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Tout simplement... Sylvie Isabelle
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Pensées, critiques et reflets de la vie urbaine vue à travers moi!
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Un film qui déstabilise...
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J'ai visionné The Hurt Locker en m'attendant à un film un peu bébête, sans trop de scénario et bourré de clichés américains - c'est dire la surprise que j'ai eu quand, 5 minutes après le début du film, je me suis retrouvée accrochée et totalement fascinée par cet univers. Jeremy Renner joue avec aplomb et une grande crédibilité le rôle du démineur: "rock star" parmi l'élite, il n'a pas froid aux yeux, il carbure à l'adrénaline et joue avec la mort comme avec un jeu. L'acteur apporte toute sa nuance au personnage qu'il rend crédible jusqu'à la fin et même attachant. On parle souvent, et on peut comprendre, la détresse psychologique des soldats qui ont été confrontés à la guerre et à la mort. Ce que Bigelow nous dépeint dans son film, et comme elle le cite si bien d'entrée de jeu, c'est que la guerre est une drogue pour certain: "War is a drug". Le personnage principale carbure tellement à l'adrénaline que lui procure le combat qu'il se retrouve complètement démuni et vide quand il réintègre sa vie: faire les courses, entretenir la maison, jouer avec son fils, tout ce qu'il croyait aimer n'a soudainement plus autant de saveur. The Hurt Locker est donc un film difficile sous bien des aspects, mais plus encore que le suspense qui nous tient en haleine tout au long du film, c'est la réflexion qu'il déclenche qui le rend unique. Et il faut dire que la direction artistique continue grandement à cette réflexion: les images ne sont pas ultra-léchées, et on nous donne parfois l'impression d'assister à un documentaire, de recevoir les confidences les personnages qui s'adressent directement à nous. Bref, The Hurt Locker ne vole pas les honneurs qu'il reçoit ces temps-ci, et j'espère sincèrement que Jeremy Renner amorcera ainsi un tournant dans sa carrière et que nous aurons la chance de le voir plus souvent à l'écran: il roule sa bosse depuis longtemps, mais The Hurt Locker lui offre le rôle de sa carrière.
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À vos risques!
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Parmi mes restaurants préférés à Québec, on retrouve Le Grain de Riz en première position, loin devant tous ses rivaux. On y offre une formule de tapas asiatiques qui est un vrai trésor pour tout gourmand/gourmet: on choisit 3 tapas et nous avons droit au choix complet de potages, d'entrées et de desserts. Mes craintes de ne plus avoir faim avant le dernier service ne se sont pas réalisées: le tout est tellement bon, un régal tant pour les papilles que pour les yeux, que je dévore tout avec un appétit renouvelé à chacune de mes visites. Chaque plat est une œuvre d'art: les saveurs se suivent et se succèdent, les découvertes se multiplient. À chacune de mes visites, l'addition s'est élevée aux environs de 50$, incluant les taxes et le service. À chaque fois, je quitte ce restaurant en me demandant quand je pourrais bien y retourner! Et, plaisir notable, on nous permet d'amener notre vin, ce qui nous donne la chance de choisir une bonne bouteille pour accompagner dignement le tout. Je me permet un seul bémol quant au Grain de Riz: l'accueil. J'ai connu plusieurs expériences désagréables lorsque j'ai tenté de réserver à ce resto, et plusieurs personnes à qui j'avais vanté les mérites de cette petite perle s'y sont aussi fait recevoir cavalièrement. Le tout s'efface dès que nous sommes à table, le service est courtois et sympathique, mais pour se rendre là, le parcours s'avère souvent périlleux: le tout est tellement frappant que je ne peux même pas le passer sous silence.
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Un secret à garder!
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Ma visite chez Hosaka-Ya m'a comblée à tous les niveaux: c'est presque dommage d'en parler, car le restaurant est si petit qu'il devrait afficher complet à peu près tous les soirs! Cette petite merveille est le fruit d'une combinaison parfait de cuisine authentique, d'un décor simple mais efficace jusque dans ses moindres détails et d'une passion contagieuse qui anime la jeune équipe de propriétaires. La nourriture était délicieuse et inventive, et constitue un véritable souffle de dépaysement dans le paysage culinaire de Québec. J'ai été surprise par les trouvailles que j'y ai faites, et on a eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions en souriant, avec humour et détails. À eux seuls, les sushi se tailleront certainement une place enviable dans le cœur des amateurs de Québec: je vous mets au défi de les essayer! Bref, on ne peut y apporter notre vin, mais c'est là la seule chose qui m'a un peu déçue - petit détail vite corrigé par les prix abordables des vins qu'on y offre, et surtout, du saké qui complète à merveille le repas.
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On en veut encore!!!
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Magique, féérique, unique... On ne trouvera pas assez de qualificatifs pour décrire Où tu vas quand tu dors en marchant...?
La pluie a refroidi les ardeurs quelque peu, mais j'ai tout de même eu la chance de recevoir un secret avant les premières gouttes: il faut vivre cette expérience! C'est complètement surréaliste de se retrouver dans un lit, avec un comédien et deux inconnus, en pleine noirceur, d'entendre une confidence des plus intimes... et d'avoir l'impression que ces inconnus avec qui on partage un lit à la belle étoile, en pleine ville, sont des connaissances de longue date!
La station Apparition, dans le Parc Notre-Dame-de-Grâce, est également toute aussi saisissante. La mise en scène est spectaculaire, et nos yeux ont peine à saisir tous les détails et toutes les nuances.
Si j'avais des critiques à formuler au sujet de cette formidable création, ce serait tout d'abord qu'il y avait beaucoup trop de spectateurs... mais peut-on vraiment considérer ça comme une critique et ne pas se réjouir de voir nos créateurs reconnus?
Ma deuxième critique serait que la durée était beaucoup trop courte - j'en voulais encore et encore, et je vais m'y précipiter à nouveau, en espérant que la température sera "de notre bord" pour les deux soirées de représentation restantes.
Et j'aurais aussi une suggestion... À mes yeux, la station des Secrets est beaucoup trop riche en émotions, en idées et en possibilités pour n'avoir pas de suite. Il faut absolument que cette portion de la pièce survive et soit reprise. On aura le Moulin à Images, le Cirque du Soleil... L'an prochain, pourquoi ne pas faire de cette station une attraction permanente?
Québec bouillonne de talent et d'idées, ma soirée d'hier en était un bel exemple... J'ai encore la tête en ébullition, remplie des images poétiques qui m'ont été offertes sur un plateau d'argent!
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Une rencontre comme il y en a tant...
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Il serait facile de réduire Le Palier à la somme des clichés qui s'y accumulent. La
vie de Julie est un copié-collé de la vie de plusieurs femmes de 60
ans, qui ont trimé dur pour combiner leur rôle d'épouse, de mère et de
professionnelle, avec un mari qui les regarde de loin, sans participer
à la vie de famille, sans mot dire. La vie de Nicolas pourrait
être celle de nombreux enfants trimballés de familles d'accueil en
famille d'accueil, laissés à eux-mêmes face à une vie dans laquelle ils
doivent faire des choix pour un avenir auquel ils ne croient pas. La solitude des deux personnages, leur vie, la maladie et même leur rencontre et le dénouement de la pièce, tout est cliché. Je
ne sais pas pour votre vie, mais la mienne, parfois, elle regorge de
clichés! C'est ce qui fait la beauté du Palier: c'est une histoire
ordinaire comme il y en a tant, et puis après? Là où la pièce se
distingue, c'est avec le jeu des comédiens, brillamment dirigés par
Frédéric Dubois. On remarque tout d'abord Lucien Ratio: le jeune
comédien est excellent, tout à fait crédible et naturel. Et ce qui est
remarquable, c'est qu'il tient son rôle solidement face à la
remarquable Marie-Ginette Guay. Pour ceux et celles qui n'ont jamais eu l'occasion de voir cette femme de théâtre à l'œuvre, ne laissez pas passer la chance de la voir: elle ne joue pas, elle EST Julie, qui prend son jeune voisin sous son aile. La pièce se déroule doucement au rythme des pièces musicales contemporaines: ça fonctionne drôlement bien, qui aurait cru que Coldplay pouvait servir de trame sonore théâtrale? Bref, si on croit savoir à quoi s'attendre avec Le Palier, on reste quand même ébahi devant le talent immense qui nous est offert,et on ne peut que s'incliner bien bas devant Mme Guay!
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Le Cercle... pour toutes les occasions!
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M. Renaud a bien raison: quand on parle du Cercle, outre la table, on se doit de mentionner l'ambiance et surtout, la gentillesse du personnel qui nous accueille comme des amis!
Toutefois, une autre qualité du Cercle, c'est sa versatilité: on peut aller y prendre un verre, un café-dessert, aller y souper ou encore aller y voir un spectacle. Pour couronner le tout, on pouvait même dernièrement s'offrir une dégastation de vin accompagnée de conseils d'experts et aller y bruncher pendant les Fêtes! Outre les découvertes culinaires ou les vins d'importation privée qu'il nous est permis d'y découvrir, on peut y faire d'intéressantes découvertes musicales.
Le Cercle, c'est une équipe attentionnée, à l'écoute de sa clientèle, une carte qui sait se renouveller: parmi mon entourage, c'est l'endroit qui rassemble et qui fait l'unanimité.
C'est effectivement et sans contredit un incontournable, à plus d'un niveau!
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Portions solo
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On n'oublie de mentionner que deux choses dans votre article: tout d'abord, oh! bonheur, les portions qu'on retrouve dans cette charmante boutique se déclinent en portions individuelles ET familiales!
Pour les célibataires comme moi qui se retrouvent souvent à manger des restes pendant 2 ou 3 repas parce qu'on n'a pensé qu'à la typique famille québécoise de 4 personnes, c'est là une trouvaille extraordinaire!
Et, en plus, les prix sont tout à fait abordables: si abordables en fait qu'on se débarasse illico de la petite voix de culpabilité qui nous chuchote qu'on devrait cuisiner soi-même, que ça serait bien moins cher!
Je vous avoue que Ma Cuizine entre amis est ma solution préférée quand mon frigo est vide, que les journées de travail s'allongent et que je rentre chez moi bien fatiguée: au diable les "toasts au beurre de pinottes", vite un savoureux boeuf mijoté à la jamaïcaine!
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Écrire là où ça fait mal
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Je viens de lire que Borderline sera classé 16 ans et plus à cause de certaines scènes osées: je m'en réjouis, un parfum de scandale fait toujours courir les foules, et cela ne peut qu'apporter davantage de publicité à une oeuvre qui mérite d'être connue.
Pour la majorité dite "normale", le parcours de Marie-Sissi Labrèche peut paraître scandaleux: je vous invite plutôt à y voir le cri désespéré d'une artiste qui mord dans la vie à pleines dents, qui veut tellement en profiter qu'elle tente par tous les moyens de se prouver qu'elle est vivante, qu'elle existe, qu'elle est là.
Il est certain que l'auto-fiction est un genre qui prête à confusion: qu'est-ce qui est vrai? qu'est-ce qui ne l'est pas? Et on assume généralement que les auteurs qui pratiquent ce genre aiment "se gratter le bobo", aiment être à l'avant-scène et sont imbus d'eux-mêmes. C'est peut-être le cas avec certain, mais je crois plutôt que Marie-Sissi Labrèche a fait preuve d'un courage certain en se mettant à l'avant-plan de son oeuvre, en braquant sur elle le projecteur plutôt qu'en se cachant derrière un personnage de fiction.
Bref, l'oeuvre littéraire de Marie-Sissi Labrèche est selon moi incontournable: il ne reste à espérer qu'Isabelle Blais y soit fidèle jusque dans ses trippes et fasse tout simplement ressortir le cri de l'enfant impuissant devant la détresse de sa mère, un cri que Marie-Sissi Labrèche fait résonner à travers Kiki.
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La vérité sort de la bouche du clown
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Le personnage du clown offre un terrain fertile aux artistes: le Soucide collectif en fait la preuve avec cette pièce grinçante, poétique et éclectique.
Avis: cette pièce se destine aux amateurs de théâtre avertis, capable de suivre des comédiens agiles, un texte nerveux et qui apprécient les lectures à plusieurs niveaux. Alors que Mammouth et Maggie nous servait une pièce toute en douceur avec le couple en toile de fond, "Quand le sage pointe la lune, le fou regarde le doigt" est beaucoup plus torturée et acide, étrangement lucide sous son couvert clownesque face à la réalité d'aujourd'hui. Le clown utilise la dérision, l'humour noir et l'ironie comme arme face au quotidien souvent gris.
Par ailleurs, cette pièce nous donne l'occasion de découvrir Serge Bonin et Nicola-Frank Vachon sous un jour pas assez souvent exploité. Pour ma part, je les voyais généralement au Trident, dans des pièces plus convenues et plus classiques, où leur talent, bien que certain, n'est clairement pas exploité à son plein potentiel. Ils sont dans cette pièce complètement déjantés et font montre d'une énergie hors du commun. À lui seul, le numéro du mime sur fond musical vaut la pièce au complet: bien que déjà vu, Nicola-Frank Vachon amène cet exercice à un autre niveau, non seulement grâce à sa gestuelle expressive, mais grâce aussi à ses expressions qui se passent aisément de mots.
À mon humble avis, seul un sketche tombe à plat: celui du balayeur qui tempête contre les accommodements raisonnables. On peut bien dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, mais ici, le tout est assez grossier, sans imagination, simplement méchant et assez bébête pour qu'on ait hâte que le sketche se termine. Si tel était le but, il est atteint: toutefois, ce numéro détonne vraiment de l'ensemble poétique.
Bref, on ne peut qu'avoir hâte que Marc Doré récidive et perpétue le clown dans notre imaginaire. Une suggestion: pourquoi ne pas créer un événement "clown" lors d'un des prochains festival de théâtre? Bien entendu, je prêche pour ma paroisse tant j'aimerais revoir le Soucide Collectif et Mammouth et Maggie!
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L'essayer, c'est l'adopter!
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Je n'ai pas encore eu le plaisir de manger officiellement au Cercle, mais je me promets d'essayer sa cuisine sous peu...
Jusqu'à maintenant, je me suis laissée porter par de doux après-midis jazz, le dimanche, à siroter un bon verre de vin, ou une bière, en grignotant sans pouvoir m'arrêter les fameuses croustilles maison au paprika!
Dès qu'on met le pied au Cercle un dimanche après-midi, on sait qu'on est cuit: fini le blues du dimanche, c'est le plaisir du jazz, des amis et de la détente qui prend le dessus. C'est un moment privilégié qu'on y vit!
Alors, parlez-en, et surtout, allez-y: c'est le meilleur moyen d'ensoleiller vos dimanches gris!
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Un cirque de confidences...
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Depuis ses débuts, le Théâtre des Trois Soeurs nous offre de véritables bijoux de confidences féminines: Histoires d'hommes ne fait pas exception à la règle! Tous les ingrédients sont réunis pour que Sylvie Cantin brille de tous ses feux.
Tout d'abord, la mise en scène est des plus engageante: la petite salle du Périscope s'ouvre littéralement sur une arène, une minuscule scène circulaire où les spectateurs se retrouvent dans l'intimité de la comédienne. Les grandes tentures rouges, les banquettes rouges, le tout dégage une impression de maison close, mais aussi de cirque. La comédienne est assise sur le coin d'une banquette, pensive, un verre à la main, parmi les spectateurs, et déjà, on se sent un peu voyeur car on ne peut s'empêcher de la regarder du coin de l'oeil.
La comédienne nous raconte ses hommes, ceux qui l'ont aimé, ceux qu'elle a aimé; ceux qui l'ont utilisé, ceux qu'elle a utilisé; les amours trop présent, les amours absents... Le tout pourrait être anodin: ces histoires d'amour sont les nôtres, celles de nos amies, nos soeurs, nos mères... Ce qui rend cette pièce exceptionnelle, c'est la performance de Sylvie Cantin.
Elle nous parle, l'un après l'autre, en nous regardant droit dans les yeux, en nous interpellant: les spectateurs hochent la tête, sourient... La comédienne arpente la scène comme chez elle, avec assurance, tantôt presque avec arrogance, tantôt fragile, tantôt forte. On reçoit ses confidences en se sentant un peu voyeur tant elle nou fait place dans son intimité.
Bref, Histoires d'hommes est une pièce aérienne, tout en subtilité et en émotion, une histoire d'hommes au pluriel et l'histoire d'une femme au singulier. Sylvie Cantin s'y démarque et s'y impose comme une grande comédienne, avec force et douceur à la fois.
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L'art de se laisser attendre
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Je me rappelle encore des moments de grâce qu'ont été la découverte de Kiki BBQ et les deux prestations musicales de Martin Léon auxquelles j'ai assisté par la suite: simplement, les astres étaient alignés!
L'artiste nous présentait des pièces recherchées, qui s'imbriquaient les unes dans les autres avec une virtuosité et un humour unique; les musiciens qui l'entouraient étaient des plus talentueux; l'atmosphère palpable qui se dégageait de la scène m'habite encore dès que j'entends quelques notes de Kiki BBQ.
Une telle réussite pour un premier effort a pour résultat d'élever le niveau des attentes de façon considérable: le délai pour la production de ce deuxième album était sans doute des plus sages.
Mais maintenant, je n'en peux plus et j'attends avec impatience la chance de revoir Martin Léon sur scène, en me croisant les doigts pour retrouver un univers à part.
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Et si nous rêvions un peu?
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Certes, il est facile de comparer The Science of Sleep à Eternal Sunshine of the Spotless Mind: plusieurs thèmes, en plus du réalisateur, y sont communs, mais on ne saurait non plus passer à côté de la comparaison avec Punch Drunk Love.
Les trois films ont en commun l'amour, l'imagination, la folie, l'impossible et le rêve: ils sont raffraichissants et chacun crée un univers unique. The Science of Sleep possède toutefois le charme unique du langage: le français, l'anglais et l'espagnol s'entremêlent de façon savoureuse tout au long du film, tout comme l'animation et les scènes réelles, pour notre plus grand plaisir!
Gondry nous livre ici une douce folie, digne de Being John Malkovitch: on en vient à espérer devenir un peu fou, pour être aussi en amour que Stéphane et Stéphanie, sans s'en rendre compte, sans rien y pouvoir...
Charlotte Gainsbourg est tout simplement sublime, tout comme Gael Garcia Bernal: quel plaisir de les entendre parler anglais, si bien, avec un accent si chantonnant qu'il nous berce!
The Science of Sleep est une histoire d'amour folle, qui nous fait sourire et... qui nous fait rêver!
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Où se trouve la fontière?
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La Forme des Choses est une pièce qui détonne dans le parcours de la troupe des Fonds de Tiroirs: on nous avait habitué jusqu'à présent à une forme, justement, qui étonnait et remuait nos repères confortables en faisant éclater les conventions théâtrales auxquelles nous sommes habitués. C'est ce qui, pour moi, fait le charme et l'attrait unique des Fonds de Tiroirs et de Frédéric Dubois.
Or, La Forme des Choses est une pièce à contenu, et non à contenant: le propos en est clair, le questionnement précis. Bien entendu, on peut lire le tout à deux niveaux: jusqu'où peut-on changer pour plaire à quelqu'un, ou encore, jusqu'où l'art demeure-t-il de l'art?
La mise en scène est sobre, très simple, avec pour seule fantaisie, une scène projetée au sol, en surimpression sur les comédiens: l'idée était excellente et cette scène est, selon moi, la scène la plus éclatante de toute la pièce.
Les comédiens sont aussi très justes et manient habilement le texte de LaBute, les mots se bousculant et se recoupant sans arrêt. On ne pourrait passer sous silence la performance de Christian Michaud: il est si crédible qu'il réussi véritablement à nous faire peur tant son personnage est agressif et violent.
Bref, le questionnement en trame de fond de cette pièce semble si présent dans la démarche des Fonds de Tiroirs qu'on lui a laissé toute la place, en laissant de côté cette folie si douce qui nous laisse un sourire aux lèvres au sortir d'une de leur pièce: on amène par contre efficacement le spectateur à se questionner sur une réalité artistique. L'inconditionnelle des Fonds de Tiroirs en moi ne peut par contre s'empêcher d'avoir bien hâte de retrouver la troupe dans une mise en scène qui me surprendra à nouveau!
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La poésie: signature unique des Nuages en pantalons!
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Lucy m'a subjuguée: Les Nuages en pantalons signent ici une pièce infiniment plus accessible que Satie, mais tout aussi poétique! En fait, l'esthétique de cette pièce, à plusieurs points de vue, est d'une maturité et d'une dextérité étonnante!
Commençons d'emblée par souligner le fait que, bien que plusieurs passages soient en anglais, aucun accent ne détonne vraiment et ne fait décrocher le spectateur: c'est là un exploit en soi!
Par ailleurs, les comédiens sont dirigés d'une main de maître et livrent des performances attachantes. Valérie Laroche nous éblouit par sa voix, et elle passe du rôle de la mère à la fille en un tournemain. Caroline Tanguay nous émeut profondément. Et Nicola-Frank Vachon incarne un Jim qui passe d'une époque à l'autre avec une efficacité étonnante: on croit à son personnage sans problème tant son jeu semble spontané et sans artifices!
En support à tout ce talent, la scénographie se révèle un bijou de texture avec cette scène de sable qui bouge au rythme des pas et des corps qui s'y impriment. Les éclairages subtils, tout en douceur, mettent en valeur la beauté des corps nus qui expriment autant d'émotion que les paroles et les visages. La musique rajoute une couche de texture à cet ensemble déjà bien étoffé.
Bref, selon moi, Lucy est une de ces pièces qui possèdent tellement de qualités qu'elles valent la peine d'être vues plus d'une fois: certes, la pièce demeure moins facile d'accès que On achève bien les chevaux, mais pour l'amateur de théâtre averti qui peut se laisser charmer par des comédiens qui interpellent le spectateur, par un jeu d'éclairage subtil, par quelques mouvements de danse, Lucy est un bijou qui gagnera sans nul doute en maturité et expérience au fil des représentations, comme un bon vin!
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