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Myriam Beaudoin pénètre un univers explosif, surtout depuis le raid d'Israël au Liban. C'est sur la pointe des pieds qu'elle va à la rencontre des Hassidim de Montréal, des Juifs dévots qui ont formé en Ukraine un groupement facilement repérable par les goyim (non juifs) à cause des oripeaux qui les caractérisent. Cachés dans leurs maisons de brique rouge du quartier Outremont, ils appliquent avec zèle les lois de la Torah. Vivant en reclus comme les Amish, les enfants fréquentent des écoles qui relèvent de leur communauté comme les médias ont fait récemment état. Par contre, on embauche des goyas (non juives) pour que seules les fillettes du primaire apprennent le français. À la puberté, elles se consacrent entièrement à l'apprentissage de leur rôle de future épouse. L'héroïne dispense son enseignement dans ce contexte, en tenant compte aussi des sujets interdits et des normes vestimentaires qui prohibent « les blouses sans manches, les jupes au-dessus du genou, les pantalons, les tissus qui brillent, les coupes ajustées ». Malgré le cadre rigide dans lequel cette institutrice évolue, elle parvient à décrocher l'admiration de ses élèves et, en particulier, celle de Hadessa. Cette oeuvre est en fait le récit d'une belle amitié, mais interdite entre une petite hassid et une goya. En parallèle, l'auteure évoque l'histoire d'une femme hassidique mariée, attirée par un commis d'épicerie d'origine polonaise. En quelque sorte, on sent que les femmes de cette communauté montrent une ouverture d'esprit plus apte que les hommes pour briser le cercle vicieux du choc culturel, surtout si l'on se fie à l'intérêt des enfants pour les livres de la bibliothèque publique que leur apporte l'héroïne. Avec une écriture économe de mots et hachurée qui rappelle les paroles des chansons rap, l'auteure offre un outil de rapprochement comme Éliette Abécassis avec La Répudiée.
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