Dominic Gagné
Dominic Gagné - À surveiller
ARTICLE -
4 septembre 2003
Stéphane Despatie
"Le rôle du poète aujourd'hui est peut-être de rapprocher les gens, leur faire voir ce qu'ils ne voient pas, ce qu'ils ne voient plus, par habitude, parce qu'ils sont trop déconnectés." Dominic Gagné est né à La Tuque en 1977 et habite maintenant Québec. Comme un rituel de création, c'est en écoutant le disque No More Shall We Part de Nick Cave and The Bad Seeds qu'il a écrit Ce beau désordre de l'être, qu'il publie à l'Hexagone cet automne. Ce jeune poète, qui ne croit plus tellement à la poésie engagée, "tombée en désuétude", a été influencé par André Roy "pour la forme et la sensualité de son écriture", par Jean-Marc Desgents "pour son utilisation de l'image", par François Charron, de même que par Hélène Dorion "pour son souci du détail, pour le caractère intime de son oeuvre, et surtout, pour la simplicité". La simplicité, c'est un peu ce que Dominic Gagné veut apporter à la poésie actuelle, il veut "montrer la simplicité dans sa profondeur". L'auteur connaît bien ses contemporains, en poésie comme en musique - il écoute tous les genres -, et il apprécie aussi des poètes de sa génération comme Jean-Simon Desrochers et Tania Langlais. Pas de doute, Dominic Gagné connaît bien le paysage artistique où il pose les pieds. Il a déjà collaboré à plusieurs revues littéraires et publié un premier recueil, Fragiles Saisons à résoudre, en 2002, aux Éditions Trois. Surveillons-le: "Un enfant entre dans un silence/comme dans une voiture/il en sort des kilomètres plus loin".
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01 oct. 2008, 07:45
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Je termine la lecture de "Fragiles saisons à résoudre" et je suis encore sous l'émotion de la beauté de cette poésie, simple, mais qui atteint tout à fait la cible. Ainsi: "Jamais le voyage ne se termine / nous avançons plus loin encore / promeneurs sans âge / dans les sentiers de la rupture / chaque silence est un nouveau départ". Enfin une poésie accessible!
C'est le genre de poème qu'on aime lire et relire, pour véritablement s'approprier le sens que l'auteur veut bien lui donner. J'ai beaucoup de respect pour des auteurs comme Dominic Gagné qui s'aventurent dans des chemins peu explorés et si peu populaires de nos jours. Il faut, en effet, beaucoup de courage pour écrire des recueils de poésie, alors que ce genre est plutôt délaissé. Remarquez qu'à lire le recueil de Gagné, on se demande bien pourquoi! On ne pourra pas prétendre que c'est trop long! 4 lignes par page sur 75 pages, ce n'est pas l'enfer! Ça devrait donner le goût aux lecteurs d'essayer au moins une fois un tel livre. Et celui de Gagné est certainement un bon début!
Si vous avez la chance de parcourir ce petit opuscule, n'hésitez pas. Vous en sortirez ravi, j'en suis convaincu!
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10 sept. 2003, 12:52
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J'ai toujours beaucoup aimé la poésie même si c'est un style qui est moins populaire de nos jours. Ça me rappelle mes années de cégep où ce genre était au programme en français; on en lisait alors plus. Je trouve intéressant de voir qu'un jeune, un gars en plus, s'y adonne. Votre article m'a donné le goût de découvrir ''Ce beau désordre de l'être'' de Dominic Gagné...pour sentir et voir ce que je ne sens plus et ne vois plus!
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08 sept. 2003, 20:13
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La poésie est une écriture propre à elle même , autrefois la poésie était très romantique avec des comparaisons et des métaphores qui sont au dessus de l`imaginaire, maintenant la poésie est crue, les auteurs n`hésite pas une seconde à écrire ce qu`ils pensent de la vie en général. Pour ma part, j`estime que la poésie de nos jours manque de douceur et elle veut trop s`attarder à ce qui est désagréable dans la vie, je sais que la poésie vient de nous et surtout de nos expériences de vie mais ne croyez-vous pas qu`il y a un certain manque de subtilité dans les écritures de nos jours.
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07 sept. 2003, 14:00
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Je respire poèttt poèttt parce que je ne peux me dire poète. Tout d'abord parce que je ne produis pas. Deuxièmement parce que je ne lis presque pas de poésie. Et finalement parce que c'est un art, et que je ne suis pas un artiste ou bien même un artisan... des mots. Je suis seulement amoureux des mots. Un amoureux aux amours platoniques, mais non moins réels. Je me range du côté de monsieur Gagné qui, selon l'article, déclare qu'il va vers "la sensualité de son écriture". Mais je crois aussi que la poésie peut et doit occuper tous les discours, qu'ils soient politiques, sociaux ou bien courageusement littéraires. Car il faut, avec son imaginaire, avoir le courage d'aller vers l'autre. Avoir le courage de frapper à sa porte pour lui dire nous existons, toi et moi dans une réelle relation de mots, donc de communication. Pourquoi? pour dire par le Beau les choses. Pour dire le fond et l'arrière des choses.
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04 sept. 2003, 18:00
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Henri Matisse disait qu'il ne peignait pas le modèle mais l'impression que le modèle laissait en lui. Dominic Gagné dit quelque chose de semblable : « Le rôle du poète aujourd'hui est peut-être de rapprocher les gens, leur faire voir ce qu'ils ne voient pas, ce qu'ils ne voient plus. ». Poètes, peintres, cinéastes, littéraires, tous, tiennent le même langage. Notre monde est bel et bien déconnecté. Il est rivé sur le réel, rationnel, et cela l'empêche de prendre de la distance par rapport au réel. Les arbres, comme on dit, cachent la forêt. L'homme est à la recherche d'ordre et de logique. Le poète propose plutôt de contempler la forêt afin d'y déceler une réalité nouvelle investie de désordre mais aussi de simplicité. Pour employer une allégorie, je dirais que le poète propose à l'homme d'aller à vélo ; non pas en lui montrant toutes les lois physiques qui président à l'équilibre et à la gravitation, mais plutôt en enfourchant un vélo, carrément, et en apprenant sur le tas à se maintenir en selle. Voilà une manière d'être profondément différente de celle à laquelle nous sommes habitués. Nous avons construit un monde rationnel dans lequel nous excellons et qui correspond à nos structures mentales de logique et d'ordre. Chacun vit dans son monde, isolé des autres. Le poète nous propose autre chose, soit un monde multiple, saisi d'emblée, de manière synthétique plutôt qu'analytique. Cette manière transcendante de s'approprier le réel est à l'origine de bonds (on pourrait dire de sauts quantiques) de la connaissance, comme semble le suggérer l'extrait du poème (dernière ligne).
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