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Serge Lefrançois
Serge Lefrançois
10 mars 2010, 10:41
Partir sur la route des francophones

Le Musée de l’Amérique française a inauguré une exposition sur le parcours du monde francophone en Amérique du Nord depuis le 17e siècle. Un hommage à cette communauté qui a traversé l’océan, afin de réaliser de nouveaux rêves. De la Louisiane à Terre-Neuve, en quête d’un destin inédit, ces hommes ont tracé des migrations peu communes dans un monde à découvrir.

 

120 artéfacts, des objets du quotidien et certains du patrimoine religieux, se joignent à des projections, où des comédiens nous racontent des histoires de leurs vies. Un budget de 300,000 $ appuie cette installation.

 

Il fait également plaisir de revoir les murs du Petit séminaire, sa chapelle majestueuse et sa splendide cour, un bijou de notre monde architectural québécois. La francophonie mérite la reconnaissance qu’on lui accorde. Survivre sur ce continent nécessite des appuis que seule la langue ne peut supporter.


20 février 2010, 11:59
Bang bang Manhattan

Un thriller étasunien, avec prise d’otage, des vedettes reconnues et un cinéaste, frère de l’autre, qui fait bien son chemin, voilà une recette efficace pour le box-office. Et la cavale tient en haleine avec des cascades flamboyantes et des fusillades généreuses.

Travolta et Washington (méconnaissable avec sa prise de poids) mènent le bal brillamment. Peu de longueurs au déroulement, mais des répliques souvent hallucinantes par leur contenu loufoque. Tony Scott, qui m’avait époustouflé avec « The hunger » (1984) par son esthétique remarquable, joint  les rangs du cinéma commercial, qui sait assurément remplir les poches des participants.

Passé rapidement sur le grand écran, puisqu’il se démarque peu du lot, il demeure un bon moment de divertissement, mais reste un remake sans sa raison d’être. Aux amateurs de film d’action, vous serez servis, sinon, vaut mieux passer son tour.


 


18 février 2010, 11:00
Un souvenir sur la dent

Moine échanson s’avère un restaurant fort original et avec un art culinaire relevé. Que de bons souvenirs de cette table, mais un moins bon relativement à une dent cassée par une olive non-dénoyautée.

 

Une idée intéressante que de servir une petite pizza, avec des anchois et des olives non-dénoyautées, mais les recouvrir de roquette (une petite salade), peut cependant devenir dangereux. Et cette mésaventure m’a malheureusement heurté dans mon élan de retourner à cette table à la fois divine et infernale.

 

Ayant rencontré le cuisinier et le propriétaire pour leur faire part de cet incident, le cuisinier me rapporte qu’il s’agit de la recette originale. Je ne sais pas si cette pizza est encore servie de la même manière, mais je ne la recommande pas, à moins de posséder des dents d’acier.

 


18 février 2010, 8:57
L'île au volet clos

Après ¨L’aviateur¨ (2004), Scorsese et Di Caprio jettent un nouveau regard sur les problèmes de santé mentale, à leur quatrième collaboration. Di Caprio incarne un policier et ancien militaire de la guerre 39-45, qui se retrouve sur une île, où sont internés des gens atteints de graves problèmes de santé mentale ayant commis des crimes.   

 

Loin de ses rôles de jeunes premiers, Di Caprio tend maintenant vers des rôles d’interprétation plus profonds et demandant une plus grande maîtrise de cette forme d’art. Il avoue que cette prestation a été pour lui la plus difficile à rendre. Scorsese démontre à nouveau un talent certain de cinéaste accompli. Les décors et costumes des années 50 sont très bien respectés. Certaines images peuvent rappeler ¨Shining¨de Stanley Kubrick (1980). Les effets spéciaux s’avèrent efficaces, sans prendre une importance capitale. La durée du film demeure cependant un peu trop longue, deux heures m’auraient apparu suffisant.

 

L’adaptation cinématographique du roman de Dennis Lehane se veut complexe et pose de nombreuses interrogations. Le thriller chavire dans la dernière heure et se conclue avec stupéfaction. On approfondit peu la dimension psychologique, mais l’ensemble s’avère tout de même captivant.

 


14 février 2010, 9:35
La face cachée du Talion

Rien ne justifie la violence, mais on cherche toujours à la comprendre et à l’expliquer. Ce film aborde à la fois la vengeance, la détresse et la violence. La crédibilité des personnages et la force de l’interprétation justifient sa raison d’être.

Croyant d’abord à une nouvelle forme du film français « Contre-enquête » (2006) avec Jean Dujardin, où un père s’en prend au tueur de sa fillette, la réalisation joue finalement sur des variantes différentes et des sentiments distincts. On oublie finalement de créer des rapports entre les deux.

Le sujet demeure lourd, puisque la perte d’un enfant, et surtout dans ces circonstances, demeure une des pires épreuves de la vie. Sans trop d’exagération, malgré que cette forme de vengeance sadique reste exagérée, on présente la réaction d’un père que l’on peut facilement comprendre sans l’approuver.

Une bonne note pour l’adaptation cinématographique du livre, les images, les décors, la direction d’acteurs et principalement l’interprétation font que ce film touche et capte l’attention fortement. Plusieurs scènes se veulent cependant difficiles à supporter.

 


12 février 2010, 6:31
La cinquième saison de Vivaldi

Les 4 saisons de Vivaldi m’occasionnent des vertiges et me génèrent des images grandioses. Mais le spectacle « Cinq humeurs » qui aborde Vivaldi n’a pas satisfait mes attentes.

D’entrée de jeu, à l’entrée de la salle de la Rotonde, on nous demande de porter de petites pantoufles bleues pour éviter de salir le tapis. Le directeur nous prévient ensuite que l’on peut entendre des percussions et des tamtams, en provenance d’un étage inférieur et, c’est ce qui s’est produit. Tout de même un peu déstabilisant.

Douze jeunes danseurs de Québec et de Montréal, sur un tapis blanc plastifié, avec un micro sur pied et des écouteurs, un décor des plus épuré. Des éclairages fixes et blancs minimalistes. Et la musique de Vivaldi, entrecoupée par une musique actuelle. Une danse contemporaine qui semble vouloir se développer.

Après avoir vu Marie Chouinard, Louise Lecavalier et La La La Human Steps, la barre devient haute. Dans l’ensemble, on pourrait croire à une prestation amatrice. Merci Voir pour cette sortie tout de même appréciée.
 


9 février 2010, 9:10
Les avantages sociaux

Il semble que le gouvernement Charest songe à sabrer parmi les avantages sociaux de la fonction publique, par souci d’économie. Une belle façon de se tirer dans le pied, puisque ces avantages sociaux demeurent un des intérêts majeurs pour travailler dans ce milieu. Les salaires demeurent souvent inférieurs à ceux du secteur privé.

Les jeunes paraissent bouder la réalisation dans cet environnement et on peut comprendre. Peu de stimulation à performer, puisque le patronage et la camaraderie, d’où le favoritisme, règne plus fort que dans le secteur privé, étant donné que dans ce domaine, on privilégie la compétence, puisqu’il faut arriver financièrement.

Rien ne sert d’étudier à l’université pour obtenir un poste professionnel dans la fonction publique. De nombreuses secrétaires atteignent ce statut par de bons rapports et de la complaisance tout simplement. Et pendant ce temps, les universitaires occupent des emplois subalternes, sans que personne de la direction ne se préoccupe de leur sort et du malaise généré par cette situation, qui peuvent parfois mener à la dépression et à de profondes remises en question.

On peut apprécier la permanence de l’emploi, mais bien des ombres planent tout de même dans cette belle cage dorée.

 


5 février 2010, 11:14
L'arme à l'oeil

Loin de ¨Saturday night fever¨ (1978), John Travolta prend l’affiche dans un film d’action armé jusqu’aux dents, sans un cheveu sur la tête. Une idée de Luc Besson (Le grand bleu, Nikita, Le 5e élément) qui agit également comme producteur. Ian Fleming avait déjà utilisé ce titre pour son 8e livre sur James Bond en 1960.

 

Deux policiers étasuniens (Travolta et Rhys-Meyers)

se retrouvent à Paris afin de lutter contre un complot terroriste, orchestré par la pègre multiethnique. La visite des milieux asiatique et pakistanais deviendra explosive.

 

Principalement axée sur la vedette et sur les effets spéciaux, la réalisation en met plein la vue. On peut cependant oublier la dimension psychologique, car l’aspect concret occupe à lui seul l’ensemble de l’œuvre. Pour un public de plus de 16 ans, car la violence domine au plus haut point.

 

Pour les amateurs de films d’action, vous serez servis, sinon vaut mieux passer son tour, car l’odeur de la mort peut finir par étouffer, malgré la teneur comique qui tente de régner.

 


30 janvier 2010, 11:17
Henri TCC

Les conséquences grandioses d’un traumatisme cranio cérébral, suite à une chute à cheval, imaginées par Pirandello en 1921, a suscité l’imaginaire de Marie Gignac, qui signe la mise en scène. L‘actualisation de cette pièce se veut très réussie. Et l’homme blessé se prend pour Henri IV, encouragé par son entourage, qui se joint à son délire.

Avant que la pièce ne commence, un guitariste sans chemise, accompagne des morceaux rock des Rolling Stones et autres, supporté par des images bédéistes. Neuf comédiens sur scène portent un texte dense, appuyés par des décors et des costumes parfois d’époque, une scénographie vive et colorée. Des projections de l’arrière-scène apparaissent à l’occasion.

Et le Trident ne ménage rien pour redonner au théâtre ses lettres de noblesse. On peut percevoir le travail considérable et la minutie accordée à chacun des détails. Une ovation a évidemment couronné le spectacle.

Merci Voir pour cette sortie culturelle agréable et les places de choix qui nous ont été accordées.


 


30 janvier 2010, 12:39
À la une

Underground, avec des personnages typés, du journaliste d’enquête à la prostituée, avec des images aux traces de tatous, de piercing et de handicap, « Millénum 2 » nous plonge dans un thriller haletant.

Enquêtant sur un réseau de cyberprostitution, le journaliste côtoie à nouveau la jeune marginale, afin de résoudre trois meurtres dont elle est accusée.

Bien ficelée, l’intrigue nous convie à la rencontre d’un monde hétérodoxe bien construit et captivant. Et il n’est pas nécessaire d’avoir vu la première partie pour apprécier cette réalisation. Elle dispose de suffisamment d’éléments nouveaux, qui nous permettent de découvrir un monde presque bédéiste, tellement les couleurs sont vives et captivantes.


 


24 janvier 2010, 9:42
Le génocide rwandais

À mon quatrième film sur le sujet, après « Hôtel Rwanda », « Un dimanche à Kigali » et « J’ai serré la main du diable », il m’est encore difficile de croire à cette histoire invraisemblable, d’une violence inouïe, qui a emporté plus de 800,000 personnes dans l’horreur. La barbarie qui a régné sur ce pays fait dresser les cheveux sur la tête.

Des victimes du génocide, qui ont survécu, ont participé à cette réalisation. John Hurt incarne bien le prêtre, qui tente de sauver un groupe de Tutsis, bien supporté par Hugues Dancy. Les images heurtent cependant la paix humaine et la compassion. L’ensemble demeure très crédible.

Dans la même veine qu’ « Hôtel Rwanda », un lieu devient le refuge d’un groupe dont la survie tient à un fil. Et ce fil sera bientôt coupé par le retrait de l’armée belge, qui les a abandonnés à leur sort.

Les Belges seraient à l’origine de cette discrimination raciale entre Tutsi et Hutu, en ayant créé cette distinction parmi ce peuple, à partir de critères physiques, sans grands fondements.

 


23 janvier 2010, 10:05
La piqûre

Les vaccins sont devenus une source de bienveillance pour la majorité des gens. Mais ces mêmes vaccins occasionnent de graves problèmes de santé, particulièrement chez les enfants. Les cas d’autisme ont augmenté depuis l’apparition de ce remède miracle. De nombreux problèmes neurologiques et intestinaux ont également été recensés, consécutivement à l’injection de ces produits pharmaceutiques.

L’enquête menée par la réalisatrice fait le tour de la planète. De l’Angleterre à la France, en passant par les États-Unis, elle présente de nombreux cas de déroute et survole la recherche médicale, qui appuie les victimes de ces vaccins miraculeux. Des médecins se voient menacés de poursuite, suite à leur objection face à cette pratique médicale.

Une réflexion intéressante sur ce sujet d’actualité et sur cette emphase accordée aux vaccins, sans aucune méfiance. Le Québec a mis sur pied un régime d’indemnisation pour les victimes, mais n’obtient pas qui veut gain de cause face à cet appareil gouvernemental, qui exige des preuves, très difficiles à obtenir.

 

 


17 janvier 2010, 3:58
L'humanité d'une reine

Sans négliger la noblesse de la monarchie, le cinéaste Jean-Marc Vallée a su donner un caractère humain, tendre et romantique, au couple royal. Loin de la familiarité de CRAZY, avec le faste du 19e siècle dans un régime mondain, la réalisation soignée nous plonge dans cette époque glorieuse avec finesse.

Martin Scorcese, l’un des producteurs et lui-même réalisateur, a recruté Jean-Marc Vallée pour faire ce film. Et la première a eu lieu en Angleterre. Il faut croire que le réalisateur québécois fait son chemin, puisqu’il obtient une coproduction des États-Unis et du Royaume-Uni, rien de moins.

Emily Blunt incarne admirablement bien la jeune reine et se veut très bien supportée par la distribution. Les images, les décors et les costumes témoignent d’une grande recherche. L’ensemble se veut très réussi. On oublie rapidement les sous-titres.

Bravo au cinéaste, qui poursuit sa croisière cinématographique, en sachant bien s’entourer et en prolongeant son regard sur le monde par la traversée de l’océan.

 


16 janvier 2010, 11:09
La fureur de la résistance allemande

Loin de « La liste de Schindler » et de sa forte dimension humaniste, cette réalisation nous présente une révolte à l’intérieur du parti nazi, d’où un complot bien mené, qui a tout de même tourné à l’échec, comme neuf autres qui ont tenté de renverser Hitler.

Tom cruise incarne l’un des généraux à la tête de la cabale, avec une main et un œil en moins. Les images léchées, tout comme les décors et les costumes, rendent bien ces années guerrières. La distribution appuie bien l’acteur principal, qui mène à lui seul le bal.

L’ensemble repose beaucoup plus sur l’intention, que sur l’exposition du conflit ouvert. D’où certaines lacunes, qui peuvent générer une baisse d’intérêt. Le film ne semble pas avoir reçu une forte assistance, mais demeure tout de même bien fait.


10 janvier 2010, 12:21
Tout sur mon père

Magnifiques images que celles d’Almodovar, au souci esthétique, aux fortes traces culturelles et aux émotions divines. Un cinéaste talentueux et original, qui nous livre de nouveaux dessins de l’Espagne. qui savent marquer la mémoire.

Malgré la présence flamboyante de Penelope Cruz, il accorde cette fois-ci une plus grande place à l’homme et à son histoire, son rôle de père plus précisément. Sur quatorze ans, il revient sur les évènements troublants d’une passion amoureuse, dans le monde du cinéma et de la littérature. Un écrivain cinéaste et une actrice débutante se rencontrent et tournent vers un destin tragique.

Une histoire prenante, des dimensions techniques très maîtrisées, où costumes, décors et trame sonore, supportent très bien la distribution choisie, dont une courte apparition de Rossy de Palma.

À voir, afin de suivre la filmographie du cinéaste, dont le développement ne cesse de prendre de nouveaux tournants, des avenues insoupçonnées et des horizons inédits.
 


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