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Un poulet ne doit pas s'immiscer dans une querelle qui oppose deux couteaux, sinon il risque fort de se faire trancher le cou.
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Après avoir écrit le succès que fut Louis 19 (en effet, le film a été vendu aux Américains!!!), voilà qu'Émile Gaudreault réitère (il réussira probablement à vendre également le scénario au pays de l'Oncle Sam) avec une comédie mettant en vedette Louis-José Houde et Michel Côté dans un duo de flics père-fils.
Ancien membre du Groupe Sanguin, il fait un débordement dans le cinéma anglophone avec Mambo Italiano et Surviving my Mother et écrit le très mauvais Idole Instantanée. Il semble prendre goût à donner des premiers premiers (!!!) rôles à des humoristes (Morency dans Nuit de Noces, Claudine Mercier dans Idole Instantanée) et le fait à nouveau avec l'humoriste de l'heure (des cinq dernières années?!?).
Pour s'approcher de l'avocat des criminels qui ont pris en otage l'un de leur collègue, les policiers doivent s'inscrire à un camp permettant le rapprochement familial. Le père est un vétéran du corps policier avec une solide réputation et trouve que son fils «manque de viande». Ainsi, l'excursion servira également à la thérapie.
Pas que je n'aime pas Louis-José Houde, mais j'avais la crainte que le film tourne uniquement autour de l'humoriste et que le personnage de scène dénature la comédie. Heureusement, le réalisateur réussit également à mettre l'accent sur les autres et offre à tous des dialogues parfois drôles, parfois mordants, parfois touchants (moins souvent tout de même!). D'ailleurs, certains personnages secondaires tels que ceux de Partick Drolet, Rémy Girard et Robin Aubert attirent l'attention. Toutefois, que Michel Côté et Caroline Dhavenas soient efficaces ne nous surprend guère, mais que Louis-José Houde joue dans la subtilité est un choc auquel je ne m'attendais pas du tout. Sobre et talentueux, Houde nous prouve que, contrairement aux autres humoristes cités plus haut, son incursion dans le monde du cinéma ne sera pas de courte durée.
Le but du film est simple: divertir. Que ceux qui cherchent plus passent leur chemin et aillent voir le long-métrage de Xavier Dolan, J'ai tué ma mère. Évidemment, nous faisons parfois face à des blagues simplistes, mais tel est le but d'un film d'été et à ce niveau, Gaudreault touche la cible en plein centre. C'est léger, agréable et sans prétention... une bonne dose de fraîcheur.
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Cigarettes magiques
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Depuis la sortie des très bons Knocked Up et Superbad, rarement je manque une nouvelle sortie de la bande de la série Freaks and Geeks. Même Walk Hard : The Dewey Cox Story et Talladega Nights m’ont fait rire et, j’avoue, leur humour vulgaire et infantile me plaît énormément. Les grossièretés et les malaises présentés dans leurs films réussissent à toucher une corde sensible chez moi, contrairement à tous les films idiots d’Adam Sandler et sa bande (!!!).
J’ai toutefois attendu patiemment la sortie en DVD de Pineapple Express, car le sujet me semblait éculé et désuet: la consommation de drogue, et particulièrement de marijuana, ne propose rien de neuf ayant été développé au cinéma d’humour un peu trop souvent, que l’on pense à Cheech et Chong ou encore Next Friday.
Je m’attendais toutefois à avoir droit à de bonnes blagues bien grasses lancées de la voix de baryton de Seth Rogen et des situations particulièrement malaisantes. Malheureusement, c’est probablement un des films les plus ratés de la famille! C’est tout simplement un mauvais remake de Cheech et Chong!
Fumant tranquillement un pétard, Dale est témoin d’un meurtre. Sous le stress, il jette son joint par la fenêtre de sa voiture, seul élément qui peut le rattacher à l’événement. Cependant, il est rempli de cette rare variété de pot appelée Pineapple Express. Il devra donc s’éclipser, avec son nouveau revendeur, afin d’éviter d’être éliminés par les tueurs.
Pas très efficaces, les gags tombent souvent à plat. On ne réussit jamais prendre un rythme dans les blagues et, sauf ces quelques rires sans éclat, elles restent répétitives et ennuyeuses. De plus, Rogen joue encore ce même personnage d’idiot irresponsable qui lui sied bien, mais rien dans ce film ne justifie cette inconscience nécessaire dans Knocked Up.
De plus, James Franco (Tristan and Isolde et Spiderman) est particulièrement terne dans son rôle de revendeur toujours gelé et les situations créées demeurent peu originales et particulièrement stupides.
Réalisé par David Gordon Green (???) et écrit par Apatow et Rogen principalement (c’est ce qui nous surprend!), je m’attendais à rire aux éclats, comme je l’ai fait dans Superbad ou même Forgetting Sarah Marshall… Dans la création et l’humour, il y a parfois des ratés et c’est le cas pour ce film. Dommage.
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La petite vengeance d'un comptable sans histoire
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L'équipe formée du réalisateur Jean-François Pouliot et du scénariste Ken Scott qui nous avait offert «La grande séduction», nous revient cette fois avec une petite vengeance. Après un court intermède où Scott a scénarisé Maurice Richard, ils ne pouvaient faire autrement que se retrouver à nouveau après leur succès surprise de l'été 2003. Cette petite vengeance est celle de Bernard (Marc Béland), comptable à la bijouterie Vendôme dont la vie a été gâchée par un patron manipulateur et sans remords qui pratique la torture psychologique. Après sa rencontre avec Robert (Michel Muller) qui a, lui aussi, été comptable dans cette même bijouterie, Bernard s'ouvre les yeux sur LA cause de son divorce et de ses malheurs. À deux, ils développeront un plan pour un vol audacieux, mais également faire souffrir la source de leurs difficultés. Ken Scott a un réel talent de scénariste et des idées définitivement originales. Cette histoire ne fait pas exception, mais elle arrive après les énormes attentes créées par sa séduction. Son guide est une comédie noire classique, un genre peu vu au Québec, mais souffre parfois de graves incohérences et de gestes inexplicables. De plus, leur vengeance n'est pas assez jouissive et peut-être un peu trop simpliste. De plus, le personnage du patron aurait mérité qu'on s'y attarde plus (excellent Gabriel Gascon) pour mieux comprendre la souffrance qu'il fait subir à ses employés. La grande surprise est ce premier rôle d'importance offert à Marc Béland (que l'on a vu dans le rôle de Renaud dans «Annie et ses hommes») lui qui a l'habitude des rôles secondaires. Il s'en tire correctement, mais manque de charisme pour tenir un film sur ses épaules. La présence de l'acteur français Muller est également surprenante, lui qui offre une excellente performance, mais qui offre encore son classique personnage de bouffon naïf blessé par la vie... reste qu'il est toujours aussi sympathique. Pascale Buissière, pour sa part, défend bien (comme à son habitude) le petit rôle de l'ex de Bernard. La réalisation, quoiqu'efficace, est quelque peu répétitive et la narration de Bernard me semblait peu nécessaire. On fait toutefois face à un film agréable, sans véritable longueur qui aurait eu avantage à comporter des explications à des situations parfois un peu trop invraisemblables.
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La différence
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Alors que l'adolescence est un période difficile pour plusieurs jeune, Ben, en plus, est frappé par une affection qui le rend différent. L'autisme. Ou plus précisément le syndrome d'Asperger. Il vit dans son propre univers, où il joue à des jeux vidéos, essayant de traverser l'épaisse barrière qui le sépare des autres. Son ordinateur est sa porte d'entrée vers un monde qui le rend heureux. Filmé dans une position humiliante et extrait propagé par voie électronique, Ben songe au suicide jusqu'à ce que surgisse dans sa vie cette fille, héroïne de son jeu, qui l'aidera dans sa quête du bonheur et régler le problème d'intimidation dont il est victime.
Premier film de Nic Balthazar inspiré d'un fait divers où un autiste se suicide après avoir subi de constantes agressions et adapté de son propre roman, le réalisateur réussit, sans l'aide d'un grand budget, à nous offrir un film efficace et plutôt bien ficelé. Mettant l'accent sur un montage nerveux, le but est évidemment de rejoindre les jeunes et de poser un regard sur la solitude engendrée par l'informatique et sur une réalité sociale difficile. Il réussit à intéresser en mettant en parallèle la vie de l'adolescent et sa perception à-travers des scènes de son jeu vidéo. Le souffre-douleur est efficacement interprété par Greg Timmermans et est flanqué de plusieurs personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Avec sa musique électronique et son propos, il est évident que le film a des ambitions commerciales, raflant d'ailleurs trois prix, dont celui du public, au dernier Festival des films du monde de Montréal. Malgré tout, il manque quelque chose pour que la recette prenne parfaitement. Peut-être est-ce cette fin maintes fois utilisée? Malgré tout, le réalisateur nous montre un talent certain à faire beaucoup avec peu et le discours reste actuel. Malgré les faiblesses, c'est à voir.
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Sang noir
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Paul Thomas Anderson (Magnolia, Boogie Nights) s'attaque au début du siècle américain où tout est à faire, tout est à découvrir. En Californie du Sud, un homme ayant fait sa fortune dans la prospection du pétrole se rend dans une communauté de fanatiques religieux pour extraire l'or noir de leurs terres. Confronté aux nombreuses difficultés et aux dangers de ce travail, accompagné de son jeune fils, il devra subir les pressions du village, mais surtout celles du révérend. Coulés dans un même moule, ambitieux et cherchant le pouvoir, la tension entre ces deux hommes sera grande. Inspiré du roman de Upton Sinclair, c'est l'histoire de la montée d'un homme et de sa déchéance, celle d'une vie marquée par les difficultés amplifiées par la cupidité. L'histoire d'une époque, la ruée de l'or noir, à-travers un seul homme. Anderson est un grand réalisateur et il le prouve dans ce magnifique film dont les images et le rythme se confondent pour former une grande valse dure et poussiéreuse. Une réalisation sans faille qui nous entraîne dans une épopée extraordinaire, un western dont la profondeur et l'intelligence bouleversent. Évidemment, ce genre de film ne plaît pas à tous. Malgré sa beauté, j'ai parfois trouvé le film long par moments. Mais la splendeur de ses paysages désertiques, loin de toute civilisation, ces hommes tachés de l'huile, ces regards désespérés rachètent ces scènes parfois interminables. Toutefois, la perfection est ici atteinte par la performance de Daniel Day-Lewis, l'homme qui n'offre que des performances extraordinaires et qui, ici, dépasse encore les attentes. Un homme dur, torturé, parfois tendre déchiré par ses propres démons, un personnage à la hauteur de l'acteur qui réussit à rendre merveilleusement l'âme du prospecteur. Avec ce rôle Day-Lewis rajoutera certainement un Oscar à côté du précédent sur l'âtre de son foyer. Un très beau film qui permet au réalisateur de prouver son immense talent
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L'homme est l'animal le plus dangereux
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À la fin des années 60, un tueur en série sévit en Californie. Plutôt provocateur, il envoyait lettres et missives codées aux journaux de la région, communiquait avec les journalistes et terrorisait la population tant pour ses meurtres gratuits que pour ses menaces. On sait peu de choses sur cet assassin, ni sa véritable identité, ni le nombre exact de victimes... et le film tente simplement de retracer les événements depuis le début des meurtres. Inspiré du livre de Robert Graysmith, le bédéiste qui fut impliqué un peu malgré lui dans toute cette histoire, lui qui n'était que bédéiste au San Francisco Chronicle alors que le Zodiac sévissait. Il est ensuite devenu un spécialiste du cas, a écrit plusieurs livres et est interprété par Jake Gyllenhaal dans le film. C'est ce qui est intéressant dans le film: nous sommes loin des thrillers policiers qui tentent de cerner un tueur par tous les moyens poosibles. Nous faisons face à des policiers démunis, des guerres de tranchées politiques, de simples journalistes et tout est construit dans l'optique de suivre la réflexion de toutes les personnes impliquées. Film de David Fincher, le réalisateur de l'excellent Seven, le film met en scène un brochette d'excellents acteurs dont les plus importants sont Gyllenhaal, Robert Downey Jr. (méconnaissable et très bon) et Mark Ruffalo. Le long-métrage se déroule dans les années 70 et il fait bon de revoir les pantalons moulants et les habits carreautés, tout cela dans des situations sérieuses. Un peu à la manière du Négociateur. Le réalisateur réussit à garder l'intérêt du spectateur, sans action véritable, simplement en décrivant une série d'événements. Reste que c'est un peu long par moment, mais c'est surprenant et plutôt bien tourné... le Zodiac est un tueur en série fascinant, certainement le premier à profiter des médias à ce point... sans jamais se faire prendre!
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La peau sur les os
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N'ayant trouvé de producteurs américains, le réalisateur Brad Anderson (Session 9) s'est tourné vers l'Espagne pour recevoir les montants nécessaires. Tourné en anglais, ce film est l'histoire d'un homme, Trevor Reznik, machiniste dans une usine, victime d'hallucinations. Suite à un accident dont il est responsable, sa vie prendra un tournant qui le tirera vers un abîme paranoïaque. N'ayant que la peau et les os, insomniaque depuis un an, il fait la navette entre une prostituée (Jennifer Jason Leigh) et la jolie serveur du restaurant de l'aéroport (Aitana Sánchez-Gijón).
Malgré des ambiances lourdes et parfois glauques, un malaise constant, un suspense bien tourné et un scénario plutôt intéressant, le film restera gravé dans l'histoire cinématographique pour l'extraordinaire transformation physique de Christian Bale. Certainement l'un des meilleurs acteurs de sa génération, Bale a jeûné pendant 6 mois pour adopter cette silhouette squelettique si impressionnante. Plus frappant que les kilos en trop de De Niro dans Raging Bull, il est fantômatique dans ce personnage schizophrène et énigmatique.
Crevant l'écran de ses joues et yeux creux, respirant la douleur d'un personnage instable, plutôt obsessif-compulsif, Bale aura réussi à atteindre l'inimaginable rêve de tout réalisateur, celui de trouver l'acteur qui se donnera corps (surtout!) et âme pour un rôle. Avec 63 livres en moins après American Psycho où il a quelques livres en trop et avant Batman Begins où il a pris du muscle, Bale a fait subir un traumatisme certain à son corps pour en arriver à ses fins.
pour sa part, la réalisation efficace de Anderson, un peu à la David Lynch, est touttefois effacée par la performance. Malheureusement, la fin un peu trop simpliste (quoique courte) gâche quelque peu la sauce qui, jusqu'à ce moment, prenait bien. À voir!
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Moralité douteuse dans les banlieues de Boston
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Première réalisation de Ben Affleck, il s'attaque à une grande pointure de la littérature américaine, l'auteur Dennis Lehane, le même qui avait permis à Clint Eastwood de rafler plusieurs nominations aux Oscars de 2004. Les attentes sont donc grandes et les comparaisons nombreuses.
Se déroulant dans la basse-ville de Boston, Affleck a cherché à mettre en scène les habitants de la place. Contre des boissons alcoolisées, il a réussi à présenter sur grand écran la pauvre réalité (et un peu pathétique, avouons-le) de la banlieue bostonienne.
Mettant en vedette son frère Casey Affleck, ce drame policier un peu touffu nous rappelle vaguement l'histoire de Cédrika Provencher disparue dans des circonstances similaires. En effet, introuvable (et probablement kidnappée), les parents ayant usé de la force médiatique, on approche une jeune couple de détectives (Affleck et Michelle Monaghan) pour qu'ils solutionnent le cas. Avec l'aide d'un chef de police (Morgan Freeman) et de deux détectives (Ed Harris et John Ashton), ils tenteront, après hésitation, de résoudre l'affaire. Toutefois, une deuxième disparition aura lieu et chacun des personnages deviendra un suspect potentiel.
Harris et Freeman sont égaux à eux-mêmes et présentent des personnages tout à fait crédibles. Pour sa part, Affleck ne semble pas à sa place et sa figure de jeune premier ne lui permet pas d'être vraisemblable dans ce rôle de détective né dans les banlieues pauvres de Boston, aussi à l'aide avec le crime organisé... même chose pour Monaghan, quoique plus plausible.
Ben atteint la cible avec cette première réalisation qui ne sera certainement pas la dernière. Malgré les quelques erreurs et un film un peu trop dense (il aurait eu avantage à épurer le scénario davantage), reste que l'esprit de Mystic River demeure vivant. Sauf cette fin à la morale douteuse (est-ce véritablement un choix?), on réussit à transporter le spectateur dans un drame policier dans les ruelles de Boston.
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Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute
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Une maison hantée dans un coin perdu, un meurtre non résolu, des attaques d'oiseaux, un enfant qui aperçoit des revenants, des bruits de pas et de chaînes... original pour un film d'horreur n'est-ce pas? Jamais nous n'aurions cru que des scénaristes puissent être aussi étonnants... de banalités.
Partie de Chicago pour s'installer dans le Dakota du Nord, une petite famille vivant des moments difficiles décide de faire pousser des tournesols pour partager à nouveau des moments familiaux. Peu encline à venir s'isoler dans ce trou, l'adolescente sera témoin, tout comme son petit frère, d'événements étranges. Bruits de pas, déplacements d'objets, images terrifiantes, cadavres putréfiés, enfin tout ce que doit contenir une maison hantée...
De plus, la maison est contamment attaquée par les corbeaux, lointains cousins des oiseaux de Hitchcock. Aidée par John, on se demande si la petite famille viendra à bout de toutes leurs difficultés... non, pas tant que ça!
Surtout que la mise en situation est plutôt ridicule. Un père fauché achète une vieille ferme (qu'il pourrait revendre immédiatement avec un profit!) dans le but d'aider sa fille à régler ses problèmes, elle qui a fait un accident alors qu'elle avait bu. Depuis ce temps, son petit mongol de frère (qui voit des personnages plutôt effrayants et qui s'amuse avec eux) a cessé de parler. Pénible.
La cave se transforme, les visions se déplacent en mouvements saccadés et s'inspire de la petite fille de The Exorcist (n'oublions pas que ce film date des années 70 et est encore copié). Ennuyeux.
On fait quelques sauts, quoique l'on sait très bien qu'ils viendront et on se demande même si ce n'est pas un quelconque hoquet qui cause ces bonds. Les acteurs sont respectables (que peuvent-ils faire de plus?) et les frères Pang ratent leur entrée à Hollywood. Malgré tout, on leur donnera d'autres contrats, car l'Amérique adolescente raffole de ces petits films d'horreur plutôt mauvais!
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La chute de l'empire
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Alors que les critiques ont offert un accueil plutôt indifférent (quoiqu'ayant reçu plusieurs bons mots), le récent film de Mel Gibson, m'a fait voyagé. Se déroulant dans la péninsule du Yucatán avant l'arrivée des Espagnols, le film présente le déclin de la grande civilisation maya. Accablés par les fléaux, ils tenteront de satisfaire la soif des Dieux par le sang humain. Enlevé par des guerriers qui le mèneront, lui et son village, vers la cité où les plus chanceux deviendront esclaves, il devra retourner sauver sa femme et son fils déposés dans un chultun (puits maya).
Alors que plusieurs se sont arrêtés à la violence dépeinte dans le film, aux détails anachroniques, à la critique anthropologique de la société maya, il faut prendre le film comme un voyage dans le temps. Comme un regard sur une société avancée disparue. Ce côté voyeur nous permet d'apprécier un film d'un grand réalisateur à qui les projets à grand déploiement n'ont jamais fait peur.
Fidèle à ses habitudes, le réalisateur de Braveheart et The Passion of the Christ nous offre de magnifiques scènes tournées dans la jungle mexicaine dans une langue, le yucatèque (encore parlée), où les actions restent plus importante que le dialogue.
De superbes images, un voyage dans le Mexique maya, une histoire simpliste, mais qui n'est qu'accessoire à la découverte d'une civilisation fascinante. Une fable qui démontre que la chute d'un empire se fait de l'intérieur, une allégorie à la future société occidentale.
Même si la fin devient quelque peu redondante avec cette poursuite dans le feuillage mexicain, reste qu'un bon film doit pouvoir transporter le spectateur, lui faire découvrir de nouvelles choses et sur ce point Gibson prouve qu'il est un excellent réalisateur.
Un très bon film, une extraordinaire surprise et un excellent moment de cinéma.
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La fin justifie les moyens
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Nitro se voulait un film d'action, il est plutôt une pâle copie de The Fast and The Furious... sans le budget! Au lieu, on nous offre une simili-morale, une réflexion sur le don d'organe et les choix déchirants que l'on doit parfois faire pour sauver les gens que l'on aime... assez de sujets qui n'ont pas leur place dans un tel film.
Réalisé par Alain Desrochers, celui qui nous avait présenté la sympathique Bouteille tente de reprendre où Bon Cop, Bad Cop a laissé, c'est-à-dire utiliser la recette américaine et s'en accaparer pour attirer les Québécois dans les salles de cinéma... malheureusement, l'humour n'est pas au rendez-vous.
Le personnage principal, Max, dont la femme est sur le point de mourir dû à une défaillance cardiaque, part à la recherche d'un coeur après une attente trop longue à son goût sur la liste des futurs greffés. Campé par Guillaume Lemay-Thivierge, nouvelle coqueluche du cinéma et de la télévision québécois, il est flanqué de Lucie Laurier, la superbe Morgane. Avec son aide, après avoir amassé une cagnotte grâce aux courses de voiture, il trouvera des moyens plus ou moins honnêtes pour parvenir à ses fins.
Le film ne réinvente rien et l'histoire tourne en rond. Martin Matte n'est franchement pas très bon dans son rôle de méchant et on nous sert de la morale réchauffée dans un film que l'on qualifierait de navet s'il avait été produit au pays de l'oncle Sam.
Lemay-Thivierge est efficace, Laurier est infiniment jolie et les voitures sont agréables à l'oeil, mais ce n'est pas suffisant pour rendre le film intéressant!!!
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Réflexe naturel
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Pour venger la mort de son fils assassiné gratuitement par un gang de rue, un père s'attaque à la bande... réflexe naturel!!!
James Wan, le réalisateur de Saw et Dead Silence abandonne (jusqu'à ce qu'il y retourne) le genre d'horreur pour s'attaquer à un film d'action. Évidemment, il ne peut tout à fait laisser de côté le genre glauque et les scènes se déroulant dans l'antre du gang ressemblent étrangement à un remake de Saw avec des personnages différents.
Pourtant, inspiré d'une nouvelle de Brian Garfield (auteur des Death Wish avec Charles Bronson), l'histoire commence plutôt bien et l'idée semble intéressante. On se doute qu'il faudra laisser tomber réalisme et crédibilité, mais peu nous importe lorsque l'action est intéressante. Après 30 minutes très honnêtes, Wan se perd dans d'incompréhensibles dénouements et gâche totalement la sauce d'un film qui se voulait bien fait et convenable qui aurait permis au jeune réalisateur de se faire un nom à l'extérieur du cercle de l'horreur. Quelle est la meilleure façon pour ce père de famille un peu gringalet de véritablement s'opposer à des hommes armés jusqu'aux dents habitués à se battre? À coup sûr en se battant avec eux et en les semant avec des souliers polis!
Heureusement, avec une performance à la hauteur de son talent (franchement marquant dans The Woodsman) Kevin Bacon sauve le film de couler à pic. Juste et crédible dans un rôle de paternel abattu par la mort de son «golden boy», son jeu est subtil pour un film aussi grossier.
Wan devra se trouver des outils supérieurs à ceux-là pour prendre nous convaincre, mais devra avant tout apprendre à les utiliser! Rien ne sert de se lancer au cinéma pour voir ce film des plus ordinaires... à moins d'être un fan de Bacon!
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Du bacon pour le grand méchant loup
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Patrick Huard est l'homme à tout faire du showbizz québécois et prouve à nouveau qu'il est extrêmement talentueux. Même si sa première réalisation comporte quelques erreurs de débutant, reste que ce long-métrage est rempli de trouvailles et d'ingéniosité, suffisamment pour intéresser le spectateur.
3 p'tits cochons: 3 frères dont les relations de couple totalement différentes s'entrecroisent pour amener à une réflexion, autour de leur mère mourante, sur la fidélité et des raisons qui poussent à l'adultère. Un regard sans jugement sur les causes de l'infidélité, mais surtout humoristique à travers les yeux d'un jeune frère obsédé sexuel dont la femme policière est plutôt froide, du cadet attiré par l'interdit et de l'aîné dont la vie rangée ne cadre pas dans les «valeurs» familiales.
Sans prétention, ce film est une comédie où (malheureusement!) le questionnement ne semble pas l'objectif central du réalisateur, c'est plutôt un simple coup d'oeil sur une réalité de cette société de consommation.
De plus, les acteurs remplissent entièrement leur rôle, particulièrement Guillaume Lemay-Thivierge dont le jeu semble s'améliorer à chaque film. Claude Legault est égal à lui-même et touchant dans son personnage de père de famille et Paul Doucet, beaucoup plus effacé que les deux autres, nous amène peu à peu dans la subtilité de son personnage. Petite déception du côté de Mahée Paiement, souvent peu subtile dans son personnage qui aurait pu être plus étoffé.
Malgré quelques longueurs dans un film qui aurait pu être amputé d'une vingtaine de minutes, Huard présente des angles et des images intéressantes, même si certaines trouvailles sont parfois soulignées au crayon trop gras et que la réalisation mériterait d'être beaucoup plus sobre par moment, l'humoriste s'assure une carrière intéressante dans le cinéma québécois, lui qui ajoute une corde à son arc.
Un bon moment de cinéma dans un film qui est certainement le meilleur produit québécois de l'été!
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Mathématique obsessive
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Darren Aronofsky, considéré par plusieurs comme le Kubrick moderne, réalisateur de l'excellent Requiem for a Dream, a débuté sa carrière avec le film Pi. Filmé en noir et blanc de manière indépendante, exploitant les aspects qui nous permettent de deviner sa signature, il s'est fait un nom avec une réalisation différente et originale.
Mathématicien ayant de terribles migraines après avoir regardé le soleil, Maximillian Cohen, plutôt asocial et obsédé par les chiffres et son ordinateur, découvre le «fameux» nombre composé de 216 chiffres, réponse à tous les patterns de la vie, de la Torah à la Bourse. Évidemment, boursiers et Juifs tenteront d'obtenir ce nombre.
On pourrait croire que le fait de réaliser en noir et blanc simplifie les choses. Toutefois, ce sont les contrastes et les ombres qui importent, chose qu'Aronofsky contrôle de main de maître.
Les images répétitives et saccadées, les gros plans, une musique omniprésente et obsédante, agressante et enivrante, un personnage bizarre accro des médicaments, un scénario sur les mathématiques, la signature Aronofsky (il n'avait que 29 ans) est née!
Il a ceci de particulier, car son style est immédiatement reconnaissable. Mettant en scène Sean Gullette (aussi scénariste), un acteur peu connu à l'époque, qui offre une très bonne performance paranoïaque, on a droit à un véritable conte techno-trash.
Des caméras attachée aux acteurs, le narrateur participant, le réalisateur, même s'il abuse parfois des techniques cinématographiques, tente de rendre le genre intellectuel accessible. Même si la fin semble un peu bâclée et qu'on laisse le spectateur sans réponse, reste qu'on embarque dans ce rêve psychosé.
Un premier essai convaincant qui transporte Aronofsky au rang des réalisateurs expérimentaux, Pi est grandement original et marquant malgré les erreurs parfois flagrantes causées par le manque d'expérience du réalisateur. Requiem for a dream reste plus complet et poli.
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Court-métrage
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Film français mettant en vedette Sophie Marceau et Yvan Attal, Anthony Zimmer est l'histoire d'un mec ordinaire qui, pris pour un autre, devra échapper à ses poursuivants, la police internationale et la mafia russe.... beau duo!
Histoire maintes fois vue et transposée au grand écran (pensons à North by Northwest par exemple), le film n'est certainement pas un exemple d'originalité. Cependant, très court et sans prétention, le spectateur apprécie ce genre d'histoire qui, quoique prévisible, amène son lot d'action et de situations périlleuses qui embarquent. Malgré une fin devinable, le réalisateur réussit tout de même à la présenter de façon crédible et pertinente.
De plus, il est rare (mais de plus en plus) de voir des films de nos Cousins présenter une facture aussi américaine dans le traitement, dont le seul objectif avoué est de divertir.
Réalisé par Jérôme Salle dont c'est la première réalisation et qui sera l'homme derrière la caméra du très attendu Largo Winch, il soumet des idées parfois convenues qui ne présente pas toujours une signature particulière, si ce n'est que la construction d'un film efficace et divertissant et quelques plans intéressants, ce qui nous oblige à reconnaître un talent indéniable.
Les acteurs y sont très bons, particulièrement Attal qui vole la vedette à la beauté de Marceau, mais ce n'est certainement pas le rôle de leur vie. Sans oublier qu'un film mettant en vedette ces poids lourds du cinéma français, il est plutôt impossible de rater la cible.
Tellement court que nous ne pouvons nous ennuyer et on y court tellement que l'action y est omniprésente. Très bon film sans longueur. 3 1/2.
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