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Société

Nouveaux supports publicitaires

La conquête de l'espace


ARTICLE - 28 novembre 2002
Promenade rue Sainte-Catherine. À gauche, un camion publicitaire tire une gigantesque annonce 3D. À droite, une pub de sloche sur une poubelle de recyclage. Derrière, en haut, par terre: une affichette, un super-panneau, une oriflamme... La pub pousse partout. Et vite.
 
Vous voulez faire de l'argent? Inventez un support publicitaire! Trouvez un endroit qui risque d'atteindre un public cible, formulez une argumentation solide qui justifie l'exploitation de cet espace, trouvez des annonceurs et l'affaire est dans le sac!

Un nouveau support publicitaire est inventé chaque jour. Au New Jersey, la compagnie Beach'n Billboard a mis au point une technique pour empreindre des publicités sur le sable des plages. La firme danoise Nytmedie donne aux nouveaux parents des poussettes sur lesquelles sont imprimées des publicités. Plus près de chez nous, la compagnie québécoise Pop Média propose un concept de publicité clandestine, où des comédiens sont payés pour parler d'un produit ou d'une compagnie dans un lieu public. Par tous les moyens, la pub veut accaparer le moindre moment d'attention du consommateur. Où qu'il soit.

Patenteux de la pub
Selon le professeur de communications à l'Université d'Ottawa Luc Dupont, Montréal remporterait le championnat canadien des médias non traditionnels. "Publicitairement parlant, Montréal est très innovatrice." L'auteur du livre Quel média choisir pour votre publicité attribue cette quantité de nouveaux supports publicitaires à la présence d'une richesse naturelle propre au Québec: les patenteux. "Contrairement à ce qu'on pense, ce ne sont pas les grands de la communication qui inventent de nouveaux supports publicitaires, mais des individus."

Créer un média non traditionnel, c'est ce qu'a fait récemment Philipe Lamarche. À 29 ans, il a fondé sa compagnie d'affichage mobile à vélo, Cycles Urbains. Cycliste amateur et infographiste de métier, Philipe Lamarche a fusionné sa passion et son travail en décidant de trimballer des publicités, à vélo, dans les rues de la ville. Pour un annonceur, il en coûte environ 3000 $ pour offrir à son affiche une balade à vélo pendant cinq jours. "De plus en plus, les annonceurs cherchent de nouveaux supports", dit Philipe Lamarche. Forcément, un média non traditionnel attire l'attention: "Souvent, les gens m'arrêtent dans la rue pour me demander ce que je fais ou avoir des informations sur le produit que j'annonce", ajoute Philipe Lamarche.

La compagnie Zoom Média est souvent citée comme étant LE success-story québécois dans l'univers des médias non traditionnels. En 1991, l'entreprise a inventé la publicité dans les toilettes publiques. "Les qualités du média se sont manifestées rapidement, dit Claude Breault, directeur des communications chez Zoom Média. On avait la captivité et une segmentation parfaite." Le réseau Zoom Média compte aujourd'hui quelque 40 000 espaces publicitaires, partout au Québec. Selon M. Breault, maximiser les dépenses publicitaires est la tendance actuelle: "Les annonceurs veulent que chaque dollar investi en publicité rejoigne son public cible. On pourrait penser à un fabricant de cosmétiques qui cherche à atteindre des femmes qui prennent soin de leur corps et font de l'exercice. Il pourrait annoncer dans le magazine Elle Québec, mais il paierait pour toutes les paires d'yeux qui voient la publicité et ne font pas partie du groupe cible. En achetant des espaces dans le réseau Sport (publicités dans les toilettes de gyms) de Zoom Média, l'annonceur sait que, pour le même investissement, il ne va rejoindre que des filles qui font de l'exercice physique."

Justifier l'efficacité d'un nouveau média, c'est la tâche la plus complexe à laquelle les patenteux de la pub doivent faire face. Selon Luc Dupont, "dans la mesure où le média répond à un besoin qui n'est pas comblé par les médias traditionnels, il peut fonctionner. Par exemple, les Mediacolonnes rejoignent les gens qui marchent au centre-ville. Les autres médias avaient de la difficulté à rejoindre ce groupe cible". Mais les médias non traditionnels n'ont pas tous d'aussi bons arguments: "Quand on met de la pub sur le séparateur de commandes à l'épicerie, est-ce qu'on peut dire que c'est un média efficace?" s'interroge Luc Dupont. Claude Breault prétend que l'industrie de la publicité est en mesure de décider quel média doit exister et lequel doit disparaître: "À partir du moment où un média non traditionnel ne fonctionne plus et que les gens n'y sont plus sensibles, ça voudra dire qu'on l'a usé et il va disparaître." Une sélection naturelle, en quelque sorte.

Trop-plein de pub
Chaque nouveau média non traditionnel est accompagné de son lot de critiques. Où va-t'on s'arrêter? Jusqu'où la publicité peut-elle s'immiscer dans nos vies? Selon le professeur de publicité à l'Université Laval Claude Cossette, "les nouvelles formes de publicité vont se multiplier. On cherche sans cesse des façons d'avoir une publicité qui entre moins en concurrence avec les autres". Luc Dupont renchérit: "Éventuellement, tous les espaces sont appelés à devenir des espaces publicitaires."

La publicité, sous toutes ses formes, est beaucoup plus présente aujourd'hui qu'il y a 15 ans. Nous serions exposés à quelque 3000 messages publicitaires par jour. Un chiffre énorme, mais qu'il faut nuancer: "À la fin de la journée, on a mémorisé seulement 10 messages", précise Luc Dupont. Selon d'autres sondages, près de 40 % des gens ne peuvent se souvenir d'un seul message publicitaire! C'est le retour du balancier: une trop grande quantité de publicité contribue à diminuer son efficacité...

Mais que ceux qui estiment que la publicité est omniprésente se ravisent: la situation n'est pas près de changer. De toute façon, le seuil de tolérance du public en général est loin d'être atteint. Si quelques intellectuels et révolutionnaires en ont déjà ras le bol, ce n'est pas un mouvement de masse: "L'immense majorité des gens aiment la pub", dit Claude Cossette. Luc Dupont considère que "les Québécois sont tantôt publiphobes et tantôt publiphiles. On assiste à des événements comme la Nuit de la pub et trois ans plus tard, on ne veut plus rien savoir de la pub..."

Même s'ils sont marginaux, les mouvements de révolte face à la publicité ont fait quelques vagues. Splat-Montréal est un groupe qui invite la population à souiller les panneaux publicitaires à l'aide de ballons de peinture ou d'autocollants. Récemment, un autre groupe, les Décorateurs engagés, a barbouillé des camions publicitaires qui circulent dans le centre-ville de Montréal.

Tout le monde a son seuil de tolérance. Pour Claude Breault, c'est le marketing direct: "Quand je suis chez moi en train de manger, si quelqu'un m'appelle, il faut que ce soit un parent ou un ami. Pas quelqu'un qui veut me vendre quelque chose." La publicité clandestine choque Claude Cossette: "Payer des comédiens pour participer à une soirée et parler d'un produit dans un congrès, c'est fort. Bientôt, on ne saura plus si on parle à un comédien ou à une vraie personne. C'est en train de pourrir nos relations personnelles..."

Luc Dupont, quant à lui, convient que dans certains cas, la publicité est allée trop loin, mais apporte un bémol: "Ça nous rappelle qu'on vit dans une société libre. Avant la chute du régime communiste, il n'y avait pas de publicités de voitures en URSS parce qu'on n'avait pas vraiment le choix du modèle..."

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24 janv. 2006, 09:06
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Vision des choses .... C'est la première fois que je viens sur ce site, car étudiante en communication j'étais curieuse des "nouveaux supports de communication" je suis pas vraiment surprise de l'engouement et le dégoût de la société de consommation suscitent chez certains ! Moi même je suis parfois désespérés de certaines pubs que je zappent avant qu'elles me donnent la nausée ... A part que la communication ne sert pas qu'à vendre et je voulais juste vous le rapeller, je ne voudrais pas me retrouver a vendre des marques de bonbons pour enfants alors que je sais que c'est hyper mauvais pour la santé. Pourtant comme on dit dans le jargon il y a un marché existant qui fait vivre des tas de personnes.... Cela me rapelle la récente déclaration du nouveau président du Chili (premier indien) qui répondait a Georges Bush sur son souhait d'interdire la production de la coca, il lui a dit : "La production et l'exportation de coca fait vivre des milliers de gens dans le pays, c'est a vous d'éduquer votre peuple et d'néantir l'envie d'en acheter....." Il y a des marchés économiques qui font vivre des milliers de personnes et la pub fait partie de cet aspect économique. Il est vrai qu'il devrait y avoir une charte éthique sur la diffusion dans les médias. Mais je pense que c'est au "spectateur" ou au "lecteur" de faire la part des choses, je pense que c'est vraiment trop facile d'inciter la pub de tous les maux de la société. Personellement, si une pub me donne envie d'un produit et que je ne peut pas l'acheter, j'attends d'avoir les moyens, je ne m'endette pas pour faire comme...... Je pensais qu'une autre vision des choses pouvait être utile.
22 oct. 2003, 12:58
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Il faut dire que c'est bien vrai. La publicité est omniprésente. Je suis moi-même un amateur de pub mais là j'avoue que trop, c'est trop. Il ya quelques avantages, remarquez. Maintenant, lorsque je vais pisser, j'ai de quoi lire. De la pub sur le sol du métro ou sur les tourniquets passent encore. Mais des camions qui circulent avec des publicités lumineuses ou des comédiens qui s'infiltrent, là, ça devient de plus en plus pervers. Dans cette même lignée, voici donc mes suggestion. - Offrir aux prostituées des blousons arborant une marque de condom. - Demander à des itinérants de porter des dossards avec des publicités de bière dessus. Pour les services rendus, l'itinérant en question aura droit à deux pointes de pizza et une boisson gazeuse chez Pizza à 99c. - Offrir des cigarettes gratuites à des assistés sociaux pour qu'ils promènent leurs bébés dans une poussette affichant une grande compagnie de tabac. - Demander à des jeunes squeegees d'utiliser des raclettes sur lequelle est inscrit Motomaster sur le manche. Ce sont donc des suggestions pour une publicité plus efficace. Et si ça choque du monde, ben tant pis! Tant que ce soit rentable!
22 sept. 2003, 20:32
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On est d'accord, on se fait bombarder dans le quotidien de publicités. On subit un véritable carnage et on est la victime. Veux, ou veux pas, n'importe où tu as de la publicité qui t'empoisonne la vie. C'est de la pollution. Ce n'est pas de l'information, ce n'est pas drôle, intéressant, c'est là, c'est partout, c'est à tel point omniprésent que parfois on ne la remarque plus. La publicité inventive, originale, ça peut paraître frais le temps d'une fraction de seconde. La formule étant souvent copiée, imitée à la corde par d'autres entreprises en publicité, on la considère bientôt avec dédain. La quantité ne va jamais égaler la qualité. Une bonne pub va cibler un groupe qui va la considérer comme originale, bienvenue, intéressante. Une mauvaise va s'adresser à trop de gens pour essayer d'arnaquer le plus de gens possible, c'est ainsi qu'elle sera perçue. On sait tous que les publicités sont des mensonges, des demi-vérités, des exagérations, des qualificatifs déguisés. C'est encore pire comme perception du consommateur quand il se fait casser les oreilles par ces pubs abusives. Elles sont comme une plaie sur la vie privée de tous. D'ailleurs vous devez vous opposer à ce qui s'en vient, ce que Voir a relaté dernièrement le 18 septembre 2003 dans Périscope "Auto promotion" : http://www.voir.ca/actualite/periscope.aspx?iIDArticle=27775 Les réponses des lecteurs de Voir.ca, moi inclus bien sûr, résument combien la goutte a débordé le vase depuis longtemps. Lorsqu'elle tente de nous envahir partout, le mur de la bonne mesure étant dépassé depuis belle lurette. Alors on ne peut pas voir un microbe de plus comme bienvenu quand l'infestation n'est pas circonscise. Trop c'est toujours trop.
06 déc. 2002, 17:43
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La question que nous devons nous poser n'est pas «est-ce que la pub va trop loin?» mais «est-ce que la pub est utile à notre société?». Nous savons tous que la publicité est de plus en plus présente dans nos grandes villes, que la publicité envahie nos espaces publiques et qu'elle sera maintenant dissimulée grâce au «génie» publicitaire de Pop Média. Mais la somme énorme d'argent investie en publicité est littéralement perdue. La publicité est un mensonge, elle n'est pas conçue pour donner de l'information à propos du produit mais pour nous convaincre de l'acheter. Si tant d'effort et d'argent sont gaspillés pour sa conception, il est donc évident que la publicité est rentable, et donc que son mensonge est efficace. Comment pouvons-nous défendre la propagande qu'est la publicité? Comment pouvons-nous qualifié les concepteurs de cette propagande d'artistes ou de génie ? Autre commentaire : contrairement à la plupart des gens, je ne vais pas aux «nuits de la pub» et j'ai tendance à changer de canal lorsqu'une annonce passe à la télévision. On dit que la majorité du monde aime la pub, mais ceci est à peine un argument car la majorité des gens aiment les talk-shows à la Patrice L'écuyer, la majorité des gens écoutent Céline Dion et Garou, et la conscience sociale de la majorité des gens ne va pas plus loin que le bout de leur nez. Cessons donc d'êtres des moutons et réveillons-nous.
03 déc. 2002, 05:48
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J'en ai vraiment marre des théories anti-pub du genre "il y a une conspiration pour nous aliener"... La vie est beaucoup plus forte que la pub et c'est tellement naif de croire qu'une rue pleine de billboards peut nous rendre fous. Faut vraiment avoir besoin de se trouver quelque chose pour se plaindre... En Russie au moins ils ont la dignité de brailler pour des choses moins insignifiantes que ça. David Milot si tu veux te faire aliéner par un overload de pub va te promener à Moscou, et en passant, tu pourrais voir que la situation là-bas est loin d'être aussi apocalyptique que nos chers médias voudraient qu'elle soit. Au moins, au contraire des médias, la pub ne nie pas qu'elle veut nous vendre quelque chose.