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Renart L'éveillé
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Ceci est le petit clone de mon blogue Renart L'éveillé / Carnet Résistant. J'y inscrirai mes textes en lien avec la culture et les sujets de société.
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Dieudonné est un monstre!
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Christian Vanasse posait hier de bonnes questions à ses lecteurs, avec une belle prémisse :
Et cette petite réflexion : La liberté d’expression,
pour être d’abord une liberté, doit être totale et valable pour tous.
Sinon ce n’est plus une liberté, c’est un privilège.
Alors? Dieudonné est-il vraiment devenu un gros beauf raciste
d’extrême-droite? Se sert-il abusivement de la liberté d’expression
pour diffuser la haine? Ses spectacles sont-ils humoristiques ou des
meetings néo-nazis? En quoi ses propositions font-elles avancer les
mentalités et reculer les racismes?
Je me suis tapé l’extrait de son spectacle
où un gars, en pyjama avec une étoile de David sur le torse, donne le
«prix de l’infréquentabilité et de l’insolence» à Robert Faurisson
(écrivain français, négationniste, qui fait paraître Jean-Marie Le Pen
gentil gentil…), après qu’il eut expliqué que le but de tout ça était
de créer carrément la controverse, pour aller plus loin que le fait
d’avoir demandé précédemment à Le Pen d’être le parrain d’un de ses
enfants. J’ai lu la chronique de Richard Martineau. J’ai aussi écouté la réponse de l’humoriste.
Ce que j’en pense, c’est que Dieudonné joue le jeu de la liberté
d’expression totale d’une manière extrême, voilà tout. Pour ce qui est
de Tartineau, il ne fait que prouver qu’il s’enfonce de plus en plus en
faisant preuve de déficience, au niveau du jugement. Il a tout à fait
le droit de ne pas aimer l’humoriste et ses blagues, mais ce n’est pas
une raison pour le transformer en monstre!
En tout cas, ce n’est pas sans rappeler toutes les critiques
biaisées contre le Bye-Bye… En fait, c’est pas mal du pareil au même.
P’tite vie de p’tite vie…
*
Parlant de Tartineau, encore, il se fait cogner solide par Richard Therrien de La Presse. Tout simplement jouissif de le voir se faire donner une leçon de journalisme.
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L'Halloween du côté de l'originalité
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Comme vous le savez, à défaut de
consacrer toute ma vie à en faire de la façon requise, j’aime bien
parler d’art contemporain. En ce jour d’Halloween, voilà, ci-haut, un
exemple d’un concept génial qui démontre bien où en est rendu l’art
aujourd’hui, et ce qui le différencie de l’illustration.
Il y a là-dedans les deux éléments, dichotomiques, les plus
importants de cette fête : l’horreur et l’enfance. Les clichés convenus
pour illustrer l’Halloween consistant à ne montrer que l’horreur, sans
faire entrer le niveau sociologique. Et c’est là où le regard
artistique va plus loin que l’illustration. L’illustration s’occupant
de développer une « manière », un style, un crayonné (un coup de
pinceau!), un graphisme aguichant pour l’oeil, ce qui est aussi très
bien. Et ce n’est surtout pas une tentative de dénigrer les
illustrateurs…
C’est convenu, les détracteurs de l’art contemporain pointeraient,
dans l’exemple de la photo de l’ourson aux ciseaux, une certaine
facilité technique : c’est donné à n’importe qui de faire ça! La belle
affaire…
Pour ma part, je regarde ça et je suis juste jaloux de ne pas avoir
eu cette idée, parce que je sais très bien, contrairement à la
population en général, que ce n’est pas donné à tout le monde.
(Trouvé via My Arts)
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Reste dans ton trou Falardeau!
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Je suis bien content d’avoir vu à l’instant l’entrevue de Pierre Falardeau à TLMEP. Et la présence de l’ancien pirate informatique Mafiaboy, Michael Calce, sur le plateau, ainsi que Patrick Norman,
est venue dresser un beau petit plat dont je vais me servir à
l’instant. Premièrement, après avoir lu la chronique de Falardeau à la
suite de quelques billets incendiaires, du brûlage d’allumette au feu
de la St-Jean — dont Burp, Simplement, Satellite Voyageur, Journal à quatre mains…, Scotch et sloche, et Le blogueur citoyen —, j’ai attendu d’écouter le principal intéressé dans la cour de la principauté de Guy Antonio Lepage.
Est-ce que quelqu’un au Québec ne s’est pas rendu compte que pour
Falardeau l’insulte est une seconde nature? Cette question en soulève
d’autres, mais j’y reviendrai. Quand il écrit « japanouille à
barbiche », ce n’est pas du racisme, c’est de l’injure au premier
degré. Son cerveau est entièrement dédié à la cause souverainiste, et
c’est là son plus grand problème : il en oublie les conventions qui
font que de pointer un trait ethnique ou physique présuppose un
préjugé. « Nouille » est l’insulte, « japa » et « barbiche » la
caricature. Si David Suzuky était sympathisant des
souverainistes québécois, son origine ethnique ne serait pas une donnée
qui empêcherait l’amitié de Falardeau. Donc, ce que je peux lui
reprocher à cette grande gueule, c’est de se garrocher dans les pièges
avec un empressement juvénile.
En parlant d’adolescent, j’ai sursauté quand j’ai entendu l’ancien
pirate informatique devenu adulte trouver devant lui un total inconnu
en Patrick Norman. Quand je demandais au début du paragraphe précédent,
« est-ce que quelqu’un au Québec », je me suis même demandé si Michael
Calce, québécois d’origine, avait une idée de qui était Pierre
Falardeau… C’est une question qui demeurera sans réponse, mais son
inconnaissance de Patrick Norman prouve bien qu’il n’habite pas dans le
même Québec culturel que moi, malgré sa proximité géographique. Qu’on
aime ou qu’on n’aime pas le chanteur, il faut vraiment vivre ailleurs
dans sa tête pour ne pas l’avoir remarqué. Bon, je suis un peu dur, il
n’a que 23 ans…
Pour revenir à Falardeau, je crois, comme le blogueur qui tient Scotch et sloche,
que « l’article de Cassivi est une marde commandée d’en haut pour
essayer de trouver quelque chose pour planter Falardeau, [...] Ce n’est
pas parce que j’ai hâte que Falardeau change sa cassette que j’approuve
qu’on le traîne dans la boue [...] Ce n’est pas parce que Falardeau est
borné qu’il est raciste, xénophobe ou imbécile. » Je rajouterais que
son article, sa chronique d’opinion
est une entourloupette intellectuelle. Je suis assez d’accord avec son
portrait, mais son accusation de racisme ne tient sur absolument rien.
Rarement lut quelque chose d’aussi chancelant.
J’attends maintenant vos briques et vos fanaux…
(Photo : Karl-Philip M. G.)
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Intrus ou héros?
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C’est après avoir lu un billet de Patrick Lagacé
au sujet d’une pub gouvernementale faisant la promotion des « saines
habitudes de vie » que j’ai repensé à la campagne en lien avec l’efficacité énergétique.
La pub où, par exemple, une femme entre dans la maison d’un couple et
abaisse la température de trois degrés, alors que ceux-ci se
dirigeaient à l’étage pour se coucher. J’aime encore plus celle où on
voit un homme ouvrir une portière et s’introduire pour éteindre le
moteur d’une voiture dans laquelle un autre homme est assis à attendre.
Ça me surprend de ne pas en avoir entendu parler encore… surtout en mal.
Il me semble que pour les zélateurs de la liberté individuelle ce
sont comme des petits films d’horreur pour les peureux chroniques. Et
en plus, c’est quand même l’État méchant qui essaye de nous
culpabiliser de gaspiller de l’essence, de l’électricité, de l’eau
chaude, etc. Il y a réellement une partie de moi qui se sent agressée à
chaque fois que j’en vois une, une autre qui trouverait plaisir à
prendre en défaut quelques citoyens, si elle pouvait avoir l’immunité
comme les intrus dans les pubs.
C’est soit qu’on les voit comme des gens irrespectueux ou des héros.
(Photo : yO²)
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L'épouvantail de viande
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 Jana Sterbak, Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique, 1987, robe en viande de boeuf.
À la suite d’un billet paru sur 10putes, au sujet de la position anti-artiste de Christian Rioux
et de tous les puritains culturels de ce monde, un petit débat à
couteaux qui volent bas a fait rage. Quand le rigolo droitiste (qui se
réclame du centre, rien de moins!) a sorti de sa manche l’histoire de
la robe de viande de l’artiste Jana Sterbak pour appuyer son dénigrement, je me suis replongé dans cette saga qui avait fait les manchettes en 1991.
Topo (via les archives de Radio-Canada) :
L’exposition Corps à corps de l’artiste
contemporaine montréalaise Jana Sterbak n’a pas plu à tout le monde.
Une des pièces présentées au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa
était une robe faite de plusieurs kilos de viande se décomposant au fil
des jours. Cette unique pièce, baptisée Vanitas, fit parler plus d’elle
que l’exposition dans son ensemble.
Plusieurs, dont le député conservateur Fernand
Jourdenais, ont été offusqués et l’ont fait savoir. Leur principal
argument étant que le financement de l’œuvre sortait des poches des
contribuables.
Ce n’est pas la première fois que l’on invoque l’argent
des contribuables pour tenter de faire interdire une œuvre ou une
exposition. En 1989, ce même Musée des beaux-arts du Canada acquiert un
tableau de l’artiste Barnett Newman. Dans ce cas, ce n’est pas tant
l’œuvre elle-même que ses détracteurs contestent, mais les 1,8 millions
de dollars que dépense le musée pour l’acquérir.
C’est quand même drôle comment l’histoire semble se répéter. Le
conservatisme aime bien se faire la main sur les artistes quand il en a
l’occasion. Leitmotiv redondant. Quand il n’a pas de scandale sous la
main, il le crée de toutes pièces.
Ce que ça démontre le plus, c’est la triste incapacité de voguer
au-delà du premier degré. Quand un scandale peut se matérialiser dans
ce premier degré, ce dénominateur commun, ce sel consensuel, le
jugement binaire peut se mettre en branle. Et les perpétuels
entartistes sans tarte ni crème qui remettent en question le réel
deviennent des punchin’ bags, et les yeux du bon peuple
s’éclairent de rouge, la poussière et la crasse se colle par la moiteur
à leur peau, des piques et des fourches en guise d’argument.
L’argent des contribuables ne peut pas servir à financer les rebelles, seulement les guerriers…
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Piquer le PLQ
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Concernant le refus du Ministre de la Santé Yves Bolduc
de permettre l’ouverture de piqueries supervisées, il est clair que
c’est du calcul politique, électoraliste. Il ne faut pas se laisser
berner, l’« ambiance » conservatrice dans laquelle baigne le Québec
depuis quelque temps, au su et au vu des derniers sondages qui placent
Stephen Harper et sa bande de réactionnaires dans une position assez
confortable, n’en est pas étranger. Pas du tout.
C’est un bon indicateur de la position de l’électorat, et la preuve
que le populisme est une manière comme une autre de mener les affaires
gouvernementales. Même s’il est manifeste que l’instauration de ces
centres serait un plus pour les toxicomanes, et la société, il semble
d’autant plus payant de courtiser la fibre puritaine d’une partie de
l’électorat pour investir dans le futur. Et ce futur ne concerne, s’il
faut le répéter, que le Parti Libéral du Québec.
Serait-ce de la mimésis, étant donné que les conservateurs se
battent pour faire fermer le seul centre canadien du genre, qui se
trouve présentement à Vancouver? (Justement, mon collègue Pierre R.
Chantelois discute de cette dérive conservatrice dans son billet d’hier.)
Alors, le PLQ est parfois, et surtout dans ce cas-ci, très loin de
ce que son « L » présuppose, soit bien sûr l’adjectif « libéral »,
synonyme de tolérance, d’ouverture, et encore moins de la libéralité :
« Acte par lequel une personne procure un avantage à une autre sans
aucune contrepartie. » Les toxicomanes ne pourraient être comptés pour
un groupe assez important d’électeurs…
Donc, ce qui est dit, entre les lignes, c’est que la seule place
pour les toxicomanes est la prison, ou encore, s’ils peuvent croupir
l’écume aux lèvres loin des regards dans un appartement crade à cet
effet, et que la société n’a pas à se tremper dans cette lie, puisque
s’ils sont dans cette détresse, c’est bien leur très grande faute, ils
n’avaient qu’à ne pas faire ce choix.
Le problème, c’est que le choix n’existe pas dans leur cas, il n’y a
que des circonstances, de la grande tristesse, des tendances et
beaucoup d’inconsciences. Et pour la société, il n’y a que le choix
entre la répression, au nom de principes éculés, et le soutien, avec
toutes les possibilités que cela provoque. Mais quel est le démarreur
de la rébellion déjà?
Entre celui d’un propriétaire d’une piquerie illégale, d’un gardien
de prison ou d’un intervenant bienveillant, quel regard risque le plus
d’allumer une étincelle positive dans les yeux du toxicomane?
(Photo : nikoumouke)
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Avalons la pilule
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Selon les résultats d’une étude parue sur le site nouvelObs.com,
la « pilule contraceptive aurait une influence sur le choix du
partenaire sexuel : les femmes qui la prennent jetteraient plus
facilement leur dévolu sur un homme qui leur ressemble génétiquement. »
On y explique que du côté des tendances naturelles, une femme serait
attirée « inconsciemment [par] un partenaire aux gênes dissemblables »,
pour favoriser le « brassage génétique ». C’est tellement logique et
cela serait pareil « chez la plupart des vertébrés ».
Aussi, le signal contradictoire que pourrait induire la pilule
contraceptive « pourrait conduire à des problèmes de fertilité et à la
conception d’enfants aux systèmes immunitaires affaiblis. » Selon
l’article, l’auteur de l’étude, Craig Robert, « s’interroge également
de manière très sérieuse aux implications pour les couples de ces
travaux : puisque les odeurs jouent un rôle important dans l’attirance
sexuelle, l’arrêt ou la reprise de la pilule pourrait-il conduire
certaines personnes à la rupture ? Si l’idée reste simpliste, il faut
bien avouer qu’elle laisse songeur… »
Avouez que cela pourrait expliquer bien des choses, même si la vie
humaine, si je puis m’exprimer ainsi, n’est pas simplement et seulement
animale, malgré que nous en soyons quand même, au bout du compte. Mais
cela doit bien jouer pour beaucoup dans certaines situations.
Mais ça me fait penser, et peut-être que ça ravivera quelques
souvenirs pour certains, que la prise de la pilule contraceptive, et
c’est connu, rend certaines femmes plus agressives envers leurs
conjoints. Ça pourrait avoir un lien avec ce qui est décrit plus haut,
quand même.
Et si on imagine qu’une femme (qui prend ce moyen de contraception)
rencontre un homme (le contraire de celui que son corps demande) et
qu’elle arrête la pilule pour avoir un enfant de lui, on imagine bien
qu’en plus des bouleversements hormonaux, relationnels, et tout le
reste, cette répulsion génétique peut bien expliquer le grand nombre de
ruptures qui arrivent pendant et après la grossesse.
En terminant, si je puis m’interroger sur un possible biais
qu’impliqueraient des résultats de la sorte, je pense automatiquement à
une peur de la contraception, ce qui sourirait assez franchement à
certains lobbys (religieux?), il ne faut pas s’en cacher.
(Photo : Danarah)
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Clac!
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Des
claques dans la face, on n’en reçoit pas souvent des vraies, mais elles
font mal quand même. Il y en a des cherchées, des voulues, des « par
ricochet », des surprises, de celles-là qui arrivent à la fin d’un
crescendo glissant, même d’autres, après un éloignement comme par effet
élastique, et je ne parle pas tant que ça des miennes. Elles font
vibrer la tête longtemps, absolument bien plus longtemps qu’une marque
de main laisse le sang effleurer l’épiderme.
Avec celle d’aujourd’hui, j’en ai trois
qui me règlent mon compte, me le débite, sur mon crédit de bonheur.
Comme si la vie se chargeait de salir pour qu’on ait envie de laver.
Comme si la vie s’occupait surtout de la dynamique, nous laissant le
loisir de l’inertie.
Pour cette fois, exhiber les détails
m’apparaît très secondaire et surtout inintéressant. En ce moment, je
cherche plutôt ce qui me permettrait de retourner, pareil au miroir.
Quelles sont les claques que nous avons en commun? Et surtout, à quoi
ressemble son bruit, et si même de loin on le reconnaît, comme une
odeur devient parfois le moteur de la nostalgie, ce sentiment qui ne
peut remonter plus loin que sa propre gestation.
Oui, ça secoue.
(J’ai trouvé ce GIF animé chez El Ultimo Bastardo - merci, ça m’a débloqué. En espérant que cela ne vous a pas donné trop le tournis…)
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François Legault, et la précaution
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Tandis que député péquiste François Legault
tente de mettre sous cryogénisation le mouvement souverainiste en
pointant le cynisme ambiant, je spécule sur le fait que l’argument de
précaution — qui dit qu’un Québec souverain sera le socle pour
maintenir la langue française et la culture québécoise dans la
pérennité — est dans de sales draps…
Suivez-moi bien : si on argue que le français est en perte de
vitesse pour toutes les raisons maintes fois évoquées, on répond de
l’autre côté qu’il n’y a pas de problème, ou que le problème n’est pas
assez urgent, et donc que la souveraineté n’est pas nécessaire : et
l’adverbe « encore » est en option… Alors, logiquement, ces gens
devraient changer d’avis et appuyer un projet de Québec souverain dans
le cas où ils auraient assez à coeur la préservation des acquis
culturels et du caractère distinct de notre société, quand la situation
leur semblera assez critique. Mais je conviens que nous sommes dans la
subjectivité par-dessus la tête!
Je pense beaucoup ici à nos concitoyens anglophones qui devraient
bien voir cette richesse locale, la nôtre, qui les inclus bien sûr,
s’ils ne sont pas trop pris dans la mondialisation qui leur donne un
sentiment de puissance inégalé : encore plus que d’être des Canadiens
anglophones, l’occident leur est culturellement donné et anglophile, et
l’orient n’est pas très loin de l’être. Qui d’entre nos concitoyens
québécois anglophones se proclament francophiles?
Est-ce que nous devrons attendre de voir le caractère francophone du
Québec au bord du gouffre anglophone pour vérifier si nous comptons
amplement pour nous-mêmes — je pense ici à nos concitoyens francophones
allergiques à toute idée de souveraineté — et pour notre communauté
anglophone en nous dotant collectivement d’un pays en guise de sécurité
culturelle? Gageons que devant l’hécatombe future — à court ou à long
terme — les premiers se changeront en autruches et les deuxièmes seront
bien contents de pouvoir enfin donner le coup de grâce à ce qui restera
de la loi 101, derniers vestiges d’une fierté quelconque… Alors, devant
ce constat, il ne sera donc jamais question de précaution, mais
toujours de combat, et c’est bien dommage.
Je vous semblerai catastrophique, mais cela n’est que la
démonstration simple d’une scission plus profonde qu’on ne le croit.
Quand on en vient, comme le fait François Legault, à jeter sciemment de
l’eau publiquement sur la flamme, le signal est clair : c’est un
renoncement de nous-mêmes comme entité possible dans l’urgence, ce qui
était la dernière carte que nous avions pour faire grandir la sympathie
à notre cause, même si c’est une carte très accessoire, on le voit bien.
Et baisser les bras, ça ne veut pas dire autre chose que de baisser
les bras, jusqu’à ce qu’on les relève. Pendant le temps qu’ils seront
baissés, pour les indécis cela sera un moins dans le calcul que nos
adversaires verront comme un plus.
(Photo : hergophoto)
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Ma plus grande frayeur
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Ce billet sera hautement personnel ou ne sera pas. Voilà une méthode comme une autre pour avertir…
Ce que je vais vous raconter s’est passé la nuit dernière. Mais
avant de commencer, il faut que je spécifie que Douce a un chat, nommé
bien justement Caliméro,
qui a une déficience mentale et un problème de motricité. La plupart du
temps, il n’y a pas trop de problème avec lui, sauf une chose :
certaines nuits, il se met à crier/cracher parce qu’il voit au travers
du moustiquaire un chat étranger sur le balcon. La dernière fois que
c’est arrivé, il a poussé la rage jusqu’à s’attaquer à Bobino, l’autre
chat de la maisonnée, qui s’était trop approché de lui. Laissez-moi
vous dire que c’est quand même assez effrayant de l’entendre et ensuite
de lui voir l’air affolé, quand on tente de calmer le jeu.
Alors, vous aurez deviné, il s’est encore commis. Mais la
différence, c’est que moi aussi je dormais, contrairement aux autres
fois où seulement Douce était assoupie. Ce qui est arrivé exactement
est passablement flou pour moi dans la suite des événements, puisque je
n’étais pas tout à fait réveillé, encore un peu dans l’ambiance floue
de mon rêve — dont je n’arrive nullement à me souvenir —, et que ça
s’est passé en moins de 2 secondes.
Donc, j’ouvre les yeux avec le rugissement aigu du chat, je sens que
Douce se lève, court vers la cuisine (où se trouve la fenêtre qui donne
sur le balcon) et, l’adrénaline dans le tapis, je me lève aussi à la
course. J’entends alors des bruits disparates : Douce qui accroche
quelque chose qui tombe, un chat qui court vers nous, la voix de Douce
en grande panique. Et aussitôt je la vois par terre, je pense au bébé
dans son ventre et en la regardant droit dans les yeux je crie comme un
cinglé : c’était la seule façon disponible pour moi à ce moment-là pour
lui demander si tout allait bien en elle, et lui signifier ma peur, mon
inquiétude, tout cela mêlé à l’angoisse qui avait grandi
exponentiellement en moi du seul fait des événements et de la
situation. Je m’approchai d’elle assez rapidement les yeux écarquillés
et elle m’a agrippé, me serrant contre elle, me disant que je n’avais
pas à m’inquiéter, qu’il ne se passait rien de grave.
Et j’ai remarqué les deux chats tout près de nous. Tout ce
branle-bas de combat avait calmé Caliméro à la seconde. Nous nous
sommes recouchés après avoir fait le tour de l’appartement. Douce s’est
seulement éraflé le genou et la cheville (et s’est fait finalement un
bleu sur l’autre jambe) et nous avons ressassé l’événement en boucle,
comme il faut.
Nous avons eu beaucoup de difficulté à nous calmer, donc à nous
rendormir, moi d’autant plus — j’avais un point de douleur au sternum
—, et j’ai décidé qu’il me fallait me changer les idées en ouvrant la
télé. Le water-polo, le canot-kayak et le canot tout court ont fini par
avoir raison de mon angoisse résiduelle.
Voilà pour l’anecdote. Et je viens à peine de réussir à en rire, en
compagnie de Douce qui désinfectait sa plaie. J’ai eu mal à l’âme et au
coeur tout l’après-midi, même si j’écrivais — en urgence — un billet sur les blogues d’humoristes…
Je ne peux m’empêcher de faire un lien énorme avec les sentiments qui m’ont habité quand j’ai eu des crises de panique,
naguère. Mais la différence, c’est qu’hier j’avais des raisons réelles
de paniquer, même si elles se sont avérées exagérément amplifiées,
alors que dans le temps c’était des réactions qui prenaient leurs
sources nulle part, enfin, quelque part de trop bien caché pour le
pointer, encore aujourd’hui.
Je n’avais pas besoin de cette preuve, mais au moins je sais encore plus que ma Douce et ma Charlie sont ce qui compte le plus pour moi. C’est bien beau les théories, mais le corps parle toujours bien mieux, en fin de compte.
(Photo : Esther_G)
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Du pain et des jeux...
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Entre le pain et les jeux, il y a un flou. C’est là où se trouve
l’art, la culture. Plus une oeuvre d’art se rapproche d’un de ces deux
pôles, soit les besoins et le divertissement, moins c’en est une.
La culture est un ajout à l’humain, elle transcende le domestique et
demande beaucoup d’attention. Est art ce qui tend vers l’inédit et
l’indicible.
(Inspiré par ce billet. Photo : legojeff)
Ajout :
Pour l’évolution de l’humanité, est-ce qu’on devrait prôner
l’amélioration de la compréhension humaine envers l’art ou on devrait
seulement prôner la disparition de l’art qui n’arrive pas à rejoindre
la majorité?
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De la théorie à la pratique
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Avec toute l’histoire autour de ma blague hautement sarcastique
à l’endroit de Martin Masse, du Québécois Libre, ça me remue les
concepts et j’aimerais bien vous en faire part, de la manière la plus
simple possible, si c’est possible…
J’essaye de nous projeter dans un futur sans État, ou très minime,
et je me dis, premièrement, que s’il y a plus de responsabilités sur le
dos des citoyens, cela donnerait obligatoirement moins de temps pour
travailler et donc produire, ce qui ralentirait l’économie. D’un autre
côté, j’imagine que les gens pourraient souscrire à des services pour
se débarrasser de ces responsabilités, alors ça reviendrait
pratiquement au même : on payerait une bonne grosse partie de nos
salaires pour nos civilités, avec en plus aucune garantie que ça nous
coûterait moins cher. Ça revient encore à la sempiternelle question du
public versus le privé, que seule l’idéologie semble pouvoir trancher,
laissant les faits très loin derrière.
Nous sommes prisonniers des autres, en fait. Les autres, mais dans
un sens impalpable, sans visages. Toute l’organisation autour de nos
vies est à un point tellement loin de nous, parce qu’en même temps
tellement si près, que de faire tourner le navire dans l’autre sens ne
pourrait se faire rapidement.
J’ai l’impression qu’il faudrait aller bricoler sur des détails
alors qu’on s’emporte sur des systèmes complexes sans attaches à notre
réalité présente.
Laisser l’utopie dans sa case future.
J’ai faim de palpable.
(Photo : Josh Sommers)
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