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Serge-André Guay
Serge-André Guay
5 mai 2008, 2:31

Des éditeurs québécois dépensent-ils l'argent de nos taxes et de nos impôts en faisant imprimer leurs livres par l'américaine Lulu.com ?

Si on se réfère à une employée de la firme d'autoédition américaine Lulu.com, madame Annie David, certains éditeurs québécois préfèrent encourager l'économie américaine au détriment de l'économie québécoise lorsque vient de temps d'imprimer leurs livres. «Des "éditeurs" Québécois qui se servent de Lulu, croyez-moi, il y en a» a affirmé Madame David sur le site du journal citoyen AgoraVox en réaction à l'article L'américaine Lulu.com aura-t-elle raison des pionniers québécois de l'édition en ligne ? publié la semaine dernière et signé par Serge-André Guay, président de la Fondation littéraire Fleur de Lys, première maison d'édition québécoise en ligne sur Internet avec l'impression à la demande.

 

S'agit-il d'éditeurs québécois subventionnés à l'aide de nos taxes et de nos impôts? Impossible de le savoir nous dit l'employée de Lulu.com car l'entreprise américaine permet l'anonymat: «En demandant une API. Les visiteurs de Fleur de Lys ignoreront que vous utilisez Lulu, ils ne quitteront pas votre site (...)», ajoute madame David. Sur le site Internet de Lulu.com, on peut lire, parmi les avantages offerts: «Interfaces de programmation (API) qui vous permettent de vendre des documents publiés sur Lulu sans que le client ne quitte votre site.» (Source)

 

Toute la question est de savoir si parmi ces éditeurs québécois partenaires de l'américaine Lulu.com, il y a des éditeurs subventionnés par le gouvernement du Québec qui se serviraient ainsi d'une part de nos taxes et de nos impôts pour encourager l'économie américaine plutôt que celle du Québec. Une enquête s'impose.

 

Soulignons qu'aucune clause de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre oblige l'éditeur subventionné à imprimer sa production au Québec. En revanche, l'usage des subventions implique une certaine responsabilité sociale envers l'économie d'ici.

 

 

Texte complet du message de Madame Annie David,

employée de Lulu.com sur le site AgoraVox

 

Messieurs,

 

En l’état actuel des choses, je me vois contrainte de venir rectifier une assertion gravissime: non, Lulu n’est pas du genre féminin ! Lulu.com est un site internet. Accessoirement, Lulu est Canadien d’origine, puisque son fondateur Bob Young préside encore aux destinées d’un club de foot de Toronto si ma mémoire est bonne. Certes, le siège est en Caroline du Nord , mais mes collègues (eh oui, je bosse chez Lulu !) sont de toutes les nationalités, couleurs, races et langues.

 

Alors, Monsieur Fleur de Lys, je crois que nous avons la solution: prenez un pseudo, publiez quelque chose sur Lulu, voyez si ça vous convient. Personne n’en saura rien.

 

Ensuite, ayant constaté que personne ne viendra vous prendre une once de vos droits sur votre oeuvre, et cela même avec un ISBN américain où Lulu figure comme l’éditeur - pour de pures raisons d’obtention d’ISBN et le corollaire, l’inscription dans les bases de données de l’industrie du livre d’Amérique du Nord - vous pourrez envisager d’éditer via Lulu. Comment ? En demandant une API. Les visiteurs de Fleur de Lys ignoreront que vous utilisez Lulu, ils ne quitteront pas votre site et ce n’est pas un seul livre que vous leur vendrez, mais autant qu’il le faut. Des "éditeurs" Québécois qui se servent de Lulu, croyez-moi, il y en a.

 

Combattre Lulu pour obtenir une subvention ? Je ne connais pas les lois Québécoises, mais je pense qu’en vous rebaptisant Editions Tartempion, vous pourriez en avoir.

 

Il n’est pas ici question d’assurer une quelconque hégémonie de Lulu, mais bien den effet de démocratiser l’expression littéraire et artistique.
 

En ces temps de commémoration du départ de Samuel Champlain de Brouage pour votre beau pays, je vous adresse, cher amis Québécois, les salutations fraternelles du Poitou-Charentes:)

 

Annie DAVID

Chroniqueuse littéraire et nounou chez Lulu.com

 

Source : AgoraVox

 

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

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