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Bodies to Bodies III: la danse mise en boîte
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Mardi dernier, je me suis pointé au Théâtre Centennial avec un enthousiasme peu usuel. Le public était invité à monter sur scène pour assister au spectacle de danse de Van Grimde Coprs Secrets, Bodies to Bodies III. Deux estrades accueillaient les gens - une côté cour, l'autre côté jardin. Ce n'est pas la première fois que le Centennial applique cette formule. D'ailleurs, je garde un excellent souvenir d'une performance récente dans ce contexte... d'où mon enthousiasme.
Pour ne rien manquer et vivre ce spectacle avec toute l'intensité qui soit, je me suis assis à l'avant... j'aurais pu faire des jambettes aux danseurs tellement j'étais proche (notez que je ne l'ai pas fait). C'est d'ailleurs cette proximité qui m'a fait apprécier cette soirée. J'ai aimé percevoir la communication non-verbale entre danseurs, la sueur qui perlait sur eux... Parfois, un danseur était si près qu'il fallait choisir entre l'observer lui ou un autre, plus en retrait. Ça changeait de la perspective habituelle. À certains moments, notre regard croisait celui de l'artiste, car sans mur de lumière, il nous voyait autant que nous le voyions. Plutôt troublant.
Sur scène, 4 danseurs avec une dualité évidente. 2 hommes qui se ressemblent et 2 femmes qui se ressemblent. Les mouvements amenaient les danseurs à occuper l'espace qui se voyait parfois délimité par des jeux de lumière. D'ailleurs, la notion de territoire occupait une place importante, tout comme cette intensité d'exécution, quasi constante durant tout le spectacle. Si la répétition devait mener à une certaine transe, cela ne m'a pas affecté. Ce spectacle misait beaucoup sur l'interaction entre la musique et la danse, mais j'ai trouvé l'ambiance sonore très convenue pour de la musique instrumentale, actuelle. De plus, les 4 musiciens n'étaient pas très sollicités.
Une belle trouvaille: cette séquence où une danseuse parcours le corps de son partenaire avec un micro. Fusion immédiate du mouvement et du son.
En somme, j'ai plus aimé la forme que le fond.
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Ça manque de haine
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Ces jours-ci, je jalouse les gens de la ville de Québec car, contrairement à eux, je dois vivre mes mauvais sentiments par procuration. En Estrie, ça manque de haine.
Je m'explique...
Si vous suivez le moindrement l'actualité, vous devez avoir entendu parler de Clotaire Rapaille, ce clown du marketing et des paroles creuses à qui le maire de Québec, Régis Labeaume, a confié la tâche de rajeunir l'image de la «Vieille Capitale». Sa collecte de données aux allures de freak show est en cours, mais faisant fi du sens de l'éthique, le king s'est déjà permis quelques remarques issues de ses notes divines. Ainsi, il en est venu à qualifier les gens de Québec de «complexés, sado-masos, obsédés par Montréal et fanas de radio-poubelle», et ça, ce n'est que la pointe de l'iceberg.
À Québec, la grogne semble être à l'image du personnage et de son cachet, soit surdimensionnée. Clotaire Rapaille serait devenu l'ennemi public numéro 1. Des intellectuels à la pensée cartésienne jusqu'aux bons citoyens, en passant par les disciples de talk radio de bas étage, toute la ville (ou presque) déteste une seule et même personne... Et moi, je trouve ça fascinant.
Être unis dans la haine... N'est-ce pas là quelque chose de vivifiant, voire de thérapeutique? Collectivement, les citoyens de Québec doivent avoir l'esprit plus léger et aguerri pour avoir combiné leur hargne de la sorte. C'est comme lorsque les Calinours mélangent leurs flux; ça donne un beau tit-arc-en-ciel. Cute.
Si c'était ça l'intention cachée de Rapaille, je suis un fan.
S'épanouir dans la haine
Voulant trouver qui était notre Rapaille à nous, les Estriens (et ainsi, avoir une thérapie de groupe du même ordre), j'ai demandé aux gens de mon entourage s'ils détestaient quelqu'un. J'ai eu droit à des noms d'ex, de voisins bruyants et de patrons malveillants, mais c'est quelqu'un de public que je recherchais, quelqu'un de connu de toute la populace des Cantons-de-l'Est. À ce niveau, aucune réponse valable.
Jean Charest? Bah... Détester nos politiciens relève plus du loisir; ça n'a rien de viscéral, c'est quasi sportif. Vincent Lacroix? Ouais... Le responsable du scandale de Norbourg est originaire de Magog, mais on se l'est fait piquer comme tête de Turc par l'ensemble de la province. Dommage... Il avait le physique de l'emploi.
Ainsi, impossible pour nous de s'épanouir collectivement dans la haine. (Soupir.) En Estrie, on doit donc se rabattre sur nos petites frustrations bien personnelles ou sur notre profil Hatebook, le pendant négatif de Facebook (oui, ça existe: http:// www.hatebook.org).
De l'autre côté de la haine
Bon... S'il fallait absolument désigner quelqu'un à détester en bloc pour le bien collectif, je suis prêt à poser ma candidature (comme ça, je m'évite de devoir nommer quelqu'un).
En fait, je constitue un excellent prospect, car être journaliste au Voir Estrie, c'est accepter d'avoir quelques détracteurs. Il y a les artistes qui m'en veulent d'avoir parlé d'eux sans louanges et ceux qui ne m'aiment pas car je n'ai pas parlé d'eux pantoute. Ainsi, je me dois de savoir gérer la haine (celle avec un petit h) et je m'en viens pas si pire.
Allez-y. Appelez-moi Matthieu Rapaille. Faites-moi mal et faites-vous plaisir. Je suis sûr qu'il y a un peu de sado-maso en vous.
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TÉLEX / La Cage, un spectacle littéraire
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L'Association des auteures et auteurs des Cantons-de-l'Est convie le public à La Cage, un spectacle littéraire mis en scène par Lynda Dion et réunissant Yves Allaire, Anne Marie Duquette, Pierrette Denault, David Goudreault, Bruno Lemieux, ainsi que la violoncelliste Anaïs Constantin. Le 20 mars dès 14h, à la Maison des arts et de la culture de Brompton.
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TÉLEX / Moccio au Centennial
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Stephan Moccio, le pianiste derrière le thème des Olympiques de Vancouver, interprétera ses compositions au Théâtre Centennial le 19 mars prochain à 20h. Son album Exposure, sur lequel il joue en solo, fut certifié disque d'or.
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TÉLEX / The Singing Goat ouvre ses portes
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Un nouveau café-spectacle vient d'ouvrir ses portes à Sherbrooke: The Singing Goat. Situé au 287 de la rue Galt Ouest, l'endroit proposera des événements en musique, arts visuels, conte... À découvrir.
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Chinatown: des filles, des blogues et des biscuits
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Deux signes que la popularité du groupe Chinatown est grandissante... Premièrement, il y avait une flopée de jeunes filles qui dansaient et chantaient presque toutes les paroles des chansons, et ce dès le début du spectacle de samedi dernier au Boquébière. Ça, c'est le genre de prémisse qui te stimule un «boys band»... Deuxièmement, j'ai pu lire sur le web les commentaires de quatre blogueurs quant à ce show (et je ne me compte même pas dans le lot). Quand la foule tourne autour de 70-80 personnes (tout à fait convenable pour l'endroit), c'est un impressionnant ratio. Voilà qui est patent d'une belle agitation, d'une curiosité nouvelle. ...il faut dire que le groupe en était à (au minimum) sa cinquième prestation sherbrookoise en moins d'un an. Il a travaillé fort!
Ils sont pros les gars de Chinatown. Sous une pluie de biscuits chinois, j'ai beaucoup apprécié leur pop rock franchouillarde. Ils me font (encore) penser aux Innocents, mais il y a aussi quelque chose d'Indochine et de Miossec dans leur livraison scénique. Je suis bien curieux quant à la réception que leur réservent les Français; le groupe s'envole prochainement pour quelques concerts sur le vieux continent.
En plus d'être habile sur scène, Chinatown fait du «service après vente». À l'entracte ou après le show, les musiciens jasent avec tout le monde; ils sont polis et avenants. De vrais gentlemen! Je prévois donc déjà un plus gros contingent féminin sur le plancher de danse lors de la prochaine visite du groupe. ...le mot de mon biscuit chinois me le confirme.
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P’tite grosse
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J'aime ma p'tite grosse.
Ne sautez pas trop vite aux conclusions. La p'tite grosse de mon cœur, c'est Sherbrooke, ma hometown love affair.
J'en ai souvent fait état dans le cadre de cette chronique: Sherbrooke, c'est la parfaite petite ville. Ici, on a droit aux avantages de la «grande» (à petites doses), mais pas aux inconvénients. La Reine des Cantons sait plaire à ses citoyens... si ceux-ci prennent la peine de l'admirer sous toutes ses coutures. Difficile de ne pas céder aux charmes de son atypique splendeur, de sa beauté de niche.
Le hic, c'est que ces jours-ci, Sherbrooke se trouve grosse. Elle semble en être convaincue et ça lui fait de la «pei-peine». Moi, ça me fait plutôt rigoler, mais pour ne pas l'offusquer, je garde mon sérieux. En bon lover que je suis, la bonne chose à faire consiste à tenter de la rassurer, à lui dire qu'elle est belle, surtout que tout le monde est sur son cas. Lâchez-la! Pauvre petite.
C'est juste un pont
La source du traumatisme: la fermeture du pont Montcalm. Ce qui aurait pu être simple est devenu un mélodrame. La rue King se voit amputée de quelques mètres et on déploie les mesures de guerre. Oui, il va falloir faire un détour au cours des prochains mois et nous allons tous perdre quelques précieuses minutes de nos futiles existences, mais il me semble qu'on en fait tout un plat. C'est tout de même juste un pont.
... Et c'est tout de même juste Sherbrooke, cette charmante petite ville où on n'a pas à se lever avec deux heures d'avance pour éviter le trafic. D'ailleurs, ici, le mot trafic est synonyme de temps des Fêtes, car les seuls embouteillages qu'on connaît sont ceux autour du Carrefour de l'Estrie, quelques jours avant Noël. Or, sur le boulevard Portland, la rage de la consommation à outrance prévaut sur la rage au volant.
Le cauchemar jaune
Mardi dernier, c'était la panique: les méchants autobus jaunes étaient de retour en ville! Ahouuuu! On craignait le pire, des évanouissements en série autour des collèges privés, mais un ixième communiqué de presse de la Ville sur la «situation» nous a rassuré: «La Ville de Sherbrooke constate avec satisfaction que la circulation a été fluide ce mardi matin sur tout le réseau, à l'exception de quelques périodes de ralenti sur les boulevards de Portland et Queen-Victoria. Aucune congestion majeure n'a été signalée sur les grandes artères sherbrookoises. Toutes les mesures prises ont permis, aux autobus scolaires notamment, de bien circuler dans le secteur du pont Montcalm.»
Faire les choses en grand, c'est bien, mais quand Sherbrooke se croit plus grosse qu'elle est, c'est beaucoup d'énergie gaspillée.
Sherbrooke, t'es pas grosse. T'es juste un peu hystérique.
Circulez, svp!
Les seules joies de toute cette agitation, ce sont les bulletins de circulation de Bertrand Gosselin à la Première Chaîne de la radio de Radio-Canada (hé oui, je scotche encore). Le pauvre... chaque demi-heure, il doit dire que la circulation est fluide (ou légèrement au ralenti s'il est chanceux), et ce, sans trop se répéter. C'est tout un art!
Pour lui donner un coup de main, voici quelques idées d'interventions pour commenter la circulation sherbrookoise:
- «J'ai reçu un appel d'auditeur et ça lui a pris deux bonnes minutes entre Queen et Jacques-Cartier. Prenez votre mal en patience.»
- «Ça s'annonce difficile, car il fait beau et on n'y voit rien avec ce soleil aveuglant. Restez chez vous; c'est plus prudent.»
- «Klaxonnez violemment lorsque vous entendrez un autre jeu de mots avec Montcalm, du type "Je garde mon calme!" Pu capable.»
... Vous avez d'autres idées?
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TÉLEX / Deux prix pour le catalogue d'une expo sherbrookoise
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L'entreprise sherbrookoise Output Design a remporté deux prix Grafika pour son design graphique du catalogue de l'exposition À la croisée de l'art et de la médecine, produit par la Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke et la Galerie d'art Foreman de l'Université Bishop's.
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TÉLEX / Les Shrimps remportent le Festi Rock de Richmond
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C'est le groupe Les Shrimps qui a remporté l'édition 2010 du Festi Rock de Richmond lors de la finale qui l'opposait à Mélogramme (de Sainte-Foy) et à Smelly Pedros (de Sherbrooke). Notez que les gagnants sont de Montréal (et non de Matane).
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TÉLEX / Paule Baillargeon à Sherbrooke
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La série Regards d'auteurs reçoit Paule Baillargeon, lauréate du prix Albert-Tessier 2009, une prestigieuse distinction du cinéma québécois. La cinéaste sera le 15 mars à 19h au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke pour rencontrer le public et présenter son film Le Sexe des étoiles.
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We Are The City & Aidan Knight: que du feu
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Hier, l'Antiquarius avait des allures de Casa del Popolo, une charmante petite salle de la métropole où il fait bon voir des shows intimes. Avec ses tables disposées de manière asymétrique, ses boiseries, ses murs de brique et son petit stage qui donne sur la rue, l'endroit possède plusieurs atouts pour devenir un incontournable des sorties culturelles sherbrookoises. En ce lundi, c'était le test... et un énorme succès se fut. L'endroit était bondé (et je vous rappelle qu'on était un lundi soir); superbe ambiance.
Deux excellentes formations se partageaient l'affiche: We Are The City et Aidan Knight. J'ai adoré ce dernier. Avec une allure de jeune premier, il a chanté ses ballades accroche-cœurs avec aplomb et talent. À découvrir si vous aimer Sun Kil Moon. Sur son disque Versicolour (que j'écoute depuis), certaines pièces ont des sonorités qui me font penser à du American Analog Set. Superbe.
C'était la deuxième fois que je voyais We Are The City et le trio m'a encore une fois épaté avec ses «power balads» à la Mew, bien contenues par la batterie, au rythme irréprochable. Belles mélodies au clavier, jolie voix, guitare qui sait se faire violence lorsqu'il le faut... We Are The City, c'est du feu. Retenez ce nom.
Ma plus belle soirée de shows depuis le début de 2010. ...là, on veut plus de concerts à l'Antiquarius! ...et pourquoi pas les lundis!
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Devrais-je partir ou bien rester?
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Petite mise en contexte. C'était un mardi soir; il neigeotait sur Sherbrooke. Tout en m'excusant, je quitte abruptement un copieux repas où j'étais entouré d'amis pour me rendre au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, afin de voir la pièce Le Bourgeois gentilhomme montée par le Théâtre du Nouveau Monde (TNM). «Bye bye! Buvez le vin sans moi.»
Je prends au passage une copine qui m'accompagne pour l'occasion. Nous avons chacun notre journée dans le corps, mais l'idée de voir du théâtre ce soir nous ravit. D'ailleurs, je trouve que la fatigue ne devrait jamais être un obstacle pour se rendre à un spectacle; même un ours qui tente l'hibernation demeure captivé devant un bon show, une belle performance.
Dans l'auto, on jase du Bourgeois gentilhomme. Cette pièce de Molière, nous la connaissons bien tous les deux, mais notre curiosité est grande quant à cette nouvelle version du TNM. Comme on dit: on est heureux d'être contents! «Y a de la joie! Bonjour, bonjour les hirondelles!»
Rendus au Centre culturel, nous mettons la main sur nos billets. Retardataires que nous sommes, nous voilà relégués au fin fond du balcon, car il y a foule (c'est presque complet). Mais cela importe peu, car pour le théâtre, toutes les places sont bonnes en cette salle; l'acoustique y est exemplaire.
Une fois assis, je constate que de nombreux groupes d'adolescents se trouvent près de nous. En fait, on est entourés, aucune issue. Ça sent la sortie scolaire à plein nez. Partout autour, ça joue au PlayStation portatif, ça s'envoie des messages textes, ça écoute son iPod, ça niaise, ça se donne des bines, ça mange des bonbons, ça se fait des tatas d'un bout à l'autre du balcon... Mais au nom d'un certain éveil de la jeunesse sherbrookoise à la culture, j'assiste à ce cirque avec détachement, voire avec un certain contentement. Vivement plus de jeunes gens dans nos salles de spectacle!
La pièce commence et, rapidement, je constate que le gâteau ne lève pas. Difficile d'apprécier le texte; certains comédiens nous le servent avec une patate dans la bouche, alors que d'autres prennent des voix tellement agaçantes et enfantines qu'on se croirait dans un surréaliste épisode de Cornemuse. Dans un décor plutôt simpliste, la mise en scène comporte beaucoup de «steppettes» et ça m'énerve. Si je voulais d'un show burlesque, j'aurais attendu à l'été prochain pour assister à la pièce de Gilles Latulippe. Au lieu de faire de Monsieur Jourdain un personnage de bourgeois risible, on en a fait un clown, qui fait tout de même rigoler la foule chaque fois qu'il grimace ou émet un rire niais. Si c'est ça Molière, qu'on le descende de son trône.
Sur mon banc, je gigote pour combattre le sommeil. La première partie de la pièce, qui fait près d'une heure et demie, me paraît interminable. À un moment, je me penche vers ma voisine et lui glisse un «Je m'emmerde!» à l'oreille. Elle me regarde et roule des yeux pour me signifier qu'elle est dans le même état que moi. Je remarque alors que tout autour de nous, les adolescents ont ressorti leurs babioles (iPod, cellulaires, etc.). Il y en a même quelques-uns derrière moi qui mangent des chips à grosses poignées. Eux aussi ont abdiqué; tout comme moi, ils ne sont pas captivés par cette pièce.
La délivrance se pointe à l'entracte, mais une grande question surgit: on part ou on reste? Pour quitter, ça prend du guts! C'est réagir à son ennui au lieu de le laisser nous envahir. Pour rester, ça prend de la foi. C'est donner une seconde chance, tout miser sur une conclusion heureuse.
Alors? Pensez-vous que je suis parti ou que je suis resté? Et vous, dans ce contexte, qu'auriez-vous fait?
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TÉLEX / Éric Nadeau et ses robots
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Vous avez jusqu'au 14 mars pour vous rendre au Musée Beaulne pour l'expo Rebuts et robots: pièces et personnages d'Éric Nadeau. La Galerie Double V de Valcourt compte également quelques œuvres de l'artiste-sculpteur.
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