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Stéphane Pillet
Stéphane Pillet
1 août 2006, 8:14
Un petit bijou d'originalité
Un premier album brillant et chaud comme le soleil d'Amerique latine. Les personnages sont complexes et attachants, le dessin à l'aquarelle est lumineux, chaud, original et d'une grande qualité. J'ai fini par garder cet album que je n'avais pû offrir à une amie qui aimait l'aquarelle et l'Amérique latine. On passe un trop court moment à découvrir ces nouveaux personnages. A lire par un dimanche après-midi pluvieux en ne boudant pas son bonheur. Une nouvelle série de cette qualité se savoure comme un nouveau vin, un alcool doux. A chaque page, à chaque gorgée, une nouvelle saveur, un détail subtil se révèle. Je guetterai la suite avec impatience tout en revenant régulièrement à cet album en attendant deuxième tome.
2 mars 2006, 6:02
Et puisqu'il faut bien mourir un jour
Plus que Mittérand, la mort est le personnage principal de ce film. Conscient de sa place 'à part' (c'est d'ailleurs l'une des premières répliques du film), Mittérand est convaincu qu'il entrera dans l'Histoire mais le Sphinx s'interroge. Il met tellement d'efforts à nous faire croire qu'il accepte la mort avec sérénité que son humanité et son désarroi nous apparaissent d'autant plus touchants. Avec la maladie et la mort, Mittérand "redevient" un homme dans ce qu'il a de plus commun avec ses semblables, lui qui a passé sa vie, comme nombre d'intellectuels de sa génération, à vouloir s'élever et s'affranchir de cette humanité "trop grise, trop basse". Son idéal de gauche était de vouloir entraîner la masse avec lui. Pourquoi les hautes sphères de la culture et de l'intellect devraient-elles être réservées à une élite dont il fesait par ailleurs partie de naissance ? Le promeneur du Champ de Mars raconte se cheminement vers la mort de celui qui voulait voir les hommes plus nobles, tous les hommes. Mais la mort n'est-elle pas l'expression d'une égalité ultime. Il n'y a pas de grande mort, il n'y a que des grands hommes. Il appartiendra à l'Histoire de décider si Mittérand était de ceux là. Magnifique performance de Michel Bouquet !
19 septembre 2005, 2:24
Il était une fois en Afrique...
Tiré du roman "La ferme africaine" de Karen Blixen qui y raconte ses souvenirs du Kenya au début du 19ème siècle, ce film de Sydney Pollack est un hymne à l'amour. Amour entre deux êtres, amour de la liberté, amour de l'Afrique surtout. Meryl Streep et Robert Redford évoluent dans ces paysages grandioses comme hors du temps et hissent leur personnage à la hauteur des majestueuses collines du Ngong. A l'image de cette Afrique si présente où les non-dits sont autant de dialogues pour qui sait les comprendre, les images et la bande originale nous emportent vers les grandes plaines du Kenya vides de touristes ou les salons coloniaux feutrés de cette première moitié du 19ème siècle. Un chef d'oeuvre couronné de 7 Oscars, dont celui de la meilleure photographie, que je me repasse les soirs de pluie froide d'automne.
26 août 2005, 7:08
Un classique !
Les Tontons Flingueurs est un classique du cinéma français. Lino Ventura, Francis Blanche et Bernard Blier servent les dialogues uniques de Michel Audiard dont certaines des répliques sont devenues aussi célèbres que les paroles de Brassens. L'équilibre entre le dit et le non-dit porte la signature d'Audiard et de ces acteurs. Un mot, un regard noir ou un complètement absent: l'effet est atteint, le résultat immédiat. On se régale et notre plaisir se nourri de celui que les acteurs ont manifestement eu à tourner ensemble. C'est en plus un classique "familial" et je ne peux m'empêcher de penser à mon père chaque fois que je le visionne. Comme une partie de pêche pour d'autres, il fait pour moi partie des plaisirs que j'aime partager avec lui, et ne fusse que pour cette raison, je leur accorde 5 étoiles, au film comme à mon père.
17 août 2005, 1:53
Reconnaissance des pères
A l'heure où la bande dessinée acquiert ses lettres de noblesse au Québec, la réédition de classiques ne peut être qu'une belle occasion de retourner aux sources de cet art qui a eu, et d'une certaine manière a encore, bien du mal à s'imposer ici. Belge d'origine, j'ai quitté Bruxelles et ses dizaines de librairies spécialisées en BD pour Montréal où, il y a maintenant presque 10 ans, avouer qu'on était amateur de DB passé l'âge de 20 ans équivalait à passer aux yeux de son interlocuteur pour un débile ou tout au mieux pour un adolescent attardé. Les choses ont changé et des évènements tel que BD Montréal cet été démontre que cet art prend sa place, tout au moins dans la métropole. Des collaborations brillantes donnent naissance à des séries pleines de promesses. Millénaire, illustrée par le Gaspésien Miville-Deschênes en est un exemple. Même si Michel Risque n'est pas "mon style" de BD, je ne peux qu'apprécier cette réédition. En BD aussi, les racines sont aussi importantes que les feuilles. Les multiples rééditions de Tintin, Spirou, Lefranc et aux autres Black et Mortimer en sont autant d'exemples. Au Québec maintenant de rendre leur juste place aux pères fondateurs de son 9ème art.
3 août 2005, 3:15
Éclipsées par la comète Camille
Avec des billets achetés pour Dobacaracol, je suis arrivé dans un Spectrum plein a craquer. Au bar Guy A Lepage, un peu plus loin Martin Matte. Ariane Moffat est là avec sa soeur et quelques amis. Je me plante comme à mon habitude à quelques pas en avant de la table de mixage, un ami me signale qu'une des lauréates de Star Académie est dernière nous. Difficile de croire que tout ce beau monde se soit déplacé pour Dobacaracol. Mais qui est donc cette Camille dont les journaux, le Voir en tête, distillent depuis plusieurs jours des critiques dithyrambiques ? Le noir se fait, le spectacle commence. Le Choc (oui avec un grand C). Impossible à décrire. Bien sûr Camille ne peut pas plaire à tout le monde. Je ne vais pas tenter l'impossible (la décrire) mais imaginez Björk avec un petit côté "tannante" et un peu, peut-être, de Rufus Wainwright. J'entends déjà les personnes présentes hier soir me crier "Vraiment pas !". Une chose est sûre cependant, Camille est unique. Et le Spectrum hier était sous le charme. Oserais-je l'avouer, moi aussi j'ai chanté "Parce que je suis une fille". Car Camille vous emmène dans son monde comme la Fée Clochette mais celle imaginée par Régis Loisel (la BD). Tiens, je me demande ce qu'en pensait la demoiselle de StarAc. On est loin ici du formatage Endemol. Et Dobacaracol ? me direz-vous... Il est très difficile de passer après un phénomène comme Camille. Il faut une forte personnalité et du matériel solide, ce dont je croyais Doriane et Carole pourvues. Déception. Desservie par une sonorisation qui nous prouve définitivement que le Québec manque de personnes qualifiées (et qu'on ne vienne pas mettre la salle en cause, le son était très bon pour Camille). Ces 2 québécoises, de qui j'attendais beaucoup, nous ont servi une performance "amateur" que ne compensait malheureusement pas leur spontanéité. Bien servie cependant par des musiciens de talent (mis à part aux claviers). L'album vaut beaucoup mieux que cela, heureusement.
26 juillet 2005, 2:44
Décevant
J'étais au concert dimanche dans le cadre du Festival Nuits d'Afrique et je dois avouer que j'ai été déçu de la prestation commune de Ricardo Lemvo et Makina Loca. Malgré un potentiel certain, la sauce n'a malheureusement jamais pris. Pas de complicité entre les 2 groupes de musiciens qui semblaient ne s'être rencontré que quelques minutes la veille à la répétition. Pas ici de fusion afro-latino tant attendue mais une juxtaposition approximative de styles dont d'autres ensembles nous ont largement prouvé la magie lorsque le mariage est réussi. Ajouté un cela une prestation écourtée par le retard qu'avait pris la programmation du festival, bref une soirée somme toute décevante, sauvée toutefois par l'ambiance unique autour des échoppes des commerçants africains qui, comme chaque année, transforment ces quelques dizaines de pied carrés de Montréal en une rue africaine. J'y retournerai bien sûr l'année prochaine (on ne boude pas un vieil ami pour une erreur) en espérant que cette édition ne soit qu'un mauvais souvenir.
8 avril 2005, 2:01
Excellent, mais il faudra peut-être un décodeur
J'ai adoré ce film de mon compatriote Benoît Poelvoorde. Certaines des répliques sont même entrées dans le langage courant de mon entourage, signe, s'il en est, d'une efficacité redoutable. Mais je suis perplexe quant à l'accueil que va lui réserver le public québécois. Certaines des répliques, et malheureusement parmi les plus savoureuses, seront peu accessibles aux Québécois qui ne savent pas ce qu'est une "baraque à frites" ni une "braillette", qui ne connaissent que très peu Johnny Halliday et encore moins Carlos (non, pas le terroriste). Sans parler du phénomène Claude François et de ses multiples sosies très en "décalage" par rapport à la notoriété du chanteur ici au Québec. Ce film n'en demeure pas moins un excellent divertissement (beaucoup plus subtil d'Elvis Gratton !) même en passant à côté des petites perles disséminées dans le scénario. Ne boudez pas votre plaisir et allez-y ! La performance de Benoît Poelvoorde est encore une fois à la hauteur de nos espérances. Et nul doute que tout ce que le Québec compte de Belges et de Français vont se précipiter, avec raison, voir ce film que je reverrai d'ailleurs avec un plaisir non dissimulé. Le rendez-vous est pris, accompagnez-nous !
24 mars 2005, 1:46
Surexploitation
Lanfeust est à la bande dessinée, ce que les bancs de morues sont à la pêche. L'exemple type d'une surexploitation commerciale bien plus qu'abusive. Au départ d'une idée originale et de quelques albums excellents, les auteurs sont partis dans tous les sens, c'est le cas de le dire. Il y longtemps que j'ai abondonné cette série et ses trop nombreuses déclinaisons. Reste les fans inconditionnels qui se réjouiront sans doute de ce nouvel opus. Après tout, tant que ça se vend, c'est qu'il y en a qui achète, non ?
22 février 2005, 5:48
Festifs, engagés et engageants
J'étais hier à la Tulipe. Après une première partie surprenante (mais malheureusement parfois un peu pitoyable de Steve Faulkner), les Cowboys Fringants ont fait de la soirée une immense fête, enchaînant leur "tunes" à un rythme effréné. Une petite pause, histoire de se désaltérer un peu et c'est reparti. Les Cowboys Fringants maîtrisent la scène, entretenant une ambiance débridée tant sur scène que dans la salle tout en restant musicalement c'est très "propre". Bref ça sonne et on se prend pas au sérieux (tout au moins en apparence). Et comment ne pas tomber sous le charme de Marie-Annick, la "multi-instrumentaliste", violoniste inspirée et véritable Fée Clochette du groupe. Sa présence sur scène reflète son apport musical au groupe: le "petit" ingrédient qui fait toute la différence, le goût surprenant qui nous étonne et dont on se souvient. Les Cowboys Fringants restent un groupe à part à bien des égards tant par leur démarche qui joint l'action à la parole: 2 $ sur chaque billet vendus seront versés à des organismes impliqués dans la protection de l'environnement ou le développement d'une économie mondiale plus équitable. Petite anecdote, je pense avoir assisté à pas mal de show mais aucun, de U2 à Polemil Bazar, n'offrait de soupe chaude en fin de spectacle...
5 février 2005, 2:47
Graphisme magnifique qui sert une intrigue qui ne demande qu'à se développer
Avec ce premier tome de la nouvelle tétralogie de La complainte des Landes Perdues, Dufaux lève une partie du voile sur les Chevaliers du Pardon et sur la jeunesse de Seamus. Choix judicieux car le mystère entourant ces chevaliers avait excité ma curiosité à la lecture du premier volet, et je ne pense pas être le seul. Maître de la narration, l'auteur de la série culte Samba Bugati (pour ne citer que celle-là) nous sert un premier tome prometteur où la trame et les protagonistes de ce nouveau volet se mettent en place. Faisons confiance à l'auteur pour combler les attentes suscitées par cette mise en bouche. Le dessin de Delaby sert magnifiquement l'ambiance du récit pour faire de cet album une très belle réussite qui dépasse, à mon sens, la série Muréna. Le graphisme sera sans conteste l'un des grands atouts de cette nouvelle tétralogie dont on attendra, non sans impatience, le développement de l'intrigue dans les prochains tomes.
30 novembre 2004, 6:30
Ressuscitée
Avec Kriss de Valnor ressuscite également l'intérêt pour cette série après les déceptions des derniers albums qui étaient à l'image de vieux amis dont on se sent de moins en moins proche tout en n'arrivant pas à se résoudre à ne plus les voir. Et puis voilà que les sentiments renaissent. La magie des premiers tomes n'y est plus bien sûr mais voilà enfin un album qui apporte quelque chose à la série. Plus question d'araignée géante, de peste bleue (ancêtre de la peste noire ?) et autre support pitoyable de la part d'un tandem aussi exceptionnel que Rosinski-Van Hamme. Le célèbre duo renoue ici avec l'essence de la série, à savoir ses personnages, et nous offre une Kriss de Valnor qui a évolué de façon surprenante. On retrouve dans cet épisode la profondeur des sentiments et la complexité des personnages qui ont fait les beaux jours de la série. On tourne la magnifique dernière page après avoir passé un agréable moment de lecture, heureux d'avoir retrouvé 2 vieux compagnons qui ont su, et savent encore, nous arracher à la réalité pour rejoindre la légende du fils d'Aegir et de Thor. Mais il serait peut être temps que ce héros jouisse d'un repos bien mérité.
10 novembre 2004, 5:09
Touché Peter !
Finding Neverland est de ces films qui jouent sur nos cordes sensibles: l'enfance, son monde imaginaire, la perte d'un être chère, la douleur de la maladie, l'amour impossible, la magie de la création. Ajouté à cela une photographie magnifique et une distribution tout aussi soignée, tous les ingredients sont là pour nous émouvoir et ça marche. Un petit coup d'oeil à la demoiselle d'à côté, les mouchoirs sortent, mais nous les gars, pas question de pleurer pour un film...quoique. La lumière revenue dans la salle, je m'en veux un peu de m'être "fait avoir" car oui, j'ai marché. Alors si vous aimez sortir la gorge serrée de la salle comme d'autres aiment s'y faire peur, ne boudez pas votre plaisir ni celui de votre blonde qui sera toute heureuse de trouver votre épaule à la fin du film. Finding Neverland ne vous aidera pas à retrouver l'enfant qui est en vous mais vous donnera peut-être envie d'appeler votre mère pour la remercier de vous avoir fait croire à ces magnifiques histoires de pirates et de fées, de mondes merveilleux de l'autre côté de l'horizon.
21 octobre 2004, 2:16
Pourquoi pas ?
J'avais déjà entendu parlé de ces 2 "originaux" à NY qui invitaient les passants à "taper la discute" sur le trottoir. Je m'étais même dit: "si je passe par là, j'irai leur dire bonjour". Pourquoi ? Je n'en sais rien. Pourquoi pas. Pour l'idée, l'espèce de ballon d'oxygène que cela semble apporter sans que j'en comprenne vraiment l'origine. Je ne peux m'empêcher de relier Talk to me à Burning Man. Rien à voir ? Peut-être. Mais voilà 2 initiatives sans aucun but, rien de vraiment concret, rien d'apparemment utile. On peut s'interroger sur la "récupération" de Burning Man, il n'en reste pas moins que l'esprit du début était complètement en décalage avec l'image que nous avons de notre époque. C'est rafraîchissant de voir émerger des initiatives comme talk to me et Burning Man; et je suis sûr qu'il y en a et en aura d'autres. Que l'on soit en accord ou pas, que l'on trouve cela ridicule, utopiste ou tout simplement stupide, il n'en demeure pas moins que cela prouve que l'on peut vivre autrement, simplement parce qu'on en a envie; et si ça peut aider la communauté autour de nous alors pourquoi pas. Oui, vraiment, pourquoi pas ?
7 octobre 2004, 4:45
Retour à la case départ
A l'origine de Taxi (du moins le Taxi 1), une idée émise autour d'une bonne bouteille entre Luc Besson et quelques potes: on peut faire un gros blockbuster à l'américaine (autrement dit avec des courses folles, des méchants bandits, un duo hétéroclites de héros et des tonnes de tôles froissées) en France avec des petits gars de chez nous bref, à la française. Et même plus fort, à Marseille. On a pas d'afroaméricains mais on a des "Français d'origine maghrébine", des flics un peu stupide ça pas de problème, c'est international et pour les bagnoles et les filles, on vaut largement les américaines...Chiche ? On y va et ce fut le succès qu'on connaît. C'était original, un peu allumé et plein de référence sympa avec une bande son qui pulsait. Les opus 2 et 3: du réchauffé mais personnes ne vous obligeait à aller les voir (c'est de bonne guerre). Il faut bien être américain pour faire une version américaine d'un flim français fait sur le model hollywoodien ! La boucle est bouclée mais on ne s'étonnera pas qu'une sauce, même excellente, réchauffée et allongée plusieurs fois; et en plus privée de ses épices les plus savoureuses fini par ne plus rien goûter. Mais encore une fois, personne ne vous oblige à aller le voir à moins d'être fan de Queen Latifah.
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