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Normand Paquette
Normand Paquette
November 2009 - Messages
20 novembre 2009, 7:34
As-tu du feu?

Jarmush se prend pour qui? Se croit-il intouchable au point de nous fournir un navet et de nous passer cela comme un essai philosophique? Si vous ne m'aimez pas vous n'aurez rien compris? Quel film prétentieux! Du vide, que du vide. Des échanges de boîtes d'allumettes à n'en plus finir, un personnage principal tellement insipide qu'à la place de l'acteur je serais gêné et me cacherais pour quelques années, des phrases creuses, des aller-retour dans des rues, des paroles se voulant profondes mais qui tombent à plat ect...

S'il voulait illustrer le non-suspens il a échoué car tout ce que j'y ai vu est une suite ininterrompue de futilités se voulant songées et ne menant nulle part. J'ai souhaité que le protagoniste ouvre la boîte d'allumette et s'immole! C'est vous dire quel sentiment m'habitait...


18 novembre 2009, 12:32
Sports extrêmes

Bruno est l'exemple parfait du sport extrême. Il va aux limites du supportable tant dans le fond que dans l'esthétique. La dérision règne dans ce film et elle est poussée parfois très loin risquant de blesser les ultras-sensibles pro ou anti homo. Pour ma part je trouve que ce film est un reflet féroce d'une majorité bien pensante qui se cache derrière le politically correct en public mais qui en privé démontre leur véritable sentiment vis-à-vis la différence.

Les gais ont la réputation d'être de vilains pornographes ne vivant que pour la débauche et Cohen ne fait qu'illustrer ces préjugés. Il y va fort mais son but est justement de ridiculiser ces jugements erronés en les reproduisant sur grand écran espérant une prise de conscience. Il met aussi en parallèle des comportements tout aussi déviants, on assiste à des entrevues avec des parents qui veulent que leur bébé deviennent des mannequins...il est hallucinant de voir jusqu'ou il peuvent aller...

Cohen est vraiment dérangeant et ne fera jamais l'unanimité et c'est tant mieux. Je ne pense pas qu'il est un grand cinéaste mais il a du culot et ose balancer des vérités pas toujours bienvenues. Il fait rire, parfois jaune, parfois gras mais on rit. La scène finale est très réussie,  elle résume bien le côté primaire d'une majorité dangeureuse.


17 novembre 2009, 11:20
Retrouver Duras

Dans les années 80 je fus un Durassien convaincu. J'ai lu quasiment tout Duras en commençant par l'Amant. Je n'ai pas vu le fim l'amant car je voulais rester avec mes impressions et ne pas mettre des visages et des images autres que celles imaginées lors de la lecture. Un barrage contre le pacifique est un autre roman que j'ai lu et aimé mais cette fois je me suis laissé tenter par le film.

Le visionnement m'a remis en mémoire ce bel ouvrage de Duras qui esquissait déjà les thèmes qui reviendrait souvent dans son corpus littéraire. L'asie a un rôle primordiale dans son oeuvre. Ici, le réalisateur s'imprègne des mots de Duras et il en réussit assez bien la transposition à l'écran. Il a en  Huppert une interprète idéale pour jouer un personnage durassien, elle en a le physique et l'âme. Les deux jeunes acteurs faisant les enfants sont eux aussi capables de dégager l'aura qui définit les personnages de l'écrivaine.

Les paysages sont magnifiques et dures à la fois et la reconstitution d'époque ne manque pas de véracité mais il y a quelque chose qui cloche pour en faire un film achevé. J'ai eu des moments d'ennui et cela gâche mon appréciation globale du film. Malgré tout j'ai quand même pris du plaisir à me tremper dans cette atmosphère surannée et à retrouver Duras que j'avais délaissé.

 


16 novembre 2009, 8:14
La petite fille qui venait du froid

Un couple ayant perdu leur troisième enfant à la naissance décide d'adopter une jeune fille pour compenser leur perte. Il visite donc un petit orphelinat et impressionné par le sérieux et les bonnes manières d'Édith il l'a prenne chez eux. Elle est d'origine russe et possède des talents assez développés pour son âge. Elle arrive donc dans cette famille et avec elle advient aussi...

 Si vous aimez le genre ce film est bien fait. Pas de grandes surprises sauf une vers la fin, pas de nouvelles avenues ni d'effets trop spéciaux. Un peu de violence mais ici encore cela se regarde facilement. Le réalisateur parvient à capter notre intérêt en jouant la carte psychologique avec juste assez d'ambiguité pour soutenir la tension. Les acteurs sont crédibles et celle qui joue Edith s'en tire très bien. Somme toute de bons moments.


15 novembre 2009, 5:53
Butler & Heigl, la chimie

Ce film fonctionne grâce à la cimie entre Butler et Heigl. On a vu maintes fois cette histoire dans plusiieurs films, histoire remaniée dans des contextes différents mais gardant toujours le même canevas, un homme, une femme et le choc de leur rencontre improbable. Bien souvent la répétition d'un film à l'autre nous laisse froid mais ici la chimie entre les deux acteurs opèrent et malgré la connaisance du déroulement du film on y prend plaisir.

 Évidemment il y a des choses dérangeantes. J'ai l'impression parfois d'assister à des vidéoclips pour promouvoir la carrière des chanteurs dont on entend les hits. Il y a aussi les stéréotypes inhérents aux succès des films de ce genre.

Entendez-moi bien,je ne dis pas qu'il s'agit d'un chef-d-oeuvre mais comme divertissement on a vu pire. Il suffit de se laisser aller, de mettre notre intellect à off et de laisser la place à notre côté émotif et vous passerez un agréable moment.


15 novembre 2009, 10:40
Qui dit vrai?

Ce film explore toutes les facettes du doute. Les personnages sont aux prises avec des situations existentielles compliquées et en exprimant leurs doutes déclenchent un raz-de-marée dont personne ne sortira vainqueur, le doute s'est installé...

Le doute est insidieux et le réalisateur le démontre dans ce magnifique film. Il y a le scénario adapté d'une pièce gagnante d'un Pullitzer, il y a surtout des acteurs extraordinaires qui défendent leur personnage avec conviction. Streep est absolument inspirée et elle habite son rôle avec subtilité. Seymour Hoffman est aussi d'une justesse inquiétante. En fait tous les protagonistes sont plus vrais que vrais. Le réalisateur réussit une direction d'acteurs sans failles.

Il nous propose un univers troublant et nous laisse nous débrouiller avec les questionnements des personnages. Il ne possède pas la réponse. Il esquisse des chemins que l'on peut emprunter ou non. C'est la force de ce texte touffu et dérangeant. J'ai vu cette pièce il y a quelques années au théâtre et je dois dire que le film a renforcé le malaise car la caméra s'approche des personnages au point qu'on a l'impression de sonder leur âme.

Il demeure donc un questionnement difficile à résoudre, que sait-on des autres? Quel poids donnons-nous aux rumeurs? Dans le doute que fait-on? Quelle est la vérité? Sommes-nous en droit d'accuser et d'être certain de posséder la vérité?

J'adores la fin de ce film car au moment ou l'accusatrice pourrait triompher elle s'écroule à son tour le doute l'ayant ratrappé.

Chapeau!


13 novembre 2009, 7:16
Se faire raconter une histoire

Lorsqu'on s'adresse directement à l'enfant en moi et qu'on arrive à le charmer je redeviens cet enfant. Ce film m'a émerveillé et m'a replongé dans l'enfance. Disney est vraiment un chef de file dans ce domaine. Il a toujours su produire des oeuvres alliant plaisir et intelligence.

Celui-ci est vraiment magnifique tant au plan visuel qu'au contenu. Une belle histoire simple mais ô combien pleine d'émotions. Un voyage dans l'imaginaire aux couleurs flamboyantes. Un film pronant le droit au rêve et à son accomplissement. Les personnages sont savoureux et le propos très brillant. On s'amuse, on rit, on s'émeut et on est ravi de plaisir. On embarque complètement dans l'histoire et on la vit intensément. Au début du film il y a un résumé de la vie d'un couple absolument irrésistible, cela dur environ 2 minutes et on est très ému devant ce parcours amoureux. L'animation est superbe donnant vie aux personnages qui sont plus réels que de vrais humains.

Mon coeur d'enfant est conquis et je suis resté dans cette émotion quelques heures après le visionnement me rappelant tous les beuax films d'animation de jadis. Merci!


11 novembre 2009, 8:21
Loin de la langue de bois

Nous sommes très loin de la langue de bois dans ce film centré sur les coulisses de la politique internationale. Nous sommes vraiment dans la vie de tous les jours chez cette caste politique, chez les décideurs qui font tourner la planète. Une simple phrase qui déclenche une crise majeure et précipite deux grandes puissances dans une guerre qui aurait pu être éviter. Sujet grave traité de façon ironique mais démontrant tout de même le schéma qui mène aux catastrophe. Haine viscérale entre des fonctionnaires et ministres se transformant en lutte pour la gloire même au pris de provoquer des milliers de morts.

Sous des couverts humouristiques le réalisateur s'amuse à nous démontrer le fonctionnement dans les sphères de décisions. Il nous donne des personnages vraiment savoureux frôlant parfois l'archétype mais contenant toujours le brin de vérité qui fait qu'on reste accroché à cette comédie délirante. Je n'ai pas ri à en mourir mais j'ai souvent souri jaune car je ne pouvais m'enpêcher d'y voir une vérité maquillée d'humour. Les acteurs sont vraiment pleins d'ardeur et croquent dans leur personnage avec un plaisir qui fait du bien à voir. Un film très verbal demandant une écoute attentive si on ne veut pas rater les meilleures répliques. Il faut voir le général américain comptant les soldats nécessaires à l'envahissement à l'aide d'une calculatrice jouet émettant des sons réservés aux bambins. Satirique mais assez près de la réalité et c'est ce qui fait peur...

J'avais mis les sous-titres en français craignant l'accent british, je dois dire que ceux-ci sont complètement délirants. La traduction est mauvaise changeant souvent le sens des phrases et perdant la saveur de cet humour particulier.


9 novembre 2009, 8:40
Pour ceux qui n'ont pas lu le roman

Les adaptations cinématographiques de romans sont difficiles à réussir. On se fait toujours ses images et voici qu'on nous en propose d'autres. C'est souvent à l'opposé de notre imaginaire. J'ai lu les trois romans composant Millénium et je les ai dévoré. Il s'agit d'un ouvrage touffu avec des intrigues complexes et malheureusement le film ne réflète pas cette complexité. Le réalisateur a choisi l'intrigue principale et a évacué toutes les ramifications secondaires qui à mon avis font la richesse de cette trilogie. Évidemment cela n'est pas facile de les transposer à l'écran mais pour celui qui connaît l'oeuvre il ressort du visionnement amèrement déçu.

Le personnage de Salander est d'une richesse psychologique inouie mais ici on ne fait que l'aborder et qu'en démontrer les facettes spectaculaires. Il en va de même pour les autres personnages, de plus on en a effacé d'autres qui sont d'une réelle importance pour la compréhension de la trame. Lorsque je songe aux deux autres tomes je me dis que ce sera catastrophique s'ils sont traité de la même manière.

Donc, je recommande ce film à ceux qui ne connaisent pas les romans car ils prendront un plaisir énorme à suivre ce suspens. Pour ma part je n'ai pu faire abstraction de ma lecture et je fus déçu du résultat sur grand écran.


8 novembre 2009, 4:47
Ça change pas le monde mais ça se regarde...

Ça commence à la vitesse de l'éclair, des images foudroyantes qui ne mènent nulle part. Puis, s'amène Travolta avec ses tatous suivi de son gang venu faire le trouble dans le métro. Gros plan sur la salle de contrôle du métro New-Yorkais, des écrans géants colorés sous la surveillance d'une équipe de contrôleurs. 1,2,3, action!

Le film de Scott est un divertissement agréable qui se regarde facilement, qui n'exige pas d'attention particulière, dont l'histoire se devine aisément. Le réalisateur ne révolutionne rien et s'applique à nous donner une énième copie d'un film de suspens ordinaire manquant de soubresauts. Travolta fait du Travolta et Washington fait du Washington, des prestations qui ne passeront pas à l'histoire. Malgré tout, je l'ai regardé jusqu'au bout et y ai pris un petit plaisir.


8 novembre 2009, 9:32
Austérité et bonté

Normétal, un village, une rue principal, un bar, une station d'essence, des vieillards, quelques familles, un médecin. Celui-ci est vieux, un jour il décide departir pour mois et place une annonce pour trouver un remplaçant. Jeanne,urgentologue de Montréal, arrive donc à Normétal.Elle découvrira une façon de pratiquer la médecine loin de son expérience acquise dans une grande ville. Ce sera la confrontation entre ses connaissances et le monde réel dans une petite communauté.

Ce film clôt la trilogie de Bernard Émond. Il s'agit ici du don de soi, de la charité. Émond choisit un lieu isolé, délaissé par la population, autrefois prospère grâce aux mines. Des paysages d'une beauté austère, une tranquilité parfois angoissante pour les inhabitués, une tout autre façcon de vivre au rythme de cette nature variant au gré des saisons. Il n'y a pas beaucoup d'exubérance, la vie se déroule placidement et ce mode n'est pas pour tous.

Jeanne avait besoin d'un changement et elle se frotte à sa plus grande difficulté; le rapprochement avec les autres. Elle sera servie,elle fera la rencontre d'un univers écorché et sa pratique devra s'adapter. Il s'agit d'une médecine loin des technologies, une médecine humaine. S'y fera-t-elle?

Mon personnage préféré est le boulanger. J'ai aimé cet homme simple et bon. Il dégage une paix intérieure que j'aimerais posséder. Il fait vraiment le don de soi,il nourrit les gens et pour lui sa vie a un but.

Donc, un film maîtrisé, difficile à apprivoiser car demandant une écoute au-delà de l'instantané. Un film à prime abord inacceuillant mais se logeant dans un coin de votre âme pour la faire grandir.


6 novembre 2009, 8:09
Convenu

Ayant redécouvert Mickey Rourke et voulant regarder un film d'action j'ai loué celui-ci. Je n'y ai retrouvé que le sempiternel film de suspens habituel. Pas de grandes surprises, pas d'éléments sortant de l'ordinaire, la même trame avec les mêmes effets vus déjà des centaines de fois. Au début, on nous laisse entrevoir que le tueur est dans une crise introspective mais vitement on déchante car le réalisateur n'exploite pas cette avenue et préfère s'enliser dans l'archiconnu. Il emprunte les mêmes sentiers que les films du genre, poursuite de témoins gênants par deux tueurs qui feront tout pour atteindre leur but. La violence y est gratuite et sensationaliste.

Lorsqu'on peut deviner les prochaines séquences il ne reste pas grand chose pour apprécier un film. Il est vrai que les acteurs sont bons mais on ne les utilisent pas à la mesure de leur talent. Ce film était rester sur les tablettes depuis 2006 on comprend pourquoi. Le distributeur a profité du nouvel engouement pour Rourke pour le sortir en DVD.


5 novembre 2009, 5:17
Vie de quartier

Faubourg 36 ressemble aux films français des années 40-50. Il emprunte les mêmes avenues que ces films tournées avant et après la guerre, soit une histoire simple alliant amour, amitié, crime passionnel et peinture sociale. Nous avons les personnages habituels, le scénario prévisible, les numéros de variété et le happy ending.

Des citoyens habitant un faubourg de Paris tentent de reprendre un théâtre laissé à l'abandon en y montant une revue de cabaret. Ils sont déterminés, courageux et surtout passionnés. S'y greffe des histoires personnelles aux prises avec les soucis de la vie. Les personnages sont typés et s'approchent dangereusement de la caricature. Les comédiens s'amusent dans ces rôles et sont plaisants à regarder. Le film ne révolutionne rien, il nous donne de bons moments et respire la nostalgie. Un film à voir pour le plaisir du cinéma.