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Larouche questionne le CAS
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Suite à la parution d'une chronique d'Isabelle Labrie dans le Quotidien, l'homme de théâtre Dario Larouche se questionne quant aux capacités du Conseil des arts de Saguenay (CAS), qui n'a toujours pas donné suite aux demandes de subvention déposées en octobre dernier, alors que ses règlements prévoient que la décision est «confirmée par une résolution du conseil de Ville de Saguenay» et rendue publique à la fin du mois de janvier (source: site du CAS). « (...) compte-tenu des événements qui secouent le milieu culturel depuis quelques mois, les paranoïaques ne tarderont pas à y voir là une marque municipale (...)» Source: Le Cas du CAS, à lire sur le blogue Les Clapotis d'un yoyo.
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En pâture sur le WEB
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Le stress, la patate qui cogne, les bouffées de chaleur. Le voilà à bon port avec quelques minutes d’avance, certain de faire bonne impression avec sa chemise propre et son sourire le plus convaincant. Ce dont il ne se doute pas, c’est qu’il n’a aucune chance d’avoir ce poste. Pas qu’il manque de compétences. Ni qu’il ne paraisse assez bien. Certainement pas que son sourire, finement sculpté plus tôt en se mirant dans le rétroviseur, ne soit assez charmant. C’est plutôt que la personne qui l’accueille a aussi préparé son entrevue. Alors que l’interviewé fouillait dans le cyberespace pour en apprendre plus sur la compagnie, l’intervieweur faisait la même démarche pour mieux connaître le candidat. Et ses recherches furent particulièrement fructueuses. En quelques clics, il en savait plus sur le pauvre diable que sur ses propres enfants. Il a découvert: les allégeances politiques du jeune homme au sourire; ses coups de gueule à propos des nouvelles pratiques de récupération des déchets de la Ville; ses habitudes de consommation; le temps passé à jouer au poker sur Facebook; sa gueule de bois récente sur une plage du Mexique; la façon cavalière dont il a claqué la porte en démissionnant de son dernier emploi, à la suite d’un conflit avec son ancien patron. Ce n’est pas une blague. Les employeurs aussi ont accès à la Toile. Et ils ne s’en privent pas.
Tous les moi
Sachant ça, je me suis demandé… Si je me cherchais une job aujourd’hui – on parle juste pour parler –, qu’est-ce qu’un éventuel employeur pourrait trouver sur mon compte en furetant dans le fouillis des Internet? J’ai googlé mon nom. D’abord, nous sommes plusieurs Jean-François Caron à avoir laissé des traces sur le Web. Je ne vous apprendrai rien si j’affirme que je ne suis pas l’homme fort qui arrive à lever des voitures et qui bat des records canadiens au bench press. Désolé de vous décevoir, moi, les chars, je les conduis, et du bench press, je ne suis même pas certain de pouvoir vous expliquer ce que c’est. Je ne suis pas non plus l’attaché politique de Sylvain Gaudreault, et je n’enseigne pas à l’Université du Québec à Chicoutimi. Je ne suis guère plus le dramaturge (La Nature même du continent, Saganesh, Aux hommes de bonne volonté), même si certaines librairies virtuelles ont tendance à mêler nos ouvrages. Aussi, je n’ai pas été le plus jeune conseiller municipal du Québec, et je ne suis pas un politicien du Nord-Pas de Calais. On évacue enfin le météorologue, l’artiste peintre, ainsi que le joueur de hockey de six pieds qui joue pour Baie-Comeau – je ne tiens même pas sur des patins, qu’est-ce que ce serait si je pesais 228 livres… Je suis juste un journaliste, pigiste de surcroît, qui vit de ses mots. J’insiste, parce que ça prendra toute son importance au cours des prochains paragraphes. Je vis de mes mots, des phrases que je construis et que j’agence dans des textes dont je suis le signataire.
Les traces des chroniqueurs
Si je me suis amusé comme un petit fou à lister mes paronymes, je n’ai pas oublié mon objectif: retracer la marque que j’ai laissée jusqu’à présent dans l’Internet. Évidemment, avec tous les billets écrits, toutes les critiques publiées, je me suis barré de bien des milieux. Je n’ai pas eu à chercher longtemps pour trouver les meilleures raisons qui pourraient être évoquées par d’éventuels employeurs pour me laisser croupir au chômage – si, bien sûr, j’étais au chômage. Les chroniqueurs étaient déjà sur la corde raide lorsqu’ils ne publiaient que dans les journaux en papier, qui disparaissaient à peu près dans la semaine suivant leur impression. Avec le monstre d’archivage qu’est devenu le Web, ils laissent des traces plus indélébiles que jamais. Chroniqueur, un métier plus dangereux que jamais.
Et les droits?
Finalement, j’ai surtout fait une découverte qui m’a scié les jambes en effectuant des recherches à mon propre sujet, quelque chose qui dépasse l’entendement. Souvent, des blogueurs ont reproduit des extraits de chroniques ou d’articles dans leur espace de diffusion. Ça passe toujours. On peut voir ça comme un hommage. Mais quand un journal reproduit sans mon autorisation la totalité d’un article paru dans les pages de Voir, quelque chose ne va pas. C’est arrivé au cours des derniers mois – je viens de m’en rendre compte –, alors qu’un hebdomadaire de la Gaspésie, L’Écho de La Baie, affilié à Quebecor, a décidé d’offrir à ses lecteurs une entrevue que m’avait accordée l’auteure Marie-Christine Bernard, originaire de la Baie-des-Chaleurs. Je suis certainement en faveur d’une certaine dose de chauvinisme régional… Mais en quoi est-ce que ça annule les droits d’auteur? Notre époque est pleine de contradictions. Alors que l’Occident dénonce le sort des artistes et des auteurs qui se font piller par des pirates chinois, nos propres écrits trouvent le même destin. La propriété intellectuelle existe encore. Mais il faut se battre tous les jours pour la défendre.
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Petit traité d'oubli
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Tout abandonner. Juste pour du beau. Laisser là tout ce qui s’appelle responsabilités. Se secouer comme si on pouvait de cette façon tout évacuer: les préoccupations, les craintes, les frissons désagréables. Oublier que l’on vit à Saguenay. Qu’on n’a à peu près plus de salle de spectacle qui mérite ce nom. Qu’on laisse le patrimoine s’effondrer au centre-ville, dans le silence, les yeux fermés; que personne n’était dans la rue Savard quand la Bouquinerie Jacques-Cartier a trouvé son destin dans la poussière, mangée par les puissantes mâchoires des démolisseurs.
Bouquinerie Jacques-Cartier au matin de sa démolition. (crédit: Jean-François Caron) Oublier que le principal diffuseur de la région vient d’être liquidé. Que nos instances municipales ne voient dans les inquiétudes du milieu culturel qu’une litanie lancinante d’enfants gâtés. Que devant cette attitude, les artistes se braquent. Et qu’en face d’eux, encore plus, Pierre Mazurette, nouveau directeur de Diffusion Saguenay, se retranche derrière les meurtrières du dénigrement. Oublier que le débat diffusé par Radio-Canada en début de semaine n’aura rien changé, sinon qu’il aura montré que les deux duellistes continuent de marcher dos à dos, aucun d’eux n’étant prêt à revenir sur ses pas. S’éloignant de plus en plus de tout consensus possible. Oublier que l’on vit au Québec. Que des malades meurent dans les couloirs des hôpitaux et que tout ce qu’on trouve à redire, c’est que c’est la faute de l’ancien gouvernement. Même si on est là depuis trois mandats, soit près de sept ans. Oublier sept ans. Oublier que le gouvernement provincial, plutôt que de sortir sa loupe du tiroir, préfère porter des œillères pour surtout ne pas voir que le milieu de la construction est gangrené jusqu’à l’os. Oublier qu’on est encore obligés de se battre pour notre langue et notre identité. Qu’on passe encore pour des racistes dans le Globe and Mail parce qu’on refuse que la liberté de religion prime sur les droits des femmes et sur tout le reste. Alors que tout ce qu’on veut, au fond, c’est chanter avec Daniel Boucher que c’est à notre tour d’ouvrir la maison chez nous, pis de pas se gêner pour dire qu’on l’aime, pis que c’est de même que ça se passe, de même qu’on a le goût que ce soit… Oublier que l’on vit au Canada. Que le pays est dirigé de la main droite par une poignée de conservateurs dont les techniques de marketing politique s’inspirent des campagnes de salissage à l’américaine. Oublier que le Parlement peut être prorogé en toute impunité, sans que les portes de nos maisons ne s’ouvrent à la volée, dans un bruyant claquement multiplié par milliers, pour qu’on se jette dans la rue afin de hurler notre profond désaccord avec ces stratégies d’évitement. Oublier toutes les questions que le gouvernement veut éviter, aussi, sur l’environnement, le transfert des prisonniers afghans, la torture, Droits et Démocratie, Omar Khadr… Oublier qu’à tous les niveaux de gouvernance, on trouve des traces d’ingérence. Qu’à tous les paliers, on s’inquiète de possibles cas de copinage, avec des évaluateurs, des entrepreneurs, des pétrolières... Qu’on accepte même seulement l’idée d’une telle éventualité sans arracher notre chemise. Oublier que la démocratie n’a rien à voir avec tout ça, quoi qu’en disent certains élus qui ne sont démocrates qu’au jour de l’élection. Vous me suivez? Vous venez faire un tour? Pour oublier, plonger dans le delta de lumière chaude que le soleil fait couler sur la ville. Les joues rougies par la fraîche de mars, sentir quand même que les rayons sont chauds à mesure qu’ils nous frottent la peau. Marcher la ville d’un bout à l’autre s’il le faut, de La Baie à Jonquière, se rendre à Alma, en se moquant du ruissellement brunâtre des eaux de fonte sur les trottoirs, et du vent qui soulève des tempêtes de poussière laissée par l’hiver. On se soignera tous ensemble par quelque mixture permettant l’amnésie, si ça se peut. Sinon, on s’accrochera à ce qu’on trouvera de beau. Dans le paysage. Dans le sourire des autres passants. Ou alors, là où l’art se pointera. Parfois, je me dis que ce doit être un peu à ça que sert la culture. À évacuer tout le reste. C’est à se demander pourquoi les gouvernements n’investissent pas plus dans ce secteur. Soupape par excellence, l’art pourrait être l’opium de notre peuple. Moi qui aime l’ivresse, ma vie friserait continuellement le delirium tremens. Je m’abandonnerais à cette vie crasse, me vautrant dans l’absence et l’ignorance. Comme d’autres devant le téléviseur. Et on finirait par me retracer sous un pont, comme l’Edgar de Jean Leloup, retrouvé gris dans le canal. Je serais saoul de création. Et alors que je sombrerais dans cette absence, les politicailleries pourraient suivre leur cours sans que je n’en glisse le moindre mot. Dire que tout ça vient d’un mardi ensoleillé…
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Nous sommes tous des Marina...
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Le cinéaste Pierre Demers dégaine à nouveau sa caméra. Il nous écrit quelques mots à propos de la démolition très prochaine de l'édifice qui abritait la Bouquinerie Jacques-Cartier, qui lui a inspiré un nouveau coup de gueule filmique de la série acide Nous sommes tous des..., où il s'intéressera cette fois à la conseillère municipale de Saguenay, Marina Larouche, responsable de la protection du patrimoine de Saguenay.
«J'ai commencé le tournage de Nous sommes tous des Marina..., aujourd'hui, la mort dans l'âme de voir mourir la Bouquinerie Jacques-Cartier. (...) Décidément, la Ville de Saguenay entretient sa réputation de capitale culturelle en plein capotage. Que faire pour sauver la Bouquinerie Jacques-Cartier? Lundi matin, se coucher devant la grue des démolisseurs? Intervenir une fois au conseil municipal pour interpeller la responsable de la conservation du patrimoine de ville Saguenay? Prier pour qu'il arrive un miracle? Moi, je filme tout ça pour le moment.»
Et c'est signé: «Pierre Demers, cinéaste enragé»
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La mort d'une bouquinerie
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Décidément, rien ne va plus à Saguenay. En plein croissant culturel, l'édifice qui abritait la Bouquinerie Jacques-Cartier (livres usagés et anciens) sera démoli lundi le 8 mars, dès 8h. La construction de 1920, agrandie en 1946, avait autrefois abrité la Filature du Saguenay. Les propriétaires, Richard Lamontagne et Marleine Ménard, avaient pourtant un projet sérieux de rénovation du bâtiment, jumelant la bouquinerie et un centre culturel (les plans et devis étaient déjà prêts). Il ne manquait plus que le pécule lorsque le toit de l'édifice central s'est effondré, en février dernier. Aux 800 000$ que les propriétaires prévoyaient investir dans la rénovation de l'immeuble, il ne manquait plus que 300 000$ du Ministère des affaires culturelles et 100 000$ de la Ville de Saguenay pour donner suite au projet. Le propriétaire aurait tenté de prendre contact avec Marina Larouche, responsable de la protection du patrimoine de Saguenay (on se souviendra qu'après la démolition de la maison Lévesque, aussi construite dans les années 20, elle avait juré qu'une telle situation ne se reproduirait plus). Celle-ci n'aurait jamais retourné son appel. Au même moment, la Ville demandait aux propriétaires de procéder à la démolition pour des raisons de sécurité publique. Il s'agit probablement d'une coïncidence si la Ville a aussi un projet de création d'un centre culturel dans ce secteur, dans l'édifice de l'ancien Chic Pontiac Buick. Mais n'a-t-on pas dit, cette semaine, que dans le secteur de la culture, la compétition serait inutile, voire nuisible?
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Objectif Scène est inquiet
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Par voie de communiqué, le réseau des diffuseurs professionnels en arts de la scène Objectif Scène rappelle qu'un diffuseur majeur pluridisciplinaire à Saguenay est une priorité. Ce n'est toutefois pas sans inquiétude que le regroupement envisage la création d'un organisme de diffusion municipal par l'administration Tremblay.
«Le réseau craint en effet qu'aucun diffuseur majeur ne soit désormais reconnu par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec (MCCCF) sur le territoire de Saguenay. Cette éventualité risquerait de fragiliser grandement l'ensemble du financement public dédié à la diffusion sur le territoire et l'accès à la circulation et à la fréquentation des arts de la scène professionnels aux citoyens de Saguenay et de la région, une mission que remplit le Théâtre du Saguenay depuis 1974.»
Manon Pilote, présidente d'Objectif scène rappelle qu'«Un diffuseur majeur pluridisciplinaire, reconnu par le MCCCF, joue un rôle de catalyseur et de locomotive en favorisant la circulation du théâtre, de la danse, de la musique et de la chanson sur son territoire. De là l'importance de bien mesurer tous les impacts des décisions qu'engendreront la situation actuelle sur la diffusion à Saguenay.» Dans cette optique, requérant plus de transparence dans le dossier, Objectif Scène propose de «rencontrer les instances municipales dans les plus brefs délais» tout en espérant poursuivre le dialogue avec les porte-paroles du comité de citoyens et de membres de la coopérative du Théâtre du Saguenay.
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Bodies au Vieux Port de Saguenay
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Même les cadavres se tiennent debout à Saguenay par les temps qui courent! Une armée de corps plastinés a envahi le Hangar du Vieux-Port de Chicoutimi. C'est l'exposition Bodies, qui a tellement fait parler depuis le début de sa tournée, qui s'ouvre dès aujourd'hui au grand public. Il faut toutefois réserver... Toute l'info nécessaire sur le site de l'exposition.
![[Bodies1.gif]](http://3.bp.blogspot.com/_210ykeCjs2k/SFKaawQPIvI/AAAAAAAABzQ/Zyq9J0hkdTE/s1600/Bodies1.gif)
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Les Gigs lancent un album
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Ils s'étaient donné le noms de Gigolos et faisaient quelques prestations remarquées ici et là - on les a entre autres entendus lors de la dernière Nuit de la culture au Saguenay, lors d'une performance qui a eu lieu au Musée du Fjord de La Baie. Mais les fans et amis des Gigolos ont fini par les appeler les Gigs, et, maturité opérant, c'est sous ce dernier vocable qu'ils se présentent pour le lancement de leur premier EP intitulé Comme une bombe. L'événement aura lieu ce soir au Vox Populi de Dolbeau dans le cadre d'un 7 à 9. Des infos sur l'espace virtuel du groupe.  ![]()
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Nouveau bâillon retiré
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Dans la foulée des événements touchant le dossier de la faillite du Théâtre du Saguenay et de la prise de contrôle de la diffusion de spectacles par la Ville de Saguenay, un nouveau témoignage viendra sans aucun doute alimenter le mouvement enclenché lundi dernier par la manifestation de 200 personnes bâillonnées à l'Hôtel de ville de Saguenay (voir à ce sujet La manif des bâillonnés).
Cette fois, c'est Éric Dufour, hauboïste et chef d'orchestre, ainsi qu'administrateur du dernier conseil d'administration du Théâtre du Saguenay, qui décide de briser le silence. Dans un communiqué qu'il a fait parvenir aux médias le 4 mars en matinée, il affirme avoir voté contre la déclaration de faillite (tout comme un autre administrateur) du TDS lorsque la question a été mise à l'ordre du jour d'un c.a., le 19 février dernier: «À la suite de pressions diverses, nous avons étés contraints en quelque sorte de changer notre vote, sous prétexte que nous serions tenus (les 2 administrateurs) responsables de la faillite, des règlements avec les créanciers, et d’un manque de gouvernance. Notre vote ne représentait pour les administrateurs en question, qu’un vote de principe. Ce faisant, le conseil d’administration passait outre ses membres.» Dufour aurait en effet mentionné lors de la réunion la nécessité de passer par une assemblée des membres pour en venir à une telle décision. De plus, le musicien répond aux critiques du maire Jean Tremblay, qui rendait les membres de la coopérative culturelle responsables des déboires du TDS: «Seules 3 personnes sur 9 administrateurs avaient été élues par l’assemblée des membres, les autres ayant été placés en remplacement par les anciens administrateurs, Me Mazurette ayant été proposé par M. Carol Boily. Les membres avaient perdu tout contrôle sur leur conseil qui n’a pas répondu à leurs nombreuses demandes faites en assemblée générale. Je crois à une mauvaise foi et un non-respect envers les 1256 membres en règle de la coopérative.» Pour Dufour, la «centralisation de la diffusion par un organisme municipal» serait irrespectueuse pour le milieu artistique qui a su garder l'organisme en bonne santé pendant trente ans.
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Claques sa gueule
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Martel Solo présente un clip officiel pour sa toune Claques sa gueule. On étire la sauce un peu du concept, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas être conséquent...
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La manif des bâillonnés
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Un nombre incalculable de courriels. Des appels téléphoniques à la chaîne. Deux rouleaux de duct tape gris achetés dans une grande quincaillerie. Nombre d’invitations déclinées, semble-t-il, par crainte de représailles. Malgré cela, 200 personnes rassemblées. Volontairement bâillonnées avec le ruban adhésif, les manifestants ont défilé en silence pour trouver place devant le premier magistrat, entouré de ses conseillers. Lors de la période de questions prévue à l’ordre du jour, ils se sont simplement levés, ont investi le hall de l’hôtel de ville et, après avoir retiré ce qui gênait leur bouche, ont déclamé le Manifeste du citoyen d’abord. Que signifie tout cela? Pour les uns, c’est déjà une victoire. Pour l’Autre, ça tient de l’enfantillage. Mais qu’est-ce que ça vaut véritablement? Le maire Tremblay a-t-il raison de balayer du revers de la main ce qui s’est passé? Pour désamorcer la situation, notre maire a agi sur deux plans. D’abord, il a cherché à diminuer l’importance de la manifestation en définissant les participants comme ses opposants connus,
nommant même quelques-uns d’entre eux. Puis, il a réfuté l’idée même d’une crise, proposant que la volonté du mouvement se résumait à l’obtention de l’argent nécessaire pour renflouer les coffres du Théâtre du Saguenay (TDS). Voyons s’il a raison.
Le défilé des bâillonnés
Quelle importance devrait-on accorder à une telle manifestation? En termes de participation, avec près de 200 bâillonnés, on ne peut qu’admettre que c’était un événement capital. Si on tient compte de la population de chacune des villes de la comparaison, pour avoir une manifestation équivalente à Québec, il faudrait que 690 personnes se présentent devant Régis Labeaume. À Montréal, pour respecter les proportions, c’est 2168 personnes qu’il aurait fallu rassembler devant l’autre maire Tremblay. Je ne me souviens pas que ce soit déjà arrivé.
Et si en plus, comme le propose le Manifeste du citoyen d’abord – nous y reviendrons –, une partie de la population se sent intimidée et n’ose pas prendre la parole, cette proportion est encore plus impressionnante. La manifestation des bâillonnés n’aurait eu pour effet que de soulager ses participants du poids du silence qu’elle en aurait valu le coup.
Le Manifeste du citoyen d’abord
Évidemment, un manifeste sans signataires, ça tombe un peu à plat. D’autant plus qu’il n’est pas mal écrit, ce manifeste. On voudrait bien savoir à qui en revient le crédit, et quelles personnes crédibles acceptent de l’endosser. Mais accordons-lui tout de même notre attention.
Si, au départ, c’est le comité de travail du TDS qui a été l’instigateur de tout ce mouvement, il semble évident que la grogne s’est amplifiée par la suite, et que le mouvement a fini par se déployer bien au-delà. C’est ce que nous apprend le manifeste. Dans le texte, le TDS n’est même jamais explicitement nommé. Et si on y comprend quelque référence au diffuseur déchu, ce n’est qu’en admettant que la Ville aurait justement «fait fi des règles et de l’éthique aux seules fins de contrôler» la coopérative.
Or, on trouve bien plus dans la déclaration commune qui nous intéresse. On dénonce: l’utilisation des fonds publics dans la défense des idéaux religieux du maire; sa volonté de fluorer l’eau potable; le dénigrement dont il a fait preuve à l’égard des sans-emploi; la manière dont il gère le pouvoir municipal – ce qui a d’ailleurs maintes fois été dénoncé dans les jugements prononcés lors de récents procès. Et cetera. Et cetera. Dans le manifeste lu à 200 voix, au lieu de se présenter comme les défenseurs du TDS, on se définit comme des citoyens de Saguenay. «Tous les citoyens sont égaux», a-t-on déclamé avec une conviction quasi extatique. À mon sens, c’est justement cette attitude inclusive dont ont fait preuve les manifestants qui sera déterminante dans la portée du texte – et du geste.
La plus importante conséquence des récents événements, je mettrais ma main au feu que personne ne l’avait vue venir: plus jamais le maire ne pourra dire avec la même ferveur que ce qui importe, pour lui, c’est «le citoyen d’abord». Parce que ce slogan qui l’accompagne depuis des années et qui a fait sa renommée – slogan que le manifeste qualifie de «creux» – a dorénavant une nouvelle signification. Deux cents lecteurs ont pris possession de l’expression, ont développé un sentiment d’appartenance envers elle. Ils sont devenus, tous autant qu’ils sont, «le citoyen d’abord». À la place de Jean Tremblay, je commencerais déjà à me chercher un nouveau slogan. Au-delà des points de vue qui s’opposent, la manifestation des bâillonnés a eu de l’importance. Quoi qu’en dise le maire de Saguenay, c’est l’histoire qui est en train de s’écrire. Et si vous voulez mon avis, on n’a pas encore mis un point final à cette longue phrase commencée il y a plusieurs années. 
Cette superbe photo nous a gracieusement été fournie par le photographe Maxime Corneau / Stigmat Photo. Pour voir d'autres photos documentant l'événement, ou pour avoir un aperçu du travail du photographe, visitez maximecorneau.com.
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Manifeste du citoyen d'abord
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Nous publions ici la totalité du manifeste lu hier lors de la manifestation qui a eu lieu à l'Hôtel de ville de Saguenay. Pour voir un extrait vidéo de la lecture, c'est ici. MANIFESTE DU CITOYEN D’ABORD
Le citoyen d’abord vit heureux dans sa cité.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus de vivre dans la crainte, la peur et l’intimidation.
Le citoyen d’abord est actif, vote, s’exprime, participe, s’informe, s’affirme, coopère.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus d’être muselé.
Le citoyen d’abord est un être libre, capable de penser et d’émettre des opinions.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus un discours simpliste, paternaliste, dénaturant la vérité.
Le citoyen d’abord a le droit à la vérité et au respect.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus les mensonges et les demi-vérités.
Le citoyen d’abord est consulté sur les grands dossiers et enjeux de sa cité.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus l’autocratie.
Le citoyen d’abord s’interroge et a le droit de poser toutes les questions
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus d’être dénigré, rabroué, infantilisé, ridiculisé.
Le citoyen d’abord s’exprime librement, peu importe le document qu’il a signé.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera aucune forme de chantage et d’intimidation.
Le citoyen d’abord est respecté, quelle que soit son appartenance
religieuse et culturelle, qu’il soit élu ou non-élu, travailleur ou
sans-emploi.
Tous les citoyens sont égaux.
Le citoyen d’abord est respecté dans ses choix politiques.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus la démagogie, l’ingérence, et la propagande.
Le citoyen d’abord nomme les élus.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus que les fonds
publics et les affaires de la Cité soient contrôlés et dirigés à partir
d’une structure parallèle non démocratique gérée par des non-élus pour
qui, il n’a jamais voté.
Le citoyen d’abord paie des taxes.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus le gaspillage de son argent dans des procès stériles.
Le citoyen d’abord soutient les élus dans l’adoption des politiques
sociales et culturelles notamment la Politique de prévention et
d’intervention en matière de violence , la Politique de développement
des arts, de la culture et du patrimoine, le Plan d’action favorisant
l’intégration des personnes handicapées et la Politique de
développement social: des orientations et une vision de l’avenir…
Le citoyen de Saguenay exige donc l’imputabilité de ses élus.
Le citoyen d’abord a le droit de posséder des biens et de les gérer lui-même, personnellement ou en coopérative.
Le citoyen de Saguenay n’acceptera plus d’être dépossédé de
son bien par une administration municipale qui fait fi des règles et de
l’éthique aux seules fins de contrôler ce qui ne lui appartient pas.
Le citoyen d’abord a le droit de choisir l’eau avec laquelle il se brosse les dents.
Le citoyen de Saguenay n’accepte plus d’être pris en otage.
Le citoyen d’abord croit à la force, à la coopération et à la solidarité.
Le citoyen de Saguenay est fatigué des slogans creux et des mantras vidés de leur sens.
Le citoyen de Saguenay est tanné.
Le citoyen va dorénavant dénoncer… Il va désormais prendre la parole !
Le Citoyen de Saguenay
Mars 2010
Pour plus d'informations sur le mouvement qui se consolide à Saguenay, trouvez le blogue lecitoyendabord.org.
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Manifestation monstre à Saguenay
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Suite à la prise de possession par la Ville de Saguenay du principal organe de diffusion de la région (dans les faits, on a déclaré la faillite de la coopérative du Théâtre du Saguenay avant de créer un organisme municipal), il y a eu ce soir une manifestation importante à l'hôtel de ville. Des gens sur place ont évalué le nombre de participants à 200, d'autres plus conservateurs ont parlé de 100 à 125 personnes. (Note: le Quotidien de ce matin, qui a fait sa une avec l'événement, parle de 200 personnes.)
Après avoir assisté (symboliquement bâillonnés) à la réunion du conseil de ville, les manifestants sont sortis dans le hall pendant la période de question pour lire en choeur un manifeste. Voici un extrait audio-vidéo de cet instant mémorable, mis en ligne par l'un des manifestants... On n'a pas fini d'en entendre parler, ça non.
Devant l'ampleur du conflit qui se dessine, c'est à se demander pourquoi les médias nationaux ne se sont pas encore intéressé à l'affaire. LISEZ LE MANIFESTE
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