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Pop Culture Gatineau
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Je blogue, tu blogues, il blogue... Plate-forme sur la vie culturelle à Gatineau-Ottawa où bribes quotidiennes et autres divagations s'entassent et s'accumulent allègrement!
10 mars 2010, 2:02
Sauver le Dep

En décembre dernier, l'équipe du Dépanneur Sylvestre lançait un cri d'alarme à sa communauté: pour assurer sa survie, l'organisme avait un urgent besoin de ressources humaines et financières. Grâce à une réponse favorable, le petit dépanneur «pas comme les autres» de la rue Fortier (Hull) a évité la fermeture, mais rien n'est encore gagné. Depuis sa fondation en 2002 par un groupe de citoyens engagés, le «Dep» (pour ses nombreux habitués) n'a jamais perdu de vue sa vocation particulière: offrir un «espace d'inclusion, de diversité culturelle et de solidarité sans frontières». La porte du bâtiment orange a toujours été grande ouverte à tous, et nombreuses sont les raisons de s'y arrêter: repas thématiques, conférences, concerts, ateliers, films, comptoir de prêt-à-manger, service de traiteur, service Internet, mais aussi, aide aux gens vivant de l'exclusion (problèmes de santé mentale, de consommation, sortie de prison, dépression, solitude, etc.).

Jusqu'à maintenant, ces services à la communauté ont été rendus possibles sans la moindre subvention. Or, à l'aube de sa neuvième année, les fondateurs du Dep - à bout de souffle - doivent se rendre à l'évidence: une restructuration majeure s'impose pour permettre d'obtenir un financement récurrent pour ces services d'inclusion uniques dans la région. Le Dep entreprend ainsi l'imposante valse des demandes de subvention aux bailleurs de fonds, parmi lesquels l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais. «Les fondateurs ont voulu conserver une pleine autonomie, mais on est maintenant dans un cul-de-sac: c'est ça ou la fermeture. Je pense qu'il y a moyen de garder l'esprit du Dépanneur avec les subventions», de préciser Nadia Fleury, membre du comité administratif.

Autre mesure envisagée dans la restructuration: le développement et la rentabilisation de la coopérative en transformation agroalimentaire. En plus d'offrir son service de traiteur, le Dep songe à prêter ses cuisines à ceux qui aimeraient développer une entreprise ou une gamme de produits, comme l'ont fait avant eux les Baraka et La Belle Verte - qui volent maintenant de leurs propres ailes. Un appel serait en outre lancé aux maraîchers, dont les surplus de récolte pourraient être transformés et revendus.

Vagues d'amour

Bref, bien des projets dans le collimateur pour un Dep qui n'a cessé de recevoir des vagues d'amour de sa communauté - comme en témoigne les dons et la vingtaine de personnes qui ont récemment joint l'équipe -, mais aussi d'ailleurs. En plus des prix et distinctions remportés et des visites de délégations extérieures qui souhaitent démarrer des initiatives similaires, le Dep peut compter sur l'appui d'ambassadeurs inestimables. Richard Desjardins est de ceux-là. Le 16 mars prochain, il offrira un troisième concert au profit du Dépanneur. Les billets du spectacle, présenté à guichets fermés, se sont envolés en seulement trois semaines! «Le lien avec Richard est devenu indélébile. Il fait partie de notre famille. Il est dans nos tripes. Un lien de sang s'est créé. Il fait un peu partie de nous...» commente Mélissa Desjardins, du comité de soutien du Dépanneur.

C'est tout ça, le Dep: de la chaleur humaine, de l'entraide, de la créativité...

Consultez le www.depanneursylvestre.net pour connaître le calendrier de ses activités, pour faire un don ou pour joindre l'équipe de bénévoles.


4 mars 2010, 11:38
Croquer les oeuvres d'art

Permettre aux visiteurs de prendre des photos d'œuvres dans les musées? Voilà une question épineuse à laquelle se frotteront sans doute nos institutions nationales dans les mois à venir. En effet, devant le nombre accru de musées européens et américains qui le permettent désormais, et en réaction aux principes d'accès libre au savoir revendiqués par des plateformes Web telles Wikipédia, Flickr et compagnie, les musées du Canada pourraient être appelés à se positionner.

Selon un article publié dans La Presse [Permettre les photos dans les murs du Musée des beaux-arts?] le 25 février dernier, le Musée des beaux-arts de Montréal étudierait présentement la possibilité d'autoriser les caméras sous son toit. D'autres établissements québécois tels le Musée national des beaux-arts du Québec et le Musée d'art contemporain de Montréal y songeraient également.

Tous droits réservés

Étrange comme cette règle absolue cerclée de rouge est ici observée religieusement, sans qu'on ne la remette en question. Pourtant, dans quelques grandes villes d'Europe, les visiteurs s'étonnent plutôt du contraire. «Pas de flash? Je veux bien, oui, il peut abîmer les œuvres. Pas de caméra? C'est pas sérieux!...» Il faut dire que les vieux continents sont plus riches que le Canada en matière d'œuvres d'art âgées d'au moins un siècle et dont le copyright est expiré. Et c'est principalement au sujet de ces œuvres millénaires que le débat a lieu - les œuvres contemporaines étant plus efficacement protégées.

Le règlement est à ce point enfoui que le Québécois moyen à qui on autorise de croquer des œuvres d'art dans un musée à Paris, Stockholm ou Bruxelles court le risque de se transformer en Japonais devant le château de Disney... Clic, clic, clic! Croyez-en mon expérience: ma surprise fut si grande lors de voyages en Europe que je n'ai pu résister à poser à côté de ce Monet que ma mère aime tant, ou à essayer de cadrer l'immense tableau de Gustave Courbet que j'avais étudié dans ses moindres détails à l'université... Or, après quelques minutes, mon enthousiasme s'est amenuisé: seuls les touristes semblaient s'activer de la sorte. Bref, voilà l'expression d'un réflexe puéril ayant pour résultat des photos de qualité médiocre - la lumière et la perspective posant souvent problème dans les musées...

Pourquoi autoriser les kodaks, alors? À l'ère où les musées virtuels champignonnent sur le Web et rendent accessible du contenu qui, autrement, s'empoussiérerait dans des archives que plus personne ne consulte, il semble tout indiqué que les musées nationaux montent à bord de ce train déjà en marche. Parce que toute initiative pour rendre l'art encore plus interactif et accessible et pour faire circuler les œuvres ne s'avère jamais vaine. Parce qu'une industrie artistique vivante en est une de partage, d'enrichissement et de mise en valeur du patrimoine.

Aussi, grâce à des organisations sans but lucratif comme Wikipédia, Flickr et Creative Commons, les internautes, amateurs d'art, étudiants en histoire de l'art et artistes peuvent interagir avec les collections muséales comme jamais auparavant. Par exemple, Creative Commons met à la disposition des artistes contemporains des contrats flexibles de droits d'auteur pour la diffusion de leurs créations.

Les musées de la région emboîteraient-ils le pas à leurs institutions cousines si elles en venaient à autoriser les caméras? L'avenir nous le dira. Peu importe la direction que prendront nos musées, je persiste à penser que rien ne vaut l'appréciation d'une œuvre ou d'une expo par les sens et non pas à travers la lentille d'une caméra... Les avis divergent sur la question... Le débat est lancé!


24 février 2010, 4:23
Des demains rayonnants

Il y a 20 ans de cela, les acteurs principaux de la scène musicale franco-ontarienne se réunissaient, à l'initiative du Conseil des arts de l'Ontario, dans une suite d'hôtel à Toronto. Pas question qu'âme qui vive ne sorte de là sans avoir établi les fondements d'une organisation qui viendrait soutenir l'«industrie» sinon inexistante, du moins en carence de tout (soutien, infrastructures, distribution, promotion, mise en marché). Dans un esprit de solidarité et de fraternité digne des coopératives de l'époque, l'Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) voyait le jour le 5 mars 1990. À sa tête, des artistes qui allaient faire valoir eux-mêmes leurs besoins et les enjeux auxquels ils étaient confrontés. Parmi les fondateurs et passeurs de flambeau, les toujours actifs Paul Demers (photo), Jean-Paul Gagnon et Jean Malavoy.

Des ratés, des conflits, des rivalités, l'APCM en a encaissé au fil des ans, mais l'organisme compte aussi sa part de réussites et de bons coups. Un perfectionnement qui a atteint un nouveau sommet en 2007 alors que l'APCM amalgamait ses services en un système en quatre étapes. On imagine alors un chemin tracé pour l'artiste en herbe: après la première expérience de scène et les ateliers de formation que lui offre le festival en milieu scolaire Quand ça nous chante, il passe par le gala Ontario pop dédié à l'émergence musicale. Il profite ensuite des services de formation, de promotion, de distribution, de diffusion, pour finalement voir son travail célébré lors du Gala des prix Trille Or.  Que les étapes soient sautées ou entrecroisées importe peu puisque chaque palier profite de la force du système.

 

La majorité

Vingt ans, l'âge de la maturité qui vient avec la majorité, donc, puisque l'industrie musicale franco-ontarienne ne s'est jamais aussi bien portée. On n'a qu'à observer la décennie qu'a pu traverser un groupe comme Swing et les talents bruts et éclectiques qui ont émergé au fil des ans (Damien Robitaille, Andrea Lindsay et le petit dernier, Louis-Philippe Robillard). Ainsi, dans des conditions beaucoup plus viables, les artistes franco-ontariens ont maintenant droit à de vrais lancements de disque, à des scènes où briller, à des tournées de promotion, à une distribution efficiente, etc. Si bien qu'on se les arrache de plus en plus à l'extérieur de leurs terres.

Un parcours et des acquis qui seront célébrés par des membres et des partenaires de l'APCM tout au long de cette année qui culminera avec le Gala des prix Trille Or 2011. À commencer par le Spectacle 20e anniversaire le 27 février au Collège Samuel-Genest, qui compte un nombre limité de billets mais qui sera télédiffusé le 7 mai à 19h par Radio-Canada. Les vétérans Marcel Aymar, Paul Demers, Philippe Flahaut, Bobby Lalonde, Robert Paquette, Yvan Vollé seront rejoints notamment par les Anique Granger, Jason Hutt, Geneviève Toupin et XLA, sous la direction musicale de Nic Carey.

Le 5 mars, le plancher de la Quatrième Salle du CNA sera occupé par quelques membres de la nouvelle cohorte d'artistes: Gabriel Bouchard, Mehdi Cayenne Club, Ariane Mahrÿke Lemire et Louis-Philippe Robillard. Une occasion de voir de quoi seront faits les demains de la chanson francophone en Ontario. Et ainsi suivront d'autres fêtes musicales au fil des mois, comme ce concert de Damien Robitaille au Bar 1848 de l'Université d'Ottawa le 18 mars (Neil Lefaive assurera la première partie). Suivez le calendrier en évolution au www.apcm.ca.


17 février 2010, 4:33
L’été sera Pop!

 Damien Hirst, Daniel Oliver et Christopher Oliver (détail), 2009. Installation présentée lors de Pop Life au Tate Modern, Londres, 2009. Photo: Damien Hirst, avec l’autorisation de Science Ltd., Londres. Avec l’autorisation du Tate.

Deux jumeaux identiques et habillés de la même façon prennent siège et s'activent des heures durant aux mêmes occupations: lecture, tricot, mots croisés, manucure... Derrière eux, les fameuses dot paintings de l'éminent artiste britannique qui signe aussi la performance: Damien Hirst. Par cette entreprise, le célèbre plasticien (l'un des artistes visuels les plus chers au monde) suscitait la réflexion sur les thèmes de l'apparence, de l'individualité, de la mise en scène. C'était en 1992, à la foire artistique Unfair de Cologne, et ça a fait l'événement. Cet été, l'histoire se répète...

Dans la foulée du dévoilement de son exposition estivale, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) lance un avis de recherche: les jumeaux âgés de 18 ans et plus, de taille, stature et apparence similaire (coupe et couleur de cheveux conformes svp!) peuvent soumettre leur candidature dans l'espoir de devenir une œuvre d'art - un cachet et une photographie signée Hirst en prime (formulaires disponibles sur le site de l'expo). Quel écho aura cette perfo en 2010, à l'ère des médias sociaux, de l'individualité, de la superficialité? Un lot de questions qui feront à coup sûr «l'événement» dans le cadre de l'exposition La Vie en Pop. L'art dans un monde matérialiste. Dévoilée plus tôt cette semaine lors d'une avant-première médiatique, cette exposition organisée par le Tate Modern de Londres sera présentée en exclusivité nord-américaine du 11 juin au 19 septembre prochain.

 

Des affaires en art

C'est toujours dans un état d'excitation mêlée à de l'incertitude que j'anticipe le dévoilement de l'exposition estivale du Musée des beaux-arts du Canada. Est-ce que l'établissement va privilégier une exposition tranquille (De Raphaël à Caracci. L'art de la Rome pontificale en 2009), sans surprise (Les Paysages de Renoir en 2007)? Ou va-t-elle une fois de plus oser innover sur le plan thématique, comme avec la lugubre Les Années 1930. La fabrique de l'homme nouveau en 2008 ou la ludique Grande Parade. Portrait de l'artiste en clown en 2004?

Avec cette grandiose expo qui mêle art contemporain, marketing et médias, pas de doute, il innove! Que ceux qui enviaient les Montréalais de recevoir Warhol Live l'été dernier se réjouissent: une quinzaine des plus rebelles artistes des 20 dernières années seront représentés, dont Warhol, mais aussi Jeff Koons, Richard Prince, Keith Haring, Tracey Emin, Damien Hirst, Takashi Murakami, Martin Kippenberger. Nous y découvrirons comment ces flamboyants personnages (pour la plupart) ont mis leur notoriété et leur talent à profit pour créer leur propre marque iconique - certains faisant usage de stratégies souvent controversées.

«Faire de bonnes affaires est le meilleur art qui soit.» Cette maxime de Warhol ouvre l'exposition. Et vlan! Le message est clair: pour apprécier cette pop-expo, il faut clairement mettre au rancart les codes rigides que promulguent les historiens et spécialistes de l'art pour apprécier une œuvre. On porte plutôt nos lunettes roses, on chausse nos Converse, on enfile notre chandail American Apparel et on traîne notre sac à main Gucci, puis on se laisse manipuler par les tableaux, dessins, vidéos, installations, sculptures et autres œuvres éphémères de ces concepteurs actuels à qui rien n'échappe: de la création à la mise en marché, en passant par quelques heureuses digressions.

Le décompte est commencé sur le www.beaux-arts.ca/lavieenpop. Apparemment, nous ne sommes pas les seuls à attendre avidement!


10 février 2010, 8:44
Une nouvelle voix dans la cité

Une webradio qui donne un micro à ces voix originales, pertinentes, fortes qui méritent d'être entendues dans la cité, voilà l'entreprise de Stéphane Vigneault, qui lance ce mois-ci Gatinorama. Sans critiquer ce que font déjà les médias de masse, le Gatinois, qui travaille dans le domaine des communications et de la culture comme pigiste, souhaite surtout profiter d'un média où le facteur temps n'est pas une contrainte absolue. Une formule où il a la liberté de discuter longuement avec un invité pour ensuite réaliser une émission constituée de morceaux choisis, totalisant une vingtaine de minutes. «Je suis toujours étonné de constater que, contrairement à ce que plusieurs croient, les enjeux sociopolitiques de notre ville soulèvent beaucoup d'enthousiasme. En discutant avec ces gens, du voisin épris de sa ville au spécialiste universitaire, je me prends souvent à penser "ces opinions mériteraient une large diffusion". C'est comme ça que Gatinorama est née», écrit sur son site l'instigateur de la webradio bimensuelle, disponible gratuitement en baladodiffusion.

L'épisode no 1, qui a été mis en ligne le 4 février dernier, donne le ton. Stéphane Vigneault y interviewe Lise Bissonnette, ex-directrice du Devoir et présidente de Bibliothèque et Archives nationales du Québec de 1998 à 2009. Celle qui a parcouru le Québec pour convaincre du bien-fondé d'une refonte des bibliothèques au Québec a étudié à l'école normale Saint-Joseph de Hull. En faisant état de son expérience à Montréal et dans la province, elle y explique pourquoi Gatineau ne devrait pas hésiter à se doter à son tour d'une grande bibliothèque.

Est-ce que Gatinorama contribuera à faire mousser le projet «tabletté» par la Ville de Gatineau? L'avenir nous le dira, mais déjà, les internautes réagissent sur le site et alimentent un forum sur le sujet...

Stéphane Vigneault a aussi mis en ligne l'épisode no 0 - où il tend le micro à Alexandre Dumas, un sociologue qui se penche sur la santé des populations défavorisées de l'île de Hull et de Pointe-Gatineau. D'abord projet pilote, l'épisode avait récolté de si bons commentaires lors des focus groups qu'il a été mis en ligne.

Avec une liste d'invités potentiels encore à contacter, Stéphane Vigneault souhaite entre autres se concentrer dans les semaines à venir sur les sujets de l'urbanisme (notamment du Vieux-Hull), de l'architecture ainsi que du développement de Gatineau depuis les années 70 jusqu'à aujourd'hui.

À piloter le projet depuis quelques mois, le résident de Val-Tétrault arrive à ce constat: plus il creuse ses sujets et rencontre les intervenants, plus il donne un sens pluriel à son slogan, «Rendre audible un autre Gatineau». «Avec l'épisode de la grande bibliothèque, c'est un Gatineau possible, alors que dans celui d'Alexandre Dumas, c'est un Gatineau que l'on a sous le nez mais que l'on ne connaît pas ou peu. Les épisodes futurs vont sans doute donner d'autres significations.»

 

Organique et franche

Fait étonnant: Stéphane Vigneault n'avait pas de connaissances particulières dans le domaine de la radio, et encore moins d'Internet - il se qualifie lui-même de «technouille» -, avant de se lancer dans le projet. Il a appris sur le tas, en s'inspirant notamment de la populaire émission This American Life et de son animateur Ira Glass, qui a publié beaucoup de documentation sur la public radio, comparable ici à la radio communautaire. Pour meubler ses épisodes de quelques «respirations» musicales, Stéphane Vigneault pige dans le site freemusicarchive.org, où les pièces sont téléchargeables légalement et gratuitement. Il n'exclut pas d'inclure des pièces musicales d'artistes locaux éventuellement, soucieux qu'il est d'offrir un produit «100 % Gatineau».

Son approche a pour effet de conférer à l'émission une facture organique, artisanale, quoique sincère et fort bien exécutée. «Mon souci premier, c'est d'avoir soit des sujets soit des invités gatinois. Je cherche des individus qui ont déjà un discours articulé, bien informé, sur des sujets d'affaires publiques ou autres. Je ne produis pas une émission d'enquête. J'agis plutôt comme un porte-voix», rappelle celui qui invite les internautes à lui suggérer des invités via le site.

Visitez le www.gatinorama.com pour en savoir plus sur l'abonnement gratuit (très bien expliqué) à la baladodiffusion. Une nouvelle voix se fait entendre dans la cité... Suffit de prêter une oreille attentive.

 

** le logo est une création de Simon Guibord


3 février 2010, 4:03
Capter le vif des sujets

Dirty Oil de Leslie Iwerks s'intéresse aux dessous de l'industrie des sables bitumineux. En première canadienne au WIFF.

Alors que les films de science-fiction technologiques battent des records et se hissent dans la course aux Oscars, leur antithèse formelle, les documentaires, gagnent toujours du terrain dans la faveur populaire. Au tournant de la première décennie des années 2000, il semble que cette forme cinématographique et télévisuelle soit essentielle pour ses qualités informatives, à l'heure des grandes corruptions, manipulations, crises et autres tragédies naturelles. Devant de tels documents, le spectateur se reporte souvent à son devoir citoyen d'être avisé, de comprendre le monde, de prendre la pleine mesure d'une réalité, etc. Or, comment peut-il en consommer à sa faim alors que les grandes compagnies de production et les salles de cinéma l'encouragent si peu...

 

Une bouffée d'idées

Devant ce constat, mais aussi pour aider une industrie canadienne en déconfiture, le cinéaste et producteur de la région Robert Rooney (aidé par sa femme Brenda) lance cette semaine le tout nouveau Festival du film international de Wakefield (dont le sigle WIFF, en anglais, est des plus évocateurs...), qui se consacrera principalement au cinéma documentaire, dans tout ce qu'il a de vibrant, percutant et indispensable.

Investissant le deuxième étage du Café Molo de la municipalité de La Pêche, l'événement propose, pendant huit dimanches consécutifs, une série de films primés, suivis de discussions avec réalisateurs, producteurs, experts, etc. Pour faire la sélection des films, Robert Rooney a fouillé dans les programmes de festivals mondiaux, à la recherche des films les plus «récents, excitants, chauds, pertinents», de résumer Brenda Rooney au bout du fil. Du nombre, quatre documents sont canadiens: Antoine, de Laura Bari, suit les aléas quotidiens d'un garçon de cinq ans né prématurément et aveugle; Last Train Home, de Lixin Fan, aborde l'exode de 130 millions de Chinois à l'occasion du Nouvel An chinois; Act of God, de Jennifer Baichwal, traite du phénomène des éclairs, du tonnerre et de la foudre; alors que L'Encerclement. La Démocratie dans les rets du néolibéralisme, de Robert Brouillette, aborde l'idéologie néolibérale et ses différents mécanismes. La première édition est complétée par The Yes Men Fix the World d'Andy Bichlbaum, The Age of Stupid de Franny Armstrong et The Betrayal d'Ellen Kuras. En ouverture ce 7 février: Dirty Oil, un documentaire-choc sur les sables bitumineux du nord de l'Alberta, narré par l'actrice canadienne Neve Campbell. Pour connaître l'horaire des films: http://www.wakefieldfilmfestival.ca/.

***

En plus d'ajouter au rayonnement du village de Wakefield, déjà légendaire - avec son pont couvert, son Black Sheep Inn, son Moulin, son Festival des récoltes, son sceau équitable, sa petite communauté tissée serré, etc. -, le WIFF pourra profiter, dès 2011, du nouveau centre culturel de 200 places qui y sera construit. «Il nous apparaissait propice que le WIFF se tienne à Wakefield: la communauté a toujours soutenu ses artistes et le pionnier du cinéma documentaire indépendant au Canada, Budge Crawley, a eu son studio à Chelsea des années durant! Tous les éléments étaient donc rassemblés», constate Brenda Rooney. Le festival vient en outre remplir un vide qu'a laissé en 2007 un autre événement cinématographique à vocation spécifique de l'Outaouais, le Festival Images et Lieux de Maniwaki, qui se consacrait au cinéma rural. Cette fois encore, une occasion de voir des films exceptionnels qui ne circulent pas dans les circuits habituels.


27 janvier 2010, 2:33
Petits gestes

Le malheur qui s'abat sur Haïti et les défis que comporte sa survie et sa reconstruction nous pèsent lourd et on ne sait plus où donner de la tête pour venir en aide aux sinistrés. Se tourner vers le tourisme humanitaire? Les organismes tels Oxfam-Québec n'envoient que des coopérants bien entraînés, ou des professionnels pouvant aider... Adopter un orphelin? La patience est de mise puisque les règles d'adoption internationale du pays doivent être observées et que le séisme freine les opérations avec des milliers de néo-orphelins. Pour tous ceux qui veulent bouger, agir, participer, mais qui n'ont pas les moyens ou les ressources nécessaires pour le faire concrètement sur le terrain ou depuis leur foyer, il reste toujours le don. Mais encore une fois, où donner de la tête? Quel organisme choisir? À quelle occasion? Attendre les téléthons pour parler à une vaillante téléphoniste? Ou sa prochaine visite à l'épicerie? Comment savoir si les sous se rendent à bon port et qu'ils ne sont pas égrainés dans mille et une sous-étapes?

À tous ceux qui, comme moi, cherchaient avidement une occasion favorable et digne de confiance pour donner, je suggère d'encourager les initiatives locales, qui rivalisent en créativité et en débrouillardise. En voici, en vrac.

Dîner-bénéfice du Centre national des Arts au profit de CARE Canada pour venir en aide aux victimes du séisme. Les plus grands chefs d'Ottawa, dont  Michael Blackie (Café du CNA), Matt Carmichael (Eighteen), Jim Foster (Pelican Grill), Cesare Saintaguida (Vittoria Trattoria) et Duane Keats (Luxe Bistro) concocteront pour l'occasion un grand repas gastronomique à l'aide de produits offerts gracieusement par des entreprises de la région. Billet au prix de 120 $. Le 28 janvier à 18h. www.nac-cna.ca

Here for There. Artists for Haiti Fund Raising Event. La Galerie La Petite Mort réunit plus d'une soixantaine d'artistes locaux pour cette collecte de fonds où 100 % des ventes d'œuvres d'art iront à Vision Mondiale Canada, avec promesse du gouvernement d'égaler le montant amassé.  Le 28 janvier de 19h à 22h. www.lapetitemortgallery.com

Panel sur la crise humanitaire en Haïti et collecte de fonds de l'Université d'Ottawa réunissant cinq professeurs et experts, avec Evan Solomon de la CBC News Network comme modérateur. Le jeudi 28 janvier à 11h30 au pavillon Desmarais. Réservations en ligne.

Je t'aime Haïti: une «chapelle ardente de poésie, de mots et de gestes» organisé par l'Association des auteures et auteurs de l'Ontario français (AAOF), le 30 janvier à 19h à La Nouvelle Scène. Les dons recueillis seront remis à l'UNICEF. Un collectif hommage à Haïti devrait résulter de cet effort et être publié ce printemps dans une maison d'édition régionale. Entrée libre. www.aaof.ca

Haïti Chérie, un spectacle-bénéfice organisé par l'Association des auteurs et auteurs de l'Outaouais (AAAO) mettant à l'honneur des textes d'auteurs haïtiens et de la région, en lecture et en chant. Le 7 février de 14h à 16h à l'auditorium du Cégep de l'Outaouais. Contribution volontaire. www.aaao.ca

Imagine Haïti: un événement de bienfaisance organisé par la Galerie d'art d'Ottawa qui comprend des performances, des vidéos (Korbett Matthews et Robin Lloyd), de la musique (Ian Tamblyn), des œuvres d'art visuel (photographies de Bill Rankin) ainsi que des présentations (Robert Fox de la Coalition humanitaire, Jean Saint-Vil du Ottawa Haiti Solidarity Committee), avec Adrian Harewood de la CBC News Ottawa et Oni, la sensation haïtienne, à l'animation. Rafraîchissements offerts par Thyme and Again. 100 $ pour le public et 50 $ pour les étudiants ou artistes. Les fonds amassés seront remis à la Coalition humanitaire, un réseau qui réunit CARE Canada, Oxfam-Canada, Oxfam-Québec et Aide à l'enfance Canada. Le 15 février dès 18h. Info: www.galeriedartdottawa.ca/haiti

Journée de deuil, d'espoir et de solidarité avec le peuple haïtien. Organisé par l'Organisation Têtes Ensemble Internationale SOS Haïti (OTEI SOS Haïti), cet événement vise à réunir et à réconforter les 10 000 Haïtiens vivant des deux côtés de la rive. Le 7 février au parc Lansdowne. En attente de commanditaires. Info: www.oteisoshaiti.org

***

La liste est incomplète, il va sans dire. Et plusieurs organisations ont déjà réalisé leur collecte (Conservatoire de Gatineau, commerçants du Vieux-Hull, etc.) Je vous encourage à vous informer, dans votre quartier, des «débat-o-thon», «spinnothons», lave-autos et autres campagnes scolaires ou communautaires où vous pouvez faire des dons, tout en soutenant un geste local porteur de sens et d'espoir...


27 janvier 2010, 2:30
De la race en Amérique: paroles essentielles...

Les représentations de De la race en Amérique prenaient fin samedi dernier, le 23 janvier, dans la salle de La Nouvelle Scène, version cabaret, pour une plus grande convivialité. Croisée à mon arrivée, la directrice artistique du Théâtre du Trillium Anne-Marie White me raconte à quel point la réception de ce spectacle est inattendue. Les spectateurs ont été nombreux et ils ont été touchés, émus, ébranlés par cette prestation hors norme. Qui aurait pu prévoir que le jour de la première, Barack Obama allait perdre sa majorité au sénat avec l'élection du sénateur républicain Scott Brown dans le Massachussetts? Qui aurait pu envisager que la planète toute entière allait être tournée vers le drame qui touche le peuple haïtien et qui réunit toutes les races dans une seule et même cause: venir en aide aux sinistrés? Ni Anne-Marie White, ni José Pliya, le metteur en scène de cette production de Caravelle DPI (Guadeloupe) n'aurait pu prévoir pareille situation. Et la réponse a été sonnante, comme jamais auparavant.

Pourtant, le spectacle n'est rien de plus ou de moins que le Discours sur la race que Barack Obama avait prononcé à Philadelphie alors qu'il était dans la course démocrate, dans la foulée de la polémique entourant les allégations racistes de son ancien pasteur. Un grand discours qui aura été plus tard comparé à ceux des grands Luther King et Kennedy. Un grand discours que le metteur en scène guadeloupéen José Pliya a voulu traduire sur scène, sans tambour ni trompette. Un travail magistral a dû être réalisée avec le comédien pour éviter les effets de ton, de voix, d'expression qui auraient pu faire incliner le texte dans quelque argumentation ou intention politique.

Dimanche soir dernier, Éric Delor a récité le discours dans une quasi-neutralité. "Une neutralité de ton, non pas une neutralité de coeur", résumera-t-il joliment, lors de la discussion d'après spectacle. Cela a eu pour effet de mettre le texte à l'avant-plan et à le faire briller de milles feux, pour qui veut bien s'y abandonner... Parce que l'approche n'est pas la plus accessible à tous. Après quelques minutes d'écoute, le spectateur pourra se surprendre à regarder ailleurs que la scène pour bien «entendre» les mots et leur sens, et même, à fermer les yeux. Voilà la preuve faite que le texte prend toute la place... Il est toutefois agréable de regarder l'illusion qui est proposée sur scène: un homme métisse, le complet noir, la fameuse cravate bleue ciel controversée, la posture, le lutrin, le micro. Le spectateur qui se laissera porter verra le «film» que propose ce discours. Barack Obama raconte l'histoire du peuple américain, la grande comme la tragique. Il raconte la persécution et la violence à l'endroit du peuple noir... Il raconte sa propre réalité, ses multiples identités. Son lien avec son pasteur, avec sa grand-mère blanche qui a déjà prononcé des propos racistes, xénophobes... Il nous laisse toutefois sur une note d'espoir avec cette histoire d'un vieil homme noir qui a soutenu une jeune femme blanche. Il raconte ce qu'il intitule si gracieusement «le commencement de la perfection». On reconnaît là l'homme qui a semé l'espoir sur l'Amérique et le monde entier. Or, à écouter ce texte et à prendre part à la discussion ensuite, on se rend compte que le vrai sujet de ce spectacle se résume au «vivre ensemble», un thème universel qui sera développé une trentaine de minutes durant, à la suite au spectacle. Des minutes où le "vivre ensemble" prenait racine et où, tous, étaient égaux et sensibles aux mêmes maux, au mêmes combats.

Quelle audace de la part du Trillium d'avoir mis à l'horaire cette lecture hors norme. Cela créera un précédent, j'en suis convaincue. Longue vie à cette tournée d'espoir...

photo: Charles Bah


25 janvier 2010, 4:25
Pi...?!: nous ne sommes pas éternels...

Les Éternels pigistes étaient de passage à Gatineau les 22 et 23 janvier derniers avec leur dernière création: Pi...?!, une comédie grinçante signée Christian Bégin. Suite à une réflexion sur la finitude humaine, l'auteur, animateur et comédien a créé l'histoire du chef cuisinier Manu (joué par Bégin lui-même), qui a survécu à un grave accident et est revenu du néant après 17 minutes de mort clinique. Sa compagne Gabrielle (Marie Charlebois qui signe aussi la mise en scène) n'en peut plus de cette vie de reclus dans laquelle il s'est plongé et qu'il alimente toujours huit mois après l'accident. Elle réclame une soirée entre amis et invite le couple Sue et Pierre-Louis (Isabelle Vincent  et l'efficace Pier Paquette) avec pour seule règle de ne pas aborder le fâcheux et sinistre épisode... Bien évidemment, la soirée tournera au vinaigre. En voulant éviter d'aborder le gros éléphant rose dans le salon, les compères le piétinent et le bousculent d'autant plus. Rapidement, on constatera que tout n'est pas rose dans la relation amoureuse des deux couples, on en apprendra sur leur propre rapport à la mort, à la vie... Un invité impromptu -Marc, le frère un brin dérangé de Gabrielle (joué par l'hilarant Patrice Coquereau) -, viendra ajouter une dose d'humour d'ironie, mais aussi de drame à la soirée.

Devant un décor et une démonstration aussi réaliste et banale, le spectateur peut être appelé à se demander: à quoi bon ce texte au théâtre? Est-ce le médium de choix pour ce texte bavard? Puis, on se réjouit devant quelques scènes comme celles où les cinq protagonistes jouent à la «boulette» à table et cherchent les noms des personnalités à deviner... La musique dans le tapis; on peut alors observer des personnages déstabilisés par l'état de profonde morosité dans laquelle nage Manu, mais aussi par leur propre vulnérabilité - et ce, non sans y voir un clin d'œil à la Dernière Cène. La finale en aura certes surpris plus d'un avec ce jeu de l'ironie du sort qui aura traversé tout le récit et puis, enfin, cette fatalité amère et douce à la fois.Cette soirée aura détruit le cercle que formait ces amis, ces amours, mais c'est sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver.

En somme, un texte sensible, amusant, juste, mais qui aura fait peu de vagues. Et surtout, des comédiens dévoués dont le plaisir de jouer ensemble crève le quatrième mur.


22 janvier 2010, 11:34
La Catapulte: Jean Stéphane Roy succède à Joël Beddows

Le metteur en scène et comédien Jean Stéphane Roy assurera la direction artistique du Théâtre la Catapulte dès juillet 2010. Succédant à Joël Beddows, M. Roy s'est démarqué parmi les nombreux candidats de talent ayant cogné à la porte de la Catapulte pour ce poste convoité. «Jean Stéphane Roy offrait une longue et riche carrière de metteur en scène, comédien, de pédagogue et de formateur qui va nous permettre de pousser encore plus loin le merveilleux travail accompli par "l'équipe Beddows" auprès des publics adolescents et adultes depuis dix ans», de commenter le président du conseil d'administration du Théâtre la Catapulte, Maurice Demers. Ayant œuvré au Québec comme en Ontario, M. Roy a vu ses mises en scène récompensés de nombreux Masques et prix prestigieux. Depuis son arrivée dans la région, il a notamment assuré la mise en scène du Gala des prix Trille Or 2009 et s'apprête à présenter sa mise en scène de Les Médecins de Molière, une coproduction du Théâtre français de Toronto etdu Théâtre la Catapulte, à La Nouvelle Scène du 24 février au 6 mars.


20 janvier 2010, 3:52
Bla-bla stimulant

Le chorégraphe Harold Rhéaume présente sa dernière création NU, lors d'une soirée Pecha Kucha à Québec.

20 présentateurs x 20 images x 20 secondes. Voilà qui résume la formule des soirées Pecha Kucha, qui consistent en des rencontres multidisciplinaires aujourd'hui organisées partout dans le monde. Le concept - 20 participants disposent de 6 min 40 s (20 secondes par diapo) pour présenter un projet en gestation, en cours ou antérieur - a été créé en 2003 par deux designers établis à Tokyo. Leur but: donner une tribune à des designers, architectes, artistes, etc., tout en leur permettant d'échanger, de se réseauter, de s'inspirer au cours d'une soirée urbaine branchée - entractes et DJ compris!

Bien que le phénomène ait champignonné et se retrouve maintenant dans pas moins de 260 villes du monde (dont Québec et Montréal, qui en est à sa 15e rencontre), Ottawa était toujours vierge de forums Pucha Kucha («bruit de la conversation» en japonais). Or, il semblerait que les astres se soient alignés pour 2010 puisque la maison mère recevait l'an dernier, presque au même moment, une demande de quatre candidats souhaitant lancer une cellule ottavienne. Ils forment aujourd'hui ensemble le comité organisateur du Pecha Kucha Ottawa, dont la première édition se tiendra au Théâtre de la Cour des arts le 27 janvier à 20h. Au moins trois autres suivront en 2010 - l'engagement impose un minimum de quatre présentations par année.

En fouillant dans leurs listes de contacts et réseaux respectifs, Marcelle Kimberley (organisatrice d'événements, Ville d'Ottawa), Jean-François Lacombe (prof de design, UQO), Yasaman Sheri (étudiante, U. de Carleton) et Jacques Thivierge (cinéaste, Acadia Films) ont ainsi réuni les 20 premiers participants. Parmi ceux-ci, on pourra voir et entendre l'artiste Mustapha Chadid traiter de sculpture, Christine Moses aborder les enjeux et innovations de la ferme expérimentale, Alëna Iouguina aborder les changements climatiques à travers l'histoire. On trouve aussi au programme l'artiste visuel Thomas Grondin, la directrice artistique de Daïmõn, Marie-Hélène Leblanc, ainsi que le directeur du Musée Bytown, Mike Steinhauer. Simon Guibord sera aux commandes des tables tournantes pour cette soirée à entrée libre.

Rassemblant une faune composée principalement d'étudiants, de professeurs, d'artistes et de professionnels en design ou architecture, les soirées Pecha Kucha attirent aussi leur lot de curieux qui cherchent tout simplement à apprendre et à stimuler leur esprit. «Ce sont des rencontres informelles, intergénérationnelles où les yeux des gens brillent. C'est comme une synapse dont émanent des idées, des projets, et qui grossit au fil des soirées», illustre Jacques Thivierge. Loin de l'atmosphère coincée et froide qui transpire parfois du domaine de la création et du design, Pecha Kucha se présente comme une petite révolution en réunissant tous les joueurs du carré de sable artistique en un seul événement. Fait notable: le comité de la cellule d'Ottawa a aussi eu le bon goût de mêler les communautés francophones et anglophones en organisant une soirée bilingue. Voilà une façon, beaucoup moins ronflante que les séances de conseil municipal, de prendre le pouls du bouillonnement créatif de la région!

Info: www.pecha-kucha.org/night/ottawa

 

 


13 janvier 2010, 3:30
Chausser les lunettes 3D

© Marie-Joël Turgeon

La technologie 3D stéréoscopique aurait été découverte en 1838. Pourtant, il aura fallu attendre les années 2000 pour qu'elle fasse une réelle percée et devienne accessible à monsieur, madame Tout-le-monde, non plus juste aux scientifiques, chercheurs et autres Walt Disney de ce monde. 2010 sera sans doute l'année où explosera le cinéma 3D alors que plus d'une centaine de films tridimensionnels seront lancés, en comparaison d'une quinzaine en 2009.

Pour admirer cette nouvelle cuvée, la région d'Ottawa-Gatineau n'est plus en reste puisque la plupart des complexes de cinéma ont fait l'achat du système de projection numérique nécessaire à les présenter. À la liste: le Cinéma 9, le Cinéma des Galeries Aylmer, le Théâtre IMAX du MCC, South Keys, Coliseum, SilverCity, Kanata 24.  Ainsi, pour une moyenne de 3 $ de plus par billet, le spectateur pourra enfiler une paire de lunettes pour découvrir les images de synthèse informatiques que l'on trouve présentement dans le célébrissime Avatar de James Cameron.

Est-ce que cet avènement annonce une révolution cinématographique? Sans doute, oui, mais je doute fort que le 3D devienne un jour la norme.  Au même titre que le livre électronique ne tuera pas de sitôt les bons vieux bouquins à reliure, je doute fort que les films 3D fassent trop d'ombre au film traditionnel. Pour l'heure, l'accès à la technologie est nouveau, excitant, flamboyant. Or, à long terme, fort est à parier que le format se cantonnera au cinéma de genre, par exemple aux films d'aventure, de science-fiction ou pour enfants. Voir le nouveau Almodovar en 3D? Très peu pour moi, merci. Serais-je devenue vieux jeu? Mon expérience des films 3D m'a fait l'effet d'un pétard mouillé... impressionnante au premier abord, mais qui se révèle finalement comme une coquille à moitié vide. L'œil s'habitue après quelques minutes et comme toujours, c'est l'histoire racontée qui tire notre expérience vers le haut ou vers le bas... D'où mon exaspération devant un film comme Avatar, qui avait tout pour plaire, qui est une réussite esthétique vertigineuse, mais dont le scénario s'avère bien mince et banal. Dommage.

Peut-être la technologie m'impressionnera-t-elle davantage lorsqu'elle servira véritablement le propos d'un cinéaste visionnaire...? D'ici là, comme dirait l'autre, «on ne peut pas arrêter le progrès», alors c'est toutes lunettes sorties que j'observerai ce que le 3D a à nous offrir en 2010 puisque, si on en croit les promesses répétées des grands fabricants d'électronique en concurrence, il envahira tous nos écrans: consoles de jeu, ordis, téléphones, et même télévision! Rendez-vous chez l'optométriste non compris...

 

 


7 janvier 2010, 8:16
Shopping de l'après
  Autrefois strictement réservé aux gens du milieu (agents, artistes, diffuseurs, producteurs), l'événement Contact ontarois - la foire du spectacle de Réseau Ontario - ouvre depuis 2006 ses portes au grand public. La formule a fait boule de neige puisque quatre ans plus tard, RO présente, du 13 au 16 janvier dans le nouveau Centre des arts Shenkman d'Orléans, une 29e édition foisonnante, à l'image du marché du spectacle actuel en Ontario français. Vous l'avez peut-être déjà constaté, les cieux de l'industrie musicale et artistique sont de plus en plus favorables dans la province du trille blanc. Le Gala des prix Trille Or 2009 en témoignait avec faste grâce à une liste de finalistes et de performances plus fournie et diversifiée que jamais. De fait, des organisations telles que l'Association des professionnels de la culture et de la musique (APCM), Réseau Ontario, Théâtre Action et d'autres ne sont pas étrangères au terrain qu'ont gagné les artistes et artisans de la scène artistique ontarienne en rayonnement et productivité ces derniers temps...

Ainsi, avec son marché annuel du spectacle qui comprend du réseautage, de la formation et du perfectionnement pour les gens de l'industrie, et qui met en «vitrine» une brochette d'artistes émergents, RO vient offrir aux diffuseurs et aux producteurs, ainsi qu'aux membres du public, un blitz de «shopping spectacles» pour 2010... Qui a dit que le temps des Fêtes avait anéanti la fièvre du magasinage?

Lors des «Vitrines grand public» et des «Vitrines jeunesse», les artistes invités de différentes disciplines sont donc appelés à se «vendre» pendant une vingtaine de minutes, faisant une démonstration express de ce que promet une soirée en leur compagnie. Sous les projecteurs cette année, on compte des artistes ontariens ou de l'Outaouais tels que Damien Robitaille, le guitariste virtuose Servantès, Mastikédigère (photo), R-Léo, le slameur Medhi, Bam Percussion, les compagnies de danse Corpus et Production Gestuelle, le magicien Daniel Coutu, le Théâtre la Catapulte, le Théâtre français de Toronto, ainsi que le Théâtre Jeunesse en tête.

La liste comprend aussi les talentueux Misteur Valaire, La Patère rose, Marie-Pierre Arthur, 3 gars sul' sofa, Orange Orange et Muna Mingole, pour ne nommer que ceux-là.

Fait réjouissant: en plus de profiter de petites lucarnes dans l'univers de ces artistes, les membres du public peuvent espérer - selon les horaires et l'intérêt des producteurs/diffuseurs - qu'ils seront en performance dans une salle «près de chez eux» au courant de l'année. De quoi cocher les cases de votre immaculé nouveau calendrier 2010!

Info : www.reseauontario.ca

 


23 décembre 2009, 11:24
Débarbouiller 2009

2009. Ce qu'elle a été pour nous, régionalement, sur papier, dans les consciences. Ce qu'on aura le plus retenu de cette année faste en événements et en célébrations... mais pauvre en gains et en expansions. Du moins est-ce l'impression qu'elle nous laisse, ladite «maudite», qui vient sceller la première décennie des années 2000.

Sur fond de crise donc - faut-il le rappeler? -, elle aura tout de même attiré son lot de spotlights et de paillettes, notamment avec la tenue du Gala des prix Génie au Musée de l'aviation du Canada. Une première pour l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, qui privilégiait d'ordinaire Toronto, ce qui a été rendu possible notamment grâce à la détermination de la CCN. Un ballon qui se sera finalement vite dégonflé, le déroulement et les résultats du Gala confirmant plus que jamais le clivage entre le Canada anglais et le Canada français en cinéma. Trois événements biennaux sont venus ponctuer 2009. À commencer par le Gala des prix Trille Or de l'APCM. Déménagé dans le gymnase de La Cité collégiale, l'événement, animé habilement par Rebecca MaKonnen, était méconnaissable par sa qualité et sa rigueur. Une carte de visite qui, espérons-le, achèvera de convaincre Radio-Canada de diffuser le Gala à la télévision en 2011, en plus de le faire à la radio. Autrement, toute une horde d'artistes britanno-colombiens débarquaient à Ottawa pour la Scène Colombie-Britannique, qui succédait aux éditions du Québec, de l'Alberta et de l'Atlantique. De la visite rare des Mother Mother, Alex Cuba et autres Kinnie Starr que venait couronner la diva Diana Krall. Zones théâtrales nous revenait aussi dans une version plus efficace et condensée, comprenant notamment le fabuleux théâtre ambulant de Projet Rideau / Rideau Project, où les communautés théâtrales francophones et anglophones se rencontraient dans les entrailles de la ville.

Au rayon des bons coups - puisqu'il y en a eu -, cochons dans notre liste: la remise en gare du train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield, un joyau touristique de la région; le lancement du projet-pilote du BIXI - on espère que l'étude aura été concluante! -; ainsi que l'ouverture du Centre des arts Shenkman -2010 devrait dévoiler tout son potentiel.

La liste comprend aussi des rayures et griffonnages: la malencontreuse fermeture du Groupe Lab de danse après 40 ans de création ; l'incendie de la Maison de la culture de la Vallée-de-la-Gatineau; la grève des employés de la Société du Musée des civilisations, un conflit de deux mois qui se réglait à temps pour les Fêtes.

Encore d'autres «punaises» ponctuent notre calendrier 2009. La plupart de ces marques s'estomperont vite, d'autres prendront leur temps... Heureusement, le début d'une nouvelle année annonce invention et renouvellement. Pour nous épater encore et nous confondre sans cesse en 2010, on pourra toujours compter sur les artistes, ces bibittes de création intarissables. Je lève mon verre à ces promesses de rendez-vous...
16 décembre 2009, 4:57
Dons de choix

Voilà que tire à sa fin une année de crises qui aura affligé les portefeuilles ainsi que la santé physique et mentale des Canadiens. C'est sous le poids de ces mois difficiles que plusieurs semblent aborder leur magasinage des Fêtes: les ventes de jouets usagés sont en pleine croissance; on établit et publicise des listes de commerces «équitables», etc. Je me plais à espérer que les bulletins de nouvelles annonceront, au lendemain de la période des Fêtes, que la population a été plus généreuse pour les paniers de Noël et autres banques alimentaires et qu'elle a fait des achats plus verts, locaux et équitables... Je rêve en couleurs HD écran plasma? L'avenir le dira. D'ici là, je m'attarde à quelques initiatives locales du milieu des arts qui permettent de réaligner ses destinations shopping.

 

L'art de donner

Travailleurs autonomes pour la plupart, les artistes ont probablement pâti plus que d'autres en 2009. C'est pourquoi il est réjouissant de constater que quelques galeries locales ont eu une petite pensée pour eux en cette fin d'année. Je songe à la Galerie Patrick John Mills, qui présente ce mois-ci l'expo-vente The Art of Giving, où 240 œuvres d'une vingtaine d'artistes locaux sont proposées à prix raisonnable sans que leur hôte ne retienne de commission sur leur vente. Les artistes mettent ainsi le fruit de leurs ventes dans leurs poches, mais ont été préalablement sollicités pour faire don d'une œuvre qui sera remise au Rideauwood Addiction and Family Services. www.patrickjohnmills.com

Le Centre d'exposition L'Imagier se met aussi au diapason de cette mouvance en offrant une première expo-vente de Noël les 19 et 20 décembre. Une trentaine d'artistes et d'artisans - parmi lesquels Cécile Boucher, Dominique Laurent, Hélène Lefebvre, Michèle Provost, Justin Wonnacott, Éric Tardif... - y sont représentés par leurs œuvres ou objets d'art d'une valeur variant de 6 à 350 $. Les fonds amassés contribueront aux projets du centre, un organisme sans but lucratif qui fait la promotion des arts visuels dans la région. www.limagier.qc.ca

Le premier mois d'hiver s'accompagnait d'une bonne nouvelle aussi du côté de la Galerie Montcalm, qui inaugurait sa boutique Signature, le 1er décembre. Les créations originales mises en vente ont été soumises à la suite de l'appel lancé par la galerie en juillet dernier. Parmi les artistes participants, on trouve entre autres Louise Bergeron, Denis Charrette, Solange Nourry, Louise Héroux et Dominique Plastre. Dans une gamme de prix allant de 7 à 300 $, on y trouve notamment des bijoux, des poupées de collection, des vases, des miroirs, des plats à sushis, des sacs réutilisables, etc. Lancée à temps pour la période des Fêtes, la boutique demeurera ensuite permanente, rendant les œuvres d'artistes locaux encore plus accessibles au public. Notez cependant que la galerie-boutique sera fermée pour les Fêtes du 18 décembre à partir de 16h jusqu'au 5 janvier. www.gatineau.ca/galeriemontcalm

Autrement, d'autres galeries proposent des expositions thématiques, telles que la Patrick Mikhail Gallery avec l'expo The Best of the Season, où de nouveaux artistes prometteurs brillent de mille feux (jusqu'au 2 janvier), et la Galerie Calligrammes, qui propose jusqu'au 10 janvier une expo de Noël mettant ses artistes en vedette.

Le LAB tient aussi sa dernière expo-vente de l'année avec une cinquantaine d'œuvres réalisées sur place par ses participants - des jeunes de 16 à 30 ans vivant en marge de la société. Accrochées aux murs: des aquarelles, des méduses, des acryliques et des peintures de dripping à la Jackson Pollock, notamment. Vernissage le 17 décembre à 18h au 76, rue Lois, Gatineau. Le LAB sera ensuite ouvert jusqu'au 22 décembre.

Voilà des adresses où trouver des cadeaux sans pareils tout en encourageant le talent local et sa communauté. Puisqu'un cadeau original qui soulage notre conscience en plus d'encourager un artiste, ça aussi, ça fait du bien - comme dirait l'autre.


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