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Société

Le comble de la récupération

Miam, miam, les bonnes vidanges!


ARTICLE - 19 juin 2003
Vanessa Quintal


photo: vanessa Quintal
Potage aux carottes, pâté au saumon, salade d'épinards à l'orange et tarte aux bleuets. Alléchant, n'est-ce pas? Pourtant, les éléments de ces plats savoureux sont tout droit sortis d'une poubelle! Vous serez étonnés de ce qu'un individu déterminé peut trouver aux ordures...
 
Emmanuel Blain-Cosgrove, 28 ans, est un grand gars mince et musclé au regard doux et calme. Il fait, depuis plus de 10 ans, son épicerie dans les conteneurs à déchets de magasins d'alimentation. "Au début, c'était vraiment parce que j'étais un pauvre étudiant, mais j'ai tellement été bien nourri sans jamais rien payer que je suis devenu accro!" affirme le jeune homme. Il qualifie les conteneurs qu'il visite - de une à deux fois par semaine, selon les récoltes - de véritables "mines d'or".

Tout a commencé lors d'un voyage en Colombie-Britannique. Il y rencontre un groupe de jeunes gens engagés faisant partie d'un mouvement né aux États-Unis, Food, not bombs, qui l'initient aux joies de ce qu'on nomme en anglais le dumpster diving ("la plongée dans les poubelles"). À partir de ce qu'il trouve, le petit groupe concocte des repas pour les jeunes de la rue. Emmanuel est sidéré de constater la quantité de nourriture encore bonne qui est ainsi détournée des sites d'enfouissement.

Puis il part poursuivre des études universitaires à Peterborough, en Ontario. Il en ressort avec un double baccalauréat en environnement et en développement international, ainsi qu'avec une nouvelle façon de faire l'épicerie! "Pendant quatre ans, j'ai mangé uniquement ce que je sortais des poubelles. De plus, j'avais six colocataires et je fournissais la bouffe à tout le monde." Une salle de bain entière servait d'endroit d'entreposage, et elle était toujours pleine à craquer. "Par contre, s'il nous manquait de la moutarde de Dijon, c'est les autres qui allaient l'acheter", dit-il en riant.

De retour à Montréal, Manu se met en quête de la poubelle idéale. Il cherche partout: Laval, Longueuil, Montréal-Nord, West Island... Il finit par dénicher six conteneurs qu'il juge "pas mal". Jusqu'au jour où, en allant chez des amis, il croise un magasin d'alimentation naturelle et décide d'aller faire un tour à l'arrière.... C'est là qu'il la voit, la "poubelle bio" qui le nourrira, lui, sa copine et plusieurs copains durant des années, et aujourd'hui encore.

La passion d'Emmanuel pour ce "magasinage" marginal est contagieuse et elle atteint rapidement son grand ami Yanni Millon. Ils se séparent les jours de cueillette. Emmanuel se réserve le dimanche, le meilleur soir puisque le conteneur n'a pas été vidé le samedi. "Un deux pour un!" lance-t-il.

Le soir venu, munis de lampes frontales et vêtus pour l'occasion de vieux jeans et de bottes, ils "plongent" tête première dans le conteneur et font des découvertes étonnantes: des caisse d'échalotes un peu fatiguées, dont il suffit d'enlever les premières feuilles pour qu'elles redeviennent toutes fraîches, des végépâtés expirant dans deux jours, idem pour une quantité éléphantesque de pains, des fruits et des légumes un peu abîmés mais toujours frais, des avocats parfaitement mûrs, etc. Yanni explique que "souvent, les commerçants vont jeter un sac entier d'oranges parce qu'il y en a une de ".

Il n'est pas rare que ces deux "spéléologues urbains" repartent avec quatre ou cinq caisses pleines de produits certifiés organiques et biologiques. "Pour moi, manger bio, ça revient au même prix!" lance à la blague Emmanuel.

Les aliments doivent tout de même être rapidement consommés ou traités, il est donc essentiel à tout bon farfouilleur de vidanges de posséder un grand congélateur familial. Manu en a deux et ils sont bien garnis. Pour éliminer toute perte, il faut cuisiner et congeler: compotes, sauces, potages, etc. Cela demande de l'organisation, du travail et de la créativité! Les deux compères affirment ainsi avoir une alimentation très saine et équilibrée. La seule chose qu'ils ne mangent pas très souvent, c'est de la viande...

Les "blondes" s'y sont habituées et y ont même pris goût. "Au début, je trouvais ça un peu dégueulasse et je me demandais sur quel numéro j'étais tombée! Mais il suffit de bien laver les aliments pour qu'ils soient tout neufs", constate Sophie, la copine d'Emmanuel.

Cependant, il vaut mieux pour certains invités de la famille qu'ils n'apprennent jamais la provenance de ce qu'ils ont mangé chez Manu ou chez Yanni... "Mon père aurait une attaque!" s'exclame Élise, la petite amie de Yanni.

Michel Séguin est membre du conseil d'administration d'Action RE-BUTS et président du réseau des Ressourceries du Québec, un organisme constitué d'une cinquantaine d'entreprises à but non lucratif et de coopératives transformant des déchets en ressources. "Que l'on soit capable de se nourrir aujourd'hui à partir d'une seule poubelle nous montre bien dans quel type de société nous vivons. Nous sommes bombardés en moyenne de 300 000 messages publicitaires par année. Alors nous consommons et nous jetons sans nous soucier de l'environnement ou même des gens qui sont dans le besoin!" constate-t-il.

Selon Moisson Montréal, en Amérique du Nord, il se jette près de 110 milliards de livres de nourriture chaque année, dont deux milliards au Québec. Le président de la succursale montréalaise, François Charbonneau, expose l'une des causes de ce grand gaspillage: "Dans notre société moderne, on est très exigeant. Lorsque l'on achète des carottes, par exemple, on veut qu'elles soient toutes semblables, qu'il n'y en ait surtout pas une plus croche que les autres. Alors que, souvent, elles n'ont pas les mêmes proportions, formes et couleurs. Celles-là vont toutes être rejetées par l'industrie. Il y a certainement de la place pour énormément de récupération." Les 16 Moissons du Québec redistribuent chaque année 27 millions de livres de nourriture et constituent la banque alimentaire la plus importante au Canada.

Emmanuel évalue que le conteneur auquel ils s'approvisionnent pourrait à lui seul faire vivre trois familles. "Si on fait le même calcul pour tous les magasins d'alimentation du Québec qui ne récupèrent pas leur nourriture, il y en aurait pour pas mal de monde." Ce qui révolte le jeune environnementaliste, outre le gaspillage flagrant, c'est que toute cette nourriture qui se retrouve dans les conteneurs est destinée à l'enfouissement. Cette façon de faire est responsable de la création de bio-gaz chargés de méthane et d'autres éléments cancérigènes qui contaminent les sols durant plus de 25 ans. Alors que compostée, c'est-à-dire se décomposant au contact de l'air, la nourriture se transforme en phosphore et en potassium, très précieux pour l'agriculture.

Michel Séguin relate une étude faite sur les bébés nés autour de l'ancien site d'enfouissement de la carrière Miron, le troisième plus grand en Amérique du Nord, et qui démontre que leur poids est inférieur à la moyenne. Par contre, rien ne prouve encore de façon claire le lien entre ce phénomène et les bio-gaz. Selon lui, le compostage devrait faire partie de nos gestes individuels et quotidiens les plus importants. Mais nous sommes malheureusement encore loin de le pratiquer. Les Québécois sont tout de même les champions d'un type de recyclage: celui de la bouteille de bière recyclée à 97 %!

En 2000, Emmanuel Blain-Cosgrove et Yanni Millon ont fondé leur compagnie, Écohabitation. Ils ont créé un réseau qui a pour but de permettre aux consommateurs d'obtenir toutes les ressources dont ils ont besoin pour construire ou rénover des maisons ou autres bâtiments de façon écologique (toiture végétale, énergie solaire, isolation à base de matériaux recyclés...). Emmanuel conclut: "On essaie de faire notre part pour l'environnement et de suivre l'exemple de la nature qui nous montre qu'il n'existe pas de déchets, qu'il n'y a que des ressources. On essaie de vivre selon nos croyances. C'est sûr que j'aimerais mieux ne pas avoir la possibilité de m'alimenter grâce aux poubelles, j'aimerais mieux vivre dans un monde où toutes nos ressources seraient récupérées et utilisées intelligemment."

En passant, le souper auquel j'ai eu droit chez Emmanuel et Sophie était délicieux et je suis toujours sur mes deux pattes!

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Des questions?

Est-ce légal? À la Sécurité urbaine de Montréal, on a d'abord trouvé ma question très bizarre... Puis on m'a expliqué que comme les conteneurs se trouvent sur des terrains privés, le dumpster diving reste légal tant que personne ne porte plainte. Manu a tout de même été interpellé plusieurs fois par des policiers. "Parfois je leur offre du pain, ils trouvent ça drôle et ils finissent toujours par me dire: bon appétit!"

Ont-ils déjà été malades? Ils jurent que non et conseillent à quiconque voudrait essayer cette méthode d'alimentation d'utiliser son gros bon sens. "Si ça pue, tu ne le manges pas!" suggère judicieusement Yanni. Avec des années d'expérience, Emmanuel assure que les yeux deviennent de véritables "scanners de moisissure".

Depuis sept mois, Yanni est un heureux papa. Il dit ne voir aucun problème à ce que sa fille mange des purées de carottes bio recyclées du conteneur. La maman, depuis longtemps convertie, est bien d'accord. Si c'est bon pour eux, c'est bon pour bébé!

Font-ils des découvertes déplaisantes? Les deux comparses affirment n'être jamais tombés sur des rats ou autres bestioles du genre. Les conteneurs étant vidés tous les jours, ils restent assez propres et aucune vermine n'a le temps de s'y installer. Mais ça ne sent évidemment pas la rose, surtout en été...

La seule surprise vraiment désagréable qu'ait eue Manu durant sa longue carrière de fouilleur de poubelles fut lorsqu'il ouvrit un sac d'une couleur différente des autres, sans doute mis là par un résident en retard pour la cueillette des ordures: il était rempli de couches usagées!

Leurs plus belles trouvailles? Yanni a mis la main sur des caisses entières de boîtes de céréales de toutes sortes, mal étiquetées. Il en a mangé jusqu'à l'écoeurement et a distribué le reste aux copains. Quant à Manu, il est tombé sur une fromagerie qui fermait ses portes en laissant derrière elle des dizaines et des dizaines de meules de fromages... ainsi qu'un magnifique comptoir en bois massif!

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06 sept. 2006, 18:51
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Salut moi j'ai une copine à edmonton, alberta qui m'a initiée à ce phénomène et il y deux épiceries bio pas trop loin de l'université là-bas qui sot super, j'ai trouvé des centaines de dollars de viande gelée une soirée, une chance que j'avais un gros sac. Je suis maintenant revenu à montréal et ej cherche les bon spots, dommage que les grosses épiceries jettent tout dans un compresseur, personne peut aller récupérer leur mine. si vous avez des bons spots, email-ez moi, je vais investiguer et je vas reposter
03 août 2003, 13:13
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Je n'aurais pas cru, car je n'y aurais pas pensé! Mais c'est pourtant une excellente idée! On jette maintenant tout ce qui n'est pas conforme à nos standard, sans pour autant qu'il ne soit pas bon. Des débrouillards, nous en avons besoin pour nous faire découvrir autres choses que ce que nous sommes habitués de connaitre. Un épicerie à même la poubelle est une idée à la base qui semble farfelue, mais on se rend vite compte au fil des lignes, c'est un bon moyen économique et écologique. Il y a assez de nourriture pour nourrir des centaines et des milliers de famille! Alors, pourquoi refuser?
23 juil. 2003, 11:33
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Bravo à cette initiative. Je dois dire que ce n'est pas pour moi, je serais incapable de manger des poubelles, même si les rebuts sont des plus appétissants. En situation d'extrême nécessité, probablement que nous le ferions tous, mais j'ai été étudiant moi aussi et je n'aurais jamais accepté de manger des vidanges. Si des gens ont la capacité de manger ce genre de choses et que cela ne leur occasionne aucun dégoût, alors j'admire ce genre d'action. Je profite de ce commentaire pour dire que nous devons apprendre à nous responsabiliser et à changer nos comportements pour que le gaspillage de masse cesse. Si chacun de nous faisait attention à la quantité de nourriture commestible qu'il jette ce serait déja un bon début! Pourquoi acheter la plus grosse laitue (au même prix) quand on va en jeter la moitié car on est incapable de toute la manger??? Responsabilisons-nous dans un effort commun contre le gaspillage!
19 août 2003, 21:09
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L'oeil entraîné à détecter les moisissures... tiens tiens. Et les oeufs des mouches, que celles-ci déposent extrêmement vite sur la bouffe les jours de chaleur, vous y avez pensé? La journaliste a bizarrement éludé cet aspect de la chose, lorsqu'elle parle de ce qu'on trouve dans les containers. Je trouve l'opportunisme de nos recycleurs brillant, mais j'avoue ne pas être prête à partager leur passion.J'ai mal au coeur(pure vérité..je me suis empoisonnée de steak haché depuis trop longtemps au congélateur.beuuurk)
11 août 2003, 12:36
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En lisant l'article, je ne savais pas trop si j'étais dégoûtée ou impressionnée. Une chose est sûre: j'étais conscientisée. De savoir qu'il y a assez de bonne nourriture dans une poubelle pour nourrir trois familles, ça fait réfléchir. Tout le monde sait qu'il se gaspille beaucoup trop de ressources dans la société d'aujourd'hui mais quand réagira-t-on vraiment? Pourquoi investir tant d'argent sorti des poches des contribuables pour nourrir les sans-abris quand les entreprises (restaurants, épiceries etc) pourraient faire don de ce qu'elles jettent (du moins, ce qui peut être consommé)? Je suis sûre que des tas de bénévoles se feraient un plaisir d'apprêter ces aliments pour soulager les ventres creux. Moi la première.
10 août 2003, 18:45
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Il y a de quoi rester pantois après cet article. De un, il existe des gens qui vident les conteneurs comme mode d'alimentation. Faut franchement le faire. Pour avoir été un inspecteur en environnement durant l'été à la Ville de Laval, des conteneurs dégoûtants il y en a beaucoup plus que ce qu'ils veulent bien nous raconter. Ils semblent avoir découvert une mine d'or, ils n'en révèlent d'ailleurs pas l'emplacement, ce qui peut laisser penser que les trésors ne sont pas l'apanage de tous les conterneurs. Deuxièmement, son propos tient presque de l'horreur lorsque l'on réalise combien de nourriture se perd sans bonnes raisons. L'histoire retiendra probablement ces détails de notre époque, une société de surconsommation qui avait le moyen de jeter sa ressource aux poubelles sans se soucier de ceux qui crèvent de faim à l'autre bout de la Terre. J'espère juste que l'on ne verra pas apparaître une nouvelle mode chez les moins bien nantis. Être pauvre n'est pas une raison pour s'humilier, s'abaisser au point d'avoir à fouiller dans les restes des autres. Plusieurs restaurants participent à des programmes de dons de nourriture aux organismes qui s'occupent de nourrir les sans-abris et les pauvres. Il faut continuer de dénoncer le gaspillage, particulièrement celui des grandes chaînes d'alimentation qui n'hésitent pas à jeter de la viande qui est toujours bonne. Le soucis de la qualité de ces entreprises doit cesser d'être source éhontée de gaspillage systématique. Il y a quelques années des gens avaient dénoncés Tim Horton qui jetait des beignes, muffins, etc, tout frais simplement parce qu'ils avaient été faits depuis plus de 12 heures. Il serait curieux de voir ces chaînes ouvrir une commande pour emporter de nourriture prête à jeter. Il serait intéressant de voir la réaction du public, qui pourrait se procurer de quoi manger pour moins cher. On changerait peut-être les habitudes de consommation de toute la province.
06 août 2003, 21:34
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C'est bien qu'Emmanuel, et son entourage, ont le courage de faire ça ! Toujours est-il, que point de vue gaspillage, je ne suis pas surprise. Nous consommons avec exagération et les fournisseurs (dans ce cas, les épiciers) épris par "il faut que nos tablettes restent garnies" s'approvisionnent sans évaluer les réelles nécessités ! Encore là, malgré tout, ces même fournisseurs sont, probablement, suivis par des inspecteurs, je les comprends donc de toujours vouloir leurs aliments "hyper" frais. N'empêche, comme le rappelle cet article, il y a tant d'organisations qui auraient besoin de ce surplus de nourriture... Toutefois, cette histoire ne date pas d'hier ! Je me rappelle très bien qu'il y a quelques années, on relatait ce type de gaspillage chez McDonald et Dunkin'Donut... Est-ce qu'il s'est passé de quoi à ce niveau... Est-ce qu'une autorité, de quelque sorte et de quelque manière, est intervenue ? Non, je ne crois pas... En général, ce genre d'histoires n'entraînent pas beaucoup de vagues et ont tendances à être reléguées aux oubliettes ! Ouais, une vraie société de sur-consommateurs gâtés-pourris ! Et malheureusement, je fais partie du rouage !
30 juil. 2003, 18:56
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Je n'en reviens pas! Je savais qu'on gaspillait beaucoup, mais pas autant que ça. Je me demande comment ça se fait que la plupart des magasins d'alimentation n'aient jamais trouvé une solution pour récupérer. Ils ne se sont donc jamais questionnés à ce sujet? Jeter, c'est tout naturel?... Les habitudes alimentaires d'Emmanuel Blain-Cosgrove m'étonnent également. Je n'ai ni l'envie ni le cran de faire ce qu'il fait: trop dédaigneuse! Par contre, je lui voue une certaine admiration. J'ai peine à croire qu'on peut avoir une alimentation équilibrée uniquement en récupérant de cette façon. La viande, les oeufs, les produits laitiers?...
30 juil. 2003, 11:50
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Tout cela me laisse terriblement perplexe. En effet, notre ami, ci-haut mentionné, fait les poubelles. D'accord, il est ingénieux et débrouillard. Moi aussi, des fois, je trouve des choses intéressantes dans les poubelles (mais pas de la bouffe!). Seulement, est-ce que M. Blain-Cosgrove n'agit-il pas, en bout de ligne, de façon individualiste et pour lui seul? Oui, il démontre que beaucoup de commerces font du gaspillage et c'est scandaleux. Par contre, l'idée ne lui serait pas venue, à Emmanuel Blain-Cosgrove, de divulguer les endroits où il s'approvisionne. Oh! Si on le prend du point de vue individualiste, il a raison. Il n'a pas envie que les gens ayant lu l'article se ruent, le lendemain de sa parution, sur sa mine d'or. Cependant, du point vue social, ça aurait pu faire avancer davantage les choses. Je m'explique. À la lecteure de cet article, il y aura probablement quelques commerçants qui seront assez sensibles pour ne plus jeter leurs restants comestibles et auront la bonne idée d'en faire don à des organismes qui distribuent de la nourriture. Mais en nommant spécifiquement les commerces qui font du gaspillage, on les incite encore plus à faire des pas dans ce sens. C'est bien beau clamer tout haut que l'on peut se nourrir dans les poubelles mais, maintenant que la preuve est faite, il faut accepter maintenant de s'en servir pour qu'elle puisse venir en aide à d'autres gens; non pas en les encourageant à faire les poubelles mais en sensibilisant les commerçants.
27 juil. 2003, 02:04
Par: An Vu
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1 conteneur peut nourrir trois familles. Tous les conteneurs peuvent nourrir combien de personnes? À quand cette démarche pourra servir aux personnes qui ont faim à Montréal? En espérant que quelqu'un de plus audacieux que moi aura le courage de se lever et de nourrir les gens qui ont faim dans cette ville... et pas seulement eux...! (à défaut de ne pouvoir sensibiliser les gens aux gaspillage) Pour mériter les 89 cents que l'on paye, les magasins de beignes jettent leur beignes aux X heures. (X étant petit). Pour ne pas que leur beignes perdent de la valeur... ils n'autorisent même pas leurs employés à les ramener chez eux! Plutôt mourir que de les vendre moins cher parce qu'ils ne sont pas frais. Mieux vaut les balancer aux poubelles(et ainsi les donner gratuitement à Emmanuel!!) Moins de gaspillage ce n'est que mieux. Ici on ne parle que de nourriture... mais ce ne sont pas les seules choses que l'on retrouve aux poubelles... Dommage qu'il soit trop ancré dans la tête des gens que c'est dégradant de fouiller dans les poubelles... J'en suis à espérer que plus de monde le fasse... et qu'ils en soient respectés...
27 juil. 2003, 00:53
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Tant mieux si une famille peut profiter de ce qui se perd à Montréal. Je ne réalisais pas combien d'aliments étaient gaspillés. Je trouve cela écoeurant qu'en tant qu'espèce, nous nous permettions de retirer une quantité astronomique de ressources de la terre et que nous ayons même le culot de les gaspiller en les enfouissant! Nous devrions au moins en faire profiter ceux qui en manquent, ou du moins en donner aux animaux qui seraient très heureux d'y accéder.
24 juil. 2003, 14:08
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C'est sûr que tu économises mais je ne suis pas sûr que je suis prêt à ça...Aller fouiller dans les poubelles pour manger; c'est un peu fou, non?J e ne suis pas sûr que j'irais manger chez-eux...La nourriture peut passer plusieurs heures là et l'été ça ne doit pas toujours être facile surtout en période de canicule...Je ne dis pas que c'est dangereux pour la santé mais surtout pour les petites natures comme moi!!!
24 juil. 2003, 08:28
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Au-delà de la débrouillardise d'Emmanuel et de Yanni, cet article suscite une réflexion sur le fonctionnement actuel de notre société. Comment se fait-il que les commerces préfèrent jeter la nourriture en trop que de la donner aux organismes communautaires du quartier? Comment se fait-il que si la nourriture n'est pas parfaite nous refusons de l'acheter? De toute évidence, l'effort que cela demanderait pour s'organiser autrement dépasse de loin la volonté de la plupart des citoyens. Et ce n'est que lorsque chacun de nous va prendre conscience de l'importance de la récupération et de l'interaction entre toutes choses vivantes que la situation va changer.
22 juil. 2003, 12:38
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C'est incroyable de penser que nous jetons suffisamment de nourriture pour nourrir plusieurs familles! Dire que nous venons de la société où les mère disent à leurs enfants: '' mange ton assiette, pense aux pauvres qui meurent de faim dans les autres pays''. Il semble que l'on soit les rois du gaspillage! Des villages entiers se réjouiraient de nos ordures et ça fait du bien de voir qu'il existe des Québécois qui savent profiter de cette ressource! Il est dommage que les gens pauvres de chez nous ne puissent pas aussi se nourir de ces aliments. Plusieurs familles manquent encore de tout et il se perd tellement de choses! Les commerçants devraient donner plus aux organismes communautaires ou tenter de disposer les aliments de manière à ce qu'ils soient accessibles aux gens qui en ont besoin et qui sont moins capricieux que la moyenne des consommateurs.
20 juil. 2003, 19:55
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Je ne serais définitivement pas capable de faire ça nécessité ou non, mais je ne peux qu'encourager ce genre d'initiative. Je connais beaucoup de gens qui travaillent dans les épiceries et dans les restaurants et qui racontaient le gaspillage qui se fait dans ces industries c'est inimaginable. Beaucoup de restaurants de type fast food (duncan donuts, tim horton,mc donald) jettent la nourriture après un certain laps de temps sur les tablettes ou les réchauds; ce n'est pas que ce n'est plus bon mais ça ne correspond plus aux normes des chaînes. On voit souvent des quantités astronomiques de nourriture dans les containers, pourquoi ne pas appeler les organismes comme Moisson Montréal, beaucoup le font mais pas assez. Je recycle assez consciencieusement mais les poubelles non merci. J'aurais beaucoup trop peur de trouver des choses un peu trop dégueulasses . Tant mieux pour ceux qui peuvent se nourrir de cette façon mais n'en faites pas une mode et un cheval de bataille.