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Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
juillet 2009 - Messages
22 juillet 2009, 2:35
SPActaculaire

Didier Wampas et la relève Les 16e Francofolies de Spa ont pris fin tard hier soir et, contrairement à l'année précédente, la pluie n'est pas venue gâcher la fête, ou si peu. Durant ces cinq jours, ce fut une course pour tenter d'en voir le maximum, quelques frustrations quand on nous apprend que le concert qu'on a choisit de manquer au profit d'un autre était excellent, puis des rencontres avec les nombreux artistes et professionnels présents, des afters qui n'en finissent plus, des cocktails à l'heure du déjeuner et des frites et des bières et, surtout, des découvertes à profusion. Car de tous les artistes programmés, je n'en connaissais qu'à peine la moitié.

Les deux derniers jours du festival furent encore une fois fort agréable. De valeurs sures en coups de dés, j'ai eu le plaisir de revoir les Wampas (photo), toujours aussi fous et énergiques, Front 242 dans son fief, Alfa Rococo dans un salon baroque‘n'roll assez rococo merci, Bénabar en grande forme dans un spectacle à l'américaine entouré d'une dizaine de musiciens, Tryo faire groover les milliers de fans rassemblés sur l'esplanade de l'hôtel de ville ou encore Karkwa et Ariane Moffatt qui venait là en défricheur, face à un public qui reste à conquir. Si les premiers, avec leur rock atmosphérique, ont captivés les quelques curieux réunis en plein après-midi sous un soleil de plomb, Ariane Moffatt a tout de même réussie à faire danser la foule vers la toute fin de son concert en soirée. Celle qui venait d'être célébrée solenellement par une délégation québécoise et wallone pour avoir remporté le prix Rapsat-Lelièvre, ne semblait pas trop mal à l'aise lors de cette cérémonie peut-être un peu trop protocolaire pour une fille un peu bohème comme elle.

Cette année fut d'ailleurs exceptionnelle pour les artistes et professionnels québécois qui, selon mes calculs, devaient être environ une soixantaine à Spa. Cela est dû en grande partie au travail entamé depuis plusieurs années par Charles Pirnay et Patricia Van de Weghe, deux spadois installés à Montréal et qui servent en quelque sorte d'antenne au festival et à l'agence Wallonie Bruxelles Musique, agenced a permis aux québécois présents de se rendre sur placed et d'être si bien accueilli. Souhaitons que cela se poursuive les années suivantes.

Donc, après cinq jours de musique, j'ai pu constater que la scène musicale Belge ne manque pas de talents et d'artistes originaux. Si on doit mentionner quelques noms, citons le funk-soul d'Arsenal, le slam métissé de Veence Hanao, l'électro-rock de Soldout, la chanson dramatique de Z, l'alterno de Starving, le ska-reggaer-pop-rock d'Orfeo, la brit-pop de Aim, la chanson classique de Liben, le folk-world beat de XX, la chanson festive de Balimurphy, l'électro-hip-hop funky et jazzy de l'ex Starflam King Lee, le power pop de Atomique Deluxe, le hip-hop de Dope Skwad, l'électro dancfloor des DJ Surfing Leons (aka Forma T), la pop-world classieuse de Wendy Nazaré, la chanson punk festive de Jaune Toujours, le rock-pop-électro de 14 Weeks, la pop sombre de Austin Lace, la nu-rave de The Subs, la chanson délirante de Miam Monster Miam, la chanson rock mi humoristique mi expérimentale de Cédric et les Gervis, la pop psyché 60's du Michel Drucker Expérience, l'indie-rock de Elvis Ghettoblaster, le blues-rock trash  et primal du Experimental Tropic Blues Band, le punk-pop de Malibu Stacy, les délires loufoques des Gauff' et DJ Didjé, le folk-alterno de Coco Royal groupe dans lequelon retrouve le fils du bédéiste Geluck, le rock'n'roll swinguant de Larko, vainqueurs du volet Franc'Off et j'en passe... Vous dire maintenant qui de ses artistes aura la chance de se retrouver sur une scène au Québec dépasse mes compétences...

Le bilan de ces 16e Francofolies semble assez positif selon l'organisation. Hier matin, au début de la dernière journée du festival (la plus chaude et ensoleillée), les Francos de Spa prévoyaient  avoir attiré en tout plus de 180 000 spectacteurs. Un très bon score paraît-il. Tout ça est de bon augure pour l'édition de 2010. Seule ombre au tableau: on s'explique mal le le trop grand nombre d'artistes chantant en anglais au festival. Les artistes d'expression francophones susceptibles d'attires les foules sont-ils si rares? Souhaitons que les Francos de Montréal échappent à cette anglicisation rampante.

crédit photo: Michel Dvorak


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20 juillet 2009, 10:41
SPAsmodique


Quand on est à Spa, il faut absolument se payer une visite aux thermes qui ont rendu cette ville célèbre à travers le monde, après les Francos bien entendu! Ça vous requinque un festivalier et ça permet d'attaquer la suite du programme tout regaillardi. Et en ce troisième jours des Francos, ce programme fut d'abord constitué d'Anaïs. Celle qui nous avait fait craquer avec sa guitare et ses chansons mordantes et pleines d'humour est aujourd'hui entouré d'un vrai band de rock. Le son est donc pas mal plus large et pesant mais ça ne fonctionne pas aussi bien que lorsqu'elle se retrouve seule derrière sa guitare. On dirait que le charme n'opère plus, que la magie est disparue et que malheureusement, malgré une dérision et un second degré toujours bien présent, Anaïs devient un peu comme bien d'autres chanteuses rock-pop: sympa mais banale. Quand à la jolie et talentueuse chanteuse Belge Wendy Nazaré, le peu que j'ai entendu d'elle laissait entrevoir un univers assez similaire à celui de plusieurs chanteuses folk-pop anglophones. On est passé aux choses sérieuses avec Balimurphy qui avait investit la grande scène Pierre-Rapsat, un peu à l'écart du Village Francofou où ont lieu la majorité des concerts. Balimurphy c'est quelque chose qui ressemble pas mal à Louise Attaque, aux Têtes Raides et à plusieurs autres formations issus de la mouvance "chanson festive".  Reste que si on a l'impression d'avoir entendu la même formule plusieurs fois auparavant, le groupe Belge, entouré d'une section de cordes et de cuivres, fait monter la sauce en deux temps trois mouvements. C'est punché, rythmé, intense et entraînant et c'est certain que ça  pourrait fonctionner au Québec une machine comme ça. Une belle découverte! J'ai ensuite succombé à la tentation d'aller écouter Arthur H même si je l'ai vu à maintes reprises et que je le verrai dans quelques semaines à Montréal aux Francos. C'est donc un roi Arthur exubérant et dynamique qu'on a eu le plaisir d'entendre. Le polyvalent musicien, qui peut revêtir toutes sortes d'habits, se la joue plutôt sexy et rock star, un personnage scénique en rapport avec ses récentes musiques, plus groovy, funky et rock.
Suite à sa victoire au concours Les Francouvertes de 2008, le trio La Pathère Rose (notre photo) était invité à ces 16e Francofolies de Spa. Programmé sur une petite scène à l'autre bout du site, La Pathère n'a pas attiré grand monde mais il y avait là des gens importants pour le futur du groupe en Europe francophone. La bande menée par la pétillante Fanny Bloom a fait une forte impression sur la poignée de curieux présents avec ses chansons colorées et explosives.
Comme les choses se suivent mais ne se ressemblent pas dans un festival, je me suis retrouvé assis dans dans la salle du théâtre du Casino de Spa pour entendre Alain Chamfort, chanteur populaire des années 70 qui a effectué un improbable mais salutaire retour dans l'oeil du public en 2003. Dans son spectacle où il mêle musiciens réels et virtuels, le chanteur, qui a travaillé avec Claude François et Serge Gainsbourg, parcours 40 ans de carrière (Manuréva, Adieu mon bébé chanteur, Bambou, Madona Madona...) avec ses deux jeunes musiciens -un guitariste et un bidouilleur- ainsi qu'en compagnie d'invités virtuels, filmés au préalable et qui interviennent ça et là au cours du spectacle. Michel Delpech, Jane Birkin et Vincent Delerm se sont donc retrouvés à Spa, sans le savoir.
Quitte à rester dans le registre variété, pourquoi ne pas bifurquer par la grande scène pour capter la fin du concert de Julien Clerc! Celui que le temps ne semble pas affliger  avait, comme on s'en doutait, gardé ses plus grands succès pour la fin. Ainsi, outre sa version de Travailler c'est trop dur de Zachary Richard, les dizaines de milliers de spectateurs qui s'étaient déplacés pour voir le populaire chanteur ont eu droit aux éternelles chansons que sont Femmes je vous aime, Ma préférence, Ce n'est rien et Mélissa, pour n'en nommer quelques-unes.
Le marathon se poursuit pour deux autres journées... qui risquent d'être assez chargées!

 


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18 juillet 2009, 9:15
SymSPAthique


La deuxième journée des Francofolies de Spa était un peu plus tranquille que la précédente. J'ai moins vu de concert que la veille. D'abord parce qu'il y avait quelques rencontres-cocktails-showcases auxquels on n'échappe pas et qui nous permettent de tisser des liens et parfois faire de belles découvertes, comme ce groupe Belge Été 67, qui est déjà venu jouer à Montréal et qui m'était complètement passé sous le nez. Il n'était pas de la programmation officielle de Spa mais simplement là pour profiter de la forte présence médiatique.
La ronde de spectacles commença donc avec le groupe Belge Suarez, qui sera des FrancoFolies de Montréal prochainement. Un band très jeune, une pop-rock assez bien envoyée et des minois qui plaisent aux gamines. Vint ensuite la fougueuse Pascale Picard, qui est passée aux Francos de Spa en coup de vent mais qui a livré une solide perfo. Cette fille a de l'énergie à revendre et un énorme charisme. Elle est d'un naturel désarmant et sait comment rejoindre la foule, en tout simplicité. Ok, elle ne chante pratiquement qu'en anglais, et ce sont les Francos... mais je n'entrerai pas dans ce genre de débat maintenant. Plus tard, en entrevue pour une émission de télé locale, je l'entendais raconter un peu son concert, sans jamais changer son accent québécois. Le type à côté de moi a dit tout haut qu'il ne comprenait rien de ce qu'elle disait mais moi je me suis passé la réflexion que cette fille est totalement intègre et ne sent pas le besoin de jouer la comédie ou de prendre un petit accent français juste sous prétexte de se faire comprendre par les médias. La preuve: elle rempli ses salles et ses disques se vendent très bien...Puis je suis vite allé jeter un oeil au concert de Kent. En formule solo ou duo, l'ex chanteur de Starshooter a démontré qu'il avait encore cette fougue bien rock, pour ne pas dire punk. Mais j'en ai trop peu vu pour en dire davantage.
C'est en mileiu de soirée, au joli et chic théâtre du Casino, juste après la perfo toute en douceur et volupté de XX, soit la sympathique et talentueuse Séverine Cayron (aussi connue sous le nom de Auryn pour un autre projet) et ses deux musiciens, que nous avons eu droit à Ze concert, celui de Vincent Delerm (notre photo). Quel régal! Un spectacle qui avait pour thématique le 7e art, monté avec finesse et intelligence. Une superbe mise en scène créé majoritairement par Delerm et ses deux musiciens. C'était charmant et inventif, drôle et émouvant et d'une simplicité désarmante. Un bijou de spectacle et malheureusement le dernier que Delerm et ses complices feront ensemble. Les chances que nous puissions voir ce show à Montréal sont donc très minces, d'autant plus que le type a semble-t-il assez peur de l'avion... Mais si mes souvenir sont bons, il a déjà joué au Québec en 2003 pourtant... Quoiqu'il en soit, j'ai dû me forcer à m'arracher de mon siège pour au moins capter les derniers morceaux du légendaire groupe hard-rcok Français Trust. Et comme je le prévoyais, la bande à Bernie Bonvoisin avait gardé ses deux gros hits pour la fin. Si Mesrine était un peu mou, la version d'Antisocial, que la foule attendait avec impatience, était excellente et c'était franchement cool de pouvoir enfin entendre cette chanson, des années après l'avoir découverte.
Ce jour deux des Francos s'est terminée avec le concert "francophone" de Nouvelle Vague. En fait, il n'y a que huit chansons en français dans ce nouveau show de cette formation spécialisée dans les reprises en version bossa nova ou un peu swing acoustique de chansons issues de l'époque punk new-wave de la fin des années 70, début 80 (un genre de Lost Fingers pour branchés quoi!) Des fois ça marche, d'autres fois non car dans une foule de festival grand public comme celui-ci, il y a bien peu de gens qui connaissent Eli & Jacno, Wunderbar, Gun Club, les Dead Kennedys ou les Cramps. Mais leurs trois jolies chanteuses (Camille a déjà fait partie de cette formation) ont tout fait pour faire lever la foule et après maintes tentatives, elles y sont parvenues!
On remet ça demain avec un programme assez chargé avec, entre autres, IAM, Anaïs, Julien Clerc,Emily Loizeau, Arthur H et Alain Chamfort.



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17 juillet 2009, 7:52
1, 2, 3 SPArti!



La 16e édition des Francofolies de Spa a démarré officiellement aujourd'hui, sans la pluie qui était pourtant annoncée. Il faisait même soleil!
Les Francos de Spa, c'est sept scènes disséminées à travers la petite ville Belge. C'est aussi le volet Franc'Off en début d'après midi et les Bars en folie, où 13 groupes ou artistes solos se partagent durant 5 jours les petites scènes de 7 bars de Spa. Le chanteur David Marin est du lot et son premier concert à Spa, bien qu'ayant attiré peu de curieux (l'entrée est gratuite) était suivit par pas mal tous les Montréalais présents.

Le marathon Spa a débuté avec La Casa, groupe français aux chansons mélancoliques, une pop mature, ponctuée de cuivres, avec des influences rappelant Calexico, Noir Désir et un peu l'univers de Bonjour Brumaire. Sans être à couper le souffle, leur musique invite au voyage mais manque un peu de tonus. Puis ce fut la formation Belge Arsenal, groupe chantant autant en anglais qu'en espagnol et un peu en français, à tendance soul, jazz, rock, avec une multitude de musiciens et qu'on pourrait comparer à Zita Swoon, un autre groupe belge qu'on a déjà pu voir à Montréal à quelques reprises, et à Bran Van 3000 pour le groove. Au même moment, à l'autre bout du site, on retrouvait les chansons torturées de Z, un Bruxellois très inspiré par la grande chanson française à laquelle il ajoute un soupçon de rock dramatico-progressif, à grand renfort de cordes et de claviers.
Au fur et à mesure que la journée avançait, le site se remplissait à vue d'oeil de festivaliers. Plusieurs furent donc présents pour assister à la perfo de l'étonnant Veence Hanao, qui pourrait être classé dans le registre slam mais ce serait bien trop réducteur car Veence -et son complice aux guitares- inventent des rythmes et des sons audacieux et originaux qui ont très peu à voir avec l'univers du slam ou du hip-hop.
Et y'a eu Saule. La surprise de la journée. Le chanteur belge a peut-être pris quelques livres en plus depuis qu'on l'a vu à Montréal dans le cadre du Coup de coeur francophone, mais il a aussi pris de l'assurance. Saule habite maintenant complètement la scène. Appuyé par ses Pleureurs, un groupe polyvalent et dynamique, qui inclut le guitariste Seb Martel (M, Camille, Emily Loizeau) qui a réalisé Western, le dernier album de Saule (mixé par Olivier Lude, qui lui aussi bosse avec M), c'est justement à M qu'on pensait en écoutant le chanteur et guitariste. Mais Saule n'est pas une copie de M. Oui, il y a des similitudes, sauf que Saule a son truc bien à lui. Il est allumé, à l'aise, possède une belle énergie, a du charisme à revendre et une certaine simplicité. Il ne faudra pas rater son passage aux prochaines FrancoFolies de Montréal! Un show solide et divertissant. Bonheur assuré!
Vous connaissez Jeronimo. Il est venu souvent à Montréal, il est même tombé en amour, s'est pris une claque, a fait un disque inspiré par une histoire d'amour avec qui a mal tourné. Il avait la haine, il l'a toujours. Jeronimo rentre dedans avec un rock agressif, enlevé, bruyant et sombre.

À Spa, la majorité des concerts ont lieu à l'extérieur, mais quelques-uns se déroulent en salle, notamment au Casino, le plus vieux d'Europe semble-t-il. C'est là qu'a eu lieu le coup d'envoi du festival dès midi aujourd'hui, avec le maire et des agriculteurs en colère... Don't ask... C'est un endroit comme vous pouvez l'imaginer. Baroque, rococo. Tiens, c'est justement là que vont jouer les Alfa Rococo. Dans un grand salon bleu, aux portes énormes, des miroirs partout, des superbes moulures... C'est aussi là que j'ai pu voir la jeune chanteuse Luciole. Française, inspirée par les Grandes que sont Piaf, Barbara, Gréco, mais sans la théâtralité, sans la fougue et la passion. Oui, la fille a du culot d'oser chanter seule sur sène -pour une seule pièce- ou autrement accompagnée de deux musiciens en formule intimiste, mais elle a du travaille à faire, de l'assurance à prendre et perdre cette naïveté qui rend ses chansons un peu mièvres et banales, très intello parisien, si vous voyez ce que je veux dire...
De retour sur le site, c'était noir de monde pour le show de Martin Solveig. Le bidouilleur/DJ/chanteur français était entouré d'un groupe solide et hyper groovy et d'un chanteur de NY, un black super  pro dont j'arrive pas à trouver le nom... disons que c'est le cousin de James Brown. Il y est pour beaucoup. Mais quelle foule! Complètement folle, le gros délire au point où il était impossible de circuler. On voit rarement ce genre de délire collectif au Québec... La soirée s'est terminée avec le duo électro Soldout, qui pourrait être la version belge des Yeah Yeah Yeahs, en plus synthétique mais avec plus de rythme aussi. Bon, il y avait bien les éternels DJ en club en fin de soirée, mais à quoi bon en parler.
On remet ça demain. Au menu: Pascale Picard, Starving, Suarez, Kent, Vincent Delerm et Trust! Antisociaaaal!
 


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16 juillet 2009, 7:32
Spa mal du tout!



L'édition 2009 des Francofolies de Spa, en Belgique, va commencer demain. Jusqu'au 21 juillet, plus de 150 artistes se partageront les 7 ou 8 scènes disséminées ça et là dans la petite ville réputée aussi pour ses sources thermales. Si en temps normal quelques 10 500 personnes vivent ici, Spa compte en accueillir au moins dix fois plus durant ces 5 jours de festivités.
De tous ces artistes, il y a évidemment une belle délégation québécoise avec Ariane Moffatt, Alpha Rococo, David Marin, La Patère Rose, Daniel Lavoie, Karkwa et Pascale Picard. Il y a aussi quelques artistes européens qui seront ensuite aux Francos de Montréal ainsi qu'un tas d'autres -belges surtout- dont on n'a jamais entendu parler et qu'on tâchera de découvrir. De tout pour tous, jeunes et vieux, plus classiques ou plus barrés. Il y aura certainement de belles surprises dans le lot. Je serai donc à l'affut et vous ferai vivre ses 16e Francofolies de Spa au jour le jour, avec les coups de coeurs, les coups de gueules et tout le reste (incluant les jeux de mots poches avec Spa)! 

 


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11 juillet 2009, 4:40
Petite Vallée m'a avalé


La 27e édition du Festival en Chanson de Petite-Vallée s'est terminée dimanche au petit matin mais c'est seulement aujourd'hui que j'en parle... Vieux motard que jamais comme dirait Paul Sarrasin... En fait, c'est que suivre ce festival à l'autre bout du Québec, niché dans un tout petit village de Gaspésie (ou deux pour être plus précis puisque la moitié des concerts se déroule aussi à Grande-Vallée, qui n'a de grand que le nom) et auquel assiste plus de 5000 personnes, c'est évidemment se coucher tard et se lever tôt, faire la fête et tenter de travailler malgré tout ça. Vous me direz que c'est la même chose avec tous les festivals et vous aurez presque raison puisque celui-ci à un petit côté familial ou communal que les autres événements, en général beaucoup plus gros, n'ont pas. Là-bas, après les concerts, tout le monde se retrouve au café du théâtre de la Vieille Forge et c'est reparti jusqu'à l'aube. Bon, l'aube en Gaspésie, c'est vers 3h30. À cette heure, il fait jour. Le soleil se couche d'un côté du fleuve (on peut parler de l'océan finalement) et se lève de l'autre. Si vous restez assis face au fleuve à bavarder de 21h à 3h, et bien vous avez droit au bonsoir et au bonjour du soleil (quand il fait soleil évidemment). Et si on ne se retrouve pas au théâtre de la Vieille Forge, c'est qu'on est tous assis sur le balcon d'une vieille maison -la plus vieille de Grande-Vallée, à rire et à chanter avec la gang de journalistes montréalais qui l'habitent.
En effet, depuis trois ans, la toujours dévouée Lise Raymond, relationniste de presse hors pairs, amène avec elle en van une bande de journalistes montréalais afin de couvrir ce sympathique festival. Cette année, nous étions neuf à s'y rendre, entassés dans la van pendant onze heure et dans cette vieille maison pendant quatre jours. Je vous passe les détails...
Résultat? J'ai chopé un sacré rhume au retour, d'où le délais pour vous causer de cette 27e édition du Festival en Chanson. Alors voilà: du 26 juin au 4 juillet, l'événement proposait encore une fois une formule "résidence-camp de vacance-séminaire-concert" bien à lui. Sauf que cette année, on ne parlait plus de "concours". Désormais, les 8 artistes "chansonneurs", comme on les appelle ici, n'ont plus à se mettre dans un esprit de compétition. Oui, il y a des prix qui sont décernés autant par le public que par un jury, mais ceux qui ont été retenus parmi les quelques 225 candidats, on parle d'une trentaine avec les Chansonneurs, les compositeurs, les paroliers et les artistes en résidence, travaillent tous dans le même sens, encadrés par des musiciens établis et reconnus, dont Pierre Flynn, Andréanne Alain, Michel Faubert, Marie-Claire Séguin et Edgar Bori.
Et vous savez quoi? L'élimination du volet concours faisait vraiment une grosse différence. Comme l'expliquaient les toujours forts sympathiques Alan Côté (directeur général et artistique du festival) et Nelson Minville (indispensable complice du festival), qu'il n'y ait plus de concours amène d'autres types d'artistes, plus vieux et plus matures et qui ne cherchent pas nécessairement à devenir des vedettes mais plutôt à développer leur potentiel artistique, ou tout simplement... chanter! Le Festival cherche des artistes qui sont là pour les bonnes raisons. Et cette année, il y en avait plus que d'habitude.
D'une édition à l'autre, le festival rend hommage à un Passeur, soit un artiste québécois qui a marqué son époque. Ce coup-ci, ce fut au tour de Paul Piché d'être célébré. Un appel au loin qui a été entendu puisque le chanteur avait pour lui un public entièrement conquis et attentif, un public d'amoureux de la Chanson, c'est à dire presque toute la région au complet. Parce que dans cette partie du Québec, c'est à la culture qu'on se nourrit. La légende veut même que ce soit des comédiens d'une troupe de théâtre qui échouèrent sur la rive et qui furent les premiers habitants de Petite et Grande-Vallée...
Bref, outre le Passeur Piché et ses amis Dan Boucher, Michel Rivard (le Passeur de 2008), Luce Dufault et bien d'autres qui sont venus lui rendre hommage, Zébulon, Catherine Durant, Skarazula, Geneviève Toupin, Red She Said, Thomas Hellman et le génial chanteur français Romain Didier (une plume fantastique!), étaient eux aussi de la programmation. Et tout ça était animé avec humour et simplicité  par Monique Giroux et Pierre Verville.
Chez les Chansonneurs, c'est l'imposant Bernard Adamus, dit Le révérend, qui s'est fait remarqué en remportant plusieurs prix. Bernard Adamus, c'est une dégaine atypique, un look particulier et des chansons qui vont avec le personnage. On parle donc de racines folk, blues, country, d'un style proche de celui de Fred Fortin et de Dany Placard par exemple. Surveillez son passage en concert extérieur aux prochaines Francos.Parmis les autres Chansonneurs qui se sont fait remarquer, mentionnons Stéphane Robitaille, qui n'est pas parent avec un Damien du même nom mais qui partage un peu le même univers. Son style légèrement maladroit, son ironie, son humour un brin cynique lui ont permis de remporter le Prix du public, ce qui en dit long. Signalons aussi l'intense Katia Rock, qui mélange textes francos et innus, ainsi que Isabelle A. Dupont, une fille àa la voix puissante, totalement habitée par sa musique.
Lors de la dernièere soirée, c'était la fête à Tibass, ou Jean-Sébastien Fournier pour le facteur du coin, multi-instrumentiste, arrangeur et chef d'orchestre qui a prêté son immense talent à nombre de chanteurs québécois. Ainsi, pour ses 25 ans de bons et loyaux services, plusieurs artistes sont venus le saluer, lui rendre hommage, dont sa soeur Marie-Pierre Fournier/Arthur. Un chouette concert, sympa, émouvant, où la famille au complet était aussi conviée sur scène. En voyant tout cela, on ne peut qu'être émerveillé par le bassin de talent dans cette région. Ici, pratiquement tout le monde joue de la musique. Remarquez, il n'y a pas grand chose d'autre à faire par là en dehors des activités de plein air et boire. Et de tous ces gens, certains sont devenus populaires, comme Tibass et sa soeur, Nelson Minville et Manuel Brault.
Ainsi, le festival de Petie-Vallée est quasiment une nécéssité pour ce coin de pays. Au fil des années, l'événement est devenu un incontournable et un chouchou des médias. Un festival destiné à la chanson québécoise, et française jusqu'à un certain point. On pourrait critiquer le manque d'ouverture à différents courants musicaux contemporains, mais ce serait passer à côté de l'essentiel, soit la réelle passion pour la Musique qui anime cette région sauvage et isolée.

 


Patrick Baillargeon
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