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Pop Culture Gatineau
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Je blogue, tu blogues, il blogue... Plate-forme sur la vie culturelle à Gatineau-Ottawa où bribes quotidiennes et autres divagations s'entassent et s'accumulent allègrement!
janvier 2009 - Messages
30 janvier 2009, 4:01
Wajdi reçoit...

Wajdi Mouawad s'entretenait avec Marie-Hélène Falcon ce midi pour la première des Rencontres du midi de 2009.  Le directeur artistique du Théâtre français du CNA, qui accueille dans deux semaines le metteur polonais Krzysztof Warlikowski et son spectacle KRUM, en a profité pour aborder avec la directrice générale et artistique du Festival TransAmériques la question du regard sur le théâtre étranger.

Fascinant d'une part de découvrir quelles questions Wajdi Mouawad réserve à sa consœur: la façon qu'il a de les formuler, aussi, parce qu'il ne pèche pas par la facilité... Et captivant, d'autre part, d'entendre les réponses de Mme Falcon, qui a pu, en quelques 60minutes  résumer son parcours atypique, elle qui parcourt le monde pour voir des spectacles des arts de la scène de toute sorte.

Bien intéressantes que ces rencontres toutes simples et gratuites sur l'heure du midi.

Le calendrier 2009 a été lancé et promet d'autres belles rencontres:

18 février - le metteur en scène Martin Faucher (en remplacement de Wajdi Mouawad) recevra Krzysztof Warlikowski sous le thème «Je suis polonais»: Confessions d'un homme libre

26 mars - Wajdi Mouawad reçoit Robert Lepage pour aborder la question suivante: Porter l'ailleurs en soi: l'autre au cœur de la création

26 mai - Wajdi Mouawad reçoit la dramaturge Suzanne Lebeau sous le thème: En guerre les enfants: écrire sans censure.

Plus de détails au http://www.nac-cna.ca


28 janvier 2009, 5:17
Cabine C

La période d'incubation dans laquelle se plonge un artiste pour produire un nouvel album a toujours fasciné. Quel était le contexte de création? Qui l'accompagnait? De quelle couleur étaient les murs? De quoi étaient constitués ses repas, ses nuits? Le métier de journaliste musical consiste souvent à mettre au jour ce processus de sorte que l'artiste soit mieux perçu, compris ou, au contraire, paraisse encore plus énigmatique.

Cette réflexion ramène à ma mémoire le bijou de film irlandais Once de John Carney. Sorte de musical moderne et irrésistible, le long métrage misait justement sur la rencontre entre deux musiciens aux parcours distincts, dont les voix et les univers s'harmonisaient joliment dans l'élaboration et l'enregistrement d'un premier album studio. Un pur ravissement que ce film, dont les pièces musicales ne sont pas qu'accessoires, mais prédominantes.

 

C pour créativité, communion, collaboration...

Voilà à quelques distinctions près l'aventure In a Cabin with... que propose ce mois-ci le Mercury Lounge, en collaboration avec l'Ambassade royale des Pays-Bas.

Le concept - qui a vu le jour au Green Motel Recording Studio aux Pays-Bas - consiste à réunir des musiciens hollandais avec des musiciens locaux d'un pays choisi. Le band improvisé se retire alors dans un lieu inspirant (un chalet en rondins dans la forêt suédoise, une maison de pêcheurs en Islande, une villa à Miami) pour écrire, dormir, manger et composer des pièces originales, en s'extirpant momentanément de sa routine et de sa zone de confort. Ce huis clos aura même permis dans le passé la création d'un groupe permanent: à la suite d'une session en Belgique, la pop-électro intime et feutrée de Neonbelle (myspace.com/weareneonbelle) voyait le jour.

Après quelques collaborations stimulantes entre le Mercury et l'ambassade des Pays-Bas (accueil des groupes dutch Zuco 103, New Cool Collective, Room Eleven), voilà que les deux organisations mettent une fois de plus leurs efforts en commun pour marier leurs cultures respectives.

Philippe Lafrenière et Zakari Frantz, tous deux des formations Souljazz Orchestra et People Project, ont été choisis pour représenter Ottawa à cette séance intensive. «Quand on m'a demandé qui j'avais en tête pour ce projet, j'ai tout de suite pensé à eux: ils sont tous deux très éclectiques, ils jouent de plusieurs instruments et œuvrent dans plus d'un groupe», explique la relationniste et programmeuse du Mercury, Claudia Balladelli. Ils seront jumelés aux musiciens hollandais Steye, membre multidisciplinaire de Pips:lab (sur l'étiquette Dox), et Alvin Ronde, guitariste et ex-Zuco 103. Une équipe de caméramans accompagnera la session pour produire un pilote pour la télévision nationale hollandaise.

Les quatre candidats seront cloîtrés au studio de la Cour des Arts (gracieusement prêté par le Groupe Lab de danse qui a cessé ses activités) pour 10 jours, à l'issue desquels un album verra le jour. «On les sort de l'environnement plus formel d'un studio pour que la création soit plus organique, expérimentale», de préciser Remco Volmer de l'ambassade des Pays-Bas, qui se dit comblé de la réponse positive de la scène ottavienne à cette première au Canada. En revanche, Claudia Balladelli trouve regrettable que d'autres ambassades à Ottawa ne fassent pas preuve d'une aussi grande ouverture culturelle et félicite celle des Pays-Bas pour son esprit de partage. Je ne peux qu'abonder en ce sens et applaudir à cette collaboration.

Un concert viendra clore la réclusion le 9 février dès 20h, alors que les musiciens présenteront le matériel de leur EP (billets à 8 $ en vente au Planet Coffee et au Mercury Lounge). Le démo sera ensuite mixé et «masterisé» au Green Motel Recording Studio à Utrecht, et subséquemment disponible pour téléchargement gratuit sur le site www.inacabinwith.com.


21 janvier 2009, 3:29
Saut suspendu

Révéler les dessous de la chorégraphe Susanna Hood. ©  Ben Welland

La nouvelle tombait la semaine dernière: le Groupe Lab de danse, centre de recherche en danse contemporaine d'Ottawa, éprouve des difficultés et se voit contraint d'interrompre sa saison 2009-2010. Le nouveau directeur artistique, Tony Chong, qui avait fièrement repris le flambeau de son mentor Peter Boneham en 2008, a décidé de se retirer. D'autres facteurs ont fait tanguer le bateau: les coupes dans le secteur des arts prévues dans le budget 2009 de la Ville d'Ottawa - bien qu'avortées - ont laissé leurs marques; la rentrée des fonds se fait plus rare et ardue. Nul doute, la menace des lendemains économiques difficiles pèse lourd sur le Groupe, déjà en mode réactif.

L'annonce de la démission de Chong a soulevé une onde de choc dans le milieu de la danse ottavien. Après avoir pris part à une période de transition étalée sur trois ans, le chorégraphe avait pourtant présenté sa première saison avec détermination: «J'assume mon nouveau poste avec un indéfectible optimisme. En tant qu'interprète et chorégraphe, je me trouve en terreau fertile où foisonnent les occasions d'explorer et de créer dans une nouvelle perspective», écrivait-il dans son mot d'introduction. Or, il semble que c'est justement pour se consacrer à sa création et à sa carrière solo qu'il a choisi de démissionner.

«Tony était malheureux parce que c'est un créateur et un créatif», constate Anika Houle, nommée directrice intérimaire de production et de programmation. «De l'extérieur, je crois que Tony voyait les chorégraphes rentrer en "lab", se poser des questions, faire des recherches, expérimenter... Qu'il avait envie d'être là, plutôt que pris entre son travail de direction artistique, de vision et de création. Je pense qu'il n'a pas fini de nous raconter des belles choses, Tony.»

Pour justifier la décision d'avorter la saison, en amputant trois résidences chorégraphiques, Anika Houle y va de cette explication: «On a eu l'indélicatesse de s'imaginer que les fonds publics seraient toujours là pour nous et de ne jamais considérer les fonds privés. Alors à partir du moment où le financement public est menacé, on est fragiles. Plutôt que de faire l'autruche et de creuser un déficit, on a décidé de s'arrêter, de se poser les bonnes questions, pour repartir solidement en septembre.»

 

Les danseurs aussi

Les reins solides, Anika Houle, designer de formation baignant dans le milieu de la danse depuis l'enfance, a déjà en tête les prochains dossiers auxquels s'attaquer, après s'être occupée des demandes de subventions, bien sûr: «J'aimerais lancer un étage supérieur en rejoignant les étudiants universitaires: les mettre en contexte de "lab" et les emmener dans le monde de la danse contemporaine. Ainsi, en plus de se pencher sur les étapes de création d'un chorégraphe, le Lab pourrait être de toutes celles de la vie d'un danseur», s'enthousiasme-t-elle.

En attendant d'offrir de nouveaux services, le Groupe doit profiter de cette période de transition pour se refaire une santé et trouver une nouvelle personne pour diriger ce navire unique au Canada. Épouse d'un diplomate français, Anika Houle quittera à nouveau le Canada en 2010 et se dit prête à tenir le volant d'ici là. «Je suis heureuse qu'on me fasse confiance, j'ai à mes côtés un board formidable, une équipe du Dance Lab extraordinaire et un Peter Boneham plus grand que nature! Tony se respecte en ayant pris cette décision... Oui, je suis audacieuse, je suis courageuse, j'ai envie de construire des châteaux dans les nuages et oui, je suis optimiste quant à l'avenir!»

En attendant de voir jusqu'où cette ferveur mènera l'équipe de matelots, il ne faut pas manquer les deux dernières performances à l'horaire: le fruit de la recherche chorégraphique de la Torontoise Susanna Hood sera présenté les 23 et 24 janvier dans une production intitulée Révéler les dessous dès 19h à la Cour des arts. Info: www.legroupe.org


19 janvier 2009, 3:08
Le retour: rude et cinglant

Samedi soir, je me suis rendue à la salle Odyssée pour voir la pièce Le Retour, une production du Théâtre du Nouveau monde. Ce texte d'Harold Pinter - décédée tout récemment, la veille de Noël - a été mise en scène par Yves Desgagnés dans une première traduction francophone nord-américaine (René Gingras).

Les rideaux se lèvent sur un décor imposant. Une pièce, celle du living room de cette famille british agira comme le lieu de ce terrible huis-clos. Lenny (imperturbable Patrice Robitaille) fait la lecture de son journal quotidien, alors que son père Max (impeccable Marcel Sabourin) tente de trouver de la quiétude en fumant une cigarette. D'entrée de jeu, ils se lancent des saletés à la figure. Visiblement, une hargne très dense divise les deux individus qui ne semblent pourtant pas s'en formaliser. Surviendra l'oncle Sam (Hubert Proulx), le «meilleur chauffeur de sa compagnie» qui habite ce même toit. Lenny et Sam se saluent poliment. Max, lui, insultera son frère à bouche-que-veux-tu. Puis, arrivera le plus jeune Joey (Benoît Girard), petit fêlé amateur de boxe. Alors toutes ces âmes gâtées seront au lit, le fils prodigue Teddy (Jean-François Pichette) reviendra, sans avoir annoncé sa visite. Exilée aux États-Unis depuis six ans, il complète un voyage en Europe avec sa femme Ruth (impériale Noémie Godin-Vigneault), par une visite dans sa maison natale. Une conversation nocturne loufoque entre Lenny et Ruth donnera le ton. Quel effet aura l'arrivée d'une femme dans ce cercle troublée, violent et méprisant? Le père accueillera sa brue avec une salve d'insultes désobligeantes (qui faisaient friser les oreilles les plus sensibles)... Jusqu'à ce que Teddy précise qu'elle lui a donné trois fils... La femme prendra alors un tout nouvel éclairage dans les yeux de Max, le terrible et tous les membres de la famille s'adaptera à cette nouvelle énergie. Peu de temps sera nécessaire pour que Ruth installe un climat à son image et règne sur ces hommes de mauvaise conscience...

Je ne vous en dis pas plus sur le dénouement de l'intrigue, en souhaitant que la tournée de cette production se prolongera... Un premier contact pour moi avec le théâtre d'Harold Pinter qui a beaucoup encore à offrir, à ce que j'ai pu constater. Sa façon de traiter de misogynie et des jeux de pouvoir et de manipulation qui peuvent pourrir l'existence a eu sur moi l'effet d'une douche froide. J'étais ravie par l'habillage glauque à souhait de cet univers -- accentué par le décor sombre et sordide. La langue est acérée et fait mal à entendre, quoique d'une cruelle vérité. Ici, on se dit tout ce qui passe par la tête: pour le meilleur et, plus souvent, pour le pire! Ou alors, tout ce qui sort de notre bouche est le fruit d'un jeu de pouvoir étudié. Le récit se tisse comme un serpent autour de sa proie et on ne peut que rester muets devant le cataclysme. Parce que Pinter réussi non seulement à nous captiver mais aussi à nous surprendre. Du théâtre poignant, manipulateur et glauque comme il s'en fait trop rarement.

 


16 janvier 2009, 2:20
Radio Radio, Ariane Moffatt et Colin James au Bal de neige

La Commission de la capitale nationale (CCN) a procédé ce matin au dévoilement de la programmation complète de cette 31e édition de Bal de neige qui se déroulera du 6 au 22 février. Une brochette d'artistes musicaux de partout au pays réchauffera la Scène nordique surplombant le canal Rideau pour les trois premières fins de semaine de février. Colin James et son orchestre donnera le coup d'envoi le 6 février, après la première du tout nouveau spectacle son et lumière Ukiuk - présenté du jeudi au dimanche pour toute la durée de Bal de neige. Les courageux festivaliers qui n'ont pas froid aux yeux profiteront ensuite des airs de Eagle & Hawk et son invitée Sherry St. Germain (le 7), Murray McLauchlan (8), la troupe Spring Action (8), Jim Cuddy Band (13), Roch voisine (14, bien tiens!), Radio Radio (15), Ariane Moffatt (20) et Jully Black (photo)(21).

Avec des artistes invités comme Roch Voisine et Radio Radio, la CCN souligne également le 225e anniversaire de la fondation de la province du Nouveau-Brunswick. Une queue de castor «signature» au homard et à l'ail a d'ailleurs été créée spécialement pour cette célébration et sera offerte pour une journée seulement! Le volet Saveurs de Bal de neige est de retour avec sa liste de restaurants où les chefs ont créé des tables d'hôte trois services (à 25$, 35$, 45$ ou 65$) en l'honneur de la fête hivernale. Des expériences gastronomiques sont également offertes par différents établissement. Info: www.baldeneige.gc.ca/saveurs. Parmi les autres activités soulignant cette anniversaire: la Maison des auteurs de Gatineau s'inspirera des vieux «partys d'cuisine» acadiens pour tenir des soirées de chanson, danse et conte et on a promis une sculpture de glace en forme de homard géant!!

Autrement, le domaine des Flocons du parc Jacques-Cartier présentera comme toujours sa ribambelle d'activités familiales (village inuit, glissades, compétitions de sculptures sur neige), alors que du côté ottavien, le parc de la Confédération ne dérougira pas (soirées DJ sous 0 au Lounge de Cristal, sculptures sur glace, activités sur le canal Rideau et sur la Scène nordique, etc.). Programme complet à www.baldeneige.gc.ca

 


14 janvier 2009, 11:42
Ottawa accueille les 29es Prix Génie

Ottawa sera la ville hôtesse de la 29e cérémonie des prix Génie le 4 avril prochain. L'Académie canadienne du cinéma et de la télévision (ACCT), en collaboration avec Canwest (diffuseur officiel) et la Commission de la capitale nationale (CCN) en a fait l'annonce aujourd'hui. Le Musée canadien de l'aviation a été sélectionné pour accueillir cette soirée récompensant les meilleures productions cinématographiques du Canada et qui sera diffusée sur les ondes de Global Television.

La soirée des prix Génie, qui se tenait habituellement à Toronto, n'avait jamais été présentée dans la capitale nationale du Canada, un lieu pourtant fort à propos, comme la souligné Sara Morton, directrice générale de l'Académie. «Il est tout à fait approprié que ce soit Ottawa, la capitale nationale, qui accueille cette année l'hommage rendu à nos plus meilleurs artisans du cinéma et à nos meilleurs films.»

Le liste des finalistes de cette 29e édition sera dévoilée en février. www.genieawards.ca


14 janvier 2009, 10:58
Plaisirs polaires

Le Bal de neige donne le coup d’envoi des festivités hivernales.© 2009, Commission de la capitale nationale

Les saisons se suivent et ne se ressemblent guère dans la sphère culturelle et artistique de la région! Voilà que l'année 2009 prend sa vitesse de croisière, alors que les salles émergent tranquillement de leur période d'hibernation du temps des Fêtes, et que les festivals hivernaux sortent leurs bannières colorées pour troubler la morosité ambiante. Si cette période de l'année se fait moins achalandée, elle n'en est pas moins intéressante... Ainsi, le coup d'envoi des festivités sera donné par le Bal de neige (du 6 au 22 février), dont le volet spectacles sera dévoilé plus tard cette semaine. Cette fête de l'hiver canadien propose nouvellement cette année le spectacle son et lumière Ukiuk, en plus de sa ribambelle d'activités pour toute la famille (sculptures, plaisirs gourmands, sports d'hiver, expositions, etc.), et ce, des deux côtés de la rivière. www.baldeneige.gc.ca

Après que l'événement eut frôlé l'annulation l'année dernière, voilà que Didier Farré et toute son équipe nous promettent une saine 11e édition de leur Festival du film de l'Outaouais, du 12 au 20 mars. Les détails de la programmation suivront en février au www.offestival.com.

Le prochain rendez-vous au calendrier nous amène vers le Palais des congrès pour le 30e Salon du livre de l'Outaouais, du 26 au 29 mars. Que nous réserve cette édition anniversaire? Faudra surveiller de près les prochains dévoilements... www.slo.qc.ca

Une affluence d'artistes britanno-colombiens envahira les salles et scènes de la capitale nationale du 21 avril au 3 mai lors de Scène Colombie-Britannique. Organisé par le Centre national des Arts, ce festival biennal célébrant une province canadienne propose des rencontres en musique, en théâtre, en arts visuels et médiatiques, en danse, en littérature et en gastronomie. La programmation complète, regroupant 600 artistes et 90 événements, sera annoncée en février. Un lancement préliminaire a cependant révélé la présence des chorégraphes Crystal Pite et Wen Wei Wang, de l'Orchestre symphonique de Vancouver, de Josée Allard, Penny Lang et Shari Ulrich, notamment, alors que Diana Krall aura l'honneur de clore les festivités les 2 et 3 mai. www.scenecb.ca

Au nombre des rendez-vous exceptionnels de 2009, on compte également le cinquième Gala des prix Trille or récompensant les artistes de la musique et de la chanson française en Ontario. La liste des 92 finalistes (un record!) dans 21 catégories a été divulguée plus tôt cette semaine. Tous les détails sur cette soirée exceptionnelle du 19 mars prochain, animée par Rebecca Makonnen (Studio 12 à Radio-Canada), au www.apcm.ca.

Qui a dit que l'hiver se devait d'être maussade?


13 janvier 2009, 12:45
Trille Or: les finalistes sont...

La cinquième édition du Gala des prix Trille Or, récompensant les artistes de la musique et de la chanson francophone en Ontario et dans l'Ouest canadien, se tiendra le 19 mars prochain à la Cité collégiale sous la houlette de l'animatrice de Studio 12 à Radio-Canada, Rebecca MaKennon. L'Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) ainsi que la Société Radio-Canada, coproducteurs de l'événement, ont procédé hier soir au dévoilement des 92 finalistes dans un record de 21 catégories. Le gala sera diffusé en direct sur les ondes de la Télévision (à partir de 19h30) et de la Première Chaîne (à partir de 19h) de Radio-Canada en Ontario et en Outaouais le 19 mars prochain. La Télévision de Radio-Canada présentera aussi le gala dans l'Ouest canadien dès 19h30. Info: www.apcm.ca

On connaîtra l'identité du lauréat de la catégorie hommage le 18 février prochain lors d'une conférence de presse. Surveillez ce blogue pour en savoir plus dans les semaines à venir.

Voici donc les finalistes des 20 autres catégories:

Découverte: Alexandre Désilets; Cindy Doire; La Ligue du bonheur; Médius; XLA

Vidéoclip: Bonne année - Andrea Lindsay; Encore une fois - Swing; Je tombe - Damien Robitaille; Quoi faire - XLA; Poli-Fric - R-Léo, avec la participation de Tricia Foster

Artiste solo ou groupe franco-ontarien s'étant le plus illustré à l'extérieur de la province: Andrea Lindsay; Damien Robitaille; Swing; ZPN; Dominique Nadia

Prix Radio-Canada pour la chanson primée: Encore une fois - Swing; L'éphémère - Alexandre Désilets; Les yeux de Marie - Andrea Lindsay; Mètres de mon être - Damien Robitaille; Par où tu passes - Chuck Labelle

Interprète masculin: R-Léo; Chuck Labelle; Alexandre Désilets; Damien Robitaille; ZPN

Meilleur album: Konflit Dramatik - Konflit Dramatik; Commerciale - Tricia Foster; Tradarnac - Swing; Escalader l'ivresse - Alexandre Désilets; R-Léo -| R-Léo; La vie en bleu - Cindy Doire; Plus jamais comme avant - Chuck Labelle

Meilleur album - jeunesse: Jojo et le Noël des animaux - Jojo; Des ailes et des racines - Tante Caroline; Les contes d'automne - Tante Caroline

Diffuseur: Le Conseil des organismes francophones de la région de Durham (COFDR); La Slague - Sudbury; Le Centre culturel Frontenac - Kingston

Album instrumental: Dégel - Richard A. Séguin; Servantes Live! Salle Odyssée - Servantes; You could be - Torngat

Meilleur spectacle: Andrea Lindsay; Damien Robitaille; Joanna Moon; La Ligue du bonheur; Swing

Meilleur spectacle - jeune public: Brian St-Pierre; Stéphane Guertin; Tante Caroline

Coup de cœur des médias: Amélie Lefebvre; Andrea Lindsay; Cindy Doire; Serge Monette; Tricia Foster

Site web: Brian St-Pierre www.brianst-pierre.com; Dominique Nadia www.dominiquenadia.com; Jojo www.jojo.ca; Konflit Dramatik www.konflitdramatik.com; Swing www.legroupeswing.com 

Interprète féminine: Andrea Lindsay; Amélie Lefebvre; Dominique Nadia; Manon Séguin; Tricia Foster

Artiste ou groupe de l'Ouest canadien par excellence: Allez Ouest; Anique Granger; Ariane Mahrÿke Lemire; Kraink; Michel Marchildon

Réalisateur et arrangeur de disque: Charles Fairfield et Normand D'Aoust: Plus jamais comme avant, Chuck Labelle; Normand Glaude et Brian St-Pierre: Jojo et le Noël des animaux, Jojo; Roy Nichol, Mike Tessier, Peter Nichol et Benoît Brisson: Loin de tout, Médius; Shawn Sasyniuk et Serge Monette: Bad Luck, Serge Monette; Shawn Sasyniuk et Tricia Foster: Commerciale, Tricia Foster

Meilleure pochette: Plus jamais comme avant - Chuck Labelle; Konflit Dramatik - Konflit Dramatik; Que du bonheur pur - La Ligue du bonheur; Commerciale - Tricia Foster; Nouvel Autrefois - XLA

Meilleur groupe: J'envoie; Konflit Dramatik; Le Diable aux Corsets; La Ligue du bonheur; Swing

Artiste solo ou groupe (hors Ontario) s'étant le plus illustré en Ontario: Numéro #; Vulgaires Machins; André; Kodiak; Pascal Lejeune

Auteur, compositeur ou auteur-compositeur par excellence: Andrea Lindsay; Konflit Dramatik; R-Léo; Tricia Foster; XLA


8 janvier 2009, 4:02
Antonine et Viola, tellement plus que la Sagouine!

Nulle autre que la Sagouine en personne séjourne présentement au Théâtre de l'Île de Gatineau, amorçantde belle façon l'année culturelle. La Sagouine? Pas tout à fait. Il s'agit plutôt la comédienne qui a appliqué le maquillage vieillissant, cernant et encrassé de ce personnage mythique ces 37 dernières années. La grande Viola Léger. Mais ce n'est pas pour enfiler pour une énième fois les haillons de la Sagouine que la comédienne est revenue à Gatineau, mais plutôt pour visiter d'autres grandioses personnages féminins de son amie et auteure fétiche, Antonine Maillet. À l'initiative du directeur artistique sortant et metteur en scène, Gilles Provost, Viola Léger endosse les personnages de Aglaé, Babée et Marichette dans ce spectacle intitulé Antonine et Viola, c'est pas juste la Sagouine! Ce n'est pas juste la Sagouine, en effet. La première a écrit nombre de romans et de pièces de théâtre qui passeront à l'histoire, alors que la seconde a campé un éventail de rôles avec brio (dont le plus récent Grace dans Grace et Gloria),- représentant à maintes reprises son Acadie natale à l'étranger.

D'une rigueur sans égal, Viola Léger a répété ses rôles avec l'équipe de production pendant quelques semaines de rôdage avant de nous présenter hier la première de ce spectacle confectionné sur mesure. Dans la première partie, elle nous fait ainsi découvrir ce trio de femmes fort distinctes. C'est là qu'on voit tout le génie de Mme Léger... Aglaé se résigne à son statut de vieille fille en faisant le récit de son amour éternel... Viola y est absolument touchante en amoureuse de 72 ans aux yeux pétillants. Babée observe depuis son cercueil le déroulement de ses funérailles. Chapeau à l'équipe de production: cette idée d'avoir placé le personnage de façon couchée-debout (à la manière de La Petite Vie) est d'une efficacité redoutable! Livré à un débit rapide, Babée y va de commentaires cocasses, rigolos et morbides (!!); Viola lui ayant trouvé un rire quasi démoniaque! Enfin, on assiste à une soirée de bingo en compagnie de Marichette, la plus désopilante du trio. Accoutrée comme une Floridienne avec un penchant pour le rose criant, elle étale ses porte-bonheurs et maudit ses rivales qui remportent des parties; priant tous les saints pour gagner le gros lot... Ce seul numéro aurait valu à lui seul le déplacement! On y a vu tout le talent comique et l'énergie de ce petit bout de femme. Une première partie toute en nuances, donc, qui illustre bien la polyvalence et l'étendue du talent de la comédienne.

Dans la deuxième partie, c'est Viola qui s'adresse directement aux spectateurs. Elle se fait d'abord bonne conteuse en racontant l'épisode qui a mené son personnage de la Sagouine dans un festival de théâtre amateur de Monaco. Quand la réalité se fait aussi cocasse et rigolote que la fiction! Le spectacle se complète par un bout de monologue de la Sagouine. Cette dernière partie s'amalgame un peu moins bien à l'ensemble, selon moi. Il est certes pertinent d'avoir choisi un segment de la pièce où la Sagouine revient sur la «belle année» qui vient de se terminer, mais peut-être aurait-on pu accorder plus d'attention à cette clôture. Surtout en songeant à l'attente créée chez le spectateur. Si on a préparé décor et costumes pour les trois premiers personnages de la première partie, pourquoi ne pas offrir pareil traitement à la Sagouine? Sans tout arborer maquillage et costumes, un cadre plus éloquent aurait été pertinent, à mon avis.

Belle idée par ailleurs d'avoir demandé au comédien Roger Labelle de s'occuper du changement de décor sans l'usage des noirs: avec la démarche d'un clown, il a su divertir le public, le temps que la comédienne passe d'un tableau à un autre... Somme toute, un spectacle d'où on sort en se sentant privilégiée d'avoir vu à l'œuvre cette légende vivante du théâtre canadien, au sommet de son talent! Rien de moins!

Ne manquez pas cette chance!


7 janvier 2009, 3:11
Chemin faisant

L'année ne cumule pas encore une douzaine de levers de soleil que déjà les chaînes télévisées nous catapultent leurs canons hivernaux. Le retour de téléromans à succès, les nouvelles saisons des séries bien-aimées et quelques nouveautés se disputent les cotes d'écoute dans leur créneau horaire respectif.

Au milieu des émissions d'affaires publiques, humoristiques, dramatiques et autres se distingue du lot une série documentaire, entièrement créée par la boîte de production ottavienne Balestra, qui aborde une question jusqu'alors peu exploitée par le média télévisuel... La Croisée des chemins s'intéresse aux récits de personnes ayant déjà rencontré sur leur chemin un carrefour, dont la traversée a changé le cours de leur existence. Après une première saison applaudie, voilà que la deuxième propose 13 épisodes où 26 personnalités des mondes politique, artistique, sociocommunautaire ou autre, partagent leur histoire.

Joint au téléphone, l'idéateur et réalisateur Mark Chatel (photo) explique que c'est par l'intermédiaire du bouche à oreille et des médias qu'il a recruté ses invités... «C'est toujours impressionnant de voir ces gens-là à l'œuvre et de creuser pour découvrir qu'ils faisaient complètement autre chose auparavant. Il y a donc eu un événement déclencheur, une bougie d'allumage», illustre Mark Chatel, qui rappelle que ce n'est pas tant la destination qui importe dans de pareils cas, mais bien le voyage.

Parmi les invités de la saison 2, il y a Laure Waridel, cofondatrice d'Équiterre, et Blaise Fortier, cofondateur de Jeunes Musiciens du monde, qui ont en commun d'avoir vu leur vie transformée après un voyage à l'étranger. Un autre épisode croise les histoires d'anciens membres de gangs de rue: Patrick Caya, maintenant rappeur et travailleur de rue, et Ali Nestor, qui a ouvert une école d'arts martiaux pour aider les jeunes écorchés. On découvre aussi les mutations fascinantes de Philippe Fehmiu, du Dr Gilles Julien, de la journaliste Karina Marceau, des comédiens Jean-Marie Lapointe, Marc-André Coallier et Robert Maltais... Des gens de la région se sont aussi ouverts au réalisateur: Roger Monderie raconte ce qui l'a mené à créer sa «Journée de rêve»; Suzanne Fitzback explique comment le deuil l'a aidée à accompagner les gens en fin de vie; Robert Savoie relate comment il a transformé sa colère envers le meurtrier de son père en pardon...

Célébration de l'humilité

Pas facile aujourd'hui de traiter de recueillement, de recherche de soi ou du sens de la vie sans tomber dans le mélo, le Jell-O ou la promotion de telle croyance ou lubie. Mark Chatel a réussi l'exploit en misant d'abord et avant tout sur l'humilité. «Ces personnes ont toutes en commun de s'être retrouvées un jour à genoux face à la vie, d'avoir baissé les armes. Elles nous racontent que c'est dans un moment d'humilité qu'elles ont compris quel chemin emprunter pour approfondir leur intuition. Un côté altruiste s'est éveillé en elles avec un besoin de redonner à la société.»

À l'heure où le modèle de société tangue et ne semble plus faire l'unanimité, cette philosophie séduit de plus en plus les conscientisés. «Je pense que tôt ou tard, la vie nous conduit à une croisée des chemins, on n'y échappe pas», de constater M. Chatel, qui a lui-même vécu cette prise de conscience.

Si tous les participants ont en commun d'avoir emprunté le sentier, ils sont aussi tous passés à l'action en épousant une cause leur tenant à cœur, se rapprochant le plus possible de leur réelle nature. Là-dessus, le réalisateur n'a en rien freiné les invités, qui expriment leurs croyances librement. Qu'ils évoquent l'Évangile, une force invisible, le ciel, l'univers, le pouvoir humain, Antoine de Saint-Exupéry ou leur dévouée mère, tous partagent une foi incontestable en la vie. Les propos des invités sont appuyés par des psychologues reconnus, tels que Rose-Marie Charest et Pierre Faubert, qui viennent donner un point de vue lucide et éclairant.

La saison 2 de La Croisée des chemins sera diffusée dès le 11 janvier à 17h30 en Outaouais et en Ontario, sur les ondes de Radio-Canada. Une troisième saison serait déjà en boîte, portant à 78 le nombre de protagonistes interrogés.

Pour en savoir plus sur Balestra Productions et ses récentes réalisations (dont RadArt à TFO et le documentaire sur la pauvreté infantile au Canada, La Faim d'un pays), visitez le www.balestra.tv.


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