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Van Sant construit un drame historique en reprenant l'outil principal par lequel l'histoire s'est présenté aux yeux des Américains: la télévision. On présente la lutte des homosexuels par une intelligente reproduction de l'image que la télévision composait de l'homosexualité. Il en ressort, l'intolérence et la force d'un désir de transgresser dans une société trop chrétienne. À la manière de Psycho mais avec une approche différente, Van Sant reproduit exactement les évènements passés, en reproduisant les entrevues télé, les images des manifestations. Il y a ce désir chez le réalisateur de revisiter le passé déjà filmé, que ce soit sous forme de fiction on de réalité, en recomposant avec les mêmes cadrages, les mêmes couleurs. Par cette approche, une critique du média télévisuel se créer pour remettre en question l'influence encore trop grande des idéologies transmises par les dirigeants des chaînes télévisuelles américaines. Également en ressort la volonté de montrer comment tout c'est passé, non pas dans une vérité absolue, mais dans une tentative de. Le film arrive dans un moment où les États-Unis reculent face aux droits de l'homosexualité. Le film devient un appel d'acception des gais chez la population. Il devient le soulignement de l'histoire, pour ne pas oublier cette lutte, qui aujourd'hui devient chose acquise pour certains. Van Sant fait un film historique sans tomber dans la facilité, appuyé par un scénario fort bien élaboré. Le seul bémol peut venir de la musique extradiégétique qui vient appuyer trop souvent quelques moments déjà forts en émotion. Les perfomances des acteurs sont aussi troublantes que la ressemblance qui les lie à ceux qui ont existés. Van Sant renvoit à quelques une de ses oeuvres précédentes, Elephant (voir scène finale), ou à son Mala Noche (ébats amoureux filmés dans une noirceur éclairée). À noter, le choix de cadrage dans les échanges entre Milk et White, qui dans leur composition créer une distanciation suggérée. En somme un grand film (pas sont meilleurs, attention) qui traite d'un grand évènement dans un traitement fidèle au cinéaste.
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