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Si on s'attend en visionnant Carandiru à entendre le récit d'un médecin et de ses préoccupations alors qu'il se retrouve à soigner la faune bigarrée des prisonniers de Carandiru, on se trompe royalement. Le médecin ici n'est que prétexte, tout comme son inquiétude face à la propagation du sida dans la population carcérale: ces sujets ne sont qu'accessoires.
Ce qui fait vraiment de Carandiru un film intéressant, c'est tout simplement qu'il met en scène des humains: on nous présente merveilleusement bien plusieurs prisonniers, en nous dépeignant leur milieu à l'extérieur et à l'intérieur de la prison, le crime qu'ils ont commis qui les a mené à Carandiru et les diverses combines qu'ils utilisent afin de survivre dans cette jungle.
C'est ce qui rend l'univers de Carandiru exceptionnel: les décors sont recherchés, et le tout est tellement éclaté, tant au niveau des anecdotes, des événements et des personnages qu'on pourrait se croire dans un film de Kusturica! Même au plus noir de leur vie, même quand ils sont battus, même quand ils sont malades, les prisonniers de Carandiru gardent un humour noir et mordant, un peu fataliste, qui contribue à rendre l'univers de la prison encore plus unique.
Certes, explorer le côté social, la propagation du sida en milieu carcéral, les raisons qui ont fait que cette prison était peuplée de presque le double de sa capacité, tout cela aurait été des plus intéressant. Hector Babenco a toutefois décidé d'utiliser l'histoire véritable du docteur Drauzio Varella afin de nous raconter une micro-société, de nous raconter des humains animés de désirs, de haine, d'espoir.
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