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Bang!? une pièce remarquable, touchante, inquiétante...
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En entrant dans la salle, les gens sont accueillis par un vidéo, du style qui est présenté avant la projection d’un film en salle de cinéma. On y retrouve des Réflexions, quiz et Saviez-vous que… sur le sujet de la mort dans des circonstances nébuleuses comme la mort de Brandon Lee sur le plateau de tournage du film The Crow, et sur le voyeurisme associé à la mort, comme le nombre de personnes qui ont regardé la mort en directe des jeux olympiques de Vancouver, ou l’exécution de Saddam Hussein. Une idée très originale pour nous faire patienter et nous plonger rapidement dans nos premières réflexions sur le sujet de la mort.
Cette pièce nous fait vraiment vivre une expérience théâtrale cinématographique. On a même droit à un générique en début de film... de pièce. Tout au long de cette histoire racontée dans le désordre, la fiction et réalité s’entremêlent. À l’aide de vidéos, on retourne en flash-back dans l’enfance ou les souvenirs des personnages. Le vidéo est également utilisé comme objet de décor pour représenter un endroit bien précis, par exemple le cimetière dont j’ai grandement apprécié l’originalité que les personnages avaient de se recueillir sur la tombe de leur ami. Mais le point culminant de l’utilisation du vidéo vient dans la présentation de l’hommage au défunt où on a vraiment le sentiment que nous sommes dans une téléréalité et où l’émotion est à son plus fort. La musique joue également un grand rôle dans cette œuvre et vient amplifier les situations critiques et renforcer les moments émouvants. La mise en scène très élaborée de cette pièce est digne de nos plus grands metteurs en scène. Un travail énorme de manipulation de décors et d’accessoires pour vraiment créer, à peu de frais, de façon très réaliste les divers environnements et les effets de flash-backs. Un succès indéniable! Chapeau pour cette mise en scène!
Naturellement les quatre comédiens sont criants de vérité dans leurs rôles respectifs. On sent vraiment l’amitié, la collaboration, le respect et l’admiration les uns envers les autres. Et pour donner encore plus de réalisme à toute cette histoire, Marie-Hélène Gendreau, qui joue le personnage qui attend un enfant, est elle-même enceinte. Matthew et Martin sont de vrais amis dans la vie et sont les cofondateurs de leur maison de production. Et les comédiens ont en partie conservé leurs propres noms dans l’histoire. Toutes ces similitudes entre la réalité de ces acteurs et la fiction de leur oeuvre, de même que la réalité dans l’histoire qui dépasse la fiction dans le court-métrage qu’ils filment, tout cela s’entremêle pour nous donner une expérience théâtrale exceptionnellement réaliste.
Ce que je trouve intéressant dans cette pièce, c’est de voir comment ces amis réagissent différemment suite à cet accident mortel. Il y a d’abord le sentiment de culpabilité qui les afflige tous. Par la suite, l’un d’eux se sentira responsable et voudra soutenir la jeune femme qui demeure seule avec la venue de son enfant. L’autre voudra que la mort de son ami serve à quelque chose et se demande s’il doit montrer ou non le film à tous. Et que dire que la jeune mère monoparentale, qui a peur de reconnaître les traits de son amoureux dans son enfant à venir. Des émotions très difficiles à montrer, cette histoire touche, mais également, fait rire par moment et surtout démontre la nature humaine, ses valeurs et ses travers.
Personnellement, cette pièce est un de mes coups de cœur de la saison 2009-2010. Une oeuvre à ne pas manquer!
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Mathieu Gratton offre au public une bonne dose de joyeux préliminaires. Une soirée mémorable!
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Contrairement à la plupart des humoristes, Mathieu ne donne pas dans le spectacle solo. Il préfère le dialogue entre deux personnages. Donc, après avoir été l’acolyte de Ghyslain Dufresne pendant 8 ans au sein du duo Crampe en masse, puis, présenté son dernier spectacle « Les ex » en compagnie de son ancienne conjointe Patricia Paquin, il est maintenant accompagné sur scène par la comédienne Karine Lagueux, qui incarne certaines de ses conquêtes.
Un spectacle d’une heure trente sans entracte, qui nous est présenté sous forme de sketchs sur scène et en vidéo, entre un homme et une femme, entrecoupés par des monologues d’anecdotes sur le couple et diverses aventures de Mathieu avec d’autres femmes.
Les thèmes traités tournent tous autour de la vie de célibataire et la recherche de la femme imparfaite, idéale pour ce Mathieu imparfait… Il aborde des sujets comme les relations avec une handicapée, une prostituée, « le phone sexe », l’amie de service « fuck friend », l’amour solitaire avec une poupée gonflable, la groupie qui couche avec toutes les célébrités, les rencontres sur internet et même les aventures chez le dentiste et le médecin. On découvre une multitude de genres de filles avec qui Mathieu a eu des aventures. Que ce soit la « sprinkler », la « double bouche », ou Martyne (qui ressemble étrangement à Denise du Banc d’essai du peuple par ses propos), Mathieu nous fait rigoler par ses récits de ses anecdotes sexuelles avec chacune d’elles.
Mathieu n’a vraiment pas peur du ridicule et se met littéralement à nu pour la crédibilité de ses sketchs et entraîner le rire. Mes meilleurs moments, et ceux des gens de la salle, à en croire la réaction du public est le sketch où Mathieu doit aller chercher les kleenex afin de ne pas tacher les draps, sa rencontre avec Martyne, et la pipe pendant le match de hockey.
La plupart des sketchs sont très physiques et je dois souligner le merveilleux travail de Karine Lagueux qui interprète une multitude de personnages, avec costumes et perruques, qu’elle doit changer régulièrement. Le duo qu’ils forment ensemble est excellent. Ils jouent régulièrement des chorégraphies de mouvements souvent très suggestifs, qui nous font nous bidonner dans la salle.
Oui, son humour utilise parfois un langage cru, un visuel très sexuel, mais le tout est fait de façon burlesque et sans vulgarité vraiment.
À travers le spectacle, Mathieu chante aussi trois chansons, qui donnent un autre rythme au show et nous reposent des scènes plus osées. Il y a une des chansons qu’il dédie à sa tante Diane, qui est supposément présente dans la salle, ce qui a fait bien rire les gens, par l’inconfort de Mathieu.
À quelques reprises dans le spectacle, il y a quelques bévues qui surviennent. Par exemple, Mathieu a oublié de mettre un accessoire important sur scène, et il doit faire appel à son équipe technique pour qu’ils remédient à la situation. Également, il y a eu quelques manques de synchronismes avec l’éclairage et le son parfois, engendrant des fous rires de l’humoriste et du public naturellement qui adore ce genre d’anecdotes. Et les gens ne se gênent pas non plus pour lancer des répliques à Mathieu pendant le spectacle, et lui, bon joueur, leur répond tout de go.
Le décor est très élaboré pour un spectacle d’humour, mais c’est naturel, puisqu’il y a surtout des sketchs. Donc, on retrouve un lit, un divan et une table et deux chaises, le tout, dans des couleurs de mauve, rose. Et naturellement l’écran géant en arrière qui nous présente les divers vidéos.
En résumé, Mathieu nous présente un solide spectacle, bien dosé entre le monologue, la chanson et le jeu. On peut comparer la structure de son spectacle à son émission le banc d’essai du peuple qu’il anime depuis au moins deux ans sur la chaîne ZTÉLÉ, ou il fait des expériences avec le peuple, le tout entrecoupé de capsules humoristiques.
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Une soirée magnifique que le public a semblé bien apprécier.
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ABBA, c’est bien sur Agnetha Fältskog et Björn Ulvaeus, Benny Andersson et Anni-Frid Lyngstad (Frida),
deux couples qui ont uni leurs talents musicaux en 1970. Vingt ans
après sa séparation, le groupe suédois continue de faire vibrer les
gens par leur musique qui ne se démode pas. Le spectacle hommage que
nous offre ce groupe, reproduit fidèlement l’œuvre du quatuor
légendaire ABBA. Grâce aux jeux d’éclairage, la boule disco, les
costumes flamboyants des années 70, le public est plongé rapidement
dans l’euphorie des années disco. Les quatre chanteurs qui
personnifient ces deux couples réussissent à donner une bonne imitation
et à ressembler à leurs idoles. Katie Galston, Lucy Thatcher, Dave Miles, Robert Arnall,
font un excellent travail de reproduction d’un spectacle d’ABBA. Leurs
voix sont sensiblement similaires à ceux du groupe original, mais
parfois, j’avais l’impression que la musique était trop forte par
rapport aux voix. Entre les chansons, ce quatuor en profite
pour interagir avec le public, pour les inciter à taper des mains, se
lever pour danser et ils en profitent également pour se taquiner
mutuellement, histoire de montrer qu’ils sont vraiment une vraie petite
famille sur scène. La plupart des dialogues sont en anglais, mais ils
tentent tous de nous démontrer qu’ils ont quelques connaissances en
français, ce qui est bien apprécié du public. Au niveau
des costumes, les hommes sont tous vêtus de chemises rouges et vestons
blancs. Pour les filles, ce sont des changements de costumes fréquents,
entre le « jumpsuit » bleu, puis rouge, l’imperméable et chapeau noir,
et ensuite la mini-jupe bleue, puis rouge et finalement un bel ensemble
blanc pour terminer la soirée. Naturellement, les bottes hautes
jusqu’aux genoux, à gros talons sont de mise, pour recréer l’effet de
l’époque du disco. En première partie, le groupe a débuté par le succès qui a fait connaître ABBA « Waterloo », suivi de « Ring Ring ». Par la suite, une de mes chansons préférées « Take a chance on me » a également entrainé les gens à taper des mains. Ensuite, ils ont enchainé avec « knowing me, knowing you » puis Katie a chanté en solo « SOS »
où les gens ont pu brandir dans les airs un petit bâton lumineux qui
leur a été remis sur leur table. Au tour de Lucy de chanter en solo
avec « honey, honey ». Elles ont quitté la scène par la
suite, pour laisser aux gars la chance de montrer leurs talents, avec
une chanson plus rock, « does your mother know ». À ce moment,
l’éclairage s’est transformé pour suivre le rythme de la musique.
L’envol du spectacle est donné. Les filles reviennent pour chanter « name of the game » et « Chiquitita » que le public adore. Un moment fort, à mon avis, du spectacle est la version de « the winner takes it all »
chanté par Katie seule accompagnée au piano par Rob. Une magnifique
voix nous est révélée. Puis, la chanson que tous attendaient « Dancing Queen »
nous ramène l’éclairage et la boule disco et tout le monde est debout
pour chanter et danser. La première partie prend fin avec « Voulez vous » et « money money money ». Une première heure qui se termine sur le party.
La deuxième partie, qui ne dure que 45 minutes, démarre avec « I have a dream » puis la fête amorcée en première partie reprend de plus belle avec des chansons plus rock, plus endiablées comme « summer night city », « I do, I do, I do, I do, I do » « Gimme Gimme Gimme », « Mamma Mia » et « Fernando », qui est également une de mes chansons favorites. Il y a même un moment de pur délice, où les musiciens Dave Miles, Mark Stratton, Anthony Coote et James Crofts
se donnent à fond dans des solos de guitare et de batterie très
endiablés. Puis en rappel, un medley de toutes les chansons du
spectacle est repris, pour terminer naturellement avec « Dancing Queen »
en rappel. En tout, pas moins de 23 chansons du répertoire de ABBA nous
ont été offertes pendant ce spectacle de plus près de deux heures. Pour les amateurs d’ABBA (jeunes et moins jeunes) et ceux qui
s’ennuient des années du disco, ce fut une soirée magnifique que le
public a semblé bien apprécier.
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Martin Genest réinvente l’expérience théâtrale pour le public!
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Encore une fois, Martin Genest, qui a adapté et mis en
scène cette pièce, propose aux spectateurs d’entrer en contact direct
avec ce qui se passe sur scène, comme il l’a fait en 2005 avec Festen,
où le public prenait place à table avec les acteurs. Cette fois-ci,
toujours pour permettre la communion entre le spectateur et l’acteur et
offrir au public la sensation de faire partie intégrante de l’action
qui se déroule, le scénographe Jean Hazel (et
directeur artistique du Théâtre Blanc) et le metteur en scène ont
conçu à la Caserne Dalhousie une structure de trois niveaux d'estrades
à des hauteurs de 2 mètres, 3,5 mètres et 5,5 mètres, avec une vue en
plongée, où les spectateurs sont assis (ou debout s’ils le veulent)
tout autour de la scène, surplombant l'action. À chacun de ces niveaux,
il y a une façon différente de voir la pièce. Assise moi-même au
deuxième étage, j’ai eu l’impression d’être installée au grenier en
train d’épier ce qui se passait plus bas. Le public devient rapidement
juge de la situation, en étant témoin de ce huis clos percutant qui se
déroule sous ses yeux. Chacun peut alors se demander comment il
réagirait à leurs places. De plus, le fait de regarder de haut, le
public n’a pas accès régulièrement aux visages des acteurs. Il s’agit
donc pour les interprètes d’un défi supplémentaire de jouer avec un
public qui ne les voit pas sous un même angle. Ces acteurs, qui
demeurent tous sur scène durant presque la totalité de la pièce,
réussissent à merveille à nous décharger leurs émotions, par leurs
gestuelles et leurs intonations. Nous assistons à leurs déchirements,
leurs espoirs, leurs convictions qui sont mis à rudes épreuves. On
perçoit leurs doutes, leurs entêtements à poursuivre leur mandat et
surtout leur panique et l’angoisse qui s’emparent d’eux à mesure que la
situation tourne à leur désavantage. Vincent Champoux
dans le rôle de Pierre Laporte démontre son immense talent d’acteur,
avec peu de mots, laissant son corps parler pour lui. Tandis que Lucien Ratio
qui interprète Bernard Lortie révèle peu à peu sa sensibilité face à la
victime et son doute face au projet avec une grande aisance. Éric Leblanc, Louis-Olivier Mauffette et Renaud Paradis laissent paraître eux aussi une grande maîtrise de leur jeu.
Au niveau sonore, il y a la radio qui cohabite avec les 5 hommes, en
trame de fond et parfois plus forts, pour relater constamment
l’avancement des évènements et des discussions. À l’occasion, quelques
sons retentissants viennent s’ajouter aux moments de paniques et de
stress. Tout ceci permet aux spectateurs de demeurer au cœur du vertige
de ces cinq personnages.
Les
arts visuels également sont mis à contribution pour renforcer
l’environnement scénique. À plusieurs reprises, des images sont
projetées sur le plancher afin de renforcer une situation. Par exemple,
il y a deux moments qui se passent à l’extérieur de la maison, et l’on
représente de façon prodigieuse une station de métro, puis une
promenade en auto. Ces situations sont, à mon avis, mieux appréciées
par ceux assis au deuxième ou troisième étage. Également, d’autres
images apparaissent pour créer des instants surréalistes ayant pour but
d’augmenter l’effet de panique ou de rêverie. Il y a similairement la
collaboration d’un éclairage qui illumine les pièces de la maison juste
assez pour donner une impression de lourdeur, d’attente, de suspense. En bref, on peut dire que Martin Genest réinvente l’expérience
théâtrale pour le public! Un plongeon vertigineux dans notre souvenir
collectif de la crise d’Octobre !
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Alice au pays des merveilles est décidément un film pour toute la famille
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Tout d’abord, le fait de sortir de ce
film durant la semaine de relâche a permis à plusieurs familles de
terminer leur congé en beauté. Ainsi, plus d’une heure avant le début
de la projection, les gens attendaient en file pour obtenir les
meilleures places et les billets pour les représentations de la journée
s’envolaient rapidement.
À
mon avis, il est primordial de voir ce film sur écran IMAX afin de se
sentir emporté par l’histoire et dans l’univers fantaisiste brillamment
élaboré que seul Tim Burton peut nous créer. Les
personnages imaginés sont drôles, attachants et charmants. Tweedledee
et Tweedledum déclenchent les rires à chacune de leurs apparitions. Le
chat Chester nous surprend chaque fois qu’il se transforme. Il a
sûrement des liens de parenté avec Garfield et le chat botté. Alice,
jouée par la jeune actrice très crédible Mia Wasikowska, nuance
bien son jeu pour nous montrer l’évolution de son personnage au fil de
l’histoire. Et naturellement, celui qui retient toute l’attention est
Le Chapelier fou, joué brillamment par Johnny Depp. Cet acteur fabuleux se réinvente à chaque nouveau personnage excentrique qu’il crée.
L’histoire
débute à l’époque victorienne des années 1800 et on découvre un
somptueux décor ainsi que les robes et costumes de ce temps. Puis
rapidement, on se retrouve dans le monde merveilleux d’Alice, où cette
fois, tout semble magique et fabuleux. Les décors et les accessoires
attirent notre attention et le souci du détail rend cet univers très
séduisant. On retrouve des fleurs magnifiques avec des visages qui
parlent. Les animaux aussi communiquent par la parole et ont des vies
comme les humains. Tout comme le film Hook, où
Peter Pan retournait à Neverland et ne semble pas se rappeler qu’il y
était déjà allé, Alice revient dans ce pays qu’elle a toujours rêvé,
sans se rappeler qu’il existe vraiment. Elle pense longtemps qu’elle va
se réveiller et que tout cela n’est que son imagination qui lui joue
des tours.
L’action
du film est soutenue, on retrouve quelques bêtes plutôt horribles, mais
la plupart des enfants présents n’ont pas vraiment eu peur. On fait
naturellement quelques sursauts, surtout qu’avec les lunettes en 3D,
l’on a souvent l’impression de recevoir des objets par la tête.
Pour
ma part, ce film se retrouve dans mon top 10 de mes meilleurs films de
Disney. Mon fils adolescent a adoré son expérience aussi. Et, sa
grand-mère a été agréablement surprise de se sentir ainsi happée par un
conte. Alors, Alice au pays des merveilles est décidément un film pour toute
la famille et pour ceux qui ont conservé leur cœur d’enfant
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Un univers à mi-chemin entre le conte fabuleux et la bande dessinée
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Éric-Emmanuel Schmitt nous transporte dans un univers à mi-chemin entre le conte fabuleux et la bande dessinée. Il y a une minutie dans la représentation des détails. Par exemple, chaque jour, Oscar écrit une lettre à Dieu sur un papier de couleur différente. Cette lettre est envoyée par ballon vers le ciel. Or chaque jour la couleur de la lettre et celle du ballon sont différentes et les vêtements et accessoires dans le film sont agencés dans les mêmes teintes. Ainsi, le premier jour le ballon est vert et la lettre est rose, le deuxième jour c’est le jaune et le bleu qui sont à l’honneur. Le jour de Noël, on a doit au vert et rouge. Ces petits détails créent une ambiance et donnent de l’éclat qui contraste bien avec les couloirs gris et les sarraus bleu pâle de l’hôpital.
De plus, les prises de vues dans les diverses scènes sont à couper le souffle. Que ce soit lorsque l’hiver tourne au printemps, lorsqu’Oscar sent que Dieu vient le visiter, ou bien quand les fantômes semblent prendre d’assauts le sommeil des malades, on a droit à une merveille cinématographique, une belle imagerie du rêve. Et certains procédés comme les images floues, les gros plans, les jeux de lumière, permettent de bien mettre en valeur et de donner une autre dimension aux émotions ressenties par les divers personnages. La musique de Michel Legrand vient également amplifier les moments tragiques, paisibles, féériques ou explosifs, selon le besoin.
Au niveau des sentiments, les spectateurs passent par un l’arc-en-ciel d’émotions. Les répliques de la dame Rose (Michèle Laroque) déclenchent le rire par son ton bourru et pince-sans-rire. Elle n’y va pas par quatre chemins et ne se gêne pas pour dire ce qu’elle pense. Une performance magistrale de cette grande dame du cinéma français. Les matchs de lutte eux, qui ressemblent plus à des numéros de cirque, avec un Benoit Brière en pleine forme comme arbitre dans l’arène, transporte le public dans un monde imaginaire où tout est possible et se termine bien. Naturellement, cette mort annoncée et ce petit gamin chétif, mais lucide nous émeut grandement. La complicité entre Oscar (Amir) et Rose (Michèle Laroque) est la plus grande force de ce film. Oscar parle sans détour de ses maux, de sa mort, tandis que les adultes autour, tentent d’éviter le sujet douloureux. Rose pour sa part, est comme une rose avec ses épines. Elle ne se laisse approcher par personne de peur de développer des sentiments pour eux. Au contact d’Oscar, elle réapprend à vivre et à aimer, tandis que lui apprendra à accepter sa mort et à vivre pleinement sa vie éphémère qui s'achève.
Il y a aussi les personnages secondaires, mais essentiels, qui viennent pimenter l’histoire. Comme ce médecin dont l’approche semble dure, par sa carrure et son air sévère, mais dont on découvre la très grande douceur, car il se laisse attendrir par le courage et le sourire d’Oscar. Max von Sydow est sublime. Et que dire de ces jeunes enfants qui jouent des malades plutôt excentriques, qui permettent au public de ne pas les prendre en pitié, juste les admirer pour leur force de caractère.
Bref, je m’attendais à un drame très triste, vu le sujet traité. Cependant, j’en ressors plutôt le cœur léger et apaisé par toutes ces belles paroles d’espoir, d’amour et de paix qui sont véhiculés dans le film. En voici quelques-unes que j'ai retenues:
« Il faut faire une différence entre la souffrance physique et morale. À l’idée de mourir, tu n’es pas obligé d’avoir mal… la peur de la mort c’est souvent la peur de l’inconnu. Il faut avoir confiance en l’inconnu.»
« Regarde chaque jour comme si c’était la première fois »
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Une première création pour les Écornifleuses à la hauteur de leurs talents
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Fantastique, Fureur, Férocité, Fantaisie, Fatalité. Cinq qualificatifs que je donnerais à ces cinq femmes et cette pièce magnifique. Elles qualifient leur groupe avec ces cinq points de focus : Féminité, fête, fenêtre, fantasme et finesse.
Les Écornifleuses, ce sont cinq femmes finissantes en 2006 du Conservatoire d'art dramatique de Québec. L’an passé, après une première pièce d’Alan Ball, Cinq filles avec la même robe, qui en a séduit plusieurs, ces férues de théâtre et de défis reviennent cette année avec une première création, à la hauteur de leurs talents.
Écrite par la pétillante Édith Patenaude, mais imaginée par toute l’équipe, cette pièce amène le public dans un univers sombre, inquiétant, intriguant. On assiste à une mystérieuse histoire autour d’évènements survenus pendant les huit jours de vacances d’un groupe d’amis dans un chalet sur une île isolée…
Le lien avec Barbe Bleue du conte de Perreault est en fait bien mince. Ce sont les états d’âme, les émotions ressenties qui ramènent à cette créature et ses femmes. Le pouvoir de magnétisme qu’engendre ce mystérieux propriétaire de l’île et la certitude que ces femmes ont, qu’elles ne quitteront jamais cette île vivantes.
Une bonne dose d’inquiétude submerge le public à tout moment. Dès les premiers instants de la pièce, un climat de stupeur, d’angoisse et de terreur s’installe et rend les gens inconfortables sur leurs sièges. Il y a bien quelques moments drôles, des brides de dialogues qui font rires. Mais surtout, tout au long de l’histoire qui est racontée, sous forme de procès, dont chaque personnage se remémore les faits selon sa perception biaisée parfois par l’alcool et l’imaginaire créé par la paranoïa qui s’installe, le spectateur tente de reconstituer ce qui s’est passé, avec les brides de séquences d’évènements qui y sont recréées.
Une mise en scène digne des meilleurs thrillers, par Olivier Lépine, permet de vraiment renforcer les mots déboulés, défilés, répétés par tous les personnages. Sur un sol de terre, comme si on se retrouve dans les sous-bois, avec seulement quelques chaises et accessoires ici et là, les personnages sont constamment en mouvements. Onze personnes qui agissent, interagissent, se bousculent se questionnent, mais surtout qui racontent les faits, de façon à ce que le texte de chacun se chevauche, s’entrecroise, s’entremêle, se superpose pour créer un rythme, une musique, une ambiance surréelle. Une belle complicité et un vrai défi d’acteurs et de mise en scène.
Cette pièce plaira sûrement à ceux qui aiment bien les mystères, les suspenses, qu’on voit peu au théâtre. Et ceux qui ont été séduits par l'énergie des Écornifleuses (Valérie Marquis, Joanie Lehoux, Marie-Hélène Lalande, Laurie-Ève Gagnon et Édith Patenaude) dans Cinq filles avec la même robe seront à nouveau sous le joug de cette belle brochette d’acteurs passionnés, habiles et prêts à se salir, se bagarrer, s’engueuler, se mouiller pour une sublime performance de groupe.
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Insomnie... Un moment magique !
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Cette pièce doit en partie son succès à la performance géniale de Nicola-Frank Vachon. Pivot central de l’histoire, car tout gravite autour de son insomnie, Nicola-F se donne à fond. Il s’abandonne au profit de cette histoire. Cet acteur, des plus caméléon, qu’on a pu applaudir récemment dans le rôle d’un jeune enfant dans MonoLake et celui du menteur d’une autre époque dans la pièce du même nom, donne vraiment l’impression qu’il est perdu, bouleversé, tendu, mêlé. En tant que spectateurs, nous sombrons avec Jonh F (Nicola-F) dans ce parcours tumultueux entre le rêve et la réalité. Nous ne savons jamais vraiment si nous sommes dans le rêve, le cauchemar ou la réalité. Certains éléments peuvent nous aider à croire que nous sommes dans sa tête, lorsque, par exemple, les dialogues semblent plutôt incohérents. Certains bruits nous parviennent parfois pour augmenter l’effet irréel et nous engourdir. Il y a également des jeux d’éclairage très efficaces qui nous invitent à glisser dans l’atmosphère du rêve. Même à l’entrée dans la salle nous étions comme dans un univers brumeux. Il y avait comme une couche de brouillard semi-permanent dans la pièce. Le décor finement pensé donne l’effet de profondeur à la scène. Avec des panneaux de barreaux de bois qui flottent dans les airs et placés en angles, ceci permet de donner une dimension d’abysse. Car en plus, le sol est de couleur bleue, ce qui amène l’idée de marcher sur l’eau ou d’être prêt à s’y engouffrer.
Donnant la réplique à son mari, Valérie Laroche offre un jeu inouï. Une jeune femme au bord de la dépression, qui se noie et tente de s’accrocher à sa moitié. Soit il la sauve, ou elle le fera caler avec elle. Une magnifique performance. Le couple qu’ils forment est très crédible et on a de la compassion pour ce qu’ils vivent.
Sophie Martin et Normand Bissonnette complètent la distribution. Ils donnent le ton juste et viennent vraiment soutenir la performance du couple.
Au niveau du dialogue, il y a plusieurs répliques très drôles. On nous surprend, on s’attendrit, on passe par diverses émotions en peu de temps. Dans l’histoire, on sent une progression, à mesure que John F dort de moins en moins et rêve de plus en plus. On assiste à sa descente aux enfers, jusqu’au moment, mon préféré, où il se retrouve face au public, avec un micro et se lance dans un monologue où on sent qu’il dérape royalement. Un moment magique. Puis, s’ensuit un délire physique totalement sublime, où l’on peut apprécier le talent remarquable de Nicola-Frank. Vachon.
Bref, une soirée très réussie, d’une durée d’une heure vingt, durant laquelle nous avons passé la moitié du temps à nous demander ce qui était vrai, et l’autre moitié à apprécier le spectacle. Des discussions s’ensuivent nécessairement après, entre nous, que ce soit pour parler de nos propres expériences d’insomnies, ou pour tenter d’élucider la part de rêverie de cette pièce.
À la sortie de la salle, les gens pouvaient repartir avec un petit souvenir. Une tisane biologique Four O’Clock. Une idée géniale!
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Un film qui doit être vu par tous car cela apporte des questionnements et émotions intenses!
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J'ai vu, en grande première,le film Les 7 jours du Talion. C'est un thriller de tension extrême qui soulève la question de la vengeance lors d’un crime sordide. Martin Dubreuil déchire l’écran avec ses cris d’agonie, dans la peau de l’ignoble meurtrier. Claude Legault se trempe à fond dans son personnage de père éploré qui se noie dans la rage de sa vengeance.
Ce film mérite d'être vu par tous, car il apporte une série d'émotions et de questionnements très pertinents sur la vengeance, le deuil lors de crimes sordides et les peines associées à de tels crimes. J ’ai d’abord lu le livre, histoire de savoir à quoi m’attendre lors du visionnement du film et pour exorciser ma peur.
Au niveau de l’écriture du scénario, Patrick Senécal a fait un travail remarquable d’adaptation du livre pour le grand écran. Certains aspects ont été modifiés ou coupés au profit de l’histoire. Bien qu’on ne puisse pas lire dans les pensées de Bruno Hamel (Claude Legault), on réussit tout de même à suivre son état d’âme. On compati à sa douleur vive et l’on assiste impuissant à son déroutement au fil du temps. On en vient presque à prendre en pitié le meurtrier et à souhaiter qu’il soit épargné. Également, Podz (Daniel Grou), qui en est à sa première expérience en réalisation d’un film, a démontré une totale assurance et une habileté à faire ressortir les situations horribles ainsi que les moments de tortures pour les rendre extrêmement crédibles et réalistes. Au niveau sonore et de l’éclairage, contrairement à bien des films où ils en font trop, ici, tout est bien calibré pour qu’on y croit vraiment. Dès le début du film, on entre dans l’histoire, sans musique ni fla-fla. Et à la fin, on a droit à un générique silencieux. Un bon choix à mon avis, car on se doit de demeurer dans cet état quelque peu comateux à la sortie de la salle, pour bien digérer ce qu’on vient de vivre.
Au niveau des performances d’acteurs, il faut définitivement applaudir la véracité du jeu du bourreau, père de la fillette (Claude Legault) et du monstre meurtrier (Martin Dubreuil). Dès les premières images, où l’on aperçoit ce violeur d’enfants, on lui découvre un sourire juste assez baveux pour comprendre toute l’envie de vengeance du père de la fillette. Martin Dubreuil se met par la suite, littéralement à nu au profit de son personnage qui agonise. Ses cris m’ont résonné dans la tête longtemps après la fin du visionnement du film.
Pour sa part, Claude Legault, avait comme défi d’incarner un homme dont la carrière et la vie étaient basées sur l’aide à autrui et qui s’est transformée en vengeur obsédé de sa fillette. Comment parvenir à jouer un homme si calme et pacifique qui perd la carte? Claude Legault réussit cet exploit à merveille.
Rémy Girard aussi est excellent dans un rôle tout en retenue et plus effacé de l’inspecteur chargé de l’enquête, mais dont on sent une très grande douleur dans son deuil personnel.
Les 7 jours du talion est un film qui plaira sûrement aux admirateurs des livres de Patrick Senécal ou de thriller et de films d’horreur, mais il peut plaire aussi au public en général pour son intensité psychologique. Si c’est possible, ne lisez pas le livre avant de voir le film, cela augmente l’effet de surprise et de suspense. Et même, je suggère de lire le livre après, pour entrer plus loin dans la psychologie des personnages et voir les divers aspects qui n’ont pas été intégrés au film.
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Alex Perron authentique et complètement éclaté!
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Dans un décor de rideaux en « glitter »,
avec un écran géant pour nous montrer des photos de familles et des
capsules humoristiques, on a l’impression d’entrer sur le plateau d’une
émission de variété des années 80. Entre les numéros, la musique, vous
l’avez devinez, nous provient aussi des années 80. Madonna, Wham,
Michael Jackson… un joyeux retour en arrière dans les années du disco,
et du Rubik’s cube.
D’entrée
de jeu, on a droit à une rétrospective en photos de la jeunesse d’Alex,
sur un pot-pourri de musique des plus à-propos, comme en autre Like a Virgin de Madonna et Une femme avec toi de Lara Fabian.
Quand
Alex arrive sur scène, c’est le délire dans la salle, les gens semblent
franchement contents et lui aussi d’ailleurs. Il mentionne justement
qu’il a fait ses études au CEGEP de Sainte-Foy et il s’était promis de
se produire un jour à la salle Albert-Rousseau. On sentait vraiment sa
fierté d’un tel accomplissement.
Avant
de débuter le spectacle proprement dit, un invité de marque a fait son
entrée : Le bonhomme Carnaval est venu s’amuser avec Alex et en a
profité pour annoncer le début des festivités du Carnaval de Québec du
29 janvier au 14 février prochain. Alex y est allé de quelques blagues
avec lui et le tout s’est terminé par une danse avec le public. Un
petit intermède bien rigolo. Le spectacle d’une durée d’environ deux
heures, entrecoupé d’un entracte de 20 minutes, porte sur des thèmes
comme l’homosexualité, les années 80, le côté control Freak
d’Alex, sa vente de garage, les microbes, la nourriture (les
cochonneries et surtout la poutine…), le corps humains et ses
limitations, le lobe frontal (pour ne pas dire effronté), son coming out et pour terminer, un personnage hilarant, Ginette Poitras, qui vient chanter ses plus grands succès au cabaret. On découvre en Alex, une superbe femme à la Sandra Dorion de Nuance.
Belle femme, à la poitrine généreuse et les cheveux gonflés, Alex s’en
donne à cœur joie à s’époumoner a capella dans un anglais tordu, sur
des airs très connus comme I Will always love you. Il va même
jusque dans la salle pour chanter bonne fête à un homme. Il termine son
spectacle, avec une chanteuse invitée qui vient tenter de le suivre
dans sa folie, sur la chanson I will Survive. Sylvie DesGroseilliers,
à la voix merveilleuse, semble s’éclater, à rire et chanter avec Alex.
Tout le monde est debout pour clore ce spectacle en beauté.
Ce
spectacle est vraiment à l’image d’Alex. Il pousse parfois l’audace
pour nous faire quelques blagues salées. Il sait nous émouvoir
lorsqu’il raconte comment il a fait pleurer sa mère en faisant son coming out.
Il nous fait surtout tellement rire en se moquant de ses propres
manies, de son look et même de sa voix. Une belle autodérision. Et il
s’attaque aussi aux diététistes, aux métro sexuels et même au bon Dieu,
quand il nous propose une nouvelle façon de modeler l’être humain. Deux
pénis pour les gars et un deuxième clitoris pour les femmes… dans la
main. pourquoi pas? Alex s’en donne à cœur joie dans ses divers
numéros, où le public est interpellé à plusieurs occasions.
En
définitive, les gens de Québec on eu droit à un humour gai, flamboyant,
émouvant et un Alex Perron authentique et complètement éclaté. Bref, ce
fut un spectacle très personnel et touchant!
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Rita Lafontaine, la muse de Michel Tremblay, incarne Nana avec cœur, sensibilité et tendresse!
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Pour avoir déjà vu Rita Lafontaine dans Bonbons Assortis et dans Encore une fois, si vous le permettez, j’ai éprouvé un réel plaisir à retrouver cette chère Nana, la mère de Michel Tremblay.
Lorsque le rideau se lève, Nana est au Paradis depuis plus de 40 ans. Elle nous entretient alors de ses impressions sur le paradis, qui ne ressemble pas du tout à ce qu’elle s’était fait raconter avant d’y aller. Elle ne se sent pas du tout assise à la droite du Père, mais plutôt coincée entre sa mère et sa belle-mère qui n’arrête pas de se picosser. Un vrai délice de l’entendre se plaindre du paradis! Elle en profite également pour se remémorer des anecdotes du temps de son vivant. Elle rend même un hommage à son fils Michel et sa pièce des Belles-Sœurs, (de 1968) lorsqu’elle apprend de son défunt mari qui vient la rejoindre au paradis, que son petit chouchou a du succès avec ses histoires. Pour l’occasion, des extraits audio de la pièce originale envahissent la salle, puis Nana nomme les artistes qui ont joué dans la pièce et qui se retrouvent maintenant avec elle au paradis.
Et que dire de ce décor paradisiaque. Rien de bien glamour dans ce dernier, mais bien original. Nana mentionne qu’au paradis les gens sont regroupés par famille et flottent chacun sur son nuage. Ainsi comme décor, on retrouve des chaises blanches, éparpillés partout, autant au sol que sur les murs, dans les airs. Chaque chaise est identifiée au nom du défunt à qui elle appartient. On y retrouve bien sûr Nana assise entre Victoire (sa belle-mère), et sa propre mère. Puis son mari Gabriel. Autour, on peut voir les noms des autres membres de la famille de Nana, ses connaissances, les acteurs qui ont joué dans les Belles Soeurs et même ses deux enfants morts à l’adolescence. Lorsqu’elle parle d’une de ses personnes, la lumière vient éclairer cette chaise, le temps de ce souvenir. Un décor simple et une mise en scène sobre, tout comme notre chère Nana.
Rita pour sa part, habillée comme Nana, avec une robe fleurie et son tablier, elle se promène pieds nus et, toute en douceur, elle nous raconte sa vie, ses pensées, ses appréhensions.
Le seul petit bémol que je peux avoir concernant une pièce aussi intime et en douceur, c’est que les gens dans le fond de la salle n’ont peut-être pas tous bien entendu le monologue de Nana. Avec une si grande salle et, n’ayant pas de micro, en parlant doucement, il fallait un silence parfait pour pouvoir tout bien comprendre.
Somme toute, Rita Lafontaine, la muse de Michel Tremblay, incarne Nana avec cœur, sensibilité et tendresse!
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Une histoire fort complexe, à multiples personnages, dont le rythme soutenu nous garde en haleine!
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Les personnages sont grandement étoffés. Bien qu’il soit difficile au début de cerner tous les liens entre les personnages et les problématiques qui les opposent, lorsqu’on a fait le tour de ceux-ci, on est à même d’apprécier la qualité du jeu de tous les acteurs. Jonathan Gagnon qui est le roi Charles IX, que l’on voit peu et très effacé dans son rôle en première partie, s’éclate complètement par la suite, lorsqu’il défie sa mère et prend enfin lui-même des décisions. On alterne entre le rire et l’admiration, devant ses mimiques, ses répliques et son agonie. Une belle performance. Ce que je retiens également, est le quatuor formé de la reine Margot (Marie-Ève Pelletier), son amie Henriette (Marie-Soleil Dion), Coconnas (Éliot Laprise) et la Mole (Guillaume Perreault). Ils forment les quatre mousquetaires, à la vie, à la mort. La dynamique entre eux donne une bouffée de légèreté et de rigolade, à travers tous ces pourparlers de guerre, de bataille et de haine. Entre eux, c’est l’amour et l’amitié sans peur et sans reproche. Les répliques entre Coconnas et Henriette sont délicieusement drôles, la passion entre Margot et La Mole donne des chaleurs à tous. Mais surtout, les batailles chorégraphiées entre La Mole et Coconnas sont endiablées, très réalistes et efficaces. C’est justement lors de ce massacre des protestants, que le rythme de la pièce s’intensifie. Les courses folles, les bagarres, les poursuites, les épées qui transpercent, tout est mis à contribution pour donner l’effet de réalisme et de totale barbarie. Je me dois également de mentionner l’excellente performance des autres fils de Catherine, Henri d’Anjou (Frédéric Bouffard) et François d’Alençon (Renaud Lacelle-Bourbon). Bien qu’ils aient des rôles plus secondaires, chaque fois qu’ils ont leur mot à dire sur scène, ils volent la vedette.
Au niveau du décor, nous nous retrouvons dans la cour d’un palais gigantesque. Une magnifique structure grise, aux multiples fenêtres et panoplies d’arches. Un décor imposant et dénudé avec un éclairage tamisé qui donne une impression austère, mais également dégage une élégance et surtout permet de créer l’ambiance de cette période historique. Quelques accessoires viennent s’ajouter à l’occasion pour certaines scènes (tables, chaises, rideau qui descend du plafond pour créer l’effet d’une autre pièce de la maison). Mais, globalement, la majorité des scènes se jouent dénudées, avec pour seuls accessoires les autres personnages qui ne participent pas à la scène, mais qui sont disposés un peu partout autour du château. Ainsi, presque tous les personnages sont constamment sur la scène et se déplacent au gré des divers tableaux qui se jouent. Et au son de la musique (tambour, contrebasse, violon) qui augmente la dimension austère et solennelle, tous les personnages bougent et se placent dans un autre endroit pour le tableau suivant. L’éclairage fait le reste pour mettre en lumière ceux qui participent à l’échange verbal. Cette mise en scène ainsi pensée par Marie-Josée Bastien est fascinante. En étant au balcon, j’ai pu apprécier toute la symétrie ainsi créée par les personnages qui attendent dans l’ombre de ce palais. Cela donne une toute autre dimension à la pièce.
Au niveau des costumes, les femmes ont droit à des robes longues sublimes, qui mettent en valeur leurs poitrines. Marguerite, tout en rouge éclatant avec les cheveux noirs luisants, est l’image même de l’Amour passion enflammée qu’elle dégage et recherche auprès de ses amants. Sa mère Catherine, au contraire, toute vêtue de noir, avec les cheveux tirés vers l’arrière, dénote tout le contrôle, la froideur, la rigueur qu’elle dégage. Finalement, Henriette de Nevers l’amie de Marguerite, elle brille de candeur dans sa robe gris-bleu avec quelques ajouts de rouge (ce rouge symbolique des catholiques que l’on retrouve dans tous les costumes des hommes catholiques).
Pour les hommes, des chemises bouffantes avec du rouge, des vestes grises, et capes et épées pour les combats, les fils de Catherine et autres catholiques, se ressemblent et s’agencent tous au niveau des costumes. Tandis que La Mole, Henri de Navarre et Coligny, les protestants, eux, sont tous de noirs vêtus, sans aucune trace de couleur. Une magnifique combinaison très bien pensée pour les costumes.
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meilleur que la plupart des bye bye, abrasif, percutant, désopilant, mais surtout qui porte à la réflexion
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Pour débuter le spectacle, le quatuor, tout de noir vêtu, y va d’un pot-pourri des citations de l’année, pour ensuite enchaîner avec divers sketchs, imitations, entrevues et discussions sur un peu tout ce qui s’est passé en actualité, mais surtout en politique au Québec, au Canada et même à l’internationale. Avec bien peu d’accessoires : lutrins, table, chaise, drapeau… et divers items de costumes : manteaux, chapeaux, lunettes, perruques… les Zapartistes réussissent vraiment bien à nous remémorer les incongruités, les mauvais coups et les aberrances de nos politiciens et des divers évènements survenus dans l’année, que l’on a souvent tendance à oublier rapidement, malheureusement.
Les imitations de la plupart des personnes célèbres sont extrêmement bien réussies. Que ce soit Jean Charest, Stephen Harper, Columbo, Claude Dubois ou le commentateur à blue bonnets, François Parenteau frappe dans le mille avec ses imitations. Pas seulement dans les gestes, le ton, ou les mimiques, mais également dans l’accent, la voix pure et simple. Du vrai bonbon que de l’entendre. Christian Vanasse, pour sa part, bien qu’il maîtrise moins les voix, déborde d’énergie et de vigueur pour nous amener des performances remarquables et des gestuelles en plein dans le mille pour André Sauvé, Mario Dumont, Nicolas Sarkozy, Michael Ignatieff et P. K. Péladeau. Brigitte Poupart quant à elle, en met juste assez pour personnifier avec brio Monique Jérôme-Forget, Pauline Marois, Françoise David, Louise Harel, Michaëlle Jean et Paule Pelletier. Seul François Patenaude m’a quelque peu laissé sur ma faim. Il semble moins présent que les autres malgré une bonne personnification tout de même de Régis Labeaume et Amir Khadir.
Un spectacle très bien conçu, meilleur que la plupart des bye bye qu’on a vu au cours des dernières années. D’une durée de 2 h 30 sans compter l’entracte, ce spectacle passe en revue tous les évènements importants de l’année. De la pandémie AH1N1, à Tiger Woods, de la caisse de dépôt à la nouvelle chaine de Télé V, des élections municipales jusqu’au dérapage de la course à la chefferie de l’ADQ. Bref, un spectacle abrasif, percutant, désopilant, mais surtout qui porte à la réflexion. On se rend compte ainsi que la ville de Québec a fait parler d’elle presqu’autant que lors de son 400e. Que ce soit avec Régis Labeaume, le retour des Nordiques, la bataille sur les plaines, le moulin à parole et la radio poubelle, la ville de Québec a eu son lot de controverse et les gens dans la salle ont bien rigolé de voir Québec se faire comparer à une « p’tite grosse » et ont semblé se bidonner lorsque Régis Labeaume se transforme en Simon Proulx et entonne comme les Trois Accord, « dans mon corps de p’tite ville il y a des changements »
Plusieurs autres numéros ont été très appréciés du public. Parmi ceux-ci, je retiens surtout, la pertinence des questions de Columbo lors de son enquête sur la caisse de dépôt, aussi Claude Dubois qui chante ses déboires avec le vaccin sur la chanson Comme un million de gens. Et que dire d’André Sauvé qui nous parle de nos choix dans la vie, en comparant et mêlant tout avec une promenade en auto, pour en venir à nous dire que notre vrai choix ultime, revient tous les quatre ans.
Mes deux numéros préférés sont définitivement deux performances excellentes de François Parenteau. D’abord un Jean Charest plus vrai et plus détestable que nature. Puis, à un moment donné, François, qui n’en peut plus de jouer ce personnage, se transforme en Gerry Boulet pour chanter combien il est tanné d’y voir la face à Jean Charest… Sublime! Et finalement, avec la voix du commentateur de Blue Bonnets, François Parenteau nous défile et commente dans les deux langues, la dernière course à la chefferie de l’ADQ. Quel moment d’extase!
Un numéro qui m’a marqué aussi par sa justesse du propos fut lorsqu’un p’tit vieux d’un centre d’accueil se fait demander s’il apprécie les clowns envoyés par Charest. « Ils font bien rire les clowns, je n’ai rien contre eux. Mais si au moins ils venaient nous laver une fois par semaine, ou bien nous nourrir, ou changer nos couches ». Cela frappe fort et nous donne matière à réflexion.
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Alégria, c’est un festin pour les yeux et les oreilles!
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Alegría est un mot espagnol qui signifie exaltation, allégresse et jubilation. Et c’est exactement ce que l’on ressent à voir ce spectacle. On est tour à tour éblouis par l’harmonie créée par ce duo d’acrobates qui exécutent des vrilles sur leurs trapèzes, enchantés par la voix gracieuse et mélodieuse de la magnifique chanteuse en blanc qui accompagne la plupart des numéros.
On admire la force et flexibilité de l’artiste qui fait preuve d’un équilibre prestigieux en se tenant en équilibre sur des cannes de différentes hauteurs. On s’émerveille de voir ce voltigeur être projeté dans les airs, exécuter des vrilles et atterrir avec exactitude et légèreté sur une barre simple qui repose sur les épaules de deux puissants gaillards.
On admire la grâce et l’agilité de cette jeune femme qui, à l’aide de cerceaux argentés et de jolis rubans de soie, se contorsionne et se trémousse au rythme langoureux de la musique. On acclame ce virtuose des figures acrobatiques qui, à l’aide d’élastiques du style bungee, virevolte dans les airs nous démontrant ainsi toute sa force, son agilité et son adresse.
On est fasciné par l’incroyable souplesse des deux jeunes contorsionnistes qui nous démontrent des figures étonnantes, dans une fluidité de mouvements, en équilibre sur une table tournante. On frémit de douleur et d’extase en regardant ces deux hommes pieds nus et peu vêtus, mettre leur corps au défi des couteaux enflammés qui virevoltent. Insensibles au feu, leurs pieds et mains touchent ces flammes comme si elles offraient des caresses. Cela en est époustouflant. Un des meilleurs numéros du spectacle.
Et, à mon avis, le moment fort du spectacle survient avec ce groupe d’une douzaine d’artistes au moins, qui exécutent des numéros de gymnastique et d’acrobatie à l’unisson, sur cet immense trampoline en forme de X qui est apparu du dessous du plancher, le temps d’un moment. Chorégraphie parfaite, pirouettes en simultanées, harmonie des mouvements. À tout moment, on ne sait plus où regarder.
Pour le dernier numéro, un énorme filet est installé et nous assistons à un sublime numéro d’acrobates qui virevoltent d’un porteur à l’autre, suspendus par les genoux à un cadre aérien.
Entre les divers numéros époustouflants, les clowns viennent détendre l’atmosphère. Leurs numéros font rigoler l’assistance et même parfois attendrir. Néanmoins, pour ma part, j’ai trouvé ces numéros souvent trop longs et quelque peu ennuyants vers la fin.
Au niveau des décors, de la musique et des costumes, tout est mis à profit pour mettre en évidence les divers numéros. Que ce soit pour rehausser la beauté des prouesses des artistes, ou augmenter la sensation du danger pour d’autres moments, la musique, l’éclairage, les costumes, les masques et le chant sont mis à contribution de façon magistrale.
En résumé, Alégria est un spectacle rodé au quart de tour, une symbiose de symétrie, de synchronisme et de sublimes performances théâtrales. Bref, c’est un festin pour les yeux et les oreilles!
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À chérir pour les vrais fans de musique et de Beau Dommage.
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On peut dire que cet un bel hommage à ce groupe Beau Dommage que l’on retrouve dans cet ouvrage. On y retrouve de superbes photos des membres du groupe, dès leurs jeunes âges jusqu’à aujourd’hui. M. Thérien a fait un travail de moine pour donner aux lecteurs toutes les informations exactes concernant le groupe, ses tournées, ses albums, sa formation et ses apparitions et même les critiques ou articles de journaux qui ont parlé d’eux. Mais il va même plus loin, en rappelant en détail le contexte de l’époque où cela se vivait. Par exemple, il nous parle de l’engouement pour les Beatles et Harmonium au moment où a été créé Beau dommage. On en apprend aussi un peu plus sur le contexte du spectacle un évènement d’octobre entourant la crise d’octobre. Il fait les liens entre les diverses personnes qui ont entouré le groupe, autant au niveau des artistes que des maisons de disques, des producteurs, réalisateurs et musiciens. On nous raconte aussi comment le groupe s’est formé, qui et comment ont été écrites les chansons, etc. Il se trouve également en annexe la discographie complète du groupe, la liste des 64 pièces distinctes que le groupe a écrites.
Le livre en lui-même est très beau. Une couverture rigide, des pages épaisses, un vrai livre de collection. Cette biographie du groupe s’offre bien en cadeau aux nostalgiques de l’époque des années 70 et aux grands admirateurs des membres de ce groupe ou de ces individus. Il faut mentionner que cet ouvrage, contrairement à plusieurs biographies d’artistes, ne contient pas de potins ou d’anecdotes personnelles de ces musiciens. C’est une biographie d’un groupe et non des individus. À chérir pour les vrais fans de musique et de Beau Dommage.
En terminant la lecture de cette œuvre, on n’a qu’une seule idée, écouter les plus grands succès de ce groupe légendaire québécois dont on peut être très fier, et espérer que Beau Dommage récidivent pour nous présenter un nouvel album… On peut rêver. En attendant, on pourra encore se tremper dans la nostalgie, puisqu’en mars 2010 une comédie musicale, Le blues de la métropole prendra l’affiche au Théâtre St-Denis, où l’on retrouvera 29 chansons de Beau Dommage et dont l’histoire se passera à Montréal dans les années 70.
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