|
Avant de recommencer mes études, j'avais un revenu décent, sans plus. Je pouvais me payer quelques petits luxes et j'avais l'impression d'être pleinement équilibrée, tant physiquement que psychologiquement. Un jour, je décidai de retourner étudier, question entre autre, de faire un meilleur salaire. Je n'avais jamais été riche, tout juste dans la moyenne, je pensais donc qu'il me serait facile de m'adapter et de couper dans les extras. Quelle méprise! J'ai réalisé que tout ces petits luxes que je m'offrais n'était en fait qu'un échappatoire. J'échappais à mon ennui et ma routine en allant au restaurant, en abusant de vidéos, à mes complexes en m'achetant du linge et du maquillage, à ma culpabilité en gâtant mon entourage. Je n'avais jamais cru jusqu'alors que j'avais tant de choses à fuir, mais lorsque j'ai du couper dans mes dépenses, cette réalité m'a carrément sauté à la figure. Chaque fois que j'étais stressée ou que j'avais un problème, l'envie de magasiner me prenait. Heureusement, je suis jeune et j'ai pu comprendre, changer ou accepter les choses auxquelles je n'avais alors jamais voulu m'arrêter. Ce faisant, je pourrai peut être, quand je ferai un salaire décent, éviter le piège de la surconsommation. Malheureusement, plusieurs semblent y être pris de façon beaucoup plus intense et en sortir reviendrais pour ces personnes à affronter une accumulation de duperies qu'ils se sont eux-mêmes infligés en étant prêt à tout pour ne pas s'entendre, se voir, se comprendre. Il ne faut pas généralisé et probable que certaines personnes ne surconsomment pas pour les mêmes raisons que moi, mais peu importe ce qui les poussent dans cette voie, je crois qu'elles y sont en quelques sorte un peu prises. Comme un toxicomane ou un gambler, dans un cercle vicieux, pernicieux et dont il est difficile de sortir.
|