L'industrie funéraire
Cadavre exquis
Moins de religion, plus de personnalisation, mort commercialisée et rites funéraires en kit. Le marché de la mort a le vent dans les voiles. La diversité culturelle et l'athéisme grandissant dans la société nord-américaine obligent l'industrie funéraire à se réinventer. Il est loin derrière le cliché du croque-mort verdâtre dans Lucky Luke. Aujourd'hui, la mort est un marché bouillant d'activité, la clientèle a de nouveaux besoins; l'industrie funéraire entre probablement dans la plus grande mutation de son histoire. Comment vivre sa mort au XXIe siècle?
Un rendez-vous manqué... Monique Lafontaine, une massothérapeute de 55 ans, a perdu, il y a quatre ans, l'homme qui partageait sa vie depuis 31 ans. Ce deuil l'a fait réfléchir non seulement sur sa propre disparition, mais aussi sur celle de ses pairs. Elle aurait voulu mieux vivre la mort de son mari. "Il était atteint d'un mal très complexe médicalement, dit-elle. Aucun médecin ne pouvait dire s'il allait mourir. Sa mort a donc été occultée jusqu'à la fin, ce qui nous a empêchés de l'affronter et d'en parler." Monique a aujourd'hui l'impression d'avoir vécu un rendez-vous manqué: "Mon seul regret aura été de ne pas en avoir parlé avec lui, qu'on ne se soit pas préparé mutuellement à ça. C'est un adieu qu'on aurait dû se faire."Ce triste événement a fait réfléchir Monique quant à sa propre mort, qu'elle espère rapide et subite. "Mourir dans mon sommeil, d'une crise cardiaque, à 78 ans", dit-elle. À ses funérailles, elle voudrait de la musique. Plus particulièrement la chanson Il était une fois des gens heureux, de Stéphane Venne. Une chanson qui lui rappelle l'époque de son enfance, "le petit Québec un peu frileux des années 1950". Beau programme. Elle voudrait aussi que l'on disperse ses cendres. Au Costa Rica, peut-être. "Si on veut venir me voir, il va falloir voyager. Et je crois que les voyages améliorent la vie." Monique espère laisser derrière elle des valeurs d'authenticité et ce goût de "toujours faire une recherche personnelle pour s'améliorer". Mourir comme au XXIe siècle "C'est comme vous voulez", dit la publicité d'Urgel Bourgie, conçue par l'agence BOS, dans laquelle on voit des gens qui, comme Monique Lafontaine, expliquent avec des étincelles dans les yeux le scénario de leurs obsèques. Chaque fois, la cérémonie est décrite comme une fête, une célébration. "On a voulu faire passer le message que, contrairement à ce qui avait été le cas dans notre industrie, chez Urgel Bourgie, on est très ouvert d'esprit", explique Denis d'Etcheverry, président d'Urgel Bourgie. "On a une salle multimédia, poursuit M. d'Etcheverry. Les gens peuvent apporter des DVD ou des VHS, on est en temps réel sur ordinateur et les gens peuvent assister à la cérémonie grâce à une caméra Web. Dans la majorité de nos salons, on offre aux gens d'apporter leur propre environnement musical." Parfois, les demandes des clients sont plus précises: "Pendant la période des visites, par exemple, la dépouille sera présente et on va avoir un pianiste qui va jouer, on va servir l'apéro, c'est une réunion, ajoute Denis d'Etcheverry. On va aussi nous demander que les visites n'aient pas lieu nécessairement dans un salon funéraire. Avant, on ne voyait pas ça." Mais c'est aux États-Unis que l'on trouve les idées les plus créatives en matière de funérailles. Ainsi, il vous est possible d'amalgamer vos cendres à un diamant afin de laisser un souvenir éternel à vos survivants. Vous pouvez aussi vous faire exposer près d'un étang, dans une cuisine ou dans un gymnase, si le cour vous en dit. Vous craquez pour la momification? Et pourquoi pas un film de votre vie, qui sera projeté lors de vos funérailles? Ou un mausolée virtuel, un site Internet en souvenir de vous? En ce qui concerne les lieux de repos éternel, ce n'est pas non plus le choix qui manque. À votre trépas, vous pourriez faire disperser vos cendres aux quatre vents par avion ou les déposer en mer, comme l'ont fait avant vous Janis Joplin, Steve McQueen et John F. Kennedy. Une compagnie offre même le service de disperser vos cendres dans l'espace! Funeral Latina, une entreprise de pompes funèbres de Salt Lake City, a lancé cet été un service conçu expressément pour les clientèles hispaniques, en proposant de transporter et d'enterrer les dépouilles sur leur terre natale comme le veulent certaines cultures. La dernière tendance: les cimetières écolos, comme celui de Ramsey Creek à Westminster en Caroline du Sud. Des cercueils biodégradables, ensevelis en milieu naturel. Pas d'herbicides, pas d'embaumement avec des produits chimiques. "De la terre, tu retourneras à la terre", dit-on. La mort évolue... C'est d'abord la transformation de Montréal en ville cosmopolite qui a forcé l'industrie des services funéraires à revoir ses pratiques. "Montréal, ce n'est plus ce que c'était, soutient Denis d'Etcheverry. Avec l'arrivée de toutes ces nouvelles communautés culturelles, des gens commençaient à nous demander des choses particulières." Depuis une vingtaine d'années, la population n'est pas seulement plus cosmopolite, mais aussi plus athée. "Le rapport à la mort n'est plus du tout un rapport religieux", dit Jean-Jacques Lavoie, directeur de Frontières, la revue du Centre d'études sur la mort. Avec l'athéisme toutefois, c'est la panne de rites. "Les psychologues le disent, le rite est capital pour éviter le deuil pathologique", poursuit M. Lavoie. Si autrefois les rites entourant la mort étaient coulés dans le dogme et jamais remis en question, ce n'est plus le cas aujourd'hui. "La baisse de la fibre religieuse fait que les rituels catholiques sont abandonnés, explique Alain Leclerc, directeur général de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ). Il n'y a plus de livres de recettes entourant les funérailles. Devant cette absence de rituels, l'industrie se met à offrir toutes sortes de choses." La fin des baby-boomers Un dernier facteur vient expliquer la soudaine vivacité des entrepreneurs de pompes funèbres. Les baby-boomers s'éclipsent tranquillement et le rapport qu'ils entretiennent avec la mort est fort différent de la génération qui les a précédés. "Jusqu'à tout récemment, il était préférable de vivre une lente agonie plutôt qu'une mort brutale, explique Jean-Jacques Lavoie. La lente agonie permet de se préparer à aller au ciel et de recommander son âme à Dieu. On vivait sa mort. De nos jours, on préfère mourir sur-le-champ, de façon subite. Toute méditation sur la mort est superflue, pour ne pas dire carrément morbide ou pathologique." Même si les baby-boomers préfèrent évacuer le sujet, la fatalité les rattrapera irrémédiablement au cours des prochaines décennies. Les entreprises de services funéraires le savent et attendent patiemment le boom. En 2002, 55 000 personnes sont décédées au Québec. "Le nombre de décès augmente d'environ 1 % par année, note Alain Leclerc. Par contre, Statistique Canada prévoit que ce nombre grimpera à 70 000 en 2011, à 80 000 en 2021 et à 100 000 en 2031." En attendant, la seule façon, pour les salons funéraires, d'être proactifs, ou plutôt d'aller chercher une nouvelle clientèle sans être à la merci des hasards de la vie, c'est en vendant ces fameux préarrangements. "À 50 ans, les baby-boomers représentent une clientèle qui achète des préarrangements. C'est pour ça que la stratégie d'Urgel Bourgie, entre autres, est orientée vers ce groupe d'âge", ajoute Alain Leclerc. Chez nos voisins du sud, 20 % des gens qui décèdent ont actuellement des préarrangements. Le fonctionnement est simple: vous choisissez aujourd'hui votre cercueil, spécifiez le déroulement de votre cérémonie, et vous payez le montant qu'auraient coûté vos funérailles si vous étiez mort aujourd'hui. Alléchant? Oui, sauf que les salons funéraires s'en mettent plein les poches puisqu'ils réinvestissent cette somme d'argent et récoltent des intérêts jusqu'à votre décès. "Acheter un préarrangement n'est pas un geste économiquement rentable pour l'individu, ajoute M. Leclerc. Il faut savoir que les intérêts des placements sont généralement plus élevés que le taux d'inflation", ajoute Alain Leclerc. Le bien-mourir, ce n'est pas le bouquet Bref, pour contrer cette commercialisation à outrance de la mort et éviter que des clients se fassent rouler par leurs entrepreneurs de pompes funèbres, la FCFQ conseille aux futurs trépassés d'accepter de parler de la mort. Pour plusieurs personnes, les funérailles sont souvent la troisième plus grosse dépense d'une vie. "Les gens se font avoir par ignorance, dit Alain Leclerc. Et quand vient le moment d'en parler, ils font affaire avec des experts en marketing et en vente de produits de toutes sortes et se font monter une facture épouvantable. Si les gens avaient parlé de la mort de leur vivant, ils auraient été plus en mesure d'identifier ce qui est important à leur décès et revenir à ce qui est essentiel pour eux. Et on suppose que l'essentiel, ce sont des valeurs fondamentales et simples d'entraide et de solidarité plutôt qu'un gros bouquet." Renseignement supplémentaires Hausse des décès: les croque-morts se réjouissent Qui ne se souvient pas du croque-mort des bandes dessinées de Lucky Luke qui se frottait les mains avec satisfaction quand un duel armé se préparait? Malgré que leur tâche soit tout sauf ordinaire, il reste que les entrepreneurs en services funéraires sont des hommes et des femmes d'affaires. Aussi, ils sont à l'affût des fluctuations de leur "marché". Pas étonnant, donc, de voir que la Fédération des coopératives funéraires du Québec s'est réjouie publiquement quand le nombre de décès par an a défoncé le cap des 50 000 et que ses membres voient d'un bon oil les statistiques qui démontrent la hausse importante de la proportion de personnes âgées dans la population. Cependant, preuve que la mondialisation économique touche tous les secteurs, ils s'inquiètent de l'accaparation du marché funéraire québécois par des entreprises venues des États-Unis, lesquelles traitent près de la moitié (20 000) des décès enregistrés annuellement (52 000) dans la province. Des 320 entreprises comptabilisées au Québec, 200 traitent moins de 100 décès par année. Dans certaines régions, les entreprises états-uniennes possèdent plus de 50 % du marché, comme c'est le cas au Saguenay avec S.C.I. À quand des comptoirs de services funéraires dans les Wal-Mart? (Claude Giguère)
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05 nov. 2005, 15:10
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Si la génération des baby-boomers est la prochaine génération à décéder en masse, la génération des X et la suivante sera la génération qui vivra le plus de deuil... Souvent, et je le constate car je suis moi-même dans le domaine funéraire, la génération de 50 et plus est très égoiste dans ses comportement social. La grosse voiture, la grosse maison, les grosses dépenses et pas beaucoup de temps pour la vie de familles, petits-enfants et autres. Il est évident que cette génération d'éternel consommateurs ne veux pas que personne décide à leurs place comment leurs corps finira!... De toute façon, il ne restera pas grand chose financièrement pour les frais funéraires Malheureusement, le manque de liens affectifs avec les autres membres de leurs famille leurs fait oublier que ce sont les proches et non celui qui décedra qui vivront un deuil. Quel crise nous vivrons collectivement quand ils commenceront à décéder en masse! Je peux vous prédire alors que ce seront les psy qui feront des fortunes!!! Baby-Boomers! Allez consulter vos enfants avant de prendre des pré-arrangements cela vous permettra peut-être finalement d'être percu comme de êtres moins égoistes aux yeux de vos enfants... Mais... C'EST COMME VOUS VOULEZ!
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10 oct. 2003, 10:05
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J'ai tout de suite vu que les pompes funèbres c'était du bidon quand mon père est mort. Du curé qui me lançait des regards violents car je ne pleurais pas et qui se trompait sur toute la ligne en parlant de mon père, à l'embaumeur qui avait transformé mon pauvre paternel en Bob Barker fluorescent. Un véritable cas de taxidermie .
Alors comment réagir devant une industrie qui non seulement n'arrive pas à faire correctement ce qu'elle annonce mais qui en plus profite d'une clientèle captive? Comment réagir quand on nous force à acheter la mort, nous qui avons passé notre vie à acheter l'attention, le pardon et l'amour?
Comme tout le reste nous abdiquons, même si nous savons avec certitude que ceux que l'on aime n'ont pas besoin d'être exposés, n'ont pas besoin de beaux cercueils ou de belles urnes et n'ont cure d'illustres inconnus venant raconter une allégorie sur leur vie.
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06 oct. 2003, 16:16
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L'on croit souvent que la vie, la mort, sont des réalités simples à percevoir, des données immédiates portées à la conscience par une réalité abrupte qui nous les jette au visage dans toute leur signification et que celles-ci sont les mêmes à travers tous les âges et dans toutes les sociétés. L'on s'aperçoit de plus en plus que ces concepts ne sont pas si simples et que nous les construisons beaucoup plus qu'ils ne nous construisent ou nous démolissent selon le cas. Alors que pour la mort il n'y a pas si longtemps, il suffisait de choisir une tombe, une stèle ou un cortège funéraire pour se démarquer de ses voisins, voilà qu'il y en a maintenant qui font la tombe buissonnière, qui se choississe à qui mieux mieux des cimetières marins ou qui veulent répandre leurs cendres en les semant à tout vent comme le voulait faire jadis un certain petit Larousse. Fort bien pour qui en a les moyens et l'originalité, mais pour la plupart qui n'ont pas cette veine, la mort risque de leur paraître bien triste, eux qui devront se contenter de nos cimetières d'antan sur lesquelles les neiges n'arriveront pas à recouvrir leur ennui.
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04 oct. 2003, 18:12
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Ce qui est triste de constater dans tout ça c'est que notre société est de plus en plus individualiste et que les gens sont obligés de faire des préarrangements pour leur propre mort, comme s'ils avaient peur que les proches et les enfants ne suffisent à la tâche. Je ne sais pas si vous avez déjà travaillé dans un hôpital, mais il est cynique de constater que de plus en plus de gens meurent dans la solitude et sont complètement démunis sur le plan humain et affectif. Donc, quand on a de l'argent à jeter par la fenêtre, il ne faut pas prendre de chance, il faut s'assurer que notre départ soit joli et non dépouillé. Comme si l'embellissement d'une réalité malheureuse pouvait la rendre moins douloureuse et moins épeurante. Certaines personnes ne prennent pas le temps de vivre ici-bas dans notre monde et tout ce qu'ils font est réglé à la minute près, même leur mort. Quand nous nous préoccupons trop d'avance de notre mort, c'est que nous avons abdiqué devant la vie et que nous avons perdu confiance en l'avenir. Une personne qui a encore de belles choses à vivre ne se soucie guère de la mort, elle profite entièrement de chaque minute de sa vie.
Ce qui est déplorable dans tout ça, est que les personnes en deuil son toujours plus affectées au niveau émotionnel et sont donc plus vulnérables. Elles constituent donc des proies souvent faciles pour certains rapaces. Et de nos jours nous savons tous que la valeur suprême pour beaucoup de personne est le profit. On s'en fout carrément du caractère sacré de la vie et de la mort. On s'en fout royalement de la souffrance de gens qui ont perdu un être cher, il faut presser le citron, même dans les moments les plus douloureux. Il faut exploiter les gens jusqu'à leur dernier repos. Quand nous pouvons quantifier la mort par des chiffres et lui attribuer un prix, la vie et l'âme des êtres humains n'ont plus de valeur derrière tout ça....
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04 oct. 2003, 16:54
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Il faut planifier son temps au secondaire, courir au cégep, ne vivre que pour les études à l'Université et planifier la vie amoureuse entre les cours et le boulot à temps partiel, trouver un boulot sans se faire exploiter à l'os, acheter, consommer, se marier, avoir des enfants, des autos, une maison, un chalet, des voyages et préparer son fond de pension et cela sans avoir divorcer si nous évitons les statistiques hétéros existantes. OUF ! Ha oui, il faut que je dise où que je planifie ma mort hi hi hi hi hi Pour vrai ! Je m'en fous comme je me fous que les gens me regardent de travers parce que je préfère payer un loyer que d'avoir un condo. Mourir dans mon logement que j'aime ou mourir dans un condo, je sais que je mourrai. Pour le reste, il y a la vie et c'est ce qui prime chez moi et pour les gens et ce qui est vivant. Le temps que je planifie ma mort, je ne vivrai pas, car il y a un coût de temps, d'énergie et d'esprit à vouloir avoir une mort à son goût. Je mourrai comme je suis né, sans attente et en laissant un cri de libération. Du cri primal au cri final j'aurai vécu comme je l'aurai pu ou voulu selon les choix que j'aurai savourés malgré parfois les résultats. Pour le reste, organiser sa mort veut dire pour moi porter encore davantage d'attention à mon physique qu'à mon âme. De toute façon, jamais ont pourra organiser exactement mon corps comme je le voudrais, alors je préfère quitter seul avec mon âme que personne ne pourra manipuler lorsque je quitterai ce corps qui m'est prêté. Pour le reste, je préfère faire l'amour et un bon repas au resto avec l'être aimé que de planifier ma mort. Bref, je préfère m'organiser que de me faire organiser, même à ma mort...
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03 oct. 2003, 21:38
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Société de consommation oblige, la vente pour tout, aucune raison d'épargner les gens quand la mort les guette. C'est vrai que pour beaucoup de gens qui aiment planifier leurs propres funérailles, c'est mieux qu'eux s'occupent de tout, plutôt que de mettre les dépenses, les arrangements et l'administration du dossier à la famille et les proches éplorés. Ainsi le client pourra vraiment dépenser pour ce qu'il tient à avoir. Excellent à ce niveau de prévoir la cérémonie, les particularités, la musique, le repas ou autre et de mettre notre grain de sel pour que, rendu au salon funéraire, notre entourage ait un clin d'oeil de notre part. A ce stade-ci, je suis en accord avec le concept. C'est notre mort, aussi bien faire les choses comme on l'entend.
Mais attention, les salons funéraires veulent que le client ne se limite pas, et ils vont forcer sur vous le modèle de cercueil modèle limité à 100 exemplaires, griffé d'un célèbre designer, en bois d'un arbre cultivé par les indigènes d'une île de Micronésie d'où la rareté du produit, avec des poignées en or 24K, au tissu provenant d'une tenture de l'époque de Louis XVI que Marie-Antoinette avait admirée... et ils en mettent du beurre. Et la facture grimpe. Les arrangements pré-funéraires, les assurances pré-entretien du terrain au cimetière, on vous proposera sans gêne d'hypothéquer votre maison pour ça.. pourquoi penser à un héritage aux survivants, ils vont dire: c'est votre argent, dépensez-le pour vous (omettant de finir la phrase: dépensez-le pour vous, mettez-le dans nos poches!) Les salons funéraires forcent grandement la mesure. Comme tout coup de marketing, il y aura toujours des gens qui vont mordre à l'hameçon, qui ne réalise pas du tout qu'ils se font avoir. 3000$ pour être exposé dans une boite de bois de luxe pour faire plaisir à la galerie durant 2 ou 3 jours, puis être déplacé dans le vrai cercueil (qui peut être aussi extravagant $$$): ça demeure un bon deal, pas pour toi, mais pour Urgel seulement !!!
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03 oct. 2003, 14:31
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Je veux qu'on chante, je veux qu'on rie quand c'est qu'on mettra dans l'trou... Jacques Brel sarcastiquement a écrit une de ses belles chansons sur ce sujet: notre mort et la cérémonie qui la suivra. Cette cérémonie qu'on voudrait à l'image de notre vie: un symbole de nos valeurs.
Qui n'a pas été ému aux larmes quand sur la magnifique chanson de Neil Young, la caméra survole l'appartement de l'avocat maintenant décédé, interprété brillamment par Tom Hanks, dans "Philadelphie". La tendresse de ces adieux à un être cher est émouvante. Ou alors, rappelez-vous ce film où un père mourant laisse à son enfant une bande vidéo pour lui livrer un message d'amour: Keaton dans "Ma Vie". Quant à moi, c'est la troublante scène de "Un zoo la nuit" qui demeure la plus empreinte de ce que devrait être une cérémonie funèbre. Maheu y baigne et lave le corps de son père décédé avec des gestes lents dans un espace-temps qui n'appartient qu'à eux et eux seuls. Ce que je reproche à cette surenchère de cérémonie symbolique, c'est le message. Hors il n'y a pas de message à offrir. Il y a un moment de recueillement à saisir, un instant où notre fragilité et toute notre force de vie se trouvent confrontées à l'inéluctable mort. Notre vie est à ce prix. Il n'y a pas lieu d'enchérir sur la mort; juste en saisir le moment, en accepter la forme et retrouver un chemin vers le père, le frère, la mère ou la soeur maintenant disparu à la vie.
Que nos cendres ou notre corps repose en un lieu choisi, soit mais après ça: Silence.
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03 oct. 2003, 12:26
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J'ai lu ce texte avec beaucoup d'attention et il m'a laissé songeur. Certes, j'ai beaucoup de respect pour ces ouvriers des salons funéraires. Côtoyer la mort de façon quotidienne me serait insupportable. Devoir consoler les êtres qui souffrent et pleurent la perte d'un être cher me serait impossible. Être à la disposition de la communauté vingt-quatre heures sur vingt-quatre me serait intolérable. Bref, j'ai beaucoup de respect pour ceux qui ont choisi cette vocation, car c'en est une. Mais moi je ne ferais jamais ce travail. J'en serais bien incapable.
Par ailleurs, beaucoup se sentent offusqués du fait que les coûts funéraires ne cessent d'augmenter et que les salons funéraires en tirent profit. Or, il faut se rappeler que le coût de la vie augmente sans cesse et que, malheureusement, la mort n'y fait pas exception. Pourtant, le débat ne se situe pas uniquement au niveau pécuniaire. Il faut aussi respecter la volonté du défunt.
Personnellement, j'ai déjà élaboré mon testament et pris les dispositions pour mon enterrement (et je n'ai pas encore 40 ans). Pourquoi? Tout simplement pour éviter que l'on dénature ma volonté. Je veux mourir dans une simplicité absolue, donc à l'image de mon existence. Je ne veux pas de cercueil en or, de pierre tombale ou de caveau, de cérémonie religieuse sans fin, ni d'interminables heures d'exposition où les hypocrites viendront verser quelques larmes pour se soulager un peu la conscience.
Comme j'ai toujours eu une vie des plus simple, je me contenterai d'être incinéré pour que mes cendres puissent être dispersées dans le Lac Laflèche où j'ai passé ma plus tendre enfance. Et je veux qu'une fête soit organisée pour ma famille et mes amis. Quelque chose de simple, pour que ma famille puisse avoir le réconfort nécessaire. Aussi, je veux éviter à tout prix que l'on puisse exploiter ma mort en imposant des dépenses injustifiées aux membres de ma famille. Je veux mourir en ne demandant rien à personne. C'est mon souhait le plus cher.
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03 oct. 2003, 12:23
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C'est drôle que vous traitiez cette semaine du sujet des salons funéraires car j'avais dernièrement une conversation avec un ami sur les besoins qui iront en grandissant dans l'industrie des soins de santé de même que dans l'industrie funéraire en raison du vieillissement de la cohorte des « baby-boomers ».
A la lecture de votre article, il semble bien que les stratèges des grandes chaînes funéraires aient eu la même conversation. Mais cela me rappelle aussi ce que disait un sociologue dont je ne me souviens plus du nom. Ce sociologue avait pour thèse qu'on pouvait pleinement comprendre les fondements d'une société en étudiant la façon la place qu'y prend la mort en s'intéressant notamment à la manière dont on s'occupe des morts. Prenez l'Égypte ancienne : les rites funéraires y étaient très élaborés puisque le passage de l'âme vers l'au-delà devait être soigneusement préparé.
Il ressort clairement une chose du marketing des gens de l'industrie funéraire avec leurs plans individualisés et leurs pianistes, apéros et salles multimédia : notre société est mercantile et la vie y est vue comme un spectacle. On passe sa vie à dépenser pour faire rouler l'économie et on doit dépenser le paquet une dernière fois même après le grand saut. Alors aussi bien faire un bon show.
Certains verront cela de manière négative mais ce n'est qu'une constatation. Le bon côté des choses est que l'individualisme dans notre société est poussé au point où tous sont libres de choisir le type d'obsèques qu'ils désirent sans avoir à choisir les services à « haute valeur ajoutée ». Même si le cercueil est inconfortable, peu de clients reviennent pour s'en plaindre.
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03 oct. 2003, 01:31
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Anciennement, les gens pouvaient exposer leurs morts dans la maison familiale, leurs faisaient une petite cérémonie et les enterraient sur leurs propres terrains. Au revoir et merci encore! Et ça ne coûtaient rien ou presque. Imaginez, aujourd'hui, il faut payer pour mourir!
Des gens qui veulent se payer des fantaisies, pourquoi pas. Ceux qui veulent faire les choses en grand, d'accord. Généralement, il faut prendre des assurances-vie, de façon à ce qu'un future défunt ne puisse incomber les frais à sa famille. Et quels frais! Salon, cercueil, crémation ou enterrement, cérémonie etc. Quand les gens peuvent se le permettre...
Mais les pauvres? Les moins bien nantis? Obligés de se payer un cercueil, obligés de payer une place pour mettre leurs morts. Il ya la possibilité de répandre les cendre et de les mettre dans une boîte à biscuit plutôt qu'une urne, mais il reste la crémation. Il y a bien les fosses publiques, mais ça prend un cercueil. On ne s'en sort pas! Et les gouvernements paient très peu ou pas pour ça.
Aux Indes, ils n'ont pas ce problème. On peut transporter un cadavre sur le toit de son auto et aller larguer dans le Gange. C'est peut-être pas le meilleur exemple car ce n'est pas hygiénique mais ils ont quand même le droit de disposer eux-mêmes des morts. Et ça ne serait pas si mal ici. Le tout régit par des lois strictes mais qui permettraient aux gens d'exposer chez eux et de les faire enterrer sur des terrains régis par le gouvernement.
En bout de ligne, les entreprises funéraires nous disent, Urgel Bourgie en tête, qu'ils se soucient des désirs de chacun, tant qu'ils paient.
Finalement, ce n'est pas "comme vous voulez" mais plutôt "Comme vous pouvez!"
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03 oct. 2003, 00:44
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Je sursaute quand je lis que les funérailles sont pour plusieurs la troisième dépense en importance d'UNE VIE. N'est-ce pas même un peu ironique? Le porte-parole de la Fédération des coopératives funéraires du Québec doit bien savoir de quoi il parle, pourtant...Chercherait-on parfois à racheter une vie plate ou ratée, à rendre de grands hommages à quelqu'un que, jusque là, on avait négligé?
Les rites funéraires, bien sûr, peuvent aider à apaiser les survivants, mais une bonne partie de ces rituels échappent à ce que les salons funéraires peuvent offrir. Je n'ai rien contre le service personnalisé et toutes les variantes adaptées offertes par les entreprises. Je veux juste souligner que lorsque l'on vit réellement un deuil, lorsqu'on a aimé une personne et qu'elle meurt, notre attachement et nos liens avec ceux qui survivent à la personne nous inspirent toute sorte de façons de vivre cette perte. J'ai eu cette expérience de mettre au point des petits rituels qui n'étaient ni achetables ni vendables, et je n'ai par chance pas croisé de requin (bien qu'il en existe). Peut-être d'ailleurs font-ils de meilleures affaires là ou l'amour n'est pas au rendez-vous, là ou il y a un vide de sens à combler.
Je crois que nos proches devraient savoir si on souhaite être incinéré ou inhumé mais pour le reste, je ne vois pas l'intérêt d'imaginer une sorte de mise en scène comme le suggèrent certaines publicités, les rituels sont pour moi du côté des vivants, pour les besoins de leur deuil, si deuil et chagrin il y a.
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03 oct. 2003, 00:24
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Que les anthropologues me le confirment, l'enterrement des morts par les hommes constituent, avant l'invention de l'écriture ou la fabrication d'outil, l'étape dans l'évolution qui distingua l'homme des ses ancêtres primates.
Il est intéressant de noter que ces derniers temps, il fut beaucoup question de la futilité du mariage et des religion, et on avait négligé le rituel funéraire, une institution « anthropologiquement » importante. (Le mariage intimement relié aux religions n'est en somme que très récent.) Et même au delà, la zoologie est en train d'étudier certains espèces ont eux aussi des rituels entourant la mort, ils se doivent de mourir dans des endroits précis. Ainsi, faire fi de la disparition d'un de proches nous abaisserait à un rang encore moins élevé que certains espèces animales. Il ne coûtait rien à l'homme préhistorique de trouver un coin de terre perdu pour y enterrer un proche. Alors qu'aujourd'hui, toute chose a un prix. On doit alors s'inquiéter de l'évolution que nous avons fait de nos sociétés.
L'enjeu ici est que les services funéraires sont devenus une industrie capitaliste, profitant de l'obligation que l'humanité face à cette institution pour s'enrichir.
Les choses même les plus sacrées changent et peuvent disparaître.Je crois donc qu'il est possible qu'un jour les organes des morts deviendront des biens commerciaux. Ainsi, pour satisfaire le besoin d'éternité des vivants, achetons aux morts les choses précieuses qu'il auraient emporéesr dans leur tombe (du gaspillage).
Imaginez d'un bord un millionnaire qui a besoin d'un organe pour vivre, et d'un autre bord, un mourant pauvre qui veut donner un ultime cadeau à ses proches. Le millionnaire payerait volontiers une forte somme pour un organe salutaire et le mourant le vendrait volontiers pour l'amour de ses proches.
Voilà un commerce intéressant! En tous cas, je mourrais avec une plus grande paix dans l'âme sachant qu'en plus d'avoir sauvé une vie, je procure un cadeau à mes proches
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02 oct. 2003, 18:48
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Quel sujet épineux! La mort restera toujours un sujet tabou, personnes ne veut mourir(en tout cas une bonne partis), et les institutions funéraire l'ont compris bien assez vite.
Premièrement, la publicité des préarrangements va bon-train, quoi de mieux pour banaliser la mort dans une conversation. Je ne suis pas contre l'idée au contraire, et tant mieux si pour certains ça peut les sécuriser. Mais là où j'ai un problème c'est quand une entreprise vous offres un service complet de préarrangement en 2003 et que votre âme elle, décide de quitter en 2018 par exemple. 15 années vont s'écouler entre votre vie et votre mort, alors si vous aviez choisi le modèle deluxe pour vous en 2003, comment être certain que 15 ans plus tard que le modèle 2003 n'est plus qu'une piètre pièce de bois par rapport au modèle 2018? J'entend déjà les gens " hey t'es mort c'est pas grave". Alors pourquoi débourser pour ce service?
Et je m'en voudrais de passer sous silence le fameux "racket" du colombarium , oui vous savez la p'tite pièce de verre de 1 pied/1 pied, où l'on expose votre urne. Là où vous payez pour la hauteur, à la hauteur de yeux $$$$, plus bas c'est moins cher et plus haut c'est encore moins cher. Pour certaines personne c'est probablement ce qu'il va leur aider à leur deuil, mais néanmoins c'est toujours le capital de l'institution qui va en bénéficier.
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02 oct. 2003, 18:34
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Je ne suis aucunement surprise des réactions des gens... elles sont divisées. Pour ma part, je suis une jeune thanatologue de 22 ans. Oui, j'ai choisi de faire ce métier ! J'aurais bien envie parfois d'expliquer a certains qui nous traitent d'escrocs, de prendre notre place pour une semaine. Plusieurs n'oseraient même pas y rester une journée ! Que voulez vous, payer pour inhumer un proche est frustrant, choquant, mais pourtant ces même personnes n'hésiterons pas a payer 25 000 $ pour un mariage. Un mariage qui va peut-être ne durer que quelques mois : avec le taux de divorce élevé... Oui, c'est ca la réalité. Quand je regarde la détresse des gens, leur souffrance, leur tristesse et que je dois les supporter moralement, je m'excuse, mais il m'est impossible de n'être qu'une vendeuse ! Des imposteurs et des malotrus il y en a dans tous les domaines pas plus dans le notre qu'au ministère, qu'en santé. Dans certains pays du monde, la mort est le renouveau et on peut la célébrer des jours et des jours sans n'y verser une larme. Pour d'autres, c'est le pire des châtiments et y réfléchir laisse déjà de glace.
De nos jours, le temps c'est de l'argent. Donc le rite funéraire est une perte, il ne doit pas dépasser 2 jours sinon c'est de l'exagération. C'est malheureux de constater que plusieurs personne s'imaginent qu'en passant par dessus cette étape, ils seront guéris plus rapidement. Dans notre métier, nous passons des heures a préparer l'être aimé, a souhaiter que la famille nous donneras un bon compliment. Nous pouvons nous torturer l'esprit pour être au service des moindres désirs. Il est donc normal que les services évoluent et ce au rythme que va la société. L'incinération est de plus en plus populaire ce qui aurait été impossible a imaginer il y a 40 ans. L'important c'est que nous devons tous choisir nos propres valeurs et intérêts et puis pour le reste.
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02 oct. 2003, 18:07
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Comment un salon funéraire peut faire faillite?? C'est certain qu'il va faire de l'argent de nos jours. Alors, pourquoi pas devenir un vrai commerce et offrir des services aux personnes qui en veulent. Moi, je n'ai rien contre ça malgré le fait que je pense que c'est de l'argent gaspillé !! Je m'en fous d'être dans un petite boite de bois quand je vais être enterré, si je vais l'être ...
Je me dis que c'est le choix des personnes qui veulent payer; je considère ça comme du gaspillage d'argent comme d'aller manger au McDo tout en sachant que tu vas avoir faim 1-2 heures plus tard!! Je comprends pas le monde qui se révolte contre ça ... Moi, j'aime pas les framboises, alors j'en achète pas, c'est pareil avec les services funéraires. Si tu veux pas payer, tu payes pas, en tout cas, le moins possible!! Personne est obligé de prendre la pierre tombale auto-nettoyante!
Quand je vais mourir, je vais être incinéré et pitché où la personne qui m'aura voudra bien!
Tu es poussière et retourneras poussière!!!! La mort vient à qui sait attendre!
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