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Stéphane Chénier
Stéphane Chénier
25 novembre 2009, 3:34
La Poursuite du Bonheur; la poursuite du rêve américain.

Un père de famille, vendeur de scanneurs médicaux de son état professionnel, persévérant mais malchanceux poursuit le bonheur. Sa femme finira par le quitter. Il prendra seul en charge leur fils de 5 ans. Basé sur une histoire vraie; la vie d'une légende de Wall Street, Chris Gardner.  

Tout au long du film on suit les pérégrinations de Will Smith dans un San Francisco pauvre aux pieds de géants de la finance. On entre dans les soupes populaires, les refuges pour itinérants, on sent la dure réalité qui s'en dégage, on voit aussi la richesse s'exposée à nos regards: Ferrari, gratte-ciel, maisons ultra-riche. Dans ce film il n'est pas question de critique sociale; d'aller à la source de la pauvreté en se servant avec finesse du 7e art, mais de poursuite du bonheur, principe inscrit dans la Constitution des États-Unis d'Amérique; Constitution censée être fondée sur la souveraineté du peuple. Attention il n'est pas question de bonheur collectif mais individuel. N'oublions pas que le bonheur est un état permanent. Dans la philosophie de la poursuite du bonheur, nous pouvons avoir des moments de déprime mais il faut se relever, cela ne doit être que des moments, sinon nous ... n'accèderons jamais au bonheur (entendu en tant qu'individuel) tout sera fichu pour nous.

Si on veut, on peut. Proverbe populaire. Un proverbe est un conseil de sagesse. Si tu veux devenir riche, tu le pourras. On n'a pas besoin d'avoir vécu très longtemps pour comprendre que c'est un conseil illogique qui ne tient pas compte de la réalité de tous et toutes et des rouages du système économique capitaliste. Chris Gardner y est arrivé. Ce film nous dit de ne jamais abandonner, je crois qu'il faut toujours aller de l'avant, même si je tombe, plus ou moins longtemps après ma chute je me relève, le mur à chaque fois gagne en épaisseur, seul je trouve que cela devient plus difficile, ce mur qui m'entoure et qui devient plus épais avec le temps qui passe menace de m'écraser: je ne peux plus payer mes dettes, pourtant je me suis battu, aussi j'ai combattu des démons intérieurs qui un jour me sont apparut. C'est comme si d'être pauvre, mal payé, mal logé, non en option mais tout compris, on te donne ces démons qui te font douter de ta vie. Quand on veut, on peut. Appliquons alors ce conseil de sagesse collectivement vu qu'il ne tient pas individuellement et ce dans aucune société. Chris Gardner cette légende de Wall Street donne des conférences, il est motivateur professionnel, une sorte de Jean-Marc Chaput au service de la philosophie néo-libérale pour faire croire au Rêve américain. Il y a de beaux sentiments dans " La Poursuite du Bonheur ", une belle relation père-fils, mais il faut prendre garde de ne pas se prendre dans la toile d'araignées qu'il tisse, beaucoup en ont fait la malheureuse expérience. " La Poursuite du Bonheur " c'est la poursuite du rêve américain qui est une arme au long canon qu'on nous demande de se fourré dans la bouche en nous faisant croire qu'elle n'est pas chargée.

 

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21 octobre 2008, 6:44
'' The Wind That Shakes the Barley '' un film gauchiste

Dans la première partie du film, c'est l'histoire de deux frères décidant de combattre côte à côte pour défendre la souveraineté de leur Irlande natale. Dans la deuxième partie du film, les deux frères se battront entre eux.

Avec Ken Loach nous assistons souvent à des batailles de clochers parmi la gauche: et '' The Wind That Shakes the Barley '' n'y fait pas exception. C'est pourquoi quiconque voulant voir un film édifiant ou tout au moins inspirant sera déçu. Un sentiment encore pire peut naître suite au visionnement de '' The Wind That Shakes the Barley '': la déprime. C'est normal, car Loach nous amène à vivre des sentiments d'injustice et dégradants au point de vue humain pour ensuite nous montrer que les choses se terminent en queue de poisson.

Certains réalisateurs comprennent que même s'il existe des dissensions dans les forces qui luttent pour la justice sociale, il ne faut pas que ce soit cela qui soit mis de l'avant. Mais Loach, a soixante-dix ans dépassés, fait partie de cette génération croyant qu'il faut mettre en scène la division au niveau de la gauche au lieu de travailler à agrandir et a renforcer l'unité populaire. C'est pourquoi, je dirais, que sa position avec '' The Wind That Shakes the Barley '' est gauchiste et non de gauche.


10 juillet 2008, 1:39
Keane

Un homme atteint de schizophrénie paranoïde est à la recherche de sa fillette enlevée voilà six mois. Dans sa quête, il est seul; personne, ni aucun organisme pour l'aider. Pourquoi Kerrigan a-t-il choisi de laisser son personnage ( qui est de surcroit si fragile ) vivant un drame si terrible, seul face à lui-même? Habituellement, lorsqu'une disparition d'enfant survient la communauté est sensible à l'évènement et elle s'organise pour les recherches. Nous pourrions croire que tout ceci est dans la tête de Keane, qu'il n'a pas perdu sa fille, et même qu'il n'a pas d'enfant, mais les découpures de journaux, qu'il trimballe avec lui, nous démontrent le contraire : sa fillette a bel et bien été enlevée. Alors pourquoi le réalisateur ne nous montre que des gens n'étant pas intéressés par le drame vécu par son personnage principal? Serait-ce un prétexte pour nous démontrer, par un système de cause à effets, la déchéance engendrée par le soi-disant « je-m'en-foutisme » des gens? Pour essayer de comprendre ce film, nous n'avons, malheureusement, pas le choix de nous poser des tas de questions.

 

Dans la première partie du film, nous suivons Keane dans sa désespérance extrême ( très bien interprété par Damian Lewis ) et sa déchéance. Mais Keane n'abandonne pas. Il se parle, ressassant les moindres détails du moment de l'enlèvement de sa fille ( Sophie. D'ailleurs, jamais présente à l'écran ) et spéculant sur les différentes possibilités pouvant avoir été adoptées par le kidnappeur.

 

La deuxième partie est la rencontre entre Keane et Lynn; une femme avec sa fille en transit depuis plusieurs semaines, logeant au même hôtel que lui. L'enfant de Lynn est du même âge que la fillette de Keane. Ne connaissant Keane que depuis quelques jours, peut-être deux, Lynn lui demande de garder sa fille pour une journée. Bizarre. Qui demanderait à un pur étranger de garder son enfant pendant toute une journée? Kerrigan nous montre qu'elle veut régler certaines choses avec son mari, mais le problème est que tout spectateur intelligent juge irresponsable un tel comportement. Nous avons l'impression que Kerrigan a voulu se débarrasser facilement du personnage de Lynn, pour focaliser notre attention sur la relation entre Kira ( la fillette de Lynn ) et Keane. Il aurait dû prendre son temps pour trouver une idée plus brillante. Et si cela a été coupé au montage, il aurait été préférable de reprendre la prise.

 

Les plus belles scènes, selon moi, et il y en a plusieurs, sont celles entre Keane et Kira: Il s'occupe d'elle comme un vrai père de famille: va la chercher à l'école, il l'aide pour ses devoirs, la supervise pendant sa douche, lui donne à manger ( fast-food mais quand-même), il lui apprendra même le patin à glace. Toutes ces marques de non-négligence, Kira le lui rendra bien: lorsqu'il décompense à la salle de bowling à cause de son épisode de schizophrénie paranoïde, elle ira le réconforter.

 


8 juillet 2008, 12:59
La faute à Fidel

Au tout début, certains pourraient croire que leur regard suivra, jusqu'à la conclusion du film de Julie Gavras, une petite fille égoïste et surtout égocentrique. Mais non. Le personnage évoluera pour en devenir attachant.

Anna est une enfant d'environ dix ans, au caractère réveillé. Elle aime agir sur son entourage et donner son point de vue. En font foi l'enseignement des bonnes manières à la table qu'elle prodigue aux autres enfants lors du mariage d'Isabelle, ainsi que ses prises de parole contre son père, sa mère, sa grand-mère et la religieuse à l'école.

Comme je le disais, au tout début Anna ne pense qu'à elle. Elle est en réaction contre tout ce qui vient bousculer sa routine et son confort. Mais ce n'est pas une enfant qui garde tout en dedans, mais plutôt elle est de celles qui explosent à l'extérieur. Heureusement, car ses parents peuvent connaître l'origine de ses désaccords, pour ensuite essayer de l'éduquer. Et, Anna, suite à un doux échange avec sa mère, en viendra à vouloir aider ses parents à économiser. Elle prendra l'initiative d'éteindre les lumières « jusqu'à temps qu'il fasse noir», fermer la chaudière, voler de l'argent à ses camarades pour « payer les factures». Toutes ces ' initiatives ' lui vaudront des réprimandes, surtout le vol, mais au moins elle prend action pour aider; avec la compréhension de son âge et de son vécu.

L'idée essentielle qui se dégage de ' La faute à Fidel ' est de travailler à aider les autres. Où d'autres ont abandonné et sombré dans le pessimisme ( scène du grand-père après la mort de Charles de Gaulle: « Maintenant tout est fini.» ) les autres sont tristes ( scène du père à l'annonce de la mort de Salvator Allende ) mais ne s'épanchent pas.

Avec le film de Julie Gavras ' La faute à Fidel ' nous voyons donc une enfant qui s'habitue à une nouvelle vie, et que les parents militants ne sont pas dépeins comme des sans-coeur, mais comme des êtres aimants.


4 juillet 2008, 3:08
Le violon

Film témoin de la résistance paysanne mexicaine, « Le violon» nous entraîne dans la vie de trois générations masculines ( mais où la femme compte tout autant ): le grand-père, le père et le fils.

Tourné entièrement en noir et blanc, ce choix attire nos regards sur les émotions communiquées par les personnages. Le film de Vargas s'ouvre sur une scène de torture perpétrée par les militaires gouvernementaux: Coup au visage, brûlures de cigarette et viol en série. Cette scène est un symbole littéral enduré par tout humain qui ose s'insurger et s'organiser contre la dictature néo-libérale.

Un des moments touchant et nécessaire du film survient au moment où le grand-père répond patiemment, autour du feu, aux nombreuses questions de son petit-fils. Pour cela il se sert de la forme de la légende. Moment touchant, car il prend le temps d'expliquer, nous qui ne le prenons que rarement. Nécessaire, car il explique avec des mots et des images pour que l'enfant comprenne ce qui est en jeux pour les paysans pauvres.

Et que dire de la fin? Dire que l'enfant continue la lutte serait un cliché. Or cela est vrai. Par contre et en plus, dans cette poursuite de la lutte, l'enfant a appris du maître et le dépassera. Pour preuve, les paroles du vieux chant mis à jour, qu'il interprète à son tour, sont imprégnées d'une conscience politique supérieure. Annonçant des lendemains qui chanteront.


14 janvier 2008, 9:29
' Le Petit Soldat ': Ménager la chèvre et le chou

Avec Le Petit Soldat, Godard choisit de ne pas trop déranger le gouvernement de Gaulle. La guerre d'Algérie ( 1954-1962 ) occupe la toile de fond de ce film. Prévu sortir en 1960, on ne le verra sur les écrans qu'en 1963. Censure française oblige. Mais pourquoi lui donner le feu vert quand sous le même gouvernement on l'interdit ?

Avec Le Petit Soldat, Godard ne veut pas prendre position contre le colonialisme français. Il ne veut pas plus prendre position en faveur de la lutte du peuple algérien pour sa souveraineté; souveraineté violée par la France. Godard choisit de ménager la chèvre et le chou en montrant une sc ne o un français de l'OAS est torturé par le FLN et, un peu plus avant dans le film, en nous disant qu'une membre du FLN a été torturée par l'OAS. Est-ce que la censure aurait donné des indications Godard pour que son deuxi me long métrage voit le jour? Et est-ce que Godard aurait accepté tout en spécifiant qu'il ne cèderait pas sur l'acte de torture de l'OAS? Est-ce que Godard aurait payé ce prix pour se plier à la censure? Tout compte fait, en pleine guerre d'Algérie quand la France demande à la jeunesse française d'aller combattre, on se doit de dénoncer pour le triomphe de l'humanité, en plus d'exiger le retour des troupes, et non de suggérer que d'un côté comme de l'autre, ils ne sont pas mieux. C'est comme si, en l'occurence, Godard nous disait alors que les choses continues.


27 septembre 2007, 9:24
' Stormy Weather ' : Un scénario qui aurait mérité d'être retravaillé
Le problème avec ' Stormy Weather ' est que l'on n'arrive pas à faire nôtre les sentiments de la psychiatre, Cora, à l'égard de sa patiente. Il y a peut-être la scène dans laquelle Loa décompense en voulant fuir l'hôpital et qu'on lui injecte, de force, un calmant. Ou bien cette scène où Cora laisse entrer Loa dans le bureau réservé au personnel qui est une chose à ne pas faire si on ne veut pas être trop envahi par les patients: la relation d'aide est le corps de métier où il y a le plus de burn-out. Mais l'un des ultimes pas à ne jamais franchir est de ne jamais donner son numéro de téléphone personnel à un patient; ce que fait, malheureusement, Cora. Ça tout professionnel le sait. Et le film n'arrive pas à nous enlever toute objection surgissant logiquement. Jamais la réalisatrice ne réussit à nous faire ressentir la nécessité de passer outre le code de déontologie. La photographie fait naître en nous un sentiment de solitude. À voir les paysages désolés de l'Islande ajoute à l'isolement des êtres. En début de film la mer se soulève et vient se fracasser sur les falaises occupe tout l'écran. Aussi, il est également intéressant d'attirer notre attention sur la vie des insulaires sans faire que dans le pathétique: La majorité des habitants travaillent dans la seule usine de l'île, on nous dit qu'il y a aussi un peu d'activités touristiques, le mari de Loa se soûl pour geler l'ennui et Loa veut fuir car, on le devine, elle a besoin d'être stimulée pour se sentir un peu plus vivante. Ce qui est humain dans ce film est malgré que Loa soit affligée d'un problème de santé mental, c'est qu'elle n'est pas ostracisée par les insulaires: Elle travaille comme tout le monde, elle a un mari qui n'a aucun problème de santé mentale et qu'il l'aime, elle a un bébé ( dont sa belle-mère prend soin ). Malgré ses points positifs ' Stormy Weather ' laissent les amateurs de films humanistes sur leur appétit. À moins de se stimuler en jouant à interpréter sans aucune assise.
19 septembre 2007, 5:23
Novo
Se pourrait-il qu'il y ait des films qui nous ennuis profondément ? Pourtant cela ne devrait pas exister. Mais pourtant il faut faire avec. ' Novo ' est une comédie (et non un drame ) érotique faiblement pimenté et surtout sans grand intérêt. Seul le jeu de caméra et le montage sont par moment intéressants : Images aux déroulements ultrarapide que vient appuyer une musique sensuelle aux sonorités électroniques feutrées. Le scénario semble absent de trame dramatique. Pourtant elle est là. La femme d'un homme veut qu'il retrouve la mémoire. Alors elle le place dans un lieu de travail à volet thérapeutique. Oui elle est là la trame mais elle disparaît derrière un érotisme gratuit, vide prenant toute la place.
11 septembre 2007, 3:45
'Les amants réguliers' :Le fatalisme en politique et en amour

Tout oeuvre cinématographique, et d'art, est de point de vue. Bien sûr il y a la technique. Mais la technique est là pour servir le propos que l'on veut faire embrasser. Louis Garrel tombe dans des clichés sur la politique et la relation amoureuse. Des clichés qui nous disent qu'on a essayé et qu'il n'y a rien à faire, que tout est foutu. 1968. Paris. Des ouvriers occupent des usines ( nous ne le savons que par le biais de la caméra filmant un journal). Des étudiants, jeunes prolétaires et bourgeois de ' gauches ' montent aux barricades. Puis le soulèvement est maté par les CRS. Les jeunes se sauvent, certains sont arrêtés. Garrel suit un groupe de jeunes ( on dit qu'il a péché dans ses souvenirs pour ce film ) Ils sont sept à huit. Ils sont découragés que la révolution n'est pas eu lieu. Même les adultes se mettent de la partie. Nous irons passés quelques jours à la campagne, ça nous fera du bien. Ils sont moins pathétique que ces jeunes mais ce n'est pas eux qui occupent la place centrale du film. Quand on recule au niveau des bagarres politiques il reste l'amour ou ce qui peut y ressembler. François s'oublie en Lilie. Il ne veut pas q'elle le prenne pour quelqu'un qui est contre la liberté. Alors il lui dit qu'elle peut aller avec qui elle veut, qu'elle ' est libre '. Elle est contente. Lui fini par en mourir. Les amants réguliers, est un film long, très long, déprimant, n'apportant rien pour éduquer et inspirer la jeunesse et les plus vieux, créant l'expectative pour les plus courageux et confortant les fatalistes. Jamais ne naît en nous le désir légitime de crier haut et fort on avance, on avance on ne recule pas; pourtant c'est ce qu'il faut pour que la société avance et cesse de reculer.


15 mai 2007, 9:17
' Volver ' : Beauté et souffrance des femmes
Rigolo la musique du début dans un tel décor : Une musique de corrida annonçant les toréadors. Mais ici les toréadors sont des femmes et l'arène, du moins pour le début, un cimetière. Attention ! les taureaux peuvent maintenant entrer. Ils seront métamorphosés en hommes vêtus des défauts de ces derniers. ' Volver ', Revenir en français, donne la parole aux femmes victimes d'hommes vicieux, lâches et salauds. Volver parle de coutume et de superstition des petits villages, d'inceste et de la mort, de vengeance et de solidarité féminine. Le vent est également omniprésent dans le film. Les éoliennes fournissent symboliquement l'énergie pour aller de l'avant, pour ne pas abandonner. Par moment, il tourne en notre faveur. Il peut également aider à couvrir un homicide. Mais n'est jamais assez fort pour empêcher les femmes de tenir leur promesse envers les morts.
15 mai 2007, 8:50
Congorama
Congorama est un film intelligemment construit tant au niveau du scénario que du montage. Avec l'insertion des différentes ellipses introduisant les points de vue des personnages, nous ne pouvons qu'être enrichis de connaître la, ou les, motivation des protagonistes. Certains se sont peut-être sentis perdus par ce procédé, il faut comprendre, comme pour Alejandro González Inárritu, que le réalisateur veut nous parler du vécu de tous les personnages en lien avec la même situation. Et à la fin nous assistons au dénouement heureux ou malheureux, ou à quelque chose entre les deux. Congorama, quant au scénario, aborde les thèmes du respect de l'environnement avec la voiture hybride qui est un des centres d'intérêt de Michel. Il touche aussi à la beauté des mélanges des cultures : Michel est marié à une congolaise, il est belge et apprend, au début de la quarantaine, que son véritable père est québécois. C'est à ce moment qu'il décide de se mettre en quête de ses origines. Que de beaux moments auxquels nous assistons, entre la culture belge et celle québécoise, incarnée par le personnage de Gourmet, toujours, et celui de Gabriel Arcand, entre autres. Nous rions beaucoup aussi. Mais le rire n'est pas vulgaire. C'est tantôt un rire de situation, tantôt un rire suscité par le fin jeu d'Olivier Gourmet.
13 mai 2007, 12:26
Un roman qui ne possède rien pour stimuler la jeunesse
En lisant ce roman, très rapidement nous constatons que le héros est hanté par une femme. Angèle n'y est plus et lui, perdu, cherche à comprendre. Il quitte son coin de pays pour arriver dans des ailleurs intérieur. Les ailleurs, pour lui, ne sont que très peu extérieur. Il observe les autres croisés sur son parcours, mais il est centré sur son problème et l'autre n'est qu'un autre ; un autre flou. Car à ses propres yeux lui-même est un être flou. Voyage au Portugal avec un Allemand est un livre déprimant car la seule alternative choisie par le protagoniste est l'amour. Et lorsque que l'amour est déçu ; que nous plaçons tous nos espoirs dans l'amour que nous connaissons ici et maintenant, nous ne croyons pas que l'amour pourra un jour ressurgir. Avec Voyage au Portugal avec un Allemand, nous suivons cet être tourmenté pour qui la dame qui perd ses doigts dans une usine n'existe pas ou si peu qu'elle ne compte même pas. Ce n'est que moi et mes problèmes, moi et ma vie, moi et mon intérieur. Nous en venons à comprendre pourquoi Angèle n'est plus sa compagne. Lisez ce roman et vous aurez un très bon exemple d'égoïsme et d'égocentrisme d'un être qui n'est pas coupé mais qui se coupe des autres.
12 mai 2007, 8:24
' Key Largo ': Les valeurs de justice toujours d'actualité
Le film débute au moment où les policiers sont à la recherche de deux prisonniers indiens évadés. Nous pouvons croire à un prétexte pour nous dire que l'histoire du film se situera à Key Largo mais c'est faire fît de l'intelligence du maître John Huston. La présence de ces indiens servira l'un des machiavéliques buts du méchant incarné par Edward G. Robinson. Contrairement à ce qui est dit plus haut, le visiteur n'est pas un intime du propriétaire de l'hôtel, il est l'ex-commandant du bataillon du fils du tenancier. Il vient lui parler de la «bravoure» de son fils à la guerre et apprendre le métier de pêcheur. Key Largo veut nous instruire de certaines conceptions indiennes. Les deux évadés n'avaient que trente jours de prison à purger. Pour eux trente jours équivaut à trente ans. Un peu plus loin nous apprenons que ces deux individus ont voulu rendre les États-Unis aux indiens. Voilà leur crime. Le thème de la corruption, qui n'est pas étranger à notre système politique, est aussi abordé. Johnny Roco souhaite revenir tirer les ficelles du monde politique en reprenant sa place de décideur économique : « ... je ferai de nouveau élire les maires, les députés...», ce qui n'est pas sans rappeler l'arrogance d'un certain Pierre Péladeau, piégé par Les Insolences d'une Caméra. On assiste également à une scène, pour le moins odieuse, envers la femme alcoolique, ancienne chanteuse de cabaret, jouée par Claire Trévor. Pourtant c'est Roco qu'il l'a influencé à prendre son premier verre et qu'il l'a entraîné à se transformer en sois «belle et tais-toi». Oui, le malheureux «tais-toi». Quelle réplique importante dite par Lauren Bacall à Humphrey Bogart : «Une cause n'est jamais perdue tant que quelqu'un accepte de se battre pour elle». Cette phrase s'inscrira parfaitement dans le dénouement.
6 mai 2007, 1:59
Du sentimentalisme obtus ?
Etait-elle plus heureuse quand elle était plus pauvre. Maintenant que Dée a quitté le dépotoir, est-elle moins heureuse ? Aurait-il été préférable qu'elle continue à s'amuser dans le dépotoir ? Me semble que c'est cela qui ressort à la lecture de votre critique. Si c'est effectivement de cela qu'il s'agit dans ce roman, c'est très malsain. Malsain car sur fond d'amélioration des conditions de vie des gens, Dée en l'occurence, l'auteur glorifierait la pauvreté. Et il ne serait qu'un nostalgique, amoureux d'un souvenir, au détriment de faire sienne l'amour du collectif. Qui dit amour, dit être pour le bien-être de la majorité des gens. Savez-vous que c'est dans la classe pauvre que l'on retrouve le plus de jeunes filles enceinte et laissées à elles-même. Beaucoup vivent dans des bidonvilles, attrapent des maladies et en meurent dû aux problèmes d'hygiène absente.
5 mai 2007, 6:06
Yann Martel et autres écrivains contre les coupures dans les arts
Yann martel disait à propos de Harper: «Il gouverne comme quelqu'un qui ne se préoccupe pas le moins du monde des arts». Dans le cadre du Festival Métropolis Bleu, Margaret Atwood a critiqué Harper pour les coupures effectuées sous son gouvernement à l'endroit des arts au Canada. Voilà une dizaine de jours, la Writers' Union of Canada et l'UNEQ organisaient une manifestation à la Chambre des Communes. Stanley Péan justifiait la décision de tenir cette manifestation: «par l'apparent désintérêt du Parti Conservateur pour la cause culturelle, voire son hostilité envers les milieux culturels, désintérêt dont témoignent, le refus de doubler de manière récurrente le budget du Conseil des Arts du Canada, la suppression des enveloppes budgétaires allouées aux services culturels des ambassades canadiennes à l'étranger, ainsi que (dans le domaine du livre) la réticence à doter la Commission du droit de prêt public d'un budget à la hauteur des exigences de son mandat et enfin le projet de réforme de la loi sur le droit d'auteur (dans laquelle on voudrait introduire une 'exception pédagogique', qui autoriserait les gens des milieux académiques à reproduire des oeuvres contemporaines, littéraires ou autres, sans obligation de verser des redevances aux ayant-droits).» Dans ce paysage d'affrontements instigué par le gouvernement néo-libéral de Harper, Yann Martel sarcastiquement sérieux a pris l'initiative d'élever le niveau culturel du Premier Ministre du Canada en lui suggérant des lectures. Harper ne sera pas dans l'obligation de dépenser un sous, Yann Martel ( qui est sois dit en passant le fils du poète québécois Émile Martel ) lui faisant parvenir par la poste, frais de port et de manutention inclus, les livres suggérés.
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