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Auteur(s): Andreï Kourkov
Genre: Roman

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L'Ami du défunt

La mort en sursis


ARTICLE - 22 août 2002
Marie Labrecque

Les romans d'ANDREÏ KOURKOV nous donnent un aperçu de la vie d'aujourd'hui en ex-URSS. Plongée dans un monde où le cynisme fait loi.
 
De tous les citoyens de l'ex-URSS, les écrivains sont peut-être ceux qui trouvent le plus leur compte dans la dissolution de l'empire soviétique - criminels exceptés, bien sûr... En plus de la liberté retrouvée, les auteurs semblent pouvoir puiser dans la nouvelle condition chaotique de leurs pays une abondante matière romanesque...

Mieux vaut en rire, paraît se dire Andreï Kourkov, un écrivain russe établi à Kiev, la capitale de l'Ukraine. Sous sa plume, la nouvelle république se transforme en un étrange repaire de tueurs à gages, de trafiquants de drogue ou d'armes, de mafieux et de magouilleurs en tous genres, où règnent la violence et la corruption. L'absurde est devenu la norme dans cette société de "pragmatiques forcenés", où chacun se débrouille comme il peut pour survivre.

Subissant les événements davantage qu'ils ne les provoquent, les héros aux vies mornes et plutôt désoeuvrées de Kourkov sont généralement entraînés dans une série de péripéties violentes et absurdes, mais racontées sur un ton réaliste, si bien qu'on n'y distingue plus très bien la frontière du normal et de l'anormal.

Né en 1961, cet écrivain polyglotte qui vit entre l'Angleterre et l'Ukraine est connu pour ses romans où un animal tient lieu de métaphore: Le Caméléon, rocambolesque traversée de l'ex-empire sur le thème des nationalismes, et surtout Le Pingouin, l'oeuvre qui l'a fait connaître à l'étranger, où l'oiseau esseulé symbolise la nouvelle détresse de cet "animal collectif" qu'est l'ex-citoyen soviétique. Dans le bestiaire romanesque d'Andreï Kourkov, il y aurait aussi un rat et un perroquet, peut-être à venir...

Publié originellement en 1996, L'Ami du défunt fait exception, étant exempt de bêtes. Sans emploi, vivant comme un étranger avec sa femme qu'il n'aime plus et qui le trompe en retour, Tolia est bien décidé à en finir avec son existence sans but. Afin de la clore en beauté, il imagine d'avoir recours à un tueur professionnel, une catégorie de travailleurs apparemment florissante désormais: "La perspective de devenir la cible d'un meurtre commandité avait de quoi me flatter. Je me figurais la perplexité de mes amis."

Sous le couvert de se débarrasser de l'amant de sa femme, Tolia s'ouvre de son problème à un ami barman, qui lui recommande aussitôt un de ses copains. Une relation plutôt, car "l'amitié, ça n'existe plus. De nos jours, les gens ne sont pas amis, ils ont des relations d'affaires". Bien sûr, le futur cadavre découvre entre-temps qu'il ne veut plus mourir, d'autant qu'il a rencontré une charmante jeune prostituée. Le voilà donc forcé d'engager un second "killer" pour le protéger du premier...

Porté à l'écran il y a quelques années, L'Ami du défunt montre une imagination moins fertile que Le Pingouin ou Le Caméléon. La prémisse de l'intrigue rappelle par exemple l'argument de J'ai engagé un tueur d'Aki Kaurismäki, ou même des Tribulations d'un Chinois en Chine, jouissif vieux film de Philippe de Broca. Mais, écrit dans une langue simple, ce bref récit qui s'avale cul sec maintient un climat d'absurde tranquillité, feutré. La matière principale du roman est l'attente. Attendre la mort, attendre dans la peur que se manifeste l'assassin appréhendé, attendre le coup de téléphone de Léna, la fille de joie.

La solitude passive de Tolia est ponctuée par les considérations sur le temps hivernal. Par exemple, ce passage qui témoigne peut-être, à sa manière pince-sans-rire, d'une situation d'où toute idéologie et même tout idéal sont absents. "Octobre se prolongeait. Mon mois le plus honni. La révolution bolchevique n'était pas en cause. Je détestais l'humidité."

Sur le mode mineur, L'Ami du défunt dresse le portrait d'une société amorale, où l'argent joue un rôle de premier plan, où l'on accepte les contrats les plus divers sans trop d'états d'âme, où la vie n'a pas beaucoup de valeur ni beaucoup de sens. Sauf peut-être celui que peut lui apporter l'amour. Mais une romance encore là bâtie sur la mort et la dissimulation...

L'Ami du défunt

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs
Éd. Liana Levi, 2002, 130 p.

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21 mars 2006, 19:28
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Question immortelle: la vie vaut-elle encore le coup d'être vécue? N'arrive-il pas un moment on l'on peut se dire que les meilleurs moment sont passés et qu'il n'y en aura plus d'autres? Se dire que le temps n'a plus aucune chance d'apporter autre chose que des souffrances et qu'il faudrait peut-être les abréger. Il est certain que ce moment arrivera dans la vie de chacun d'entre nous; on serra désespérés et on aura envie de se suicider. Tout le monde a cette envie un jour. Cette tentation tombe même parfois plusieurs fois sur la même personne et dans la même journée. Mais bon l'important dans la vie, ce n'est pas ce que l'ont est obligé de vivre par la force des choses mais plustôt ce que l'on choisit de vivre. Et ce que l'ont peut choisir de faire lorsqu'on a envie de se suicider varie en fonction de beaucoups facteurs. Il y a plusieurs manières de succomber au désespoir ou à l'espoir. Le hero de ce livre réagit d'une manière bien étrange à ses pultions suicidaires. Ce choix d'embaucher un tueur à gages pour qu'il vous tue se révèle fructueux de bon moments dans le destin du héro et l'envie de mourrir se dissipe. Cette envie arrive et pour comprendre qu'il n'y aura jamais de raison suffisante pour la réaliser, pour comprendre que la vie vaut toujours la peine d'être vécue, il faut vivre et vérifier par soi-même que les bon moments ne sont pas terminés. Vivre pour comprendre que sans les soufrances ils n'y aurait pas les bonheurs. Et que tout ça d'ailleur ne se passe que dans notre tête mais que ce n'est pas cette tête qui a le droit choisir de vivre ou de mourrir. Notre vie ne tient qu'à un fil et il nous serait facile de le couper mais nous n'en avons pas le droit! Seul celui qui a accroché ce fil a le droit de le couper. Il faut s'en remettre à dieu et à ses voies impénétrables. Personnellement j'aurais plutot tandance à dire hasard au lieu de dieu. Bon cé fini a+!