Comme pour compenser le harcèlenent continu qu'il endure à l'école, Ben, nouveau ¨Tommy¨, se métamorphose en sorcier des jeux vidéo. L' ado torturé écoule de longues heures devant l'écran, dans des duels ludiques avec un comparse imaginaire du nom de Scarlite. En apparence Ben vit ses phantasmes en ligne, un terrain de jeu répliquant, dans une autre dimension, les traumatismes quotidiens qu'il confronte avec angoisse et incertitude.
Les séquences détaillant l'humiliation subie par Ben sont évoquées avec une saisissante dextérité par le cinéaste et auteur Nic Balthazar. Nous entrevoyons les démons qui hantent la réalité du jeune homme et voyons comment les silhouettes imaginaires peuplant les jeux lui servent d'exutoires et de faire-valoir. Le jeune premier Greg Timmermans s'investit avec une intensité douloureuse parfois dans le rôle du jeune rêveur éprouvé. Et Maarten Claeyssens s'impose dans celui du collègue de classe infernal, enfermé dans sa haine de la différence et son intolérance brutale.
Des imprévus jaillissent ici et là durant cet intense étude psychologique qui jette aussi un regard sans fard sur l'interaction malaisée au sein de la famille d'un ¨étrange¨. Maijken Pinot incarne avec conviction la mère troublée de Ben.
Tourné dans la partie flamande de la Belgique, BEN X est un regard contemporain porté avec acuité sur l'éternelle problématique des dysfonctionnels cherchant l'intégration. Son recours habile aux jeux électroniques permet de jeter un éclairage inédit sur une bien triste situation.