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L'imposture de la jeune femme et de l'homme noir
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Dans L'Imposture, Justine (Sophie Cadieux) se fait une idée
préfabriquée des gangs de rue et sa rencontre avec un jeune homme noir (Erwin Weche) se
produit à un moment de confusion dans son identité de jeune femme. Elle ne sait
plus que faire de sa féminité après que sa mère l'ait bombardée de ses idées
féministes, et encourage d'une certaine façon le préjugé de son entourage
envers les gangs de rue .
«On m'avait prévenue, dans leur campagne de prévention, de
cette soumission que les Noirs exigeraient de moi. Ça me convenait parfaitement
parce que j'avais envie de les servir. Mes cours d'histoire m'apprenaient que
je les avais indirectement offensés, alors moi je voulais obtenir leur pardon. [...]
On me prévenait que les Noirs feraient de moi leur propriété. L'idée me
ravissait. Je ne voulais justement plus m'appartenir. Ça me rendait trop
inconfortable, ma propre appartenance, je ne savais pas quoi en faire.»
Il y a certes là une petite provocation de la part de l'auteure
Evelyne de la Chenelière, mais il n'en demeure pas moins qu'elle a ici le courage d'aborder la réalité complexe des gangs de rue, sous l'angle insolite de la
présence féminine à l'intérieur de ce monde très masculin.
Qu'en pensez-vous ? Les paroles de Justine vous choquent-elles ?
Ne sont-elles pas le triste reflet de préjugés bien enracinés et d'une grande
méconnaissance de la réalité ? N'y-voyez-vous que provocation ? Crédit photo: Yves Renaud
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L'imposture médiatique
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Dans L'Imposture, Léo (Francis Ducharme) se pavane sur les plateaux de télévision et parle de sa relation avec sa mère. Jamais il n'aborde son rapport à l'écriture, jamais il ne discute vraiment du roman qu'il prétend avoir écrit; ce roman qui est pourtant à l'origine de sa présence à la télé. Coup de gueule envers les médias de la part d'Evelyne de la Chenelière, qui dénonce par là, sur un ton moqueur, la vacuité des entrevues culturelles et l'absence générale de contenu dans les médias. Qu'en pensez-vous? Ce portrait est-il juste ou exagéré?
Crédit photo: Yves Renaud
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L'imposture de la culture québécoise
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Paroles d'Ève, personnage principal de L'Imposture, à propos d'un jeune auteur québécois rapidement encensé par la critique et rendu quasi intouchable :
«C'est à cause de notre maudit complexe culturel québécois, qui fait qu'on veut absolument se trouver des génies québécois, pis quand on n'en trouve pas on en invente, pis comme ça on se fait croire que le Québec est peuplé de génies.»
On reconnaît là un thème de prédilection d'Evelyne de la Chenelière (voir ses prises de position à l'égard du milieu théâtral québécois).
Qu'en pensez-vous ? Manquons-nous d'exigence envers nos artistes ? Sommes-nous prêts à valoriser n'importe quoi sous prétexte de brandir haut et fort notre culture au reste du monde ?
Sur la photo: Yves Soutière (Bruno), Violette Chauveau (Eve), Francis Ducharme (Léo) et David Boutin (Fred). Crédit: Yves Renaud
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L'imposture d'être femme et d'écrire
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«Généralement, je préfère lire un livre écrit par un homme qu'un livre écrit par une femme. Je préfère la façon dont les hommes parlent des hommes, je préfère la façon dont les hommes parlent des femmes, j'aime mieux la façon dont les hommes parlent de cul, non vraiment, je préfère.»
Dès la première scène de L'Imposture, Léo, personnage interprété par Francis Ducharme, lance cette phrase-choc devant l'animateur de télévision qui l'interroge sur le roman écrit par sa mère, et dont il est le narrateur. Par là, Evelyne de la Chenelière aborde l'épineuse question de l'acte créateur au féminin, et l'idée que les œuvres féminines seraient majoritairement dévalorisées à cause d'un préjugé inconscient. Une étude récente de l'auteure et metteure en scène Marie-Eve Gagnon a d'ailleurs pointé cet état de fait (vous pouvez lire ici l'entrevue qu'elle m'avait alors accordée).
Qu'en pensez-vous? Sommes-nous inconsciemment habités d'un préjugé défavorable envers les œuvres d'artistes féminines? La condition féminine et l'histoire de la cause des femmes déterminent-elles en partie la nature et le contenu des œuvres d'artistes féminines? À qualité égale, accorde-t-on à ces œuvres le même intérêt et la même visibilité qu'à celles des artistes masculins?
Sur la photo: Francis Ducharme (Léo) et Violette Chauveau (Eve). Crédit Yves Renaud
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L'imposture d'être parent
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Une mère a-t-elle le devoir de cacher à son enfant que par moments, il lui pèse? Peut-elle toujours y arriver? Comment conjuguer l’amour parental et le désir de s’accomplir personnellement ? Ce sont autant de questions posées par la pièce d'Evelyne de la Chenelière. «Je ne sais pas ce que j'ai volé à ma mère», dit Léo, l’un des deux personnages principaux de L’Imposture. En entrevue, l'auteure me disait que «même si les parents disent très honnêtement que leurs enfants sont la chose la plus précieuse pour eux, c'est une réalité de l'époque contemporaine que de vouloir vivre plusieurs aspects de notre vie en même temps et de se sentir parfois perturbé par son rôle de parent. C'est extrêmement troublant de regarder cette problématique-là à travers les yeux de l’enfant, de s’imaginer qu’un enfant se culpabilise d’avoir volé un morceau de vie à ses parents.»
Qu'en pensez-vous ?
Sur les photos: Evelyne de la Chenelière et Violette Chauveau Crédit: Yves Renaud
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