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Le blogue de Tristan
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«Un vrai livre, ce n'est pas quelqu'un qui nous parle, c'est quelqu'un qui nous entend.» Méditons les mots de Christian Bobin et entrons ensemble dans le coloré petit monde du livre, à travers un blogue qui non seulement vous parle, mais aussi vous entend!
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Aperçu du prochain Nelly Arcan
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On a tous déjà pensé se tuer. Au moins une fois, au moins une seconde, le temps d'une nuit d'insomnie ou sans arrêt, le temps de toute une vie. On s'est tous imaginé, une fois au moins, s'enfourner une arme à feu dans la bouche, fermer les yeux, décompter les secondes et tirer. On y a tous pensé, à s'expédier dans l'au-delà, ou à s'envoyer six pieds sous terre, ce qui revient au même, d'un coup de feu, bang. Ou encore à en finir sec dans le crac de la pendaison. La vie est parfois insupportable.
Ainsi débute Paradis, clef en main, le prochain et dernier livre de Nelly Arcan, dont la maison d'édition Coups de tête, fidèle à ses habitudes, vient de mettre le premier chapitre en ligne. La suite ici.
Le roman, dont on mesure aujourd'hui la criante actualité, sera disponible en librairie début novembre.
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FIL: à l’an prochain
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La 15e édition du Festival international de la littérature vient de se refermer, une édition anniversaire qui a rencontré toutes les attentes.
Durant les derniers jours, j’ai attrapé le très beau dialogue entre Stephan Eicher et son parolier Philippe Djian, anti-spectacle rempli d’inattendu, même pour ses protagonistes, et de touchantes imperfections. Décors quasi inexistants – de grands rideaux rouges derrière, qui resteront sanglés –, lumières pour le moins sobres, enrobage minimal en somme, l’essentiel est au milieu: la conversation de deux vieux amis épris de musique et de poésie, qui reviennent, en anecdotes et en couplets tantôt parlés, tantôt chantés, sur les plus beaux fruits de leur collaboration: Déjeuner en paix, Pas d’ami comme toi, Confettis…
Aussi vu, dimanche, l’adaptation scénique du conte de Gilles Vigneault Un cadeau pour Sophie, réalisée par Monique Giroux, entourée pour l’occasion de James Hyndman (narration), Ariane Moffatt, Pierre Flynn, Jessica Vigneault, Martin Léon… Les enfants, ceux de 7 comme de 77 ans, étaient ravis par cette histoire en mots et en musique montrant l’importance de l’amitié, montrant aussi la grande valeur des petites choses. Gilles Vigneault, lui-même sur scène en maître de cérémonie, semblait redécouvrir son propre conte, dont les images signées Stéphane Jorisch étaient animées sur grand écran par Stéphane Lorti.
À l'an prochain.
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FIL: Beaupain, Eicher, Djian, musique des mots
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Entendu mardi au Lion d'Or Tout ira bien, cette "histoire pour voix, piano et violoncelle" qui fait entrer en dialogue l'univers romanesque de Kéthévane Davrichewy et les chansons d'Alex Beaupain. Exquis mélange des genres, à la construction pas si simple qu'il n'y paraît, qu'enlumine de manière inspirée l'archet de Valentine Duteil.
Ce soir, place au "concert littéraire" de Stephan Eicher et Philippe Djian, dont on dit qu'il nous ouvrent littéralement, et littérairement, les cuisines de leur création. Je fais partie de ceux qui ont usé leurs CDs d'Eicher, dans les années 90; partie aussi de ceux qui considèrent Djian comme l'un des meilleurs écrivains de son temps. Est-ce que j'ai hâte? Ce serait peu dire.
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Mort du chemin des Arsène: le clip
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C'est devenu courant, ces clips annonçant la parution d'un livre. Et certains se donnent du mal, comme en témoigne celui concocté pour la promo du nouveau polar de Jean Lemieux, Le mort du chemin des Arsène. Un vrai petit film, voyez un peu...
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FIL: coup d'envoi
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Vu hier Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, le show de Louis Mauffette présenté en ouverture du 15e Festival international de la littérature.
J'avais assisté à la première mouture de Poésie, sandwichs, il y a deux ans, et j'ai retrouvé hier, malgré les nombreuses variantes apportées, l'exquis mélange de folie et d'intelligence, de risque et de chorégraphie qui caractérisent depuis le début cet inclassable happening poétique. Parmi les nombreux temps forts, je retiens Yann Perreau lisant (et dansant!) Jean-Paul Daoust, Émile Proulx-Cloutier livrant avec coeur le Je t'écris de Gaston Miron, et Clara Furey interprétant avec Francis Ducharme cet extraordinaire duo dansé de Dave St-Pierre, poésie de gestes égalant en intensité les mots de Gauvreau, Brossard, Uguay...
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Laferrière, Mavrikakis, Bissoondath... ouragan québécois sur Paris
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Corrigez-moi si je me trompe, mais jamais n’a-t-on vu les auteurs d’ici se distinguer autant durant la saison des prix littéraires parisiens. Pendant que Dany Laferrière et son Énigme du retour figurent sur la liste des premières sélections du Femina ET du Médicis, Catherine Mavrikakis (Le Ciel de Bay City), Gil Adamson (La Veuve) et Neil Bissoondath (Cartes postales de l’enfer) sont eux aussi en lice pour le Femina. De son côté, l’écrivain québécois d’origine togolaise Edem Awumey voit son roman Les Pieds sales apparaître parmi les prétendants au prestigieux Goncourt.
Ça nous fait plusieurs trajectoires à suivre cet automne…
Au sujet de Dany Laferrière, je vous invite à lire l’article que nous lui consacrons cette semaine, ainsi que son complément télévisuel!
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Masturbatorium
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Était lancé hier le numéro 122 de la revue Moebius, intitulé Masturbatorium. Bertrand Laverdure, qui le pilote, a placé en exergue ces mots de Michel Houellebecq:
Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue. Certains font l'amour avec des dizaines de femmes; d'autres avec aucune. C'est ce que l'on appelle la loi du marché.
Ça donne le ton. Avec des textes de Suzanne Myre, Jonathan Lamy, Marie-Hélène Montpetit, Luc LaRochelle...
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Télérama encense Catherine Mavrikakis
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Le populaire magazine français Télérama présente Le Ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis, comme l'un des huit romans incontournables de la rentrée. Décidément, ce livre paru chez Héliotrope en septembre 2008 (Grand Prix de la Ville de Montréal, Prix littéraire des Collégiens, Prix des Libraires 2008) n'en finit plus de faire des vagues.
Sorti en France à l'enseigne des éditions Sabine Wespieser, Le Ciel de Bay City inspire à Martine Laval, de Télérama, des commentaires tels: "Catherine Mavrikakis, auteur de ce Ciel de Bay City époustouflant, [...] fait don à sa narratrice d'une vitalité dérangeante, un timbre de voix crépusculaire, une langue française chahutée, chantournée, dépouillée de mièvrerie, riche de folies, qui flirte avec l'étrange, le fantastique.»
Lire l'article complet de Télérama ici.
À lire ou relire, notre entrevue avec l'auteure.
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BDTouch
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Est-ce l’avenir de la BD? Le Lombard et Anuman Interactive annoncent la sortie du premier tome de la série I.R.$ sur support Apple. On peut désormais suivre du bout du doigt, sur iPhone et iPod Touch, les péripéties de Larry B. Max, le spécialiste du fisc américain créé par Vrancken et Desberg. Un aperçu?
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Lectures soleil - suite
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Vous donnez de bien beaux échos à mon dernier billet.
Mélanie Robert, par exemple, dit lire tout ce qui lui tombe sous la main «peu importe la saison», et entend passer l'été entre Boulgakov, Gary, Dompierre et Highsmith...
Jacinthe Bédard, elle, fait remonter à son enfance le goût qu'elle a de la lecture d'été. Puis elle nous dit: «(...) Je choisis aujourd'hui quelques auteurs, que je traverse de part en part, ou à peu près. J'en fais des compagnons qui finissent par tracer la trame de mon été. L'an dernier: Alessandro Barrico, Hélène Dorion (encore! c'est que c'était forcé - mais si peu - par les études), Jean-Philippe Toussaint. Cette année, ce sont Fernand Ouellette, André Major et Claude Simon qui devraient m'accompagner dans la traversée. Mais quoiqu'on lise, au fond, et sous le soleil ou non, le livre est toujours, de toute façon, du côté de la lumière.»
Poétique salut à Jean-Claude Bourbonnais, au passage, qui voit Montréal jusque dans les Illuminations de Rimbaud et pour qui Miron nous force «à désapprendre tout le reste, notre superflu encombré de beaux parleurs et de petits faiseurs.»
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Lectures soleil
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J'ai lu sur mon balcon jusqu'à ce que les derniers rayons de cet estival dimanche s'épuisent complètement. Lire sur un balcon dans la lumière qui décline: l'un des temps de lecture que je préfère. On dirait que les pages restituent une part du soleil absorbé durant la journée, donnant aux mots une insistance nouvelle. Parlant de soleil et de bouquins, les titres qui figurent cette semaine dans la section représentent nos suggestions pour la belle saison. Il y en a qui vous tentent? Vous avez d'autres suggestions à nous faire?
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Apple et le Kâma-Sûtra
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C’est une histoire qui fait beaucoup jaser sur la planète électronique. La semaine dernière, peu après avoir présenté Eucalyptus, son nouveau logiciel de lecture pour iPhone et iPod Touch, Apple annonçait le retrait de cette interface donnant accès, pour un petit 9.99$, à la banque de titres du Projet Gutenberg (environ 20 000 œuvres classiques et du domaine public). La raison? Eh bien parmi ces 20 000 bouquins, il y a le Kâma-Sûtra, ce qui revient à donner un libre accès à un livre sulfureux, dédié à la sexualité.
Vade retro! Selon la respectable firme de Cupertino, il y avait là un os à la validation «AppStore». Évidemment, et toute la iCommunauté l’a crié haut et fort, c’était risible que de condamner une application à la source à cause d’un seul des titres auxquels elle donne accès, titre de surcroît que quiconque trouvera aisément ailleurs sur le net (entre autres chez Amazon). Devant le tollé suscité, Apple a effectué un virage à 180 degrés: au diable les principes, les détenteurs d’Eucalyptus pourront désormais découvrir les sensuelles acrobaties du recueil indien attribué à Vâtsyâyana. Entre vous et moi, on aurait voulu concevoir la pub idéale pour promouvoir le Kâma-Sûtra en version électronique, on n’aurait pas trouvé mieux…
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La fiole Erlenmeyer
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Je participe à un truc assez débridé merci, demain soir (28) au Marché de la poésie. Un cabaret «Erlenmeyer», sorte de vaisseau spatial poético-littéraire. Voici comment la chose est présentée:
Erlenmeyer au Marché de la poésie Jeudi 28 mai à 20h Maison de la culture Plateau Mont-Royal 465 avenue du Mont-Royal Est
Entrée libre
Le groupe de poésie musique Erlenmeyer (autrefois connu sous le nom de Poètes publics) est un projet laboratoire qui privilégie l'exploration et l'improvisation. Groupe à géométrie variable selon les disponibilités, il réunira pour ce spectacle les musiciens Bernard Falaise, Guido Del Fabbro et Philippe Brault; le rappeur improvisateur Khyro; la performeuse D. Kimm ; et les poètes Geneviève Blais et Catherine Lalonde (qui vient tout juste de remporter le prix Émile-Nelligan, bravo Catherine).
Poètes invités : Jean-Paul Daoust et Tristan Malavoy.
En passant, la fiole Erlenmeyer est un récipient utilisé en verrerie de laboratoire et doit son nom à Emil Erlenmeyer, chimiste allemand (1825-1909) qui l'a inventée en 1861.
À tous, bon Marché de la poésie!
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Italittérature
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À une époque où les nouvelles en provenance de la péninsule italienne tournent presque toutes autour de conflits d'intérêts ou des chicanes de ménage du clown présidentiel, il fait bon renouer avec l'Italie littéraire. Le «spécial Italie» préparé par la rédaction du magazine français Lire (qu'on trouve aisément en kiosque) représente, avec son dossier découpé par régions (Sicile, Naples, Lac de Côme...), un superbe survol des lettres italiennes. De Dante à Erri de Luca en passant par Alberto Moravia (sur la photo), Italo Calvino et bien d'autres, voilà réaffirmé l'un des socles de la pensée occidentale.
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Le nouveau Kundera est sur mon bureau depuis trois jours. Je le regarde avec un mélange de soif et d'appréhension, comme toujours devant le petit dernier d'un auteur qui m'a donné quelques-unes de mes plus grandes joies littéraires et aussi quelques déceptions. Le livre s'intitule Une rencontre, ça augure bien.
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Mon collègue Nicolas Dickner vient de me placer devant l'évidence: je suis un couplandophile. J'ai beau trouver imparfait la plupart de ses livres, les juger un peu éparpillés, parfois verbeux, chaque fois qu'on annonce un nouveau Douglas Coupland, je saute sur place pendant deux minutes. Generation A paraîtra en septembre en anglais, et sera j'en suis sûr traduit assez vite par le Diable Vauvert. Lire le billet de Nicolas sur ledit roman.
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Une littéréalité?
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La prochaine téléréalité de la chaîne britannique ITV, à laquelle on doit la déconcertante émission «The People’s Garderner», dont le but était d’élire le meilleur jardinier, s’intitulera «The People’s Author». Les candidats recherchés? Des auteurs en herbe qui rêvent de diffuser leur œuvre naissante. Ces derniers, qui doivent résider en Grande-Bretagne et ne pas être écrivains professionnels, ont jusqu’au 30 juin pour soumettre un texte de 5000 mots. 16 participants seront retenus, que les téléspectateurs verront ensuite évoluer à l’écran. Enfin une téléréalité intelligente? Mmmh, quand on lit bien les directives données par la chaîne, il devient clair qu’on ne recherche pas le prochain Kundera… En outre, le projet de livre défendu doit être «une histoire vraie inspirée de faits que le participant a vécus».
Mon petit doigt me souffle de craindre le pire.
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