La différence dérangera toujours les autres peu importe les époques et le contexte social. Les réactions peuvent être moins vindicatives mais lorsqu'on s'éloigne de la majorité il devient plus difficile de s'affirmer. La nouvelle pièce de Michel Tremblay aborde cet aspect à plusieurs niveaux. Je dirais que le sujet principal est la découverte de son homosexualité et il situe l'action en 1959 et en 2009. Il tente de faire voir les différences d'acceptation de cet état. Je trouve Tremblay beaucoup pertinent et à l'aise dans ses propos en évoquant l'année 1959. Il connaît bien cette époque l'ayant vécu et pouvant la transposer avec toute l'acuité nécessaire. Je le trouve moins vrai et sensible lorsqu'il écrit sur le temps récent et dans sa dernière pièce je l'ai ressenti et ce tant dans le texte que dans l'interprétention des comédiens-nes.
Le texte couvrant l'époque d'antan et superbe, émotif, plein de vérités et contient des morceaux de bravoure que les acteurs défendent avec brio. Maude Guérin est absolument merveilleuse de vérité et d'émotions dans le personnage de la mère, Normand Damour est aussi très juste et touchant en père complètement consterné par la situation de son fils et Roger Larue défend avec verve et éloquence ce frère-enseignant qu'on ne peux imaginer autrement.
L'époque comtemporaine m'a moins touché, je sentais que l'écriture de Tremblay survolait le sujet au lieu de l'imprégner, cela restait théorique et donnait moins de viandes aux interprètes. Les deux jeunes hommes sont magnifiques de justesse et nous interpellent avec leur situation délicate.
La mise en scène de Denoncourt est très réussie, il laisse toute la place au texte et aux interprètes. Il n'y a pas de fla-fla ni de prouesse technique. Il privilégie le texte et son interprétation donnant ainsi la véritable définition de ce que doit être le théâtre; une place pour la parole. À voir...