C'était une
tempête dans un verre d'eau.
Finalement,
pas besoin d'essayer de la garder en place, la façade de l'église
Saint-Vincent-de-Paul. Ce qui est fait, est fait. On a plus qu'à la mettre à
terre, qu'à assumer que ce qui a été fait est fait et qu'il ne sert plus à rien
de la garder en place, coûte que coûte.
On
soulignera sa mémoire autrement, à cette église.
Une petite
plaque? Un petit monument?
J'exagère.
Mais à peine.
"Pour moi, ce qui est
important, c'est qu'on puisse retrouver l'esprit des lieux. Est-ce que c'est
par l'intégration de la façade dans une nouvelle structure? Est-ce que ça peut
être par une oeuvre d'art qui va nous rappeler l'esprit des lieux? Plusieurs
possibilités peuvent être sur la table. Ce qui est important, c'est qu'on se
souvienne du passage de l'église Saint-Vincent-de-Paul à cet endroit",
disait la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, en
entrevue au Soleil.
La façade, autrefois conditionnelle à un éventuel nouveau projet
pourra être mise de côté.
Tout pour que le dossier bouge, enfin.Heureusement, oui. Et malheureusement aussi.
Après
plusieurs mois d'immobilisme. Et après, également, des déclarations en campagne
et au Conseil municipal quant aux nouvelles priorités de la Ville de Québec à
cet endroit (pour ceux qui ont manqué ces sorties, on demande, essentiellement,
du logement, reste à voir si on parle de condos ou de logement social).
Capitulation, ou presque, du Ministère. Peut-être un peu
triste, d'ailleurs, pour ceux qui réclament, haut et fort, qu'on préserve, au
moins, la façade.
En fait, je dis "capitulation". Je devrais plutôt parler de
double capitulation.
Parce que, ce qui est plus haut, c'est ce qu'on trouvait,
aujourd'hui, dans Le Soleil. Chez le
compétiteur, au Journal de Québec, ce
qu'on met de l'avant, c'est ce qu'on pourrait presque appeler une autre
capitulation. Mais pas de Mme St-Pierre. Non. Cette fois-ci, on parle du
propriétaire du terrain, promoteur de ce futur Hôtel Boréal.
Sous la plume du
journaliste Régys Caron : "Le projet amendé soumis à la Ville de Québec
par Michel Robitaille prévoit la construction d'un hôtel de dimensions plus
modestes que le complexe cinq étoiles de 300 chambres qu'il avait déposé à
l'arrondissement de La Cité en 2003. À l'origine, ce projet prévoyait un
investissement de 40 millions de dollars. En réduisant la dimension de son
hôtel, le promoteur aurait accepté d'utiliser l'espace ainsi dégagé en
construisant un immeuble à logements, rejoignant le souhait émis en début de
semaine par le maire Régis Labeaume."
Alors, voilà où l'on en est pour l'instant.
En plusieurs mois, le dossier n'a pas bougé... Il aura fallu une menace
d'expropriation pour amorcer de nouvelles démarches de la part du propriétaire.
Du moins, si l'on observe les événements de manière circonstancielles... Reste à
voir ce que représentera maintenant l'ouverture du Ministère de la Culture et
des Communications en ce qui concerne la façade.
Des démarches qui feront, certes, leur lot d'heureux.
Mais qui risquent également de faire monter, à nouveau, aux barricades
ceux qui dénonçaient déjà le traitement plutôt cavalier qu'on avait fait à
l'église et sa façade au fil des derniers mois...
Alors, qu'est-ce qui est mieux? Un projet pas de façade. Pas de projet et une façade.
Ou de trouver un moyen, d'une manière ou d'une autre, de faire les deux?