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Pascal Landry
Pascal Landry
9 avril 2007, 1:52
Un film qui sait arriver au bon moment
Je voulais absolument voir ce film au cinéma pour l'"effet" des images sur l'écran. J'ai bien aimé dans l'ensemble mais j'ai surtout aimé la "mise en scène" américaine et le moment choisi pour faire ce film. Tandis que la haîne anti-perse est à son faîte chez nos vosins du sud, un film "historique" est certainement un excellent prétexte pour en tuer des centaines. Les grecs, pères de la démocratie que défendent si argneusement les américains campent les bons et gentils tandis que les persans, musulmans sans âme, représentent le visage du mal à merveille. Nous voilà avec tous les ingrédients pour une réussite bien lucrative qui, en plus, poursuivra la quête présidentielle dans l'esprit de tous les gentils américains dans leur salon. Si vous ne connaissez pas l'histoire, cessez de lire, je pourrais vous révéler certains passages... Et comme si ce n'était pas suffisant, le roi Leonidas "meurt pour sauver les hommes" (Mel Gibson n'aurait pas pu trouver mieux !) tel un Christ qui naîtra un demi millénaire plus tard. Pire encore, mort sous les flèches, on lui fait un plan rapproché suivi d'un zoom out fantastique à la fin duquel on peut clairement le voir "crucifié". Et comme l'Amérique se doit absolument de gagner... oh... la Grèce je veux dire ! Donc, comme la grèce se doit absolument de gagner, c'est sur une note victorieuse que le film prend fin, laissant sous entendre que l'armée grècque aura finalement le dessus sur les envahisseurs grâce au sacrifice des 300. Ouvrez pourtant un livre d'histoire et vous verrez pourtant que Xerxès a pris Athène quelques jours après la mort de Leonidas. C'est finalement à cause de la défaite de sa flotte qu'il devra retourner en asie. Comme véhicule de l'idéologie bushienne, il n'y a pas mieux. Mais en laissant de côté ces "subtiles" intrusions américaines dans l'histoire grecque, j'ai été impressionné par la qualité de la photographie et par le jeu des acteurs. Non pas que ce dernier ait été si bon, mais plutô
6 janvier 2006, 2:24
De la variété qui tient du cinéma
Avec cette nouvelle émission de variété, la télévision québéquoise fait un énorme bond en avant. Non pas que ce soit la première du genre accusateur ou la première traîtant de consommation ni même qu'elle soit un mixe des deux. En fait, la première a pu nous montrer un concept éclaté qui nous projette en plein visage ses idées à une vitesse folle. C'est de la télévision comme on fait le cinéma depuis quelques années maintenant : inspiré du vidéoclip. Autant les téléfilms ont pu s'améliorer avec les nouvelles productions sauce HBO (The Sopranos, Lost, Six Feet Under, Desperate Houswives ou Grande Ourse plus près de nous) en empruntant au cinéma son style, sa rigueur et ses techniques, autant Le Fric Show crée une classe en inovant de la même façon. L'émission use de techniques de montage syncopé, défie les modèles incrustés de cadrages et va jusqu'à se donner quelques airs techno avec des effets spéciaux moins cheaps que ce qu'on a pu nous servir auparavant. Il faut croire que ça achève la télévision avec des animateurs debouts derrière un bureau avec un tapon de feuilles devant lui. Encore mieux, avec son contenu qui frappe fort et dérange ceux qui se croient bien en place, on peut apprécier la formule même si l'on n'est pas un amateur de nouveauté télévisuelle. Et puis, il y a aussi l'animateur, Labrèche qui attire son lot de curiosité et de public fidèle. C'est donc dire qu'en plus de miser sur un visuel en avance sur son temps (du moins au Québec) et de se doter d'un contenu intelligent et sensé, cette émission a su se garnir de l'un des personnages les plus appréciés du petit écran. Les éléments semblent êtres tous réunis, mais à force d'en mettre, on ne finit pas justement par trop en donner et à s'essoufler ou à lasser l'auditoire ?
15 octobre 2005, 12:31
Un suicide pour épileptique...
Dans ce vidéo-clip de deux heures on peut voir que le frèrot Scott n'est pas en reste quand il est question de réaliser un film. Le scénario, de la même main qui avait élaboré le très surprenant Donnie Darko, laissait présager quelque chose de bien. On y retrouve Domino, une chasseuse de prime, qui raconte à une flic comment elle en est arrivé là et où sont passés les 10 millions de dollars qu'on a volé. Ici, on ne parle plus de caméra nerveuse, on parle quasiment de caméra hyperactive. Les plans de plus de 5 secondes sont une denrée très rare. Donc, avis à ceux qui aiment prendre le temps de voir un cadrage, ce n'est pas dans ce film que vous pourrez le faire. Qui tire sur qui ? Allez savoir personne n'a le temps de regarder au ralentis... Mais le traitement de l'image est fantastique, certains des plans de trois frames sont de vrais trouvailles et le traitement de la couleur laisse une impression d'avoir visité un autre monde. Le jeu de Knightley est au dessus de ses autres performances Rourke est excellent et les autres acteurs sont bons sans plus. Du côté du dialogue, on retrouve quelques bons punchs qui feront rire la salle ; certains s'en lasseront, d'autres seront accrochés... quant à moi ça m'a aidé à digérer les images qu'on me mitraillait à la figure. En bref, vous pourrez me dire que vous avez trouvé excellent et je comprendrai. Vous pourrez me dire que vous avez détesté et je comprendrai. Mais d'un côté ou de l'autre de la balance, je tenterai de tempérer vos propos parce que ce film n'est ni complètement excellent ni complètement exécrable ni même moyens en tout... non, il comporte plutôt certains points excellents et certains points exécrables et très peu de points dans la moyenne...
1 octobre 2005, 2:17
Un huis clos entre un homme et son magneto
Le jour de son anniversaire, un homme revient chez lui et retrouve une cassette laissée par sa femme qui, elle, n'y est plus. Enfermé dans sa propre demeure par son système de sécurité, il n'a d'autre choix que de regarder cette cassette afin de comprendre ce qui s'est produit dans la tête de son épouse. Si, au départ, l'idée semble intéressante et permet d'espérer le meilleur, on se rend compte assez rapidement que le tout s'essouffle et devient quelque peu lassant à la longue. Les acteurs sont moyens sans être ni très bons ni mauvais ce qui tend à donner un effet de réalisme à toute la réalisation en rendant des personnages humains. L'originalité du récit demeure le point d'intérêt principal mais elle perd de son mordant plus le film avance. Le film aurait peut-être eu avantage à n'être qu'un épisode de série ou même un court métrage. Cela aurait eu l'avantage de rajouter un rythme et une spontanéité à une réalisation qui se veut un peu étirée.
30 septembre 2005, 3:02
Mon préféré, point final
J'avais été séduit, au cégep, par la lecture de 1984 de George Orwell mais ce n'était rien, en fait, quant à l'éblouissement que j'ai eu lorsque j'ai visionné Brazil pour la première fois. Librement inspiré du chef-d'ouvre de la littérature, ce film de Terry Gilliam, ex Monty Python, le film insuffle à l'histoire un brin d'humour anglais très facile d'approche et une vision sans pareil de l'univers orwellien. Le jeu de Jonathan Pryce est tout simplement magistral alors qu'il campe un employé de bureau sans ambition, Sam Lowry, qui est hanté par des rêves dans lesquels il vole toujours au secours d'une femme. La rencontrant dans la réalité, il la poursuit sans relâche et grimpe toujours plus haut dans la bureaucratie afin d'éliminer les barrières les séparant. Le film se positionne quelque part dans un futur imaginé depuis notre passé, un monde pratiquement terrifiant de par son manque de liberté. Un film à voir à tout prix pour tout amateur de cinéma et, si possible, dans la version originale du réalisateur et non celle distribuée par les producteurs ; version dite "the love conquers all". Cette dernière pervertie totalement la vision de l'auteur en supprimant des passages clés et en lui donnant un happy ending navrant de mercantilisme.
30 septembre 2005, 2:41
Il faut connaître Cocteau
Orphée, c'est une fantastique aventure dans l'univers du rêve et de la mythologie. Dans une réalisation prenante, inventive et des plus efficaces, Cocteau sait racconter une histoire bien connue sous un angle qui lui est propre. En fait, il manie si bien son art qu'il nous donne l'impression que seul lui pouvait réaliser ce film. Ce genre de cinéma créatif manque quelque peu au cinéma actuel. La performance des acteurs n'est pas négligeable non plus d'ailleurs.
30 septembre 2005, 8:47
Un film qui frappe en plein visage
À première vue, le film montre un beau grain de pellicule et un focus qui n'est pas infini, pas de doute, Cronenberg l'a tourné à l'ancienne et ça fait plaisir à l'oeil. Les rechigneux se plaindront des "flous", pas grave... L'histoire, elle, eh bien, l'histoire est celle du titre, elle est violente mais pas seulement dans les gestes parce qu'elle l'est autant dans la tête des protagonistes et dans l'esprit du spectateur. La violence est partout, autant dans les combats que dans les ébats et si le scénario peut se qualifier de prévisible par instants, c'est sans doute, justement, parce qu'il permettait tant d'équart violents qui n'ont pas été explorés. Mortensen est plus que crédible et sa transformation de Tom à Joey ne peut qu'être saluée tant le personnage, surtout son regard, n'est plus le même. Mais Cronenberg demeure Cronenberg et si l'on n'aime pas, vaut sans doute mieux rester chez soi. Ses thèmes habituels sont toujours en place : la violence qui habite les personnages, les moments d'intériorité déstabilisante et l'érotisme sale (voire tabou). Au bout du compte, c'est un film bien au dessus de la moyenne d'un gars qui règle ses comptes pour avoir la paix une fois pour toutes.
10 novembre 2004, 11:44
À la fois le passé et le futur du théâtre...
Lorsqu'une promotion complète de l'École Nationale de Théâtre du Canada s'est ouvertement prononcée en faveur de l'enseignement du théâtre dit québécois dans cette institution, alors qu'on n'y travaillait que des textes français, le bond que cet art a fait fut fantastique. C'était nécessaire. Lorsque Martin Giguère se faisait reprocher son manque de joual dans cette même institution, cette dernière a tout bonnement raté le train que venait de détourné ce prodige de la plume. Loin du parlé populaire, ce puissant texte, vient nous rappeler que le théâtre au Québec, c'est aussi autre chose que ce "lassant train-train quotidien" et alors on se laisse bercer par un français riche, articulé et poétique qui a quelque chose d'antérieur tout en représentant la voix du futur: la prochaine étape dans la maturation du théâtre québécois, voire francophone. Et lorsqu'en plus, le tout est présenté dans une mise en scène si peaufinée, on en vient à se dire que tous ces jeunes talents ne peuvent que se faire remarquer par la vieille garde. La grande qualité de cette production, c'est qu'elle ne laisse rien aller dans la moyenne. Les costumes nous plongent en plein Mad Max tandis que la musique, que je qualifierais d'atmosphérique, pousse l'expérience encore plus loin. En ajoutant une scénographie aussi ingénieuse qu'audacieuse et des éclairages saisissants; il ne manquait que des comédiens de talents pour réunir tous les éléments d'un succès théâtral. C'est justement ce que les Têtes heureuses à su réunir pour les remettre judicieusement sous la gouverne de Christian Ouellet. Résultat : Éric Chalifour est rien de moins que génial, Marie Villeneuve magnifique de vérité, Éric Laprise intense et juste, Sonia Desmeules campe une Béthanie au corps angoissé, tiraillé, criante de présence mais aussi tous les autres que je ne peux louanger ici avec l'espace alloué. Onan, c'est grandiose, c'est drôle, c'est poignant, c'est à voir absolument. Écartez-vous un peu, M Giguère entre en scène.
20 août 2004, 1:53
Dans la lignée...
Ce n'est pas le premier, ce ne sera sans doute pas le dernier non plus. Le cinéma d'été n'en est pas à ses débuts : il y a les blockbusters et il y a les films légers, pour ne pas dire volatiles. Évidement, il faut aller voir ces nuageux films dans un esprit conditionné, sans s'attendre au film de l'année mais surtout être prêt à se laisser aller à rire de n'importe quoi, surtout de la facilité, parce qu'habituellement, on nous en sert deux services sur trois. J'avoue tout de même qu'aller voir un film réalisé par un gars dont le film précédent était Beethoven 5 m'inquiétait sérieusement. L'appréhension passée, les yeux habitués à la noirceur, je n'ai pas été déçu finalement. Je m'attendais à ce genre de cinéma, et c'est ce qu'on m'a donné, en mieux même. Je me disais qu'on ne peut pas refaire American Pie, reste que ce film est meilleurs que les suites de la comédie devenue film culte et ce, même si la plupart des personnages sont interprétés pratiquement pour nous faire croire que ce sont les mêmes ! Ça n'est pas Dr. Strangelove, ça en n'a pas l'intelligence ; ça n'est pas Shrek, ça en n'a pas l'abondante exagération ; ça ne deviendra pas un Spaceballs ni un UHF... ça sera un petit film avec quelques bons gags et une interprétation plus que respectable ; on repassera par contre pour l'originalité, le côté artistique et les surprises dans le scénario... ah oui, on repassera aussi pour le caméo de la chanteuse pop... Finalement, un conseil : prenez quelques bières, dites-vous que vous êtes trop stressé dans la vie et que rire vous fera le plus grand bien puis passez un moment agréable...
12 août 2004, 10:49
Un film à la mode...
Consciemment ou non, le réalisateur américain Jonathan Demme commet son plus récent film au moment ou il est bien vu, pour ne pas dire distingué, de clamer son sentiment hargneux envers le gouvernement américain tandis que c'est justement là l'une des prémisses de l'ouvre. Sans être un réalisateur ce premier plan, il a su se faire remarquer en apposant sa signature sur deux films oscarisés en quelque trois ans soit Le silence des agneaux en 1991 puis l'excellent Philadelphie en 1993. Avant et après. disons seulement que c'est moins marquant. Ici avec ce remake du film de 1962 la barre est haute et on a cru bon (nécessaire ?) de sortir quelques noms biens connus de l'industrie.
5 août 2004, 2:58
Une soirée vitement passée...
La chance de voir de si beaux talents du théâtre régional sur scène ne devrait pas être manquée. La Serva Amorosa fait passer au spectateur plus qu'un agréable moment de dramaturgie ; cela dépasse qualitativement, et de loin, les lassantes comédies légères habituelles d'été, n'en déplaise aux amateurs du genre. Ça n'est d'ailleurs pas la première fois que les 100 Masques surpassent la concurrence en matière théâtrale dans les derniers mois : souvenez-vous seulement de leurs Précieuses ridicules qui laissaient loin derrière celles du TNM... Plusieurs comédiens de la distribution se sont retrouvés plus d'une fois sur les mêmes planches créant de fait une union indiscutable et si quelques rôles sont plus important que d'autres, aucun ne joue faux. Visuellement, cette pièce est magnifique en soit. Les décors sont efficaces tout comme les costumes, tandis que les maquillages rappellent la commedia dell'arte tout en créant une esthétique fort agréable à l'oil. Dans le rôle de ladite servante, Sophie Larouche transpire de présence et porte la barre d'excellence à un haut niveau. Éric Laprise est toujours aussi engageant de talent bien exploité alors que les mimétiques de Martin Giguère dépassent l'entendement de la drôlerie. Jessyka Maltais-Jean et Marc-André Périer, pour leur part, créent un duo mère-fils des plus agréables à vouloir détester. Tout ceci sans passer sous silence le travail épatant de Christian Ouellet en homme de foi résolu tout comme celui des autres comédiens. Plus que légèreté simple et facile, La Serva Amorosa apporte les situations farfelues à des personnages bien cambrés ce qui ne peut manquer à faire rire qui que ce soit. Travail si bien livré qu'il ne doit pas passer sous silence. Allez-y que diable ! Ne vous privez pas d'une belle soirée.
11 juin 2004, 6:44
À quand le retour du suspense dans les règles de l'art ?
Avec Mystic River, on est en plein dans le suspense auquel on nous a habitué ces dernières années. Oui, il est très bien réalisé mais le fait est que je n'en peux simplement plus de ces films qui poussent une piste "trop évidente" puis nous ramènent un méchant qui n'a rien à voir avec l'histoire sinon qu'il boucle la boucle. Ce qui m'intéresse dans un film de ce genre, c'est de suivre des pistes, de les laisser tomber, de les reprendre, de me demander si c'est la petite amie ou le copain jaloux ou la mère protectrice pendant deux heures puis d'être déjoué à la toute fin par la solution ou alors de me venter d'être parvenu à résoudre l'énigme. On voit trop souvent d'un mauvais oil le fait de « deviner » qui a fait le coup, mais tel n'est-il pas le rôle d'une énigme ? Parce qu'en tous les cas, si la solution est absente de l'histoire, si rien ne pointe dans cette direction, il est absolument impossible de résoudre le tout ; et c'est seulement stupide ! Me faire dire « regarde, c'est lui » pendant deux heures, et ça ne s'applique pas seulement à ce film, puis me faire dire « regarde, c'était finalement le cousin germain qu'on a vu en arrière plan dans la scène de centre d'achats, je t'ai bien eu hein ? », ça me détourne carrément de ce genre de cinéma. Pour ne pas que les gens soient déçus d'avoir trouvé, on leur enlève totalement la possibilité de le faire et ça détruit le genre. Ce film est dans la vague et bien qu'on puisse dire que l'interprétation soit solide, que la réalisation soit intéressante tout comme les images, ça reste un film plus que moyen.
11 juin 2004, 2:55
Un cinéma rare
On m'avait vanté ce film et, bien que ce ne soit généralement le cas lorsqu'on « sur-vante », je n'en fus pas déçu. Il s'agit d'une histoire touchante à propos de personnages simples. Le scénario est simple, les images sont simples, le jeu est simple, le film est simple et la simplicité lui sied fort bien. Sarah Bolger interprète de manière plus que convaincante la petite Christy, narratrice des plus vraies qu'ont ait vues dernièrement au cinéma. C'est d'ailleurs le cas de tous les acteurs, mais cette interprète mérite qu'on souligne sa performance qui nous plonge au cour de notre monde intérieur, de nos expériences personnelles passées. C'est là la grande qualité du long métrage qui ne s'éloigne pas d'un iota d'un quotidien possible. Là où tant de films manquent à l'objectif de divertir en utilisant ce rapprochement de la réalité, In America réussit à merveille en forçant le spectateur à s'attacher autant à chacun des personnages. Tantôt confronté à la dure réalité des parents qui tentent de survivre dans cette nouvelle vie, tantôt ramené aux joies simples de deux jeunes filles, on est transporté au travers des scènes avec douceur, comme si rien ne servait de brusquer les choses. En aucun cas on a hâte de savoir ce qui viendra ; on le vit et le subit avec eux. Nous ne sommes plus spectateurs mais membre de cette famille qui nous transmet sa gamme d'émotions sans artifice. Un cinéma vrai, près des gens et bien trop rare où l'on apprend que l'extraordinaire n'est pas nécessaire lorsqu'il y a la vie. Un coup de cour qui donne le goût de vivre.
2 juin 2004, 5:18
Une suite plus complexe, moins égale
Shrek 2 est certes un excellent film d'animation ou, devrais-je dire, un excellent film. Autant que le premier, sinon plus, les gags sont très drôles. Autant que le premier, les images sont exceptionnelles. Autant que le premier, les personnages sont attachants. Autant que le premier, on ressort souriant et content de la salle de projection. Cependant, l'histoire est plus complexe qu'un simple personnage qui en délivre un autre avant qu'ils ne tombent amoureux. C'est certes un avantage pour le scénario mais complexité et enchevêtrement obligent, il faut plus de temps pour raconter, pour passer des informations nécessaires à la compréhension ; de là une inégalité au niveau de la répartition des cocasseries. Ceci dit, ça n'enlève rien à la qualité du film. En fait, je dirais que ça ajoute même étant donné que ça étoffe la trame de fond. Qui plus est, ce scénario demande aux concepteurs de surpasser leur tour de force du premier volet en créant encore plus d'environnements dans lesquels les personnages évoluent. L'avènement du chat botté, archétype pratiquement équivalent à celui de l'âne, amène une dimension étrange au film dans le sens où il entre en compétition avec l'âne pour ravir l'intérêt du spectateur et son affection. En délogeant l'âne tant apprécié de son rôle d'ami du protagoniste principal, le spectateur devrait s'en détourner, ce qui n'arrive pas, étant donné sa nature trop adorable. Paradoxe fort intéressant. J'ajouterais que les références aux personnages fantastiques sont une fois encore au rendez-vous tel qu'on pouvait s'y attendre mais, encore mieux, les références aux films viennent en prime. Clin d'oil apprécié. De tous les films qui sont à l'affiche présentement, c'est sans contredit le meilleur. Il vaut la peine de vous déplacer pour le voir sur grand écran.
29 mai 2004, 5:04
Aucun doute sur la qualité
Une fois encore, l'enfant terrible de la dramaturgie frappe. Ça ne fait sûrement pas plaisir aux puristes du joual et du "théâtre québécois bien populaire" mais ça ramène le vent de fraîcheur qu'avait laissé souffler Job. Quatre soirées de bourrasques bien originales qui allaient laisser sur la population locale une impression de satisfaction certaine. Malheureusement pour ceux qui l'ont manqué à l'UQAC, la lecture publique donnée à Montréal est passée et le tout n'est pas plus joué dans la métropole en ce moment que Van Helsing a de chance d'être récompensé aux prochains Oscars. Il ne faudra sous aucun prétexte manquer la lecture de dimanche, bien qu'on nous en serve qu'une demi-portion, question d'être un peu agace avec notre intérêt théâtral avant la présentation complète cet automne. Gageons que Giguère nous réserve encore quelques idées de son cru qui nous laisseront autant songeurs que perplexes. Du talent brut qui ne pourrait être raffiné par quelque enseignement institutionnel que ce soit.
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