septembre 2009 - Messages
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Pop Montréal et GAMIQ 2009
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POP MONTRÉAL, ESCALES LOCALES
C'est reparti pour une autre édition du festival Pop Montréal! Sur les rails depuis le 30 septembre, l'intense buffet fera courir les mélomanes jusqu'au dimanche 4 octobre. Bien que les convives internationaux et divers invités-cultes aient retenu l'essentiel de l'attention médiatique, il ne faut pas oublier que le festival est aussi l'occasion de se mettre à jour sur la scène locale. Voici quelques suggestions.
Jeudi, 1er octobre: le crew des défuntes soirées Turbocrunk (Megasoid, Lunice, Hovatron et leurs invités) se réunit pour la première fois depuis décembre au Studio Juste pour rire. Attention, remixes en direct méchants! À la Fédération ukrainienne, Montag reçoit World Provider ainsi que des membres de Numéro#, Plaza Musique, Le Couleur, Les Amis au Pakistan, Intercom et autres dans le cadre de Catalogue, une séance d'improvisation sur claviers analogiques. Le chantre country Li'l Andy invite quant à lui le public en studio au Treatment Room. Si vous n'avez pas vos billets pour les tout-puissants Clues, rendez-vous service et allez plutôt découvrir les excellents Sally Paradise au Zoobizarre.
Vendredi, 2 octobre: ... ou comment se mettre à jour sur les derniers groupes locaux hypés en quelques heures. Avec les Tune-Yards, d'abord, au Musée d'art contemporain; Golden Isles, ensuite, au Green Room (avec Adam and the Amethysts) et enfin avec Bateau Noir - le nouveau projet de membres des Hot Springs, Le Nom et Jacquemort, au Bar Saint-Laurent II (avec Hollerado).
Samedi, 3 octobre: une grosse soirée toute en partys. Ça va danser au Studio Juste pour rire avec Team Canada DJs et aRTIST oF tHE yEAR; au Club Soda, avec Poirier, qui y présente sa nouvelle soirée nommée Karnival, ainsi qu'au Milieu, où la maison de production et de promotion Bonsound fête ses cinq ans avec Radio Radio en live et en DJ, Luc et Suzie des Breastfeeders aux platines ainsi que des invités-surprises.
Dimanche 4 octobre: petite journée tranquille pour terminer le parcours. Au Métropolis, SoCalled, Numéro# et Dishwasher aideront à faire digérer les croissants dès midi lors d'un concert diurne.
Pour les heures et les adresses, rendez-vous sur www.popmontreal.com .
GAMIQ 2009: LE JOUR G
Après ces quatre jours de festivités, le défi sera de se garder des forces pour le rendez-vous annuel de la scène locale. Le Gala de l'alternative musicale indépendante du Québec (GAMIQ) tient sa quatrième cérémonie de remise de prix le 4 octobre dès 20 h au Club Soda. En tout, 17 trophées seront remis dans des catégories allant des meilleurs albums de genre aux distinctions industrielles. Marie-Pierre Arthur, Beast, Malajube, Cœur de pirate et Patrick Watson figurent parmi les artistes sélectionnés, tandis que le prix-hommage sera remis au fondateur de la SOPREF et ex-French B Jean-Robert Bisaillon. Histoire de saluer la seconde carrière de plusieurs musiciens, la salle sera transformée en taverne géante, la présentation des prix sera assurée par des barmen, barmaids et musiciens tandis que l'animation et l'habillage musical ont été confiés à un groupe qui comprend lui-même quelques barmen dans ses rangs (en plus de se spécialiser dans la musique de taverne), les United Steel Workers of Montreal. Ouverte au public, la soirée sera aussi ponctuée de prestations de Movèzerbe, Yesterday's Ring, Random Recipe, Mad'MoiZèle GIRAF, Hollerado, Exterio, domlebo, Keith Kouna et Bernard Adamus. L'organisation, qui détermine les gagnants à partir du vote public et d'un jury de l'industrie, se félicite d'avoir récolté plus de 10 000 votes du public, contre 3000 l'an dernier.
À SOULIGNER /
- Les mal-aimés du hip-hop local Jeune Chilly Chill et Obscene Kids unissent leurs forces le temps d'un concert au Divan Orange le 8 octobre.
DISQUE LOCAL
Nightwood
Carta Marina
(Indépendant)
Après un premier EP gauche (Big City, 2008), le trio montréalais réussit à donner souffle et corps à son rock noir et minimaliste, sur ce premier album au thème nautique. La recette est la même - tourments langoureux à la PJ Harvey et fougue riot grrl -, mais les compositions sont plus fluides, musclées; l'exécution, plus vivante, tandis que la réalisation de Martin Horn donne du tonus aux arrangements dépourvus de guitare basse. Dominée par le chant nerveux d'Amber Goodwyn, la sauce prend le mieux quand elle évoque l'angoisse et la menace (Heavy Magic, Sunken Mountain), mais s'éclaire carrément quand le groupe joue la carte de l'envoûtement et raconte des histoires fantastiques (Sturgeon, Island of Forgetfulness). Le 1er octobre au Green Room. 3/5
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Fermeture du Zoobizarre
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Le Zoobizarre, petite caverne de la Plaza Saint-Hubert si cruciale pour la scène locale, a été contraint de fermer ses portes après s'être fait retirer son permis d'opération lundi.
Les plaintes répétées du voisinage pour bruit excessif sont à l'origine de la décision. «On savait que ça s'en venait. Ça faisait quelques mois qu'on se faisait harceler par la police et les voisins. Une pétition a circulé», explique Alexandre Lemieux, co-fondateur et co-gérant de l'établissement.
Selon lui, il s'agit de l'aboutissement d'une offensive en règle. «On recevait constamment des agents, en uniforme ou undercover. À force de nous chercher des puces, ils ont réussi à trouver quelque chose. Ils nous ont eu par une brèche dans le zonage... Techniquement, t'es pas supposé avoir de salles de spectacles au deuxième étage», poursuit Lemieux.
Le bar et salle de spectacle d'un peu plus d'une centaine de places, affectueusement surnommé «Le Zoo» par ses réguliers, restera donc fermé pendant tout le mois d'octobre pendant que ses gestionnaires évaluent leurs options. «Déjà qu'on ne roulait pas sur l'or... Ça nous porte à réfléchir à l'avenir», témoigne Lemieux, clairement dépité par la tournure des événements. «On ne sait pas encore ce qu'on va faire. Le problème, c'est que ce sont toujours ceux qui s'opposent à la présence d'une salle de spectacle dans leur quartier qui chialent le plus fort.»
Les concerts qui devaient avoir lieu au Zoobizarre dans le cadre du festival Pop Montréal ont donc dû être déplacés. Celui du jeudi 1er octobre, avec Sally Paradise et Balacade, a été déplacé au Playhouse (5656, Parc), tandis que ceux de Polipe, Bocce, Gobble Gobble et Miles, le vendredi 2 octobre, et de Mixylodian, Pick a Piper, Braids et Bent by Elephants, le samedi 3 octobre, auront lieu au Saphir (3699, Saint-Laurent).
Au fil des ans, le Zoobizarre a accueilli plus d'une soirée DJ courue, comme Bounce le Gros, Sharp à l'os et Baile Montréal, de même que les premiers concerts de formations comme Duchess Says, We are Wolves et Les Georges Leningrad.
Dure année pour les petites salles de spectacles montréalaises, quand on pense aux problèmes semblables qu'ont récemment éprouvé la Casa del Popolo et le Green Room.

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Nouvel album numérique, nouveau remix à télécharger et nouveau vidéoclip pour les Winter Gloves
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Le quatuor montréalais Winter Gloves lancera le 6 octobre un nouvel album numérique intitulé A Way to Celebrate. Disponible via iTunes, celui-ci sera composé de remixes, de versions live et/ou réarrangées de pièces d'About a Girl, le premier opus lancé par le groupe en 2008. On y trouvera notamment un enregistrement réalisé dans une gare.
Un premier extrait de l'album, «Invisible (Ease V remix)», est disponible en téléchargement gratuit ici.
Le groupe vient également de compléter un vidéoclip pour la chanson «Party People», visionnable ci-dessous.
Site officiel du groupe
MySpace
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Un nouveau festival à Laval en novembre
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Le nouveau Festival musical indépendant Diapason (FMID) a dévoilé cette semaine la programmation de sa première édition, qui aura lieu à Laval du 5 au 8 novembre.
Axé sur la relève et les musiques émergentes, le nouvel événement accueillera plus d'une quinzaine d'artistes dans trois salles (le studio-théâtre de la Salle André-Mathieu, le TRAC et la Maison des arts).
Malajube, Think About Life, You Say Party! We Say Die!, Xavier Caféïne, Caracol, Mille monarques, Imposs, Koriass et MC La Sauce figurent parmi les convives.
Il n'en coûtera que 3$ pour entrer aux concerts de Mille monarques et de Think About Life.

Site officiel du festival
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Retour sur Vicious/Delicious et Grosse Distorsion
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C'est pour son anniversaire que le scenester Fred de la Fökoff avait rassemblé ce programme agréablement composite, le 19 septembre au Divan Orange. Grosse Distorsion, qui regroupe deux membres des Appendices (Jean-François Provençal et Julien Corriveau) et deux Misteur Valaire (Luis Clavis et France Book), a livré son mélange de rock gras, de chanson humoristique et d'électro léger avec nonchalance et naïveté. Bonnes mélodies, exécution correcte et même deux duos touchants avec Fanny Bloom de La Patère rose, mais ce sont surtout les moments plus cocasses (comme cette pièce qui décrit la coupe Longueuil: "j'es ai courts su'l top pis longs en arrière") qu'on retient. Vicious/Delicious a agréablement alourdi l'ambiance avec son mélange de shoegaze et de rock vintage noir à trois guitares. Si vous avez encore en tête le souvenir du groupe gauche qui livrait une variante nettement plus douce et road movie, il y a trois ans, effacez-le! Depuis que le guitariste Miguel Despaties est passé au chant, il s'agit d'une opération beaucoup plus lourde, menaçante et serrée, à conseiller à tous les fans de Black Rebel Motorcycle Club!
Adamus n'est pas Crésus
Bernard Adamus a probablement crié un "où ça?" nettement moins festif, il y a une quinzaine de jours, lorsqu'il est rentré chez lui et a constaté la disparition de tous ses instruments après à un cambriolage. "Mes guitares, mon banjo, mon ordi... Y'avait pu rien!" relate l'auteur de Rue Ontario, soulignant que la mésaventure les ramène, lui et son groupe, plusieurs mois en arrière. "J'avais mes trois guitares pour mes trois tunings différents... Il n'y avait plus de temps morts interminables entre les morceaux comme c'était le cas au début". C'est donc pourvu d'instruments empruntés qu'il s'installera au Quai des Brumes le temps d'un concert-bénéfice, le 25 septembre, histoire d'amasser des fonds pour s'en procurer d'autres. Avec Séba de Gatineau et Jérémi Mourand.
À SOULIGNER /
-Pop Montréal 2009 commence en grand le 30 septembre avec, déjà, plusieurs noms locaux à l'horaire: Chub-e Pelletier, MC La Sauce et Koriass au Divan Orange; Leif Vollebekk, Oxen Talk et Elephant Stone au O Patro Vys; Charlotte Cornfield avec Sean Nicholas Savage au Balattou, et plusieurs autres. Survol plus complet de la facette locale du festival dans la chronique de la semaine prochaine.
-Le Franco Proietti Morph-tet enregistrera un album devant public les 25 et 26 septembre au Centre St-Ambroise.
DISQUE LOCAL
The Mockin' Birds
Spread Your Wings
(Paf! Disques)
Le quintette de Chicoutimi, féru de rock anglais des années 60, fait comme le titre de son dernier-né le laisse entendre, en signant un second opus plus accompli que le basique Rockin at Midnight (2007). La réalisation de Ryan Battistuzzi et de Hugo Mudie (Sainte-Catherines, Yesterday's Ring) amène plus de clarté et de puissance tandis que le groupe hausse la mise musicale avec des refrains plus accrocheurs, des harmonies vocales ainsi que des clins d'œil à Oasis, lesquels complètent et modernisent agréablement un bassin de référence axé surtout sur l'héritage des Beatles, des Who et des Kinks. Tout cela ne libère pas les Mockin' Birds du mode pastiche, mais ils ont maintenant les tubes pour appuyer le style. Le 26 septembre au Quai des Brumes. 3/5
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Soirée de fous au Zoo!
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Ça n'est pas pour rien qu'en fait de dynamisme et de créativité, la scène anglophone prend souvent les dessus sur la scène francophone, à Montréal. Quand les jeunes anglos fêtent, ils fêtent fort! Fêtent-ils bien? Alex Lemieux, gérant du Zoobizare (et des Silly Kissers) était en droit de se poser la question, hier, en nettoyant les dégâts laissés par les quelques 150 fêtards venus se trémousser devant les Silly Kissers, les Makeout Videotape, Tonstartssbandht (là, enfin, je crois avoir le bon orthographe) et les Pop Winds. Bilan de la soirée: plusieurs bouteilles brisées sur le trottoir, des haut-parleurs et des projecteurs malmenés, un fêtard blessé par une voiture en traversant la rue et pas moins de quatre voitures de police, une ambulance et deux camions de pompiers appelés sur les lieux pour veiller au grain!
Au moins, l'ambiance était au rendez-vous! Le bal a commencé doucement avec les Pop Winds, dont j'ai beaucoup aimé le premier EP lancé récemment. Le trio - un guitariste, un claviériste et un saxophoniste, qui chantent tous (et bien - bonjour les belles harmonies!) et manipulent des effets sonores - est sur scène comme il est sur disque: appliqué, précis, mais tout de même vivant et dynamique. Ça fait toujours du bien d'entendre un groupe se donner la peine d'amener des effets sonore live. Voix et claviers étaient agréablement baignés d'écho et de reverb. Comme on a pu l'entendre sur le EP, le groupe emprunte beaucoup à Animal Collective mais il a aussi un petit côté jazz bien intégré. Sur ses nouvelles chansons, on peut aussi entendre quelques clins d'œil aux Talking Heads. Très bien. Public attentif, un peu blablatteux sur les bords mais encore assez calme. Par contre, c'est déjà rempli à ras bord.

J'avais très hâte d'enfin voir Tonstartssbandht (on prononce apparemment «tâhne-starts-bandit»), après avoir beaucoup aimé leur album, An When, mais je ne m'attendais pas du tout à ce qui a suivi. An When est après tout un disque assez space, éparpillé, expérimental, qui rappelle vaguement Animal Collective (encore?) sur les anti-douleurs... Je m'attendais à voir les deux frères Andy et Edwin White gosser sur des machines et chanter occasionnellement, de façon décousue et distante. Je m'attends à une prestation de nerds. J'ai plutôt vu une espèce de version absurdiste de House of Pain. Ou une version hardcore de Ween, je ne sais plus. Les frères White (deux Américains établis à Montréal) chantent avec tonus, gueulent parfois et prennent beaucoup de place. À mi-parcours, ils ont troqué le sampler et les micros pour la batterie et la guitare pour offrir une portion vaguement grunge/noise/punk. Il n'y a pas à dire, la pop fantaisiste et déconstruite qu'on entend sur disque est rendue de façon vivante. Mais le gros du show était donné par les fans... Car le groupe en a, même s'il s'agit encore d'une affaire confidentielle. Après quelques minutes, quand les morceaux plus rythmés sont sortis, ça s'est mis à «moshpitter» et à «crowd-surfer» joyeusement, pieds au plafond et tout! Tendance qui s'est maintenue jusqu'à la fin de la soirée.
Voici quelques images prises juste avant que ça ne dégénère:
Ah oui, le groupe rejoue ce mercredi, 23 septembre au Friendship Cove avec Wavves, Ganglians et les Little Girls.
Légère accalmie durant Makeout Videotape, de Vancouver (seule présence non-locale de la soirée). Et pour cause: le duo, un guitariste et un batteur debout qui chantent tous deux, joue à bas volume. J'ai d'abord peine à me laisser accrocher par leurs morceaux crus, minimalistes et interprétés maladroitement mais en m'approchant, je découvre de bonnes mélodies et j'arrive à entrer dans leur trip. Il y a un peu de Velvet Underground et de Vaselines dans tout ça. La paire reçoit divers choristes plus ou moins invités sur scène et, avec un peu de nudité en prime, leur set finit par lever.

Quant aux Silly Kissers, ils n'ont eu évidemment aucune difficulté à animer et «moshpitter» à nouveau un public longuement mariné et mijoté. En revanche, ils n'ont pas donné leur meilleur concert. Primo, la sono n'était pas de leur côté - on n'entendait à peine les claviers, les trames programmées ni la voix de la chanteuse Jane Penny. Secundo, la séquence des pièces était discutable et ils ont omis plusieurs morceaux importants. Soit, le groupe est toujours passablement tout croche, sur scène (leurs chansons sont beaucoup plus soignées sur disque), mais ce soir, il l'était encore davantage. Au moins, la pièce-titre de l'album Love Tsunami est revenue sur le set list. Et leur fun est toujours contagieux. En effet, on ne va pas voir les Silly Kissers pour assister à une démonstration de rigueur musicale, mais plutôt pour danser et déconner. Ce qui fut fait.
Fait étrange: Sean Nicholas Savage, ex-voix masculine de la troupe, qui a levé les voiles en juin pour s'occuper de son trip solo, était dans la salle durant la première partie de la soirée. Il n'était toutefois plus visible quand les Kissers sont montés sur scène... Weird! Et moi qui espérait qu'il monte sur scène le temps d'un ou deux morceaux...
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Donne-moi un bec
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Quelques petites choses à savoir à propos des Silly Kissers: a) c'est le groupe pop le plus le fun en ville; b) ils jouent, genre, chaque semaine ces temps-ci; c) la chanteuse Jane Penny est le sosie de Winnie Cooper des Wonder Years et surtout d) le groupe qui s'est brillamment introduit avec l'excellent album Love Tsunami, à l'hiver, et celui qui roule ces temps-ci sont deux entités différentes. En effet, le chanteur Sean Nicholas Savage a levé les voiles en juin, mais une rumeur a circulé selon laquelle il allait revenir. Depuis, on a retrouvé tantôt le guitariste David Carriere à la seconde voix, tantôt des invités, comme un mystérieux personnage au visage peint de blanc. Reviendra, reviendra pas, le Mr Savage? "Pour l'instant, il se concentre sur sa carrière solo. J'aimerais le voir revenir, mais je ne saurais dire ce qui va arriver", m'explique le batteur Thom Gillies. En attendant, le mystérieux personnage au visage blanc, dont le nom est Bob Lamont, est devenu membre permanent. "Il joue aussi dans Oxen Talk et il chante un morceau sur notre nouveau EP, Halloween Summer. C'est aussi un excellent multi-instrumentiste!" On retrouve le groupe ce samedi 18 septembre au Zoobizarre avec Tonstartsbandht, les Pop Winds et Makeout Videotapes.
photo: Marilis Cardinal
BRUMAIRE NOT DEAD
La semaine dernière, on apprenait le départ de trois membres de Bonjour Brumaire et on a tout de suite conclu que le groupe n'existait plus. Mais selon le chanteur et guitariste Youri Zaragoza, il n'en est rien. "J'essaie de faire que le groupe continue, si possible avec le même nom", m'écrit Zaragoza, sans vouloir trop s'étendre sur l'épisode. "Comme toute relation qui se termine mal, il faut savoir garder une certaine part de pudeur et éviter de tout balancer sur la place publique (en se donnant, au passage, le bon rôle)."
À SOULIGNER /
-Le Divan Orange fête ces jours-ci son 5e anniversaire avec une série d'événements spéciaux. Le 23 septembre, un match spécial de la Ligue d'improvisation musicale de Montréal (LIMM) verra des équipes francophones et anglophones s'affronter. Le 24 septembre, Seba prend le micro avec un invité spécial et Payz Play.
-L'Abreuvoir, un nouveau bar sis au lieu de l'ancien Baloo's, au 403, rue Ontario Est, ouvre officiellement ses portes avec un "festival de la rentrée". Le 17 septembre, il accueille aRTIST oF tHE yEAR et Qualité Motel, le 18, Mad'moizelle Giraf (en version sound-system) avec les Handclaps et le iPod de Réjean Laplanche et le 19, Jeune Chilly Chill avec Le Chiffre et Figure8.
DISQUE LOCAL
Freelove Fenner
In the Bottle Garden
(Fixture)
L'avantage des premiers enregistrements tardifs, c'est qu'ils renferment souvent un concentré plutôt qu'une ébauche. C'est assurément le cas du premier mini-album du trio montréalais Freelove Fenner, largué quatre années après l'apparition du groupe: neuf morceaux bien ficelés, bien mûris, qui ne ratent jamais leur cible. Un peu à la manière de Yo La Tengo, FF synthétise timidement mais habilement des influences provenant d'un peu chaque décennie: légèreté sixties, chaleur seventies, arrangements minimalistes à la nineties, touches de psychédélisme et de shoegaze... Difficile de ne pas taper du pied à l'écoute de Henrietta ou de ne pas être touché par Felix. Sans prétention, mais sans fausse note. 3.5/5
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FME 2009 – jour 5 / dimanche 6 septembre: La fin
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Dernière entrée tardive. Mine de rien, ces départs hâtifs dans la nuit vers Montréal, immédiatement suivis de l'obligatoire retour à la réalité des échéances, ont tendance à ralentir les ardeurs d'un blogueur. Et puis, revenir d'un FME, c'est réapprendre à dormir, à vivre à des heures normales... Ma parole, on jurerait que je me plains!
Ce dernier jour aura débuté un peu abruptement itou. Le patron (ORL) et moi devons nous rendre à Rouyn de bonne heure (1h, tout de même...) pour participer à un iPod Battle à la taverne chez Bob. C'est l'honorable Éric Parazelli, ancien locataire de la présente chronique et maintenant fier Rouynorandais, qui organise. À Montréal, on s'est lassé de ces événements dès 2007 mais ici, c'est le premier du genre. Y'a du monde mais pas un monde venu prendre un coup, se faire voir ni danser sur le dernier tube branché et/ou la pochade kitsch la plus surprenante, comme à Montréal. Comme ça a été le cas pour presque tous les événements du festival, le public est varié - étudiants, baby boomers, trentenaires, jeunes familles - et on est venu pour écouter. Je ferai donc tristement patate avec «J'lâche pas» de Corbeau et «Donnez-moi de l'oxygène» de Diane Dufresne, mais aurai plus de chance avec La Roux, NOFX et André Gagnon. «Les Oliviers» font bonne figure et se rendent en demi-finale mais se font hélas éliminer au dernier tour par des programmateurs d'un festival français et un «1990» de Jean Leloup bien placé. Vaincus par nos propres armes... Je persiste à croire que cette soudaine affluence de supporteurs français en dernière manche était louche et arrangée.
Détour par la salle de presse, où je tombe par hasard sur un concert privé d'Oliver Jones! Ça ne se refuse pas, même si le jazz et moi avons une relation tendue... Puis, retour au camp pour un dernier souper. On jase écologie, végétarisme et valeurs morales avec les gars de Radio Radio et on s'attarde quelque peu. On reviendra donc un peu tard à Rouyn, mais à temps pour attraper le discours de clôture du président Sandy Boutin, au Paramount. Il remercie presque un à un les nombreux bénévoles qui oeuvrent pour le festival, fait chanter les dignitaires français puis introduit Oliver Jones - concert officiel de clôture et dernier candy pour les oreilles moins coriaces.
Ailleurs en ville, ça se poursuit jusqu'à plus tard. On écoute un ou deux morceaux de M. Jones puis on file vers le Petit Théâtre, où Movèzerbe se produit sur la scène extérieure. Il n'y a pas foule mais l'ambiance est bonne. Le band prend même une demande spéciale. Sa prestation, en revanche, est plutôt bordélique, confuse. L'octuor mêle hip-hop, reggae et funk de façon ambitieuse et signait plutôt cette année un premier album plutôt réussi, mais sur scène, son affaire ressemble encore à une ébauche. Sons qui manquent de caractère, manque de cohésion entre les musiciens, jams superflus, séquençage hirsute... Difficile, toutefois, d'en tenir rigueur à Movèzerbe... Le groupe fait l'effort d'apporter un peu de vie et de fraîcheur au monotone paysage hip-hop local et on continuera par conséquent de le suivre.
Brève incursion dans le Petit Théâtre pour entendre Valet, un combo métal-hardcore du coin qui rassemble des membres d'Archons et de Despised Icon. Bon son, attaque brutale et précise, le problème étant seulement qu'après cinq jours de défonce, on a les tympans un peu moins résistants à ce genre d'assaut. Il ne reste en effet que juste assez d'énergie pour un bon petit dernier party facile... Ça tombe bien: Radio Radio est sur la scène du Cabaret de la dernière chance. On y retrouve la salle remplie, festive, dansante par moments... La scène étroite transforme le clan (maintenant un trio, Timo n'y étant définitivement plus) en combo de hip-hop old-school échangeant accolades et pitreries. Y'a les tubes («Cliché hot», «Forme elliptique», «Brume sous les streetlights», «Lève tes mains»...), mais y'a aussi beaucoup de nouvelles pièces. Qui augurent bien pour le prochain album.
C'était, hélas, notre dernière escale au FME 2009. On rentre au camp épuisés, rassasiés... Pas le temps de faire dodo, on a un avion à prendre à 5h. Après avoir bouclé nos bagages, on va donc s'asseoir quelques heures autour du feu pour échanger quelques dernières blagues/bières.
Mon post-mortem est déjà paru dans la dernière édition du journal donc inutile de répéter qu'il s'agissait, encore une fois, d'une édition réussie. On a l'air répétitifs et complaisants à conclure la même chose, d'une année à l'autre, mais c'est que le festival tient tout bêtement une recette gagnante: le meilleur de la relève, des salles intimistes dans une ville festive où les visiteurs sont, de toute façon, captifs tout au long de leur visite, une organisation accueillante et relativement efficace... If it ain't broke, don't fix it, comme on dit en bon français.
Ce qui ne veut pas dire que le FME fait tout parfaitement. On a appris, avec le temps, à éviter la nuit électronique du Paramount, qui lève rarement. Le festival a clairement une spécialité rock et gagnerait à garnir un peu mieux sa programmation urbaine. Pour sa nuit électronique, il pourrait inviter un ou deux DJ de renom pour rallier le public aux convives plus cérébrales qu'il place en tête d'affiche. Même pas besoin d'aller chercher à l'international: on aurait bien vu des Jordan Dare, Megasoid, Duvall, Tiga, Cherry Cola, Thomas von Party ou même les Nu Ravers on the Block mettre un peu de piquant dans l'affaire. Idem pour l'événement hip-hop... Soit, le bassin québécois est un peu étroit de ce côté et son public est pratiquement impossible à rassembler complètement, mais parions que des Canadiens comme K'naan, k-Os ou Kardinal Offishall auraient transformé le petit rassemblement de dimanche soir en party majeur, si on les avait jumelé avec des pointures locales.
Reste à savoir si des noms comme ceux-là sont vraiment à la portée d'un petit festival artisanal. En attendant, le FME réussit admirablement à faire beaucoup avec relativement peu et vient encore de boucler un autre foutu bon party dans l'nord.
Le FME, c'était aussi:
-Un voyage d'aller des plus sympathiques et un premier feu de camp sans feu avec Chinatown;
-Des contrastes cocasses: quand d'autre peut-on apercevoir les gars d'Omnikrom à un show de Malajube, ou bien la gang du Nombre au Picnik électronik?
-Des feux de camps mémorables avec les gangs de Géraldine, Hollerado, Lake of Stew, Ariane Moffatt et j'en passe;
-Des trajets Rouyn-Lac Flavrian plein de rires avec les gangs de Bang Bang, Rue Frontenac et La Bouche croche;
-Une inévitable hâte à l'année prochaine.
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Rouyn-Noranda mon amour: souvenirs du FME
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La scène émergente et ses fans avaient à nouveau rendez-vous à Rouyn-Noranda, du 2 au 6 septembre, pour le septième Festival de musique émergente d'Abitibi-Témiscamingue. Encore une fois, on a vécu un gros party surréel de cinq jours, fait de rencontres animées dans des rues pourtant taciturnes, de concerts qui dégénèrent et de fêtes dans le bois. Encore une fois, l'opération a pris du galon par rapport à l'année précédente: plus de concerts, plus de diversité dans la programmation, plus d'invités internationaux, plus d'heureux imprévus... Parlons de l'année de l'étalement et des débordements.
Les Rouynorandiens ont en effet eu droit à une édition spéciale du Piknic Electronik, au jazz haut de gamme d'Oliver Jones, à trois concerts extérieurs, à la présence de Stereo Total, Mother Mother, The Magnetix et Burning Brides, de même qu'à des partys afterhours dans une église transformée en lounge (dont un mémorable avec Afrodizz).
LE gros fun du FME demeure néanmoins d'assister à ces premiers contacts entre des jeunes groupes et un public réputé pour son côté curieux et festif, le tout dans des petites salles intimistes. Il peut alors arriver des choses magiques, comme Clues qui se transforme en groupe punk-rock au Cabaret de la dernière chance, Hollerado qui devient soudainement un groupe de stars au Petit Théâtre ou Lake of Stew qui réussit à faire sourire, chanter et taper dans ses mains une brasserie entière en moins de deux, deux soirs d'affilée. Random Recipe a aussi assurément laissé sa marque en improvisant un concert dans le restaurant Chez Morasse à 2 h 30 du mat'.
D'autres fois, c'est juste une rencontre parfaite: Géraldine et les Cagoules Duguay et L'Écart (galerie d'art gérée par le tandem absurdiste Geneviève et Matthieu), Priestess et un Petit Théâtre rempli de métalleux affamés, Feathership et un Paramount attentif, Radio Radio et un Cabaret avide d'un dernier party le dimanche soir... Ou encore un contraste amusant, comme les Cougarettes et leur chanteuse menaçante devant un assortiment de hipsters et de quinquagénaires éméchés, dans une brasserie très Top 40.
Grande représentation montréalaise oblige, on n'y allait pas pour faire des découvertes mais les occasions se sont tout de même présentées: le quintette français Montgomery, qui donne dans un rare mélange de shoegazing britannique et d'indie pop dansant chanté en français, de même que Berithan Berio, nouveau projet du chanteur et guitariste Brad Barr, du groupe The Slip. L'Américain qui vit à Montréal est à repérer pour les fans de Tom Waits, M Ward et Cie.
En plus d'être une belle tribune et d'allumer la ville, le FME a également poursuivi sur sa lancée verte en encourageant de plus belle les festivaliers à se procurer, pour leurs consommations d'alcool, le bock réutilisable introduit l'an dernier plutôt que des verres jetables, de même qu'en compostant la nourriture des convives, entre autres.
Bref, une autre édition réussie. Et maintenant, dodo.
À SOULIGNER /
- Portions de fibres et de résurrections au week-end Rock en grain, les 11 et 12 septembre au Bain Mathieu: WD-40 se relève le premier soir, avec projection en rappel du documentaire Né pour être sauvage en première partie, et les mythiques Vent du Mont Schärr revivent le second, en compagnie de Camionnette et Les Nonchalants.
- Funk et overdose de lettre k avec Barton Fink et Elektrik Bones le 12 septembre au Club Lambi.
- Les maîtres locaux de l'ambient AUN et thisquietarmy ouvrent pour le combo torontois Nadja le 16 septembre à la Casa del Popolo.
DISQUE LOCAL /
Jingafly
Niveau supérieur
(Mon œil)
Issu du dur hood de Lachine PQ, cet octuor de blancs-becs prétend avoir été le premier crew à tâter du crunk à Montréal et défend assurément une variante plus dure et street du genre que, disons, Omnikrom ou Arvida Crew. La production est plus "char"; le flow est plus classique et américain, tandis que les textes sont gangsta à souhait. Toutefois, les skits loufoques, les interventions colorées du MC Beretta et des pièces plus grosses que nature comme États d'alerte (C.I.A.) ne mentent pas: on nage en plein humour. Le groupe navigue assez bien à travers cette ambiguïté et se montre capable de bons bangers chromés (Si ou pa ré mé nou) comme de savoureuse dérision. Reste à savoir qui, des puristes ou des amateurs de second degré, endossera le mélange. 3/5
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Au revoir Brumaire?
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Le quintette indie-pop montréalais Bonjour Brumaire ne serait plus, selon une publication du guitariste Nathan Howard sur le forum Indie Québec. Du moins, sous sa forme actuelle.
Howard rapporte que le batteur François Lessard et que la claviériste Karine Novelle auraient récemment quitté pour des raisons de conflits interpersonnels, après quoi le chanteur et leader Youri Zaragoza lui aurait montré la porte pour des raisons semblables. Les visées artistiques ne seraient pas en cause.
Zaragoza a néanmoins déclaré au blogue Franco Phil qu'il désirait poursuivre le projet sous une forme ou une autre. Le groupe venait de s'entendre avec l'étiquette Audiogram pour un éventuel prochain album et planchait sur du nouveau matériel.

Myspace
site officiel
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FME 2009 – jour 4 / samedi 5 septembre: Le tourbillon
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Le Matos et Poirier opèrent au soleil devant une assistance clairsemée mais enthousiaste, quoique peu portée sur la danse; Berithan Berio charme le Paramount avec un mélange de blues et de folk aérien à souhait ainsi qu'un jeu de guitare épatant; Priestess fait headbanger ferme au Petit Théâtre; Lake of Stew remet ça à la Salle des Patriotes et met aussi facilement la foule dans sa poche que la veille tandis que For Those About to Love a raison de mes réticences au Cabaret de la dernière chance (le secret est dans le volume). Après avoir rempli le Groove à pleine capacité, Random Recipe investit le resto Chez Morasse pour un concert-surprise parmi les mangeurs de poutine à 2h30.
Mais surtout, ceci:
Tags: Laurent Saulnier, Lake of Stew, Priestess, FME 2009, Bison BC, Randome Recipe, For Those About to Love, Le Matos, Dare to Care, Poirier, Roi Poisson, Berithan Berio
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FME 2009 – jour 3 / vendredi 4 septembre: L’apogée
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Ce troisième jour renfermait pas mal tous les ingrédients qui font qu'on veut bien faire neuf heures de route pour revenir au FME: de l'abondance, de l'atmosphère et rien de moins que les meilleurs bands de Montréal, déplacés dans un contexte dépaysant et intimiste. Première escale: l'Écart (la fameuse galerie d'art gérée par le tandem absurdiste Geneviève et Matthieu) pour un 5 à 7 bien pété avec Géraldine et les Cagoules Duguay (le nom varie pour chaque concert). Les excentricités ne manquent pas: une barbie roulante et chantante se fait massacrer au bat de baseball, un ventilateur sert de microphone, Jo des Breastfeeders vient chanter en duo sur une reprise de «Qu'est-ce que t'es belle» de Catherine Ringer et Marc Lavoine et le groupe joue la pièce «Lance le sapin (à Géraldine)» trois fois. Comme toujours, c'est loufoque, tout croche, mais le délire est adroitement articulé. Dans l'assistance d'une trentaine de personnes, il y a un égal mélange de confusion et de bonne humeur.
La soirée est lancée par Le Nombre sur une scène extérieure montée devant le Petit Théâtre sur la septième rue. Les vétérans son égaux à eux-mêmes: fougueux, charismatiques, la pédale dans le tapis du début à la fin. Le public est réceptif mais on sent qu'il est surtout venu pour la suite. Malajube apparaît sans tarder mais débute son concert plutôt mollement, avec des tubes légèrement affaiblis: «Porté disparu», «Pâte filo»... Ça ne commence vraiment à lever que lorsque le quatuor plonge dans ses moments plus prog et planants. On sent qu'il a maintenant davantage la tête à cela qu'aux brûlots de trois minutes, ce qui n'est pas plus mal. En seconde moitié de concert, il a retrouvé toute sa force enveloppante, pour le plus grand plaisir des quelques centaines d'adeptes sagement massés devant la scène.
Après une brève escale chez Morasse ‒ greasy spoon du coin et rendez-vous nocturne par excellence puisqu'il s'agit d'un des rares restos 24h de la ville ‒, c'est direction avenue Carter pour la première visite en ville de Lake of Stew, qui se produit bien ironiquement dans un bar nommé «Salle des patriotes». Cette fois, par contre, pas d'indépendantistes enragés en vue: juste des curieux d'un peu tous les âges, qui remplissent rapidement la salle à pleine capacité. Ils prennent peu de temps à se rallier au country-bluegrass rustique à souhait du sextuor. Ça tape des mains, ça yodelle, ça chante en chœur... Un solide party. C'était à prévoir: les Rouynorandais aiment leur country. On a pu le constater lors des éditions précédentes, marquées de premiers contacts semblables avec Lil' Andy & Karaoke Cowboy, The Sadies et O'Death.
Au Cabaret de la dernière chance, j'attrape la dernière demi-heure de Clues, qui fait hocher les têtes et lever les poings à qui mieux mieux, à ma grande surprise. Jamais vraiment pareil d'un concert à l'autre, le combo se montre ici sous son jour plus rock et la salle semble conquise. La scène indie-rock anglophone de Montréal étant en général peu portée sur les visites en région, parions que le groupe ne serait jamais passé par là si ce n'était du FME. Les fans autant que le groupe donnent l'impression d'en profiter pleinement.
À l'Agora des arts, située dans une ancienne église sur Murdoch (la main d'un des deux centre-villes de Rouyn-Noranda), le festival a aménagé un chouette lounge où ont lieu des after-partys peu annoncés. C'est Afrodizz qui prolonge la soirée dès 2h30 et en-dedans, ça danse ferme. Plutôt discret ces derniers mois, le groupe semble avoir pris du gallon. Je me laisse aller pour une petite demi-heure mais déjà, il est temps de partir si je veux attraper la dernière navette en direction du camp. Il y a de la bière à boire et un feu à nourrir, là-bas...
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FME 2009 – jour 2 / jeudi 3 septembre : L’envol
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Déjà, on sent que le Festival a atteint son rythme de croisière. Après un méchoui d’ouverture quelque peu abrégé par la pluie, ceux qui ont envie de douceur se rendent au Paramount, pour entendre Barnabé Pomerleau, Élisapie Isaac et Martin Léon, tandis que ceux qui sont d’humeur plus rock traversent la ruelle pour se rendre au Petit Théâtre, où Hollerado et Xavier Caféïne doivent jouer un peu plus tard. Je me range avec le second groupe et fais d’entrée de jeu une fort agréable découverte: le quintette français Montgomery, qui donne dans un rare mélange de shoegazing britannique et d’indie-pop dansant chanté en français. Textures denses, effets sonores abondants, mélodies accrocheuses et rythmes légers avec attaques occasionnelles à deux batteries… Fort. Le tout n’est pas sans rappeler le groupe de Hamilton Sianspheric, qui donnait dans un mélange semblable durant les années 90. Aux trois-quart pleine, la salle ne s’embrase pas mais on sent que le courant a passé. Certains artistes cadrent plus naturellement que d’autres avec l’ambiance du FME. Le quatuor ontarien Hollerado (qui a brièvement vécu à Montréal l’an dernier) vient s’insérer comme une pièce de puzzle en seconde manche. Son rock festif, mi-classique, mi-punky, livré avec fougue et bonne humeur, allume immédiatement la salle. On pourrait faire la fine bouche en notant l’inégalité des morceaux ainsi qu’une austérité très canadian, qui évoque parfois le moins bon côté de la scène de Halifax des années 90 (Trush Hermit, quelqu’un?) mais des tubes comme «Got to Lose» nous laissent sur une bonne note. Xavier Caféïne clôt la soirée, entouré de quelques «nouveaux» adjuvants: Alex Crow de retour à la guitare, Sandy Belfort aux claviers (une judicieuse addition) et Pat Sayers à la batterie, en plus de l’éternel complice Vincent Peake. À la veille de lancer son second opus, Bushido, la bande joue plusieurs nouveaux morceaux. Vincent m’avait parlé d’un son plus pop et Xavier, de structures plus complexes, mais j’ai simplement l’impression d’entendre une suite logique de l’album Gisèle. Ce qui n’est pas mauvais en soi. Bons refrains, textes astucieux, aisance de vieux pro… Du Xavier Caféïne égal à lui-même, avec l’égal mélange de moments de brillance et d’excès de théâtralité un peu frisquets qu’on lui connaît. Le public embarque, surtout lorsque les vieux tubes ressortent, mais la chaleur qui règne dans le Petit Théâtre en amène plusieurs à déserter avant le temps.
Après un peu de blabla sur le trottoir, c’est direction Le Groove pour les Cougarettes. Le quatuor semble plus ou moins à sa place dans ce bar étroit et anonyme, visiblement pas fait pour accueillir des concerts, mais ne tarde pas à s’approprier les lieux. La chanteuse Cardi crache bière et autres liquides sur le public, vient chanter à quelques pouces du nez de plusieurs membres de l’assistance, se perche sur le bar… Certains trouvent cette attitude quasi-menaçante un peu calquée sur celle d’Annie-Claude de Duchess Says. Je trouve pour ma part que c’est le complément idéal à la musique: un mélange de punk électroïde 8-bit à la Crystal Castles et de new french-touch à la Justice. On peut difficilement parler d’une proposition vraiment originale mais puisque les arrangement sont rudement bien conçus, que tout est joué 100% live et que l’énergie est au rendez-vous, on danse et on se laisse aller. Même quelques habitués de l’endroit nettement plus âgés s’y frottent vers la fin. Je quitte à l’instant la salle de presse pour me rendre à l’Écart, où Géraldine doit être en train de mettre le feu. Grosse soirée ensuite : Patrick Watson au Paramount, Le Nombre et Malajube sur une scène extérieure devant le Petit Théâtre, les Burning Brides au Petit Théâtre, Clues au Cabaret de la dernière chance, Lake of Stew à la scène des Patriotes. Réussirai-je à voir tout ce monde? À «suire», comme disait RBO…
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FME 2009 – jour 1 / mercredi 2 septembre : La répétition
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Et c’est reparti pour un autre cinq jours de musique et de party à Rouyn-Noranda! La septième édition du Festival des musiques émergentes débute plus officiellement aujourd’hui mais comme à chaque année, on donne un premier coup de semonce la veille à l’UQAT. C’est le party de rentrée des étudiants et c’est aussi, un peu, l’occasion de donner aux gens de la ville un candy un peu plus digeste avant le déluge de sons plus pointus. Parce que même s’il ne viendra pas nécessairement voir Clues au Cabaret de la dernière chance, le Rouynorandien moyen est fier du FME. La ville s’allume, s’anime. Plusieurs font du bénévolat pour l’événement et la simple mention de la fête décroche à tout le moins un sourire aux autres.
Le FME a eu la riche idée d’abandonner l’agora de l’Université pour en faire un concert extérieur, sur le terrain de football adjacent. La sono est infiniment meilleure (plutôt impressionante, en fait) et on a de la place pour bouger. L’assistance a été chiffrée à deux mille personnes, quoiqu’avec l’étalement on aurait plutôt pensé 500-600. Chinatown ouvre le bal. Longs trajets de voiture et détours obligent, je manque la majeure partie de leur prestation mais l’acceuil semble bon. Le public, dont la moyenne d’âge est plutôt élevée pour un party étudiant, chante et frappe des mains sur «La vrille» un peu plus volontairement qu’aux Francofolies de Montréal.
Ma première véritable prestation du festival est plutôt celle d’Alfa Rococo. Une introduction un peu brutale compte tenu de ma faible appréciation pour leur pop-rock ultrapropre. Le tandem est sur scène comme il est sur disque: rigide, extrêmement convenu, même lorsqu’il reprend «Alger» de Leloup ou qu’il tâte du psychédélisme sur «Paradis artificiel». La paire a pourtant un certain sens de l’humour (évident dans ses interventions entre les pièces) et de la mélodie, de même que de bonnes influences (les Beatles, Manu Chao, Bran Van 3000). Mais elle manque au final cruellement de fougue. Le public répond néanmoins positivement et la fête semble bien lancée.
Après ça, difficile de ne pas apprécier la polyvalence et le naturel désarmant d’Ariane Moffatt. Non seulement elle touche à tout mais elle le fait bien: ses arrangements sont riches, variés, plein de textures inhabituellement travaillées pour de la pop. Même ses pièces plus électroïdes passent bien à la scène, habilement rendues par un groupe qui compte plusieurs multi-instrumentistes (dont Pierre-Philippe Côté, dit Pilou, et Marie-Pierre Arthur, avec qui la patronne fera un duo sur un titre de Gillian Welch en fin de course). Moffatt habite de son côté la scène et ses morceaux sans en faire trop, «callant» les changements de climat avec empressement, autorité et légèreté, comme une fille de retour de vacances qui a hâte de montrer sa prochaine photo de voyage. En revanche, c’est une technicienne, une pro, tout comme ses adjuvants, et tant sa musique son concert finissent par souffrir d’une certaine froideur. Il y a des moments forts, comme l’accrocheuse «Réverbère», mais trop souvent, on dirait que ses fantaisies ont été passées au fer à repasser du professionalisme.
Largement venu pour elle, le public ne semblait cependant pas prêt de lui reprocher cela et hochait de la tête attentivement. J’avais pour ma part un peu hâte d’entendre un peu de débordements et ai donc pris cette première soirée un peu comme une répétition générale pour les jours à venir.
Ce soir augure déjà assez bien. Méchoui d’ouverture au Cabaret de la dernière chance, début de soirée tout en douceur avec Élisapie Isaac au Paramount, rock ferme avec Montgomery, Hollerado et Xavier Caféïne (qui remplace à pied levé la porte-parole Mara Tremblay et risque de jouer plusieurs nouveaux morceaux) au Petit Théâtre, indie-pop coloré avec Mother Mother au Cabaret, puis enfin alternance entre Buddy McNeil & the Magic Mirrors à la scène des Patriotes et les Cougarettes au bar Le Groove.
À l’intérieur, cette fois, Dieu merci. Les soirées sont déjà frisquettes à Rouyn. Photos demain!
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