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septembre 2009 - Messages
29 septembre 2009, 8:46
La plus belle des chansons d'amour made in Québec
J'aime les listes. J'aime en dresser, en lire, débattre avec des amis pour prouver que les miennes sont les meilleures. Je suis un list-o-maniaque. J'ai donc souvent tenté de dresser ma liste mentale des plus belles chansons d'amour québécoises. "Une chance qu'on s'a" de Jean-Pierre Ferland... "L'essentiel" de Ginette Reno... "Un beau grand slow collé" de Richard Desjardins... J'ai finalement arrêté mon choix. "J'aime pas ça quand tu pleures" de Martin Léon, de son album "Kiki BBQ". Une chanson d'une simplicité désarmante, comme peut l'être son compositeur, et dont chacun des mots semble aller droit au coeur. "Hey Lou, t'es tellement, tellement belle. Jour et nuit. Comme une rivière dans son lit. Viens, mon amie..." Toute la vérité et la beauté du monde infusée dans une seule chanson. Il y a quelques années, j'ai eu droit à un avant-midi en compagnie de Martin Léon. Il m'avait donné rendez-vous sur le Lac Rond, derrière son ancienne maison, à Ste-Adèle. Au milieu du lac gelé, en buvant un kir dans des verres à moutarde pour nous réchauffer, nous avons refait le monde. Les femmes, l'amour, la vie de couple, encore les femmes... "Man, quand je chante cette chanson-là, ça m'arrive encore de pleurer." Je déclare donc que "J'aime pas ça quand tu pleures" est la plus belle chanson d'amour jamais écrite au Québec. Ma liste a parlé.
24 septembre 2009, 11:28
On potine

Entendu au Sofitel lors de nos 25 minutes en compagnie de la superstar Audrey Tautou la semaine dernière:

"Vous pourriez reculer votre éclairage? Ce n'est pas très flatteur pour le visage d'Audrey!"

"Vous voulez faire l'entrevue assis par terre? C'est pas sérieux! Pas avec ce que porte Audrey en ce moment!"

"Audrey ne veut pas se faire filmer durant toute la séance photo. Ça l'empêche de se concentrer."

Depuis Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Audrey Tautou fait partie de ces stars-là. De celles qui passent leur temps à vivre sous le regard des autres: le regard de son coiffeur, le regard de son agent, le regard des paparazzis. La vie des superstars, c'est un peu ça. Vivre pour et par les autres. N'exister que pour être filmé, épié, observé. Sinon, c'est la fin. Une téléréalité à ciel ouvert.

Il y a deux ans, j'ai croisé Katie Holmes à Los Angeles pour une entrevue. Accompagnée de ses "assistants personnels" (pas des coiffeurs, pas des maquilleurs, seulement des "assistants personnels"), la femme de Tom Cruise profitait des pauses entre les entrevues pour leur demander conseil. "J'avais l'air de quoi? J'ai l'air folle? Je projette la bonne image?" À vivre constamment sous le regard des autres, les stars redeviennent des enfants. "Papa, je peux mettre du rouge à lèvres pour l'entrevue? Ma robe était pas tachée quand j'ai parlé devant la classe?"

Audrey Tautou a maintenant une armée de papas et de mamans qui la suivent et la regardent pour s'assurer que son image reste intacte. Et pourtant, l'erreur est encore possible. Il y a quelques mois éclatait ainsi une mini-controverse au sujet de l'affiche de son film Coco avant Chanel, sur laquelle on pouvait la voir fumant une cigarette. "La clope, c'est pas bien! Faut pas que nos jeunes voient ça!" On l'a donc retirée des gares de train et des stations de bus.

Difficile de maintenir une image impeccable en tout temps. Et au fond, la pauvre rebelle à ses heures s'en fiche. Entendre parler d'elle à longueur de journée, de sa rupture avec Matthieu Chedid (alias M) en décembre dernier dans les journaux à potins, se faire dire quoi faire, se faire photographier... Non merci. Mais c'est trop tard. Tous les regards sont maintenant tournés vers elle.

DANS L'ŒIL DU KODAK

Il y a pourtant des tas de gens pour qui le regard des autres est devenu une drogue. Pensons simplement aux téléréalités mettant en vedette des célébrités en manque d'attention. Anna Nicole Smith. Ozzy Osbourne. Jessica Simpson. Paula Abdul. Hulk Hogan. Tommy Lee. MC Hammer. Vanilla Ice. Ron Jeremy. Erik Estrada. Pamela Anderson. Même notre Michèle Richard! Ils ont tous accepté qu'une équipe de télévision débarque dans leur salon pour que le monde entier les voie s'engueuler, se préparer à souper, ramasser les crottes de leur chien...

Plusieurs artistes sont d'ailleurs fascinés par le phénomène, qui est moins récent qu'on ne pourrait le penser. Déjà dans les années 20, l'artiste contemporain Fernand Léger délirait à l'idée de filmer un couple ordinaire à son insu pour l'observer dans son quotidien. Quarante ans plus tard, en 1963, Andy Warhol tournait son insupportable Sleep, plan-séquence qui montrait un homme dormant dans un fauteuil durant six heures.

Dans sa plus récente édition automnale, le magazine Colors présente le travail d'Hasan Elahi, citoyen américain originaire du Bangladesh déjà soupçonné par le FBI d'avoir un quelconque lien avec la tragédie du 11 septembre. Devant se rapporter aux autorités chaque fois qu'il prenait l'avion, il a transformé son cauchemar de surveillance extrême en site Internet plutôt inusité. Il a trafiqué son téléphone cellulaire en le synchronisant avec un traqueur GPS, il est donc désormais possible de suivre ses moindres déplacements sur trackingtransience.net. Et c'est sans compter les milliers de photographies de chacun de ses repas et de chacune des toilettes qu'il visite. Une sorte de scrapbook de son quotidien et une variation bien personnelle sur le thème de la téléréalité et de l'obsession de l'Oncle Sam pour la surveillance.

Le site d'Hasan Elahi continue de recevoir entre 50 000 et 100 000 visites par mois et tient des archives de tous ceux qui s'y sont connectés. L'observé devient ainsi l'observateur.

Il existe plus de 25 millions de caméras de surveillance dans le monde. Jetez un coup d'œil autour de vous pendant que vous tenez ce journal et rendez-vous à l'évidence: on vous observe. Le regard des autres? Impossible d'y échapper. Big Brother is watching you.

La semaine prochaine à l'émission:

Marie-Josée Croze pour Je l'aimais de Zabou Breitman. Plants and Animals en perfo dans le Vieux-Québec. Exposez vos chefs-d'œuvre pour 50 $ à la Galerie 106U.

Ce mercredi 30 septembre, 21 h, sur les ondes de Télé-Québec.


22 septembre 2009, 3:01
Vos oreilles vont vous friser!
Beaucoup de cinéphiles n'ont pas dormi durant les 8 premiers mois de 2009 de peur de manquer "Inglorious Basterds" de Quentin Tarantino, sans doute le film le plus attendu de l'année. Pour ma part, je pourrai finalement fermer l'oeil à compter de vendredi le 2 octobre prochain parce qu'on sortira enfin sur nos écrans le documentaire "It Might Get Loud", dont la première montréalaise aura lieu le 30 septembre dans le cadre de Pop Montréal. "It Might Get Loud" : Jack White, The Edge, Jimmy Page. 3 dieux du rock. 3 générations de guitar heroes qui se rencontrent au sommet. Les White Stripes, U2 et Led Zeppelin enfin réunis à l'écran. Pour tout musicophile, la sortie du film (qui a plusieurs fois été repoussée) arrive comme un cadeau, juste à temps pour nous faire taper du pied popcorn à la main en ce début d'automne grisâtre. Un défi : visionnez la bande-annonce et dites-moi que vous n'avez pas la chair de poule! Rock on!
17 septembre 2009, 7:30
Le cirque VOIR

Dans sa chronique "Radar" publiée vendredi dernier par le quotidien 24 heures, Sophie Durocher réagissait fortement à des propos que j'ai tenus dans nos pages. Parlant avec passion de la venue de l'émission VOIR à la télé, j'ai en effet décrit le paysage télévisuel culturel des dernières années avec "ses shows de plogues, son éternel même bassin d'artistes populaires et son peu de place laissé à la découverte". Peu d'accord, Sophie Durocher a ainsi rappelé Le Septième et Mange ta ville, d'excellentes émissions qui ont laissé leur marque en n'étant absolument pas des "shows de plogues". Je suis bien d'accord avec elle. J'ajouterais même à cette liste la mal-aimée Prochaine sortie, dont j'étais un grand fan.

VOIR format télé n'a pas réponse à tout et ne crache absolument pas sur ce qui s'est fait en télé culturelle depuis quelques années. Bien au contraire. Reste qu'en général, les émissions culturelles les plus écoutées continuent d'occuper la même niche et de s'adresser au même public plus âgé. Pas étonnant que tant de jeunes ne prennent même plus la peine d'allumer leur téléviseur, préférant de loin les médias électroniques aux émissions de leurs parents qui ne leur disent rien.

À l'heure où l'on croit que la génération des 20-30 ans n'en a que pour la chaîne V et les télé-réalités (ce qui n'est heureusement pas le cas), il est presque rassurant de voir qu'une nouvelle émission culturelle faite par des jeunes passionnés débarque sur les ondes. Et à en croire les commentaires reçus à la suite de la première diffusion la semaine dernière, il est bon de pouvoir enfin s'identifier à une émission qui parle autant aux baby-boomers qu'à la nouvelle génération. Voir de nouveaux visages s'amener dans nos téléviseurs et offrir une solution de rechange aux mêmes critiques qui font la pluie et le beau temps de notre paysage depuis une vingtaine d'années est donc apparemment une excellente nouvelle. La relève a beaucoup de choses à dire. Reste à lui laisser la parole.

Il se fait de la bonne télé culturelle au Québec. De l'excellente même. Mais très peu qui parvienne à rallier les plus jeunes générations. Voyons donc l'arrivée de VOIR comme une bonne nouvelle.

LA COUCHE AUX FESSES

Si une nouvelle génération commence à prendre sa place dans les médias (vivement l'arrivée des Moquettes Coquettes et leurs variétés nouveau genre à Télé-Québec), il en est de même pour la scène culturelle, où les jeunes règnent littéralement en rois et maîtres par les temps qui courent.

Côté cinéma, 2009 aura sans contredit été l'année Xavier Dolan. Avec J'ai tué ma mère, le jeune réalisateur de 20 ans a remporté trois prix à Cannes, connu un succès fort louable en salle au Québec, et son film est toujours vivant sur le circuit français. J'aime d'ailleurs imaginer certains cinéastes établis et à l'égo démesuré (on taira leur identité) maudissant le jour où le premier film d'un ti-cul sans expérience est sorti en connaissant plus de gloire qu'ils n'en auront récolté en 20 ans de métier. Solide leçon d'humilité.

Même phénomène du côté des grosses pointures en musique, où la liste des petits jeunes continue de s'étirer. Terminée, l'époque où Garou et Isabelle Boulay étaient les seules voix québécoises que l'on pouvait entendre en France. Après Pierre Lapointe et Ariane Moffatt, la juvénile Cœur de Pirate continue, par exemple, de rendre les Frenchies pantois et de remplir les grandes salles comme l'Olympia. "La France va s'enflammer", a-t-on même pu lire dans l'importante revue Les Inrockuptibles à la fin du printemps dernier. Pas mal pour une jeune femme qui n'a même pas encore la majorité internationale.

Le groupe Chinatown (gagnant du prix Étoiles Galaxie la semaine dernière à la suite de son passage à Osheaga); les livres sublimes de la jeune auteure Marie Hélène Poitras; la série de Web télé à sensation Comment survivre aux week-ends... Les jeunes prennent le contrôle de votre culture.

Un vent de fraîcheur qui fait du bien là où ça passe et qui soulage là où ça fait mal.

***

La semaine prochaine à l'émission, une rencontre avec l'actrice française Audrey Tautou, de passage à Montréal pour présenter Coco avant Chanel, nos artistes et les reprises musicales, et une performance acoustique de Martin Léon et sa bande en plein milieu du parc La Fontaine.


17 septembre 2009, 12:20
VOIR part en tournée!
Tout comme le journal, l'émission VOIR croit que la culture est autant à Montréal que dans le reste du Québec. Au cours des prochaines semaine, je partirai donc régulièrement en tournée de promotion afin d'aller VOIR ailleurs si je suis et de rencontrer les artistes et gens qui font notre culture en région. Premier arrêt : une visite au Studio P de la rue St-Joseph de Québec (jeudi 17 septembre) et un détour par l'Opéra de Chicoutimi le vendredi 18. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous croiser!
14 septembre 2009, 6:49
VOIR dans ta télé!
Ça y est! La glace est brisée! Vous avez été nombreux à nous envoyer vos commentaires suite à la diffusion de la première émission la semaine dernière et nous vous en remercions mille fois. D'ailleurs, le deuxième épisode (diffusé ce mercredi 21h à Télé-Québec) vient d'être mis en boîte et promet de belles découvertes. Au menu : -Un lundi matin intime et touchant en compagnie de Macha Limonchick -Une rencontre complètement surréaliste et virée sur le top avec le metteur en scène Wajdi Mouawad -Une question toute simple : qu'est-ce qui peut bien faire slammer les gens de l'Outaouais?! -Le romancier Dany Laferrière s'amène dans nos bureaux Côté critiques : -Le dernier Michel Tremblay et la reprise de Pis?... à la Licorne -Les retours de Champion et du rapper Jay-Z -Les musts cinéma à voir absolument cet automne dans une salle obscure près de chez vous.
11 septembre 2009, 4:06
La guerre des clans

Passage plutôt étrange ce matin à l'émission de Christiane Charrette, où j'étais invité pour présenter VOIR format télé.

Il y a tout d'abord eu ce texte de Sophie Durocher en début de journée dans le quotidien 24 heures, où elle réagissait dans sa section « Radar » à des propos que j'ai tenus dans le Voir la semaine dernière.  Annonçant le début de la saison télé du journal, je me réjouissais de l'arrivée d'une nouvelle émission culturelle à l'image des gens de notre génération (les 20-30 ans), en parlant du paysage

télévisuel culturel des dernières années et de «  ses shows de plogues, son éternel même bassin d'artistes populaires et son peu de place laissée à la découverte. » 

La réplique de Durocher?  Il s'est quand même fait du bon en télé culturelle et il ne faut pas cracher sur ce qui s'est fait.  Soit.  Impossible de nier l'influence des Septième art, Mange ta ville et Choix de Sophie, d'excellentes émissions qui ont laissé leur marque en n'étant absolument pas des « shows de plogue ».  On s'entend là-dessus.

Reste qu'il manque résolument de contenu fait par et pour les jeunes.  Qu'on se le dise : non, les jeunes ne sont pas tous scotchés à leur téléviseur à regarder le freak show de la chaîne V.  Et non, les jeunes ne sont pas nécessairement bien représentés côté culturel sur nos ondes.  Il y a bien Mange ta ville, qui dure depuis 5 ans, mais sinon, c'est le quasi-désert.  Pas étonnant que la majorité des trentenaires aient délaissé le petit écran pour se rabattre sur la web télé et le contenu virtuel.

Le passage à Christiane Charrette donc, qui n'a pas manqué de me cuisiner à propos du papier de Sophie Durocher et de garder à table ses copains de Radio-Canada Nathalie Petrowski et Franco Nuovo, venus eux-mêmes causer de leur émission Six dans la cité (un dérivé de l'émission de critique La Bande des Six diffusée alors que la génération des 20-30 ans avait encore la couche aux fesses). 

Me regardant d'un drôle d'air, ils ont littéralement prouvé qu'il semble n'y avoir encore de place en télévision culturelle que pour la vieille génération.  Peut-être ont-ils senti qu'on venait jouer dans leurs plates-bandes en proposant une nouvelle émission intelligente, où la critique serait faite par de nouveaux visages, avec une fraîcheur dans le propos à laquelle vont peut-être enfin adhérer les jeunes.  Toujours est-il qu'ils ont finalement pris tout le plancher, profitant ainsi de leur présence pendant mon entrevue pour « ploguer » (c'était le cas!) leur nouvelle émission à n'innombrables reprises. 

Oui, les critiques culturels sont les mêmes depuis 20 ans.  Non, ils n'aiment visiblement pas voir des jeunes s'amener pour prendre leur place.  Mais la relève de la garde aura lieu qu'ils le veuillent ou non.


10 septembre 2009, 9:07
Un brin de nostalgie

Inutile de vous pincer, vous ne rêvez pas. Les Beatles sont bel et bien de retour, et l'assaut a visiblement lieu cette semaine alors qu'on lançait simultanément ce mercredi une version Fab Four du célèbre jeu vidéo Rock Band et une réédition complète des albums du quatuor britannique. C'est d'ailleurs la sortie de cette anthologie à faire baver qui a tant ému Olivier Robillard Laveaux hier soir lors de l'ouverture de notre toute première émission. "J'ai presque pleuré en déballant mon coffret!" nous confiait-il avec le regard d'un gamin à qui on vient de donner une glace. "Ce truc-là va être un vrai Viagra pour les oreilles des baby-boomers!" Son bureau étant tout près du mien, le beatlemaniaque en moi planifie déjà son petit cambriolage...

C'est donc un vent de nostalgie qui a soufflé sur notre première semaine de tournage, avec la sortie du deuxième opus de Damien Robitaille fortement inspiré de son héritage musical tout seventies, et l'arrivée au Québec d'Un roman français, nouveau brûlot de Frédéric Beigbeder dans lequel l'auteur revisite son enfance pour mieux comprendre l'homme souvent méprisable qu'il est devenu.

"J'ai la chienne, man! J'adore le nouveau disque mais j'ai hâte que les gens l'entendent!" de raconter Champion pendant que notre équipe télé s'affairait autour de lui à la veille de la sortie de Resistance, son deuxième album fort attendu. Même nervosité chez Fred Pellerin, croisé chez lui à Saint-Élie-de-Caxton en pleine écriture du difficile scénario qui fera suite à Babine. Calmant leurs angoisses devant nos caméras, les deux artistes se sont étrangement tournés vers leur passé. Celui d'un jeune compositeur de jingles parvenu converti en rock star pour Champion, et celui d'un guide touristique ayant transformé son village en boutique de souvenirs à ciel ouvert pour Pellerin.

Camus disait que la nostalgie était chez l'homme la source de sa pensée. Pour le créateur, elle est aussi son moteur.

VENTE DE GARAGE

Décidément, côté culture, la nostalgie est à la mode.

Petite annonce. Amateurs de vieux westerns de série Z, de rock stars has been et de la coupe champignon qu'arborait Ringo Starr en 1965, profitez des alléchantes offres culturelles de l'automne 2009. Du nouveau vieux remâché rien que pour vos beaux yeux!

En fait, la culture semble prendre littéralement des airs de vente de garage cet automne alors qu'on nous ressort de vieilles œuvres remises au goût du jour. Halloween, Transformers, Fame, Star Trek... même Le Village de Nathalie connaît une seconde vie, alors que Nathalie Simard sort (encore) de sa retraite pour lancer le coffret DVD de cette série qui a marqué toute une génération. Vivement le retour de la boîte aux lettres parlante.

Les créateurs n'auront donc jamais été aussi écolos, recyclant tout, du plus minable film de série Z (la version 3D de l'exécrable Piranha de 1978 est prévue pour une sortie en salle l'hiver prochain et on planche déjà sur des remakes des aventures de Freddy Krueger et du très mauvais Blob, déjà "remaké" dans les années 80) aux "tits-bonhommes" qui ont marqué notre enfance. La semaine dernière, les médias montréalais étaient d'ailleurs invités à assister à une séance de doublage d'Astro le petit robot, toute première animation japonaise créée dans les années 60 et redessinée en 2009 pour ne pas qu'on oublie l'histoire du garçon-machine aux cheveux de plastique.

Même Tarantino n'aura jamais si bien pillé le répertoire du vidéoclub de son quartier, continuant de faire salle comble avec son Inglourious Basterds, jubilatoire film-remix distillant tout son passé de cinéphile en mêlant les westerns de Leone aux œuvres les plus éclatées de la vague "Nazi Exploitation" des années 70.

À la veille de l'Halloween, il faudra peut-être même s'attendre à voir monter en flèche les ventes de maquillage chez Jean Coutu, alors que les papis de la formation Kiss nous font le coup du retour des légendes. Au menu, le spectacle Kiss Alive 35 et Sonic Boom, premier album studio depuis Psycho Circus, sorti il y a 11 ans. Les chats n'ont pas fini de miauler.

Il flottera également un vent de nostalgie sur la rue Saint-Denis de Montréal en novembre, alors que le Rideau Vert rendra hommage au grand Robert Gravel. Avec l'appui de ses vieux potes de la LNI (dont Claude Laroche à la mise en scène), on redonnera ainsi vie à Il n'y a plus rien, une de ses dernières œuvres, écrite quelques années avant sa mort.

Amateurs de culture, l'automne 2009 inaugure son marché aux puces de la culture avec du vieux, du "neu", du réchauffé, du déjà fait mais refait en beaucoup mieux, du nouveau vieux... Des preneurs?


2 septembre 2009, 3:09
VOIR cathodique

Du fin fond des salles de spectacles les plus obscures aux coulisses des théâtres des grandes villes, en passant par les cafés étudiants et le taxi au coin de la rue, la rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre. Après 23 ans d'existence, le journal VOIR débarque dans votre téléviseur.

Vingt-trois ans. Autant d'années à se faire trimballer du métro au bureau et à tacher les doigts des étudiants s'en servant comme couvre-meuble en peinturant leur premier appartement, tout comme ceux des mordus de culture pour alimenter leurs discussions partout en province. Une partie prenante de votre quotidien que vous avez aimé lire sur papier et sur le Web et que vous pourrez maintenant aussi regarder. VOIR n'aura jamais aussi bien porté son nom.

Depuis la salle de rédaction, vous pourrez désormais vivre l'effervescence d'une semaine chez VOIR, jouer les voyeurs et savoir ce qu'Olivier Robillard Laveaux peut bien écouter de nouveau dans ses gros écouteurs à la section Musique, fouiner dans les montagnes de bouquins sous lesquelles croule Tristan Malavoy-Racine de la section Livres, croiser Christian Saint-Pierre revenant emballé du dernier Shakespeare monté à Montréal ou encore Manon Dumais, débarquant d'avion la tête pleine d'images de son séjour au Festival de Cannes... et moi, animateur emballé et impatient d'ouvrir en grande pompe ce nouveau magazine culturel.

J'aurai par ailleurs l'honneur de me joindre aux journalistes de la version papier de VOIR puisque je signerai désormais un billet dans ces pages. Une façon de découvrir chaque semaine les coulisses du tournage de l'émission, mais également de connaître les grands courants culturels et les tendances qui m'allument aux quatre coins de la province, de Montréal à Québec en passant par Chicoutimi.

VOIR. De la culture à dévorer sur écran plat, plasma ou en bon vieux mode cathodique dès mercredi prochain à 21 h sur les ondes de Télé-Québec.

LE COUP DE POING VOIR

Je me rappelle la première fois où, à 12 ans, j'ai feuilleté les pages du journal qui noircit les doigts en écarquillant les yeux. Le coup de poing. Mais qui osait donc avoir assez de culot pour nous parler des autres artistes, de ceux qu'on ne voyait pas à la télé? Qui avait donc le cran de dire haut et fort que le dernier film québécois à la mode avait un scénario boiteux et l'esthétique d'un téléroman cheap? Qui pouvait bien mordre à ce point la culture tout en l'embrassant passionnément? La réponse se trouvait sur la page couverture, en grosses lettres noires et rouges. VOIR.

C'est ce même esprit qui teintera chacune des minutes de VOIR, avec ses entrevues grandes gueules et ses reportages irrévérencieux, des prestations acoustiques d'artistes à découvrir captées dans des endroits publics partout en province et, bien entendu, ses critiques de la semaine. Vous avez bien lu. Des critiques, cette denrée devenue plus que rare dans le milieu télévisuel québécois propret et gentil-gentil.

"Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce à côté et je lis!" lançait le grand acteur et comique américain Groucho Marx dans une de ses répliques les plus célèbres. Il aurait très bien pu parler de notre télé culturelle des dernières années, avec ses shows de plogues, son éternel même bassin d'artistes populaires et son peu de place laissé à la découverte.

Les Flash, Prochaine Sortie et Star Système ont disparu. Tout est donc à refaire. Le carré de sable est prêt. Mordus de culture, l'émission hebdomadaire vous réconciliera-t-elle avec votre écran de télé? Peut-être. En tout cas, fidèles lecteurs du journal, vous devriez vous sentir comme chez vous.