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Yves Bolduc
Yves Bolduc
2 avril 2009, 9:41
L'eau de là...

C'est bien de faire la distinction entre les cabanes à sucre commerciales, ces grandes, voire parfois gigantesques salles de réceptions situées presque par hasard aux abords d'un boisé d'érables, et les véritables érablières artisanales de dimension beaucoup plus modestes pour qui l'unique but est d'exploiter une petite cabane familiale.

L'intention de l'un et de l'autre est radicalement différente. Le premier se définissant davantage comme un centre récréatif voire un lieu "d'entertainment" ou on profite du prétexte de la saison des sucres pour générer un achalandage maximum en jouant la carte folklorique à outrance, et le second misant sur la mise en valeur d'un produit du terroir récolté avec patience et acharnement et transformé dans les règles de l'art avec un respect prononcé pour le travail bien fait et la convivialité qui s'y rapporte.

Ayant la chance d'avoir dans ma famille quelques acériculteurs artisanaux, je suis devenu, avec le temps presqu'allergique aux méga-cabanes-à-sucre, lieux qui pour moi, signifient davantage le vacarme et la gouinfrerie qu'un moment de calme et de sérénité en pleine nature.

L'entreprise pour laquelle bosse ma conjointe à pris pour habitude de rassembler ses employés dans ces parcs d'amusement thématiques à chaque printemps. Bien entendu, cette petite fête organisée finit toujours par ressembler à une gigantesque foire, en beuverie et en discothèque ou les gros mononcles du département des ventes finissent toujours par laisser aller leurs grandes mains founineuses sur le popotin des petites secrétaires à la comptabilité. Il en résulte toujours quelques malaises qui parfois dégénèrent en esclandres... Pas très jojo...

Rien à voir avec ces rencontres du dimanche ou la famille se réunit sous le chaud soleil printanier pour enfiler sa paire de raquettes et gambader d'arbre en arbre pour décrocher la chaudière remplie de sève dorée qu'on ramène au tonneau accroché solidement au vieux tracteur. Tous participent. Que ce soit l'aïeul bien juché sur son engin, les oncles, tantes, cousins, cousines et toute leur progéniture. Quand on revient à la cabane, la tonne remplie à ras-bord, qu'on transvide son précieux contenu dans les grands réservoirs d'inox et qu'on hume les effluves sirupeuses, on entre en contact avec quelque chose de vraiment particulier.

Au bout d'un temps, la vapeur envahit les lieux et chacun se met à la besogne, préparant omelettes, crêpes, jambon, oreilles-de-christ, le tout, bien entendu accompagné d'un bonne bière qu'on a laissée refroidir dans le banc de neige juste à la porte de la cabane. Une fois bombance faite, on se rejoint tous dehors, sur de grands bancs disposés autour d'un feu de bois d'érable pendant que les enfants se tiraillent dans la neige. Certains sortent leur guitare pendant que d'autres poussent la ritournelle... L'esprit est à la fête mais c'est d'abord ce sentiment d'être dans la nature, en contact avec elle et avec les nôtres qui nous rend tous si heureux.

Alors bons sucres, peu importe la façon dont vous en profiterez...


24 janvier 2009, 10:18
Faits d'hiver!

Il y a beaucoup de belles villes au Québec. Chacune a son charme et son cachet. Mais aucune n'habite aussi bien l'hiver. Aucune n'est aussi gracieuse dans le froid hivernal. Aucune ne représente mieux l'image qu'on se fait d'une ville nordique... qui a vu neiger, comme on dit. Québec la blanche, Québec la chalheureuse nous accueillait en ce week-end du Redbull Crashed Ice...

Chaque hiver nous allons à Québec. Pour la beauté des lieux, pour ces lentes randonnées dans les rues étoilées de la basse ville. Pour cette impression magnifique que l'hiver peut toujours apporter son lot de petits bonheurs discrets qui nous imprègnent profondément et nous marquent durablement. Québec en hiver c'est une expérience unique. Un lieu magique marqué par son étonnante capacité d'adaptation aux rigueurs de la saison froide. Quebec semble avoir été contruite pour l'hiver. Malgré ses pentes abruptes et glissantes, malgré son exposition au vent glacial du large, malgré aussi l'abondance des précipitations qui rendent les toitures dangereuses, Québec se dresse devant l'hiver comme un géant invincible et sécurisant.

Et quoi de mieux pour exprimer cette nordicité grandiose, cette formidable résistance aux intempéries, et l'extraordinnaire endurance de ses habitants que cette compétition extrême. Descendre à toute vitesse, sous des températures frigorifiques, sur des patins, un parcours glacé juché d'obstacles, représente un défi que peu d'entre nous sommes capables de relever.

Pourtant, ils étaient des dizaines, et pour la première fois des filles, qui se sont jetés tête première sur cette surface dure et pas toujours très lisse, pour compétitionner. Pour se dépasser et bien sûr, dépasser les autres.

Quelle ambiance survoltée, quelle vision surréaliste aussi de voir ce parcours illuminé, dessiné pour être difficile, se frayant un chemin dans la ville, dans ses angles les plus obtus, dans ses dénivellements les plus exagérés.

Nous avons eu la chance d'avoir une très confortable chambre à quelques pas du site de l'événement. L'hôtel Acadia sur la rue Saint-Sulpice est un lieu sympathique. Pour un peu plus de 100 $, nous avons eu accès à une chambre luxueuse qui, à défaut d'être spacieuse, avait un charme certain rehaussé par l'accueil attentionné du personnel.

Nous retenons de ce séjour hivernal dans la Vieille Capitale l'impression qu'il fut, comme d'habitude, trop bref! Et cette inexorable envie d'y revenir! À bientot Québec la froide, Québec la blanche, Québec la sublime!        

  

 


11 septembre 2008, 6:26
Les joncs du bord de l'eau

Pour les Amérindiens, Kamouraska c'était "là ou il y a des joncs au bord de l'eau". Ce n'est pas faux. Mais pour moi, la région de Kamouraska c'est beaucoup plus que ça. C'est un territoire magnifique qui recèle tellement de joyaux uniques. Un lieu magique entre mer et collines qui s'étend le long du fleuve en une multitude de petits villages tous aussi pittoresques les uns que les autres.

J'ai souvent séjourné au Camping de la SEBKA. Son site enchanteur qui donne un accès direct au fleuve, ce qui est assez rare dans la région, permet de faire de mémorables randonnées le long de la batture, notamment au coucher du soleil quand le ciel s'embrase et que le fleuve l'accueille en son lit. Les lots sont de bonnes dimensions et vraiment peu dispendieux. Contrairement à plusieurs campings du Bas-St-Laurent, les sites offrent une belle intimité et une vue souvent imprenable. Cependant, si vous y allez l'été, munissez-vous d'un bon chasse moustique car ils sont nombreux à vouloir vous vider de votre sang.

Mais, au-delà de ses paysages, la région du Kamouraska est un véritable lieu de délices. Si vous êtes comme moi, un amateur de bonne chair et de produits régionaux, vous ne pourrez plus résister à l'envie de vous y rendre juste pour vous sustenter.

En passant par la ville de Kamouraska, arrêtez chez Lauzier, le poissonnier. Ses gros pétoncles et son saumon frais vous émerveilleront. Puis, tout près, vous arrêterez chez les pêcheries Ouellet pour leur magnifiques poissons fumés. Le saumon et l'esturgeon fumés sont des classiques mais surtout, laissez-vous tenter par l'anguille! Délectable!

Et puis en longeant le fleuve vers St-André, vous ferez une halte chez Breughel y faire vos provisions de bonne bière artisanale. Profitez-en aussi pour vous prélasser sur la terrasse en commandant un spécial dégustation. Vous pourrez ainsi goûter la surprenante palette de bières ayant chacune ses distinctions. Je vous avoue mon penchant pour la Kamour double. Citronnée et capiteuse, c'est un nectar des plus rafraîchissant.

Aussi, le soir venu, réservez votre table à La Maison ronde... Une accueillante table champêtre à St-Germain de Kamouraska. Le lapin y est savoureusement accompagné de champignons sauvages cueillis amoureusement par le propriétaire des lieux qui offre aussi des stages de cueillette en groupes. Très sympa. Et ce qui ne gâche rien, vous pourrez apporter votre pinard ou votre bière. Miam! Bon appétit!    


19 mai 2008, 3:06
Au domaine de la plaquebière

En roulant entre Sept-Îles et Havre Saint-Pierre, sur la route 138, il faut faire escale à la Chute Manitou ou la rivière du même nom se déverse puissamment dans l'estuaire du Saint-Laurent du haut de ses 35 mètres accentués de paliers et de bassins. On y accède par un petit sentier d'interprétation et des aires de pique-nique y sont aménagées.

Préparez-vous à parcourir près d'un kilomètre avant d'atteindre le pied de la chute et une fois en bas prenez bien le temps de retrouver votre souffle. Vous en aurez besoin pour remonter les centaines de marches qui vous ramèneront à votre véhicule. Le spectacle époustoufflant de la chute vaut cependant largement l'effort.

Ensuite, en reprenant la route, à une vingtaine de kilomètres plus à l'est, vous arriverez à Sheldrake ou se trouvent de très belles plages ou il fait bon flâner ou faire un pique-nique. La vue du haut du pont est aussi fort impressionnante.

Puis, en reprenant la 138 pour encore huit kilomètres, on arrive à Rivière-au-Tonnerre, charmant petit village qui en plus de posséder une très belle église de bois de style normand datant du début des années 1900, accueille la Maison de la chicoutai.

Sorte d'économusée, la petite maison bleue en bordure de route abrite un bien singulier personnage voué à la promotion de ce non moins singulier petit fruit orangé qu'on appelle la chicoutai (qui veut dire "feu" en Montagnais, de la couleur que prend le fruit avant sa maturité).

Le maître des lieux, Bruno Duguay, un passionné du terroire qui décline de mille manières avec un savoir faire magistral le fruit mythique, vous dira tout de ce que les français appelaient plat-de-bièvre (c'est-à-dire nourriture du castor) qui est devenu avec le temps plaquebière.

La chicoutai est une petite plante d'au plus 15 cm de hauteur, de la famille des rosacées. On la retrouve principalement dans les tourbières, les forêts tourbeuses, les marécages (d'ou le surmon de mûre des marécages), et les grandes forêts de connifères de la Côte-Nord et des Îles-de -la- Madeleine. Elle met 3 ans à produire ses  2 ou 3 feuilles surmontées d'une seule fleur qui donnera naissance à un seul petit fruit un peu plus gros qu'une framboise. On comprend que la cueillette de ce fruit soit un exercice lent qui en fait un produit relativement onéreux à commercialiser.

Au Québec, la chicoutai pousse surtout sur la Côte-Nord, plus particulièrement sur la Basse Côte-Nord ou elle est très abondante. Mais on en retrouve aussi au Labrador (qui a son festival de la chicoutai) et dans les pays nordiques comme la Suède, la Finlande et la Norvège ou on en fabrique des produits pharmaceutiques, alimentaires ou alchoolisés.

En bouche, la chicoutai a un goût amer et légèrement acidulé. Sa texture est juteuse et pulpeuse, voire presque grasse. On en fait du beurre, de la confiture des pâtisseries et des boissons. On veut même en faire un savon!

Chose certaine, ce fruit est devenu presqu'emblématique de ce territoire qui réserve tant de beautés! Y passer sans y goûter c'est un peu comme manquer le paysage! Faut le faire exprès!

Si vous voulez en savoir un peu plus sur cette plante et ce fruit, il est intéressant de faire une visite guidée de l'archipel de Mingan. Le guide, vous entraînera sur les îles ou se déploient les chicouteraies et vous sensibilisera à l'écosystème qui les accueille. Trop intéressant!   


19 avril 2008, 12:45
Du réchauffé?

On a tant entendu parler des changements climatiques ces dernières années que tous les messages que nous envoient les écolos ces temps-ci finit par goûter le réchaffé! Fonte de glaciers, oursons à la dérive et autres tsunamis font encore la une, mais pour combien de temps? L'espace médiatique étant ce qu'il est, dire que la planète se réchauffe n'est plus un scoop. On aura beau le répéter 100 millons de fois, ce n'est plus une nouvelle.

Alors que font les bonzes de la catastrophe annoncée? Ils en remettent! Beurrent plus épais! Jusqu'à ce que plus personne ne veuille manger de ce pain là. Jusqu'à l'écoeurantite aigüe. C'est comme pour les enfants. Ils ont beau adorer les bonbons, ils sont quand même malades quand ils sont trop gloutons.

C'est ce qui m'effraie le plus dans la couverture médiatique des grands enjeux planétaires. Avec leur façon de toujours décrire le pire, les médias finissent inévitablement par brûler la nouvelle. Et on se retrouve à insensibiliser la population à ce qui ne devait au départ que les sensibiliser.

Les medias ont besoin de messages forts qui s'imposent par leur sensationalisme. Quand il y a des boulversements visibles, ils accourent pour donner au bon peuple les frissons qu'il demande. Mais quand on radote sur des éventualités lointaines, la masse se lasse et ne réagit plus.

En fixant l'échéance à 2030, la madame pense peut-être rapprocher suffisamment le fusil de la tempe des lecteurs pour les garder en alerte. Mais ce n'est pas en écourtant l'échéance de la catastrophe qu'on arrivera à les impressionner. Tant qu'il n'y aura pas de drame, avec gros plans et titres surdimensionnés, le public restera de glace et ce n'est pas quelques degrés de plus qui le fera fondre. Parce que le public ne carbure qu'aux extrêmes. Surtout quand on peut lui offrir des images de fin du monde. Parce que comme disait l'autre, le public, il veut pas le sawouère, il veut le wouère!

 

 


19 avril 2008, 10:23
La vraie nature de Duplessis

Quand j'aime une fois...

Malgré que j'aie beaucoup bourlingué au Québec et promené mon tipi aux quatre coins de la province, je n'avais pas encore pris le temps de visiter cette merveilleuse région de Duplessis. Ce n'est que l'été dernier que j'ai décidé de corriger cette situation. Mieux vaut tard que jamais!

J'avais par contre traversé cette région pour me rendre sur la Côte-Nord mais ne m'y étais arrêté que pour casser la croute. Quand on part de Montréal en voiture pour aller visiter l'archipel de Mingan, la route est longue et je suis de ceux qui préfèrent ne pas trop traîner en chemin. Mais devant la beauté des paysages, il m'avait fallu résister fortement à l'envie d'y planter ma tente presqu'à chaque kilomètre tout en me promettant d'y revenir... C'est chose faite.  J'y suis allé et en suis revenu avec la ferme intention d'y retourner.

La réserve faunique de Port-Cartier-Sept-Îles (Sépaq) 

L'un des sites les plus magnifiques qu'il m'ait été donné de voir sur ce territoire fut sans conteste la réserve faunique de Port-Cartier-Sept-Îles (Sépaq). Quel endroit sublime. Avec son très beau lac Walker, offrant des paysages à couper le souffle, ce parc d'une superficie de 6 423 Km2, auquel on accède de la route 138 à Port-Cartier, offre un très beau site de camping. Sis aux abords du lac, j'ai pu y admirer parmi les plus fantastiques couchés de soleil quand le ciel se teinte de rouge et d'orange qui viennent se refléter dans le lac bordé de montagnes vertigineuses. Inoubliable! Et la nuit tombée, le noir du ciel vient se parer d'une infinité d'étoiles qui se révèlent comme rarement on peut en déceler en territoire plus peuplé. On se croit soudainement habiter aux confins de l'univers tant tout le firmament nous apparaît plus clairement. 

Et que dire de ces randonnées dans les petits sentiers à flanc de montagne, longeant la rivière et menant à la chute McDonald après avoir traversé une sympathique passerelle surplombant les eaux rugeâtres indiquant le caractère minéral de son lit! On a même pu y croiser deux  oursons qui traversaient nonchalamment un petit chemin de terre. Impressionnant!

Enfin, si vous passez par là, profitez-en pour louer un cayak et pagayer dans ce somptueux décor sauvage. Si vous n'en revenez pas complètement stupéfaits, c'est que la nature, dans ce qu'elle a de plus grandiose ne vous intéresse pas et que peu de choses sauront vous impressionner! 

La Pointe-aux-Anglais

Les amateurs de caravaning léger seront heureux d'apprendre qu'on peut y séjourner. La plage est magnifique, sablonneuse, et le fleuve y est très beau. La municipalité opère le site et ça ne coûte presque rien. Il n'y a pas de services, mais pour une nuitée qui pourrait se prolonger, histoire de profiter de la plage, c'est un must!

Papinachois

Un autre coup de coeur! Il a fallu que j'y retourne 2 fois. Magnifique site! Magique, mystique... Quand la rivière Papinachois se jette dans le fleuve, elle le fait en dévalant des pentes abruptes qui créent une multitude de cascades qui se déversent dans le fleuve, générant des torrents qui hachurent le territoire en autant d'îlots ou les Innu-Montagnais érigeaient leurs campements. Papinachois, en passant, ça veut dire en Montagnais, "ceux qui aiment rire". Et on les comprend quand on met les pieds sur le site.

Il est d'ailleurs possible d'y séjourner sous une tente typique en toile avec un sol de sapinage et un poêle à bois. Pour se rendre au site, il vous faudra transporter vos effets à partir du stationnement dans une brouette, traverser un ponton et vous rendre à votre lot. Plusieurs sont en bord de rivière et offrent un cachet unique.

 Et puis, sous les chauds rayons de l'après-midi, vous vous laisserez masser par le torrent, au creux d'une enclave rocheuse avec pour paysage le fleuve, réceptacle de toute cette onde fraîche.

On peut aussi y louer une chambre, ou un chalet. Il y a une terrasse pour prendre une bière fraîche ou un goûter. Même pour une simple halte c'est superbe. Incontournable!  


22 février 2008, 9:35
Auto-stop!

Bon, je vais essayer de faire du pouce sur cette idée de favoriser la marche à pied! Si j'ai bien compris le concept, plus on marche, mieux on se porte et mieux va notre planète. Sound good comme disent les adeptes de Compostelle!

Mais faudrait pas trop s'illusioner.  Marcher fait directement référence au fait de mettre un pied devant l'autre sans se casser la gueule! Et ce n'est pas toujours facile dans cette ville ou il y a tant d'obstacles à l'exercice piétonnier, que l'expérience pourrait s'avérer risquée. Obstacles physiques, psychologiques, urbains, financiers... Marcher n'est pas l'appanage de tous! Les handicapés parfois ne marchent pas, ils roulent. Les bébés et les aînés aussi quelques fois. Les cyclistes surtout ne marchent pas et envahissent tout de même les aires piétonnes!

Mais même pour ceux pour qui la chose est possible, voire avantageuse, marcher à Montréal peut devenir une aventure dangereuse, un sport extrême. Le mauvais état des trottoirs ou des sentiers allié à l'indiscipline des usagers des voies piétonnes rend le parcours ardu. La mauvaise configuration des artères routières, les feux de circulation mal positionnés, les indications absentes ou erronées l'éclairage inapproprié, la lugubrité de certains espaces publics et la cohabitation anarchique des types de transport urbains défavorisent les marcheurs.

Marcher est sain pour tout le monde, on le sait. Mais qui osera toujours marcher si on continue d'imposer des conditions aussi défavorables. Avec le vieillissement de la population et la promotion de déplacements urbains plus sains, il devient nécessaire de revoir l'efficacité et la sécurité de nos infrastructures piétonnes. Nous devons réaménager l'espace urbain en fonction d'une pratique efficace et sécuritaire de la marche pour tous les groupes d'âge et pour les gens de toutes les capacités, en considérant les limitations motrices des individus et en établissant des parcours conçus en fonction des destinations de proximité autant que des trajets plus distants.

Dans les prochaines années, il nous faudra collectivement et massivement investir dans des projets d'adaptation majeurs pour que la marche devienne une alternative valable dans les contextes démographique et urbanistique actuels. Adapter la Ville aux nouvelles réalités populationnelles c'est le défi permanent de ceux qui érigent et gèrent nos cités, mais c'est avant tout un devoir citoyen d'exiger de nos dirrigeants qu'ils s'appliquent à la tâche dès maintenant avec tout le sérieux que la situation l'exige.   


9 janvier 2008, 1:48
Faire ou ne pas faire joli!

La joliesse est une panacée trop souvent utilisée par les artistes paresseux qui préfèrent se réfugier derrière des règles esthétiques globalement admises plutôt que prendre le risque d'assumer l'intégrité du sens de leurs oeuvres. On fait joli pour vendre, pour séduire ou pour être compris! Dans tous les cas, la joliesse, que je distingue de la beauté, sert ultimement de maître-étalon quand il s'agit d'évaluer la légitimité d'une oeuvre quand elle n'a d'autre signification à proposer.

Il existe de nombreuses oeuvres qui ont su être belles sans être jolies. Parce que la beauté peut exister aussi dans le chaos. Pas la joliesse. Or, qu'en est-il de la beauté? D'ou vient ce sentiment de réussite et d'accomplissement que procure la beauté? Comment pouvons-nous trouver belles, des choses qui ne nous apparaissent pas jolies?

C'est dans sa plénitude que la beauté existe. Quand on a l'impression d'être envahi par une oeuvre, qu'elle nous révèle à nous-mêmes, qu'elle extirpe du réel tout un univers de sens, autrement inexprimable, c'est à ce moment que nous comprenons ce qu'est la beauté! 

Dans ce monde essentiellement fondé sur culte de l'esthétisme, il fait bon de pouvoir apprécier des oeuvres qui cherchent à transcender les formes pour laisser plus de place au sens cru des choses, sans en attendre une justification esthétique. Il est vrai par ailleurs qu'en l'absence de repères purement esthétiques, ces oeuvres peuvent déranger, voire provoquer. Mais au fond, n'est-ce pas ce que nous attendons d'une véritable oeuvre d'art? Bravo au musée pour cette acquisition fort représentative.


7 avril 2007, 6:05
Faisons payer les riches!
Bon je sais, ce slogan fait vieille gauche. Mais il révèle en soi la véritable problématique de notre société de consommation. 500 personnes détiennent la richesse équivalent aux revenus de 416 millions des citoyens les plus pauvres de la planète! Ouf! Si ça ne vous émeu pas un brin, c'est que vous n'avez pas de coeur. Quand j'entends nos ardents défenseurs du capitalisme à tous crins, taper toujours sur le même clou. C'est toujours la go-gauche qui fout la merde. C'est faux de dire qu'il y a trop de concentration de la richesse. Tout ça c'est des histoires inventées par la gauche-caviar... Bravo pour l'analyse économique. L'idée de toujours produire plus d'objets pour créer toujours plus de richesse est complètement fausse. La richesse ne se calcule pas juste en accumulation de biens. Vous aurez beau pouvoir vous payer 1 million de réfrigérateurs, à quoi celà pourrait bien vous servir? Un seul, peut-être deux, c'est bien suffisant... Je vous suggère d'écouter le dernier CD de Daniel Bélanger "l'échec du matériel". Il va tout-à-fait dans le sens du livre de M. Kempf!
6 mars 2007, 11:33
Qui aura le courage?
Au moment où ils sont nombreux ceux qui souhaitent qu'on ouvre une brèche dans la charte des droits et libertés et même la constitution, pour réagir face aux accomodement parfois déraisonnables, il y en a pourtant peu qui proposent de faire la même chose pour la protection de l'environnement. Pourtant, comme la détérioration de notre planète concerne tout le monde, et pas seulement les partis verts, pourquoi ne pas exiger qu'on inscrive dans la charte, voire dans la constitution l'obligation de respecter l'environnement. Quand les enjeux dépassent la petite politique de partis, il doit y avoir des règles qui s'élèvent au-dessus de cette politique purement électoraliste. C'est là qu'une constitution est utile. Parce qu'elle prime sur les intérêts parfois bien questionnables des partis politiques. Qui aura le courage d'inscrire cette condition nécessaire à la survie de notre monde dans sa propre charte?
3 mars 2007, 11:22
Oui, mais...
Il est assez intéressant de voir que de nouvelles galeries puissent voir le jour alors qu'on n'entend que des échos de fermeture dans notre si merveilleux monde des arts visuels. C'est, comme dirait l'autre, une histoire d'amour qui ne cesse de se renouveler. Que des gens essaient encore de tirer leur part dans un univers aussi risqué que les arts visuels au Québec me stupéfait. Je suis carrément flabergasté par ces flyés qui croient encore que les galeries ont un avenir dans ce monde de fou dans lequel nous vivons. Il faut avoir une grande confiance en l'humanité pour avoir toujours ce courage de défier le marché de l'art quand on sait ce qu'il est, ici, à Montréal. On pourrait croire qu'il s'agit d'une douce inconscience, un certain détachement de la réalité qui amène ces gens à continuer de croire qu'il y a ici, un marché pour l'art. Saine utopie, me direz-vous, mais je n'y crois plus. Cette galerie fera comme les autres. Elle fermera quand ses créateurs arriveront au bout de leurs rêves et de leur budget. Suis-je un éteignoir? Peut-être...
3 mars 2007, 9:55
Cet espace que nous occupons à travers nos absences.
Les états transcendants qu'explore Nathalie Grimard m'ont toujours interpellé. J'aime ce climat de méfiance par rapport au corps. Cette insécurité qui nous habite tous. Ce dérangement qu'occasionne la perte de contact avec le réel. Dormir, rêver, s'évader, c'est rompre ce lien qui nous fait prendre part à la matérialité. C'est franchir cette frontière qui sépare l'objectif du subjectif. C'est se soustraire au tangible et faire face à notre propre abstraction. Il faut s'imprégner de ces relents évasifs. Se laisser troubler. Accepter de parcourir ce chemin cahotique qui nous mène à l'érosion de nos perceptions. Se laisser sombrer dans un univers incohérent qui se révèle dans le geste et dans la forme. Dans cet espace que nous occupons à travers nos absences.
3 mars 2007, 9:35
Le pays des Acadiens!
Bien que ma mère fut originaire du Nouveau-Brunswick, je n'ai visité ce pays qu'assez récemment. Sais pas. Jamais eu envie de ces trips initiatiques ou de ces retours aux sources. J'y suis donc allé juste pour y aller. Parce que c'était là, tout près au fond. Et quand même si loin de nous. Dire que c'est loin, on peut pas s'y soustraire. La route est longue. C'est pas au coin quoi. Mais s'il est une occasion où le slogan "La distance n'a pas d'importance" est 100% vrai, c'est celle de visiter ce si beau pays. Car c'est un pays. Comme l'est le Québec et comme le sont probablement l'Alberta et la Colombie-britanique. C'est un univers unique. Un lieu singulier où vivent des gens bien particuliers. Leur différence est si parfaite. Leur cohérence avec leur milieu est si visible, si facilement perceptible, qu'on n'a pas envie de la confondre dans le magma indescriptible et anonyme d'un Canada "A mari usque ad mare" comme disent les Chinois. Le paysage y est différent, le langage aussi. La culture, la manière d'être et de vivre sont aussi foncièrement différentes de nos habitudes. On s'y sent ailleurs et pourtant chez-nous. C'est certainement dû à leur grande hospitalité. À leur façon de nous faire sentir chez-nous sans sacrifier leur identité. Sans essayer de nous imiter pour nous plaire. Peut-être devrions-nous s'inspirer d'eux quand nous débatons d'accomodements raisonables?
22 février 2007, 6:52
PKP un mauvais payeur?
P.K. Péladeau a fait une grosse erreur quand il a suspendu ses versements de ses contributions mensuelles au Fonds canadien de télévision. Ce n'est pas une manière de faire. Imaginez ce que dirait Péladeau si tous les clients qui achètent ses produits (TVA, vidéotron, journaux et magazines divers) lui disaient busquement qu'ils cessent de payer leurs comptes sous prétexte qu'il sont en désaccord avec certains de leurs contenus. Que se passerait-il si tous les abonnés de Vidéotron cessaient leurs paiements comme ça? En disant qu'il se remettront à payer quand tous les contenus seront à leur goût. Que dirait PKP si tous les acheteurs de pub décidaient de suspendre leurs paiements parce que les cotes d'écoute n'ont pas été ce à quoi ils s'attendaient? Croyez qu'il serait d'accord et trouverait la tactique acceptable? Alors, même si c'était de la pure frime son histoire de suspension de paiements, une patente tarabiscotée de businessman tordu, je le trouve drôlement culotté d'asséner une médecine qu'il dénoncerait lui-même si elle lui était adressée. Pour qui se prend-il?
12 février 2007, 10:35
L'art et le hasard
On dirait que Loto-Québec veut faire de sa collection, un genre de loterie. Pourquoi pas faire déterminer les acquisitions par une machine à pocker. Les artistes se pointeraient avec leurs bidules, tireraient sur la poignée et quand il apparaîtrait 3 croutes de pizza, l'oeuvre se verrait promue au rang de pièce de la collection. Et pourquoi pas aussi une téléréalité où on montrerait les artistes jouer devant public le sort de leur carrière de différentes manières toutes aussi hasardeuses les unes que les autres. Tantôt avec un poule, tantôt avec des valises de banquiers... Après tout, ce ne serait pas si différent de la manière dont les choses se passent dans le merveilleux monde du marché de l'art.
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