçon d'espoir. Ce n'est pas une pièce maîtresse de son oeuvre mais elle vaut le déplacement pour admirer à nouveau l'immense talent de Rita Lafontaine.

Rita Lafontaine est Nana, elle tient la scène pendant 90 minutes et on ne se lasse pas de l'écouter et de la voir nous raconter les histoires drôles et dramatiques de Nana. Elle a une présence unique et une faconde incomparable. On rit, on est ému, on la regarde nous enchanter des mots de Tremblay. Elle nous interpelle dès le départ et ne nous lâche pas avant la fin. Rita Lafontaine est une actrice exceptionnelle et spécialement ici dans un univers qu'elle fréquente depuis le début et qui l'a accompagné tout au long de sa carrière, lui donnant des rôles écrit sur mesure et la chance d'explorer un monde et des personnages riches en émotion. Ne la ratez pas!


8 août 2009, 5:19
Une oeuvre, deux auteurs

Ce que je retiens de ce film ce sont les magnifiques images, l'adaptation ingénieuse du roman de Zola, le jeu fabuleux des acteurs, le romantisme mêlé d'érotisme, quelques répliques drôles et savoureuses, la musique de Bach, les trouvailles cinématographiques, des scènes d'horreurs sans recherche d'effets outranciers, la folie créatrice du réalisateur, sa facilité à utiliser plusieurs genres et à en faire un tout cohérent.

Lorsqu'on arrive à faire de Thérèse Raquin un film de vampires on peut dire que le pari est insensé mais le cinéaste réussit ce tour de force pour notre plus grand plaisir. Il ne se prend pas au sérieux mais ne nous traite pas comme des demeurés. Il s'amuse à nous plaire et n'use pas de procédés habituels. Il nous étonne par sa grande maîtrise du cinéma. Il nous démontre qu'on peut apprécier la fantaisie sans tomber complètement dans l'absurde et dans la démesure. Il y a beaucoup de bonheur pour les spectateurs à partciper à ce voyage fantastique.

Donc un ravissement et un dépaysement pour le cinéphile.

 

 


8 août 2009, 7:36
Hollywood

Levinson dépeint un monde qu'il connaît bien, la jungle Hollywoodienne. Il nous emmène dans ce faux pays ou l'illusion règne et que l'argnet contrôle. On suit un producteur célèbre et ses démêlés avec le dernier film qu'il produit. Tout y passe, le metteur en scène hystérique, les acteurs-dieux, les techniciens blasés, la patronne -reine et le petit monde de parasites tournant autour de cette faune hétéroclite.

Film très mordant sur un milieu avide de pouvoir et d'argent. Ce qui saute aux yeux c'est l'absence de liberté des créateurs qui rentrent dans le rang dès que le couperet s'annonce. On veut la gloire et on est prêt èa tout pour la recevoir, même sabrer dans ses oeuvres. Tout y est calculs et mesures afin de remplir les coffres de la grosse industrie.

De Niro est assez jouissif dans le rôle du producteur tentant de plaire à tous. Il y a longtemps que j'avais pris plaisir à le voir jouer, je le percevais comme la caricature du grand acteur qu'il avait été, mais ici il démontre un plaisir évident à être dans un film. Donc, pas un chef-d'oeuvre mais un bon divertissement.


8 août 2009, 7:10
Duo pour voix obstinées

Deux hommes à Los Angeles. Tout les sépare, l'un est un journaliste réputé l'autre un sans abri déchu.  Un jour Steve entend quelques notes de musique, il en cherche la provenance et trouve Nathaniel jouant d'un violon aux cordes manquantes. Il est touché par cette musique et décide d'engager la conversation. Nathaniel est sur la défensive, il souffre d'une maladie mentale mais Steve perçoit l'intelligence qui se dégage de lui. Il décide de faire un papier sur Nathaniel. Ici commence une histoire d'amitié entre deux hommes perdus pour des raisons différentes.

Ce film est beau malgré les effets un peu trop appuyés pour chercher à nous émouvoir. La musique de Beethoven nous accompagne tout au long de ce périple dans le monde inoui des sans-abris de Los Angeles. C'est un village des damnés logeant dans la grande cité. C'est un monde peuplé d'êtres oubliés qui voguent inlassablement dans leur galère sans issue.

Steve et Nathaniel vivront une histoire édifiante, l'un cherchant à sauver l'autre de sa déchéance. On se rend compte que tous les deux sont englués dans leur destin. Ils se démènent dans leur vie respective et semble avoir perdu tout espoir d'y trouver la paix de l'âme. Qui sortira vainqueur? Qui sera aidera plus l'autre?

Les deux acteurs sont superbes, il faut voir Foxx en état de grâce lorsque la musique l'envahit. Downey est aussi très convaincant en journaliste obstiné à vouloir changer le monde. Bien sûr le réalisateur en met beaucoup trop dans son traitement mais malgré cela le film vaut le visionnement car il dépeint une réalité qu'on cotoie quotidiennement sans la voir tellement on s'empresse de l'oublier craignant de s'y retrouver.


5 août 2009, 9:07
Un zoo la nuit

Sombre. Toutes les nuances de la noirceur tant intérieures qu'extérieures sont le sujet principal du dernier film de Micheline Lanctot. Film pesant, étouffant, éreintant, privé de lumière, plein de douleur et peuplé de personnages à l'âme grise. Ne cherchez pas les couleurs vives, ne cherchez pas la vie sinon sa représentation négative. Suzie, chauffeuse de taxi, aux mots absents, aux maux trop présents, se déplaçant la nuit, trouve dans son taxi un enfant avec une adresse. Elle l'y conduit et doit le ramener chez sa mère, le père n'en voulant pas. Il y fait noir, la mère est couchée puis hurle son désarroi, profère des insanités, ne veux plus être seule avec son fils. Elle supplie Suzie de passer la nuit avec elle, de l'aider à affronter cette noirceur. Survient le père, la dispute commence, Suzie s'enfuit avec l'enfant pour le protéger des paroles acides sortant du couple meurtri.

Lanctot utilise un univers cauchemardesque comme toile de fond de son film oppressant.Il n'y a pas grand place pour la lumière, les rares éclairages sont sombres comme les personnages. La nuit est omniprésente, insistante et dure une éternité. Un constat amer sur l'humanité et son côté obscur, sur des âmes perdues errant parmi les autres et ayant peu d'espoir de retrouver la joie. C'est un univers absent du jour, préférant le tumulte des ténèbres à la clarté du soleil. On peine à imaginer que ces gens puissent avoir connu le bonheur. Lanctot nous donne peu d'indices sur leur passé mais on devine que la malheur s'installa en eux et y règne depuis longtemps. Pourtant ils se battent et se débattent, cherchent l'issue qui les propulsera hors du chaos sans toutefois trop y croire.

Un film qui demande un état mental assez résistant pour pouvoir en sortir sans trop de heurts. Un film exigeant mais qui en vaut l'effort. Lanctot est une auteure, son oeuvre est une exploration de l'humanité et elle ne craint pas de se mouiller et de se révéler. Elle est hors normes, ne suit pas les modes et continue son chemin. Elle est aussi une merveilleuse directrice d'acteurs et une sublime actrice. Elle nous fait un cadeau, les dernières images de son film s'ouvrent sur un jour nouveau.


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