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« Un jour à la fois, Oh mon Dieu, aide-moi à croire à ce que je peux être, à ce que je suis. Montre-moi le chemin pour progresser. » La chanson d’André Breton interprétée par Renée Martel résume très bien le roman de Julie Gravel-Richard. Le titre semble réserver le roman aux initiés de la culture antique de la Grèce. Que l’on se détrompe, il ne s’agit pas d’un essai romancé. Enthéos raconte l’année scolaire d’un Montréalais, qui prépare un doctorat sur L’Apocalypse de saint Jean à l’université Laval de Québec. Naguère en théologie, il s’est tourné vers la littérature après avoir perdu la foi à la suite de la mort tragique de son frère jumeau, dont il se sent responsable. Cette fatalité n’ajoute qu’à son tourment déjà engendré par le sens à donner à l’aventure humaine. En somme, il nage en eaux troubles, mais un ange, dont l’étymologie grecque signifie messager, lui indiquera « le chemin pour progresser » vers la lumière. Son professeur Elsa, dont il est amoureux, rallumera son enthéos, la bougie divine, qui sauvera son âme de la mort. Ce roman métaphysique se définit comme une œuvre de transcendance. L’auteure, en excellent professeur, s’est servi de sa pédagogie pour transformer son roman en initiation simple de la culture qui nous porte. Mais les lecteurs rompus aux discours fondateurs de la culture occidentale seront déçus par le volet amoureux, qui bat au rythme de la chanson de Renée Martel et du roman de gare. En fait, c’est le chaste balbutiement de l’apprenti(e) qui s’essaierait à l’art romanesque sans déplaire à son directeur spirituel. Le Pendu de Trempes d’Andrée A. Michaud, Le Maître de jeu de Sergio Kokis ou Au-delà des visages d’André Giroux demeurent les références littéraires par excellence pour les fans de la métaphysique.
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