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Sonique rendez-vous
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Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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Transmusicales: dernier sprint
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Après un vendredi à guichets fermés, où plus de 12 000 personnes se sont déplacés sur le site des Trans, ce qui a créé un cafouillage monstre avec le service des navettes qui a été interrompu pendant 90 minutes et qui a provoqué des frictions entre les festivaliers impatients et les (très nombreux) policiers qui l’étaient tout autant, on s’attendait à la même chose pour la dernière soirée de ces 30e Trans. En fait, ce sont cette fois-ci plus de 16 000 festivaliers qui ont envahi le site du Parc Expo de l’aéroport dse Rennes. Disons qu’il y avait beaucoup beaucoup de monde. Mais on s’explique mal comment ça pouvait être sold-out la veille à 12 000 personnes et la même chose le lendemain à 16 000… Ce fut une soirée déchirante, comme à tous les jours du festival finalement: est-ce qu’on passe la soirée sur le site ou en ville aux Bars en Trans, notamment pour assister au concert de Natasha, le nouveau groupe à l’ex chanteuse de l’AS Dragon, ou alors on se rend à l’Air Libre, salle entre le centre-ville et le site principal, pour voir la rencontre inusité entre Yann Tiersen et les musiciens de Orka, groupe de patenteux des Îles Féroé qui fabriquent leurs propres instruments. Puisque les Residents présentaient sur le site principal leur nouveau spectacle où les lapins sont à l’honneur -et certainement un des groupes les plus attendus du festival, j’ai opté pour les Residents et tant pis pour le reste… Sauf que le show de ces légendaires iconoclastes était un peu trop long et… ennuyant, mais bien dingue comme d’habitude par contre! Si, après quatre année au site Expo, les Trans reviennent au centre-ville comme il est possiblement question pour la prochaine édition, ce sera plus facile de passer d’un endroit à l’autre et on ne sera plus pris avec ce genre de dilemme.
Donc qu’avons nous retenus de cette ultime soirée? Probablement la colorée perfo de la britannique Ebony Bones (notre photo). Entourée de choristes, d’un solide groupe, la chanteuse a donné un show dynamique et entraînant. Quelque part entre Santogold, Bow Wow Wow et certaines chanteuse soul des années 60 pour le groove et la présence scénique. Très cool!  Autrement, la majorité de la soirée appartenait aux DJ et autres pourvoyeurs de beats synthétiques, dont Diplo, les lituaniens de Metal on Metal (trois bidouilleurs avec un guitariste et un batteur), The Count & Sinden Soundsystem d’Angleterre, les scratcheurs japonais maniaques de Hifana (reste que quand on vient de la ville de A-Track et Kid Koala, plus rien ne nous étonne…), le DJ Sud-africain Mujava et plusieurs autres… Dans le registre “rock-pop”, disons que c’était plutôt maigre. The Black Angels d'Austin au Texas et Professor Murder furent les deux seuls qui ont piqué notre curiosité. Les premiers, avec leur rock psychédélique stoner dans la lignée des Warlocks, Spaceman 3 et compagnie ont donné une performance molle et banale et leur répertoire n’amenait rien de plus au genre, comme on a déjà pu le constater sur leur album Directions To See A Ghost. Quand au second, on se surprenait quelques fois à taper du pied au son de ce combo de Brooklyn qui mélange avec plus ou moins de bonheur new-wave, dance et indie-pop. Bref, rien de transcendant. Dans ce temps là, pas mal tous les “badgés” se rendent dans le hall VIP et bavardent, boivent et échangent cartes d’affaires et poignées de main. En plus, cette année, la radio Le Mouv’ avait eu la bonne idée d’installer son studio mobile et une petite scène dans ce hall, ce qui nous a permit de voir, l’espace de trois ou quatre chansons, quelques-uns des groupes de la volumineuse programmation qu’on n’avait pas eu le temps d’attrapper lors de leur concert officiel. Il serait précipité de prédire qui des 90 groupes ou programme va rayonner jusqu’à chez-nous au Québec d’ici un an ou deux mais si on doit nomer quelques noms, il y a de fortes chances pour que Miss Platnum, Ebony Bones, Cage The Elephant, Sammy Decoster, les sinistres rockeurs anglais de Sister, les excentriques parisien de Rosita Warlock & Mr Djub et, mon coup de coeur, le trio britannique de Micachu & The Shapes, fassent parler d’eux Pronostic? Avec deux soirs sold-out, on se fait moins de soucis pour les Trans et on espère sincèrement que ce festival hors du commun, qui d’année en année propose une programmation aussi inusitée qu’unique, où le terme “découverte” prend tout son sens, sera encore là dans 30 ans. Quand on sait que des gros événements, qui proposent des têtes d’affiches très connues, peinent malgré tout à se maintenir à flot, force est d’admettre que Jean-Louis Brassard et Béatrice Macé ont relevé le pari de ce beau risque qu’on nomme les Rencontres Transmusicales de Renne.
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Transmusicales: jour 3
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Si jeudi était assez calme, vendredi fût pas mal plus achalandé. D'ailleurs, le Hall 9, le plus gros des trois Hall où les milliers de festivaliers se déplacent pour voir les concerts, n'est seulement ouvert qu'à partir de vendredi. C'est d'ailleurs là, en début de soirée à 21h que Creature donnait son premier concert à Rennes. Si l'immense hangar à avion était presque totalement vide au début du concert du combo dance-pop montréalais, il s'est rapidement rempli sitôt que les shows dans les autres salles se sont terminés. Heureusement car je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer mais une cinquantaine de personnes dans un hangar pouvant accueillir deux ou trois gros avions, c'est assez désolant! Creature, qui a la chance d'avoir obtenu un contrat international chez Universal (alors qu'on sait à quel point les majors sont très frileux ces derniers temps), a donné une performance solide mais peut-être pas assez convaincante pour remuer la foule. Ce n'était certainement pas les conditions idéales pour Creature mais on ne s'en fait pas trop pour eux...
L'autre concert très attendu était sans nul doute celui de la plantureuse Miss Platnum. Cette roumaine exilée à Berlin depuis plusieurs années propose un spectacle haut en couleur avec choristes-danseuses, cuivres, percus et batterie plus une basse. Festif dites-vous? La musique de Miss Platnum est un heureux croisement entre la soul et le r'n'b des années Stax-Motown, le hip-hop et la musique des Balkans. Ecoutez le contagieux single "Give Me The Food" et ça devrait vous convaincre. A mon avis, elle va être grosse... (est facile...;)
Si la soirée bat encore son plein (jusqu'à 5h en fait), nous avons aussi retenu les perfos du groupe Parisien Succes, sorte de Beastie Boys Hexagonal; des White Rabbits, un sextet de Brooklyn qui peut faire penser aux Strokes mais avec deux batteries, et DJ Morpheus & The Penelopes, la nouvelle formation de l'ex Minimal Compact, un vétéran des Trans qui retourne aux sources avec un son très cold-wave, proche de Joy Division et le New Order des débuts.
Il faudra aussi surveiller le chanteur français Sammy Decoster (photo ci-contre) qui se produisait sur la scène de La Cité, peu après Bon Iver. Son style, qu'on pourrait qualifier de croisement entre l'americana et la chanson française (moi j'y ai même entendu une certaine ressemblance avec Chris Isaak sur certaines chansons). Et tant qu'à y être, retenez ce nom : John & Jehn, duo/couple français exilé à Londres dont la musique et le style s'apparente aux Kills.
Les Trans se terminent demain, ou plutôt dimanche à 13h. Au programme: presque 24h de musique non-stop. On va tâcher d'être en forme!
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Transmusicales: jour 2
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C'est vraiment jeudi qu'ont démarré les trentièmes Transmusicales. Mercredi, les quelques concerts programmés avaient tous lieu en ville, et maintenant la suite se déroule autant dans le centre ville qu'à l'aéroport de Rennes. Comme nous n'avons pas le don d'ubiquité, il faut donc choisir: soit on reste en ville et on assiste aux concerts des Bars en Trans, soit on se prend le bus mis à la disposition des festivaliers et on se rend en périphérie, à une vingtaine de minutes, et on y reste. J'ai fait le choix de me rendre sur le site principal; Au menu: une douzaine de groupes de toutes sortes et bien entendu une énorme délégation de journalistes et gens de l'industrie du disque. Qu'ai-je retenu? Disons que cette première journée "officielle" n'a pas été capotante.
Cage The Elephant (notre photo), band du Kentucky branché sixties et indie-rock a donné une solide perfo et la foule, plus petite en ce début de festival, a bien suivi puisque le groupe avait été largement plébiscité par la presse locale et les télés du coin. The Death Set, trio de Baltimore qu'on a déjà pu voir à quelques reprises à Montréal a livré une performance "Ramonesque". Très électro-machine sur disque, la bande devenait tout à coup full punk-rock sur scène. Autrement, les Minitel Roses de France, Blamma! Blamma! d'Angleterre m'ont laissé indifférent avec leur techno machin peu originale. C'est bizarre, mais je trouve que les Trans, ou les Français, sont restés trop accrochés à la mouvance électro, du moins celle des clowns comme Justice et autres banalités "french touch" qui aux yeux de plusieurs montréalais et même canadiens est complètement has been. Dans un registre plus intéressant, le combo Maths Class, aussi du Royaume-Uni, a intéressé les observateurs avec leur math-pop-punk.
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Transmusicales jour 1
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Ca y est, c'est parti! Je vous aurais donné des news plus tôt mais une série de pépins techniques, un accès très difficile aux ordis sur place (5 ordis pour quelques 200 journalistes) et des conférences, interviews, conférences de presse en plus des concerts qui démarrent dès 15h m'ont empêché de le faire plus tôt. Qu'à cela ne tienne, on rattrape le temps perdu vite fait bien fait!
Dejà, on peut dire que le trio britannique Micachu & The Shapes sera certainement une des révélations de cette trentième édition des Trans, sinon un des groupes les plus intriguants. Deux filles, une à la voix et au ukulélé ou alors une petite guitare électrique, une autre aux programmations et aux percus quand ce n'est pas à la guitare électrique et un batteur inventif, ça donne des résultats franchement surprenants. Pour vous situer, pensez à quelque chose qui se rapproche de la no-wave new-yorkaise de la fin des années 70. Pas nécéssairement accessible mais tellement original et tellement unique qu'on ne peut rester indifférent. Pas pour rien que Matthew Herbert ait flashé! Retenez bien ce nom, c'est sans doute ce que feront la centaine de personnes entassées dans la salle de l'Ubu mercredi soir dernier. Comme prélude au festival, on peut dire que ça augure bien!
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Transmusicales 2008
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Les 30e Transmusicales ont démarré mercredi. Pendant quatre jours, le festival rennais accueille quelques 90 groupes de tout acabit et de toutes provenances, sans compter la trentaine qui se retrouve au volet off Les Bars En Trans. Des 1000 Names de Bulgarie aux Cage The Elephant des États-Unis en passant par The Proxy de Russie et Metal on Metal de Lituanie, il y a beaucoup de choses à découvrir aux Trans. En fait, c’est la mission principale de ce festival démarré en 1979 par Jean-Louis Brossard et Béatrice Macé. Si on a vu plus d’artistes connus lors des dernières éditions, en fait depuis 2004, année où les Trans ont quitté le centre-ville de Rennes pour se reloger en périphérie dans les grands hangars à avion de l’aéroport de Rennes, on revient cette année à la formule "découverte" pour ce trentième anniversaire. En effet, à part les mythiques Residents, il n’y a aucun "gros" nom au festival. Les nombreux spécialistes en tous genres qui s’y bousculent chaque année (promoteurs, gérants de label, tourneurs, associations et journalistes de partout à travers le monde) y viennent justement pour découvrir, pour repérer, pour créer des contacts.
Car le festival ne se nomme pas Les Rencontres Transmusicales pour rien! Ici, on voit, on écoute, on discute, on échange, toujours dans une atmosphère fébrile et conviviale. C’est sans doute pourquoi on retrouve autant de professionnels montréalais aux Trans. Les labels Bonsound et C4, l’imposante délégation du festival de musiques émergentes de Rouyn-Noranda, celle du FIJM et des FrancoFolies de Montréal, Jean-Robert Bisaillon d’Iconoclaste Musique, Cynthia Bellemare de l’émission Baromètre de Canal Vox et un gars du Voir…
Cette trentième édition propose surtout des groupes de partout à travers l’Europe et quelques américains, mais, hélas, très peu de canadiens. En fait, Creature, de Montréal, est le seul groupe canadien à avoir été sélectionné. Et pourtant, ce ne sont pas les bons artistes qui manquent au pays. Assisterons-nous à la consécration de la formation montréalaise comme ce fut le cas pour Champion il y a quelques années? C’est ce qu’on verra très bientôt!
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