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Auteur(s): Daniel Pennac
Genre: Roman

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Rencontre: Daniel Pennac

Daniel Pennac


ARTICLE - 23 octobre 2003
Daniel Pennac: "L'art du romancier, c'est le mystère de l'incarnation, c'est-à-dire la transformation de l'idée en vivant pour produire un effet de réel."
DANIEL PENNAC, le créateur de la fameuse saga Malaussène, nous livre avec Le Dictateur et le hamac le fruit imprévisible de 24 longues années d'introspection. L'écrivain, marqué par son voyage au Brésil en 1979, y sonde les fondements de la création littéraire, nous entraînant dans un tourbillon étourdissant de rimes, de souvenirs et d'images. Entretien avec un rêveur.
 
"Ce serait l'histoire de...": terrifié par les incantations d'une sorcière brésilienne en transe qui le voue au lynchage, Manuel Pereira da Ponte Martin, le dictateur agoraphobe d'une république bananière d'Amérique latine, se fait remplacer par un sosie afin de fuir son destin macabre. Avide de silence et de pouvoir, il dirige le sosie à distance tout en parcourant l'Europe, dont il savoure les plaisirs raffinés. Le sosie nomme alors un sosie qui nomme un autre sosie, en une mise en abyme burlesque ponctuée d'aventures déconcertantes et envoûtantes qui s'achèvent avec la mort du dictateur et de tous ses sosies. L'annihilation du pouvoir.

Mais cette histoire n'en est pas une, ce n'est que "celle qu'il aurait fallu raconter"; celle, teintée du lyrisme délirant du réalisme magique, que Daniel Pennac s'amuse à réinventer, "suspendu entre terre et ciel", dans son hamac.

Les mystères du Sertão
C'est d'ailleurs au Brésil qu'il a appris à pratiquer le hamac, au Brésil également que l'idée de ce roman est née. "Imaginez le Sertão brésilien, m'ordonne-t-il. C'est un territoire trois fois grand comme la France, un plateau basaltique extraordinairement sec, très dur, avec des gens très malheureux, très pauvres." Lui l'a vécu, cet immense désert aride: c'était en 1979. Il révèle les puissantes visions qui le hantent depuis. "Dans la nuit de Teresina (la capitale du Piauí), ma femme et moi voyons deux paysans qui regardent une télévision qu'ils ont bricolée au pied d'un réverbère. Dans cette télé, on joue La Ruée vers l'or de Chaplin. Déguenillés, maigres, les hommes rient silencieusement pour ne réveiller personne. Mais de quoi rient-ils? Ils ne connaissent aucun des codes utilisés par Chaplin, n'ont jamais vu de neige, ni de chaussons de ballerines, ni de petits pains. Nous sommes au fond du monde. Nous vivons - eux, pauvres paysans et nous, européens nantis - une communion dans l'art. Le cinéma de Chaplin transcende les codes sociaux et culturels pour rassembler des gens radicalement différents. C'est à cela que sert l'art."

Cette image saisissante obsède longtemps l'écrivain; c'est d'elle, ainsi que du dictateur brésilien de l'époque, João Baptista de Oliveira Figueiredo ("une brute joviale, un assassin"), qu'il s'inspire pour créer Le Dictateur et le hamac. Le personnage de Manuel Pereira da Ponte Martin, lui, tient du Dictateur de Chaplin, ainsi que de son premier sosie, un pauvre barbier qui délaisse ses responsabilités pour l'"Americky, patrie du cinématographe", où il tentera sa chance au cinéma - sans succès, parce que tous ceux qui fuient leur destin sont voués à l'échec.

"Il suffit d'imaginer..."
Au coeur de ce roman complexe, donc, l'histoire d'un dictateur et de ses sosies, les souvenirs de voyage de Pennac - mais surtout, un essai sur l'écriture. "Je veux embarquer le lecteur dans deux histoires simultanées qui se tricotent au cours de la lecture: la première étant la fiction, l'histoire du dictateur, et la seconde, l'écriture d'un roman." Véritable labyrinthe, Le Dictateur et le hamac dévoile les subterfuges de l'écrivain, qui jongle avec les styles littéraires (de la fiction au reportage et l'autobiographie, en passant par la poésie et l'essai) et les figures de style, abusant d'ellipses sournoises et de jeux de miroirs baroques pour mettre en vis-à-vis le roman et la matière du roman. Il nous démontre notamment comment Fanchon, une amie d'enfance, lui inspire un personnage, Sonia. Celle-ci s'humanise à son tour: Pennac lui fait part de son envie de faire comme s'ils se connaissaient "dans la réalité".

La plume, exquisément fluide, nous tient en haleine tout le long de cette oeuvre houleuse, nous trompe, nous amuse, nous émerveille. "L'art du romancier, affirme Pennac, c'est le mystère de l'incarnation, c'est-à-dire la transformation de l'idée en vivant pour produire un effet de réel. Si vous arrivez à résumer un roman par l'idée qui le compose, c'est que le roman est raté: c'est un essai dissimulé en roman. Si vous ne pouvez réduire le roman qu'à son histoire, alors c'est une autobiographie dissimulée en roman: c'est encore raté."

Que l'on nous parle du Brésil, de Chaplin, de pouvoir, de destins avortés ou de ruses littéraires, c'est toujours de la limite nébuleuse entre le réel et la fiction qu'il s'agit. Dans un remarquable exercice de style, Pennac met en avant l'interdépendance du romanesque et du quotidien, confirmant ainsi la puissance universelle de l'art. Dans le même temps, il s'attaque au règne excessif des images et des copies dans notre société post-moderne: "la multiplication tous azimuts dont nous gave notre culte de l'image n'est pas pour rien dans cette histoire de sosies gigognes. Un monde pareil à la Vache qui Rit, voilà le rêve de nos "communicants". Nous tous mis en abyme..."

Le Dictateur et le hamac
de Daniel Pennac
Éditions Gallimard
2003, 408 p.

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06 août 2006, 10:25
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Je n'ai même pas pu me rendre à la neuvième page de ce bouquin! Daniel Pennac, mon auteur préféré a fait une chute libre dans mon estime pour ses écrits lorsque j'ai commencé à lire 'Le dictateur et le hamac'. Pourquoi ce livre est-il si différent des autres? Oui bien sur, il a écrit 'Merci' et 'Comme un roman' que j'ai beaucoup apprécié, mais celui-là... Beurk! Daniel Pennac a une facilité pour l'écriture qui m'a charmé dès ma première lecture d''Au bonheur des ogres' mais malheureusement, 'Le dictateur' ne pourra jamais rivaliser avec La famille Malaussène! J'espère pouvoir continuer ma lecture et ne plus retrouver quelque chose semblable à cette histoire dans le répertoire de Pennac!
23 nov. 2005, 11:21
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Voilà un génie irréfutable, qui brode la dentelle avec les mots où qui vous dessine un chef d'oeuvre avec l'imagination. Daniel Pennac est l'un de ces auteurs qu'on ne laisse pas filer, qu'on traque jusqu'à sa mort afin de lire toujours plus de ses bijoux. Son talent crée un manque à combler, un désir irrépressible de lire, lire et relire. Son style est contemporain et on ne peut l'emprunter de personne. Du jamais vu. Un génie.
20 juin 2005, 16:31
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La première qualité d'un bon roman est de raconter une bonne histoire. À ce titre, le Dictateur et le hamac est un très bon roman. L'histoire de ce sosie qui remplace le sosie du sosie du dictateur est farfelue à souhait; elle nous entraîne d'un hamac dans le fond de la jungle brésilienne au tournage des films de Chaplin. L'éclatement de la narration est un peu forcé, mais rend très bien l'esprit de la rêverie. L'auteur se met souvent en scène, interrompt une anecdote pour la reprendre en changeant un décor ou un personnage. Ce qui risquerait d'être agaçant passe très bien grâce au talent de conteur que possède Daniel Pennac. Ce talent lui permet de réfléchir sur l'acte d'écriture sans que l'histoire racontée n'en souffre. Je crois que c'est ce qui distingue un bon écrivain comme Pennac des écrivains moyens.
05 juin 2005, 07:40
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Que de nuits blanches passées à lire les romans de Pennac. Je vous avouerai que mes attentes étaient grandes après avoir parcouru les "au bonheur des ogres", "la fée carabine", "la petite marchande de proses" et "Monsieur Mallaussène". Or, je n'ai pas été déçu. Pennac a réussi à m'emmener encore une fois dans une de ses histoires rocambolesques qui mêlent absurdes, critique sociale et réflexion. Car même si l'histoire de "le dictateur et le hamac" est tirée par les cheveux, c'est ce qui me fascine chez Daniel Pennac. Cette capacité à emmener le lecteur dans un monde absurde et à y faire croire. Le dictateur qui se trouve sosie, qui se trouve sosie, qui se trouve sosie m'a faitm'esclaffer en suivant l'Aventure de cet immense quiproco. Je le conseille fortement à tous les adeptes de Pennac et à ceux qui ne le connaissent pas, c'est un auteur qui gagne à être lu et connu!
19 mars 2004, 22:25
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Je suis une fan de Pennac. J'ai dévoré l'histoire des Malaussène et me suis laissé tenter par Le Dictateur et le hammac. À mon avis, ça ressemble plus aux dix droits du lecteur de Comme un roman qu'à la série des Malaussène. Je dirais même que c'est comme un making of de film. L'histoire en tant que tel prend très peu d'espace dans le bouquin, on accorde une importance beacoup plus grande à ce qui l'entoure: sa construction, ce qui l'a inspiré. J'ai aussi apprécié la part de réel qui s'y trouvait. J'Ai vu le dictateur reconnaissait plusieurs scènes. J'ai pu comprendre comment, à partir de ce qu'un auteur vivait ou avait vécu, une histoire pouvait naître, grandir et publiée. Merci Pennac!
19 mars 2004, 18:18
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Le drame de ma vie! Daniel Pennac qui est un auteur si prodigieux, qui fait des pirouettes avec les mots, avec les idées, m'a tellement déçue. J'ai tout tout tout lu de Pennac. Il m'a fait rêver, parler, écrire, enseigner même (son Comme un roman m'a conduite dans la foire de l'enseignement...). Le dictateur, c'est le premier livre de Pennac que je n'ai pas pu terminé, même en m'y forçant. Force de croire que j'ai appliqué bien malgré moi un de ses commandements de la lecture: le droit de ne pas terminer un livre. D'une platitude extrême, je n'ai lu et compris qu'un égo s'éparpiller de tout bord, tout chapitre pour n'avoir qu'un fil conducteur trop sinoueux. La famille Malaussène SVP!!! En attendant, je pratiquerai Pennac une fois de plus: le droit de relire ...
14 févr. 2004, 10:23
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J'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai lu quelque part sur une plage, me rappelant ainsi la chaleur du Sertao. Contrairement à plusieurs, je n'étais pas une adepte des Malaussène, car j'avais seulement lu «la fée carabine», mais «le Dictateur et le hamac», cette histoire qui n'en était pas une, m'intéressait. J'ai donc dévoré ce livre où la poésie et la critique s'entremêlent, où l'on rencontre la politique et le cinématographe et où, au centre de tout cela, réside l'acte ultime: la création. De plus, étant une adepte de Chaplin, j'ai vite accroché à l'histoire du dictateur et de ses sosies, pastiche intéressant de l'oeuvre «The great dictator». Dans ce livre, Pennac nous présente une histoire qui n'en est pas une, mais plusieurs à la fois et il le fait avec brio, écrivant suspendu entre ciel et terre, l'endroit où se trouve l'imaginaire...
29 janv. 2004, 09:42
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Depuis que j'ai découvert Pennac, j'ai du mal à comprendre pourquoi les gens ont autant d'engouement pour cet auteur. J'ai essayé de lire la saga des malaussénes mais j'avoue rester placide et avoir beaucoup de mal à suivre le style des écrits de l'auteur. Je n'arrive pas à embarquer dans les récits car Daniel Pennac a un style d'écriture bien particulier. Pour moi, je compare cela à un film dont on aurait mélangé les bobines. J'ai souvent de la difficulté à trouver le fil conducteur et je me perds dans les dédales des écrits de l'auteur. Puis je pose le livre et il n'y a pas grand-chose qui m'incite à le reprendre. Il semblerait que ce roman soit un peu différent des autres, même si l'auteur écrit deux histoires simultanées. J'ai hâte de me le procurer pour savoir si enfin le charme de Monsieur Pennac va opérer sur moi ou si je suis vraiment réfractaire à ce style d'écriture.
21 janv. 2004, 17:57
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Pour moi, Pennac a toujours représenté une sorte d'adulte s'étant refusé à vieillir et qui continuait à rêver et à écrire ses rêveries, à mon plus grand plaisir. C'était pour moi l'écrivain des inimitables et inimaginables péripéties de la famille Malaussène. J'ai découvert, dans ce dernier roman, un nouvel aspect de son insaturable créativité, soit la capacité à écrire un ouvrage critique; ouvrage que nous devrions peut-être même qualifier d'essai fictif historico-politique. En effet, ce récit d'un dictateur et de ses sosies, sortit tout droit de la tête de Pennac (fictif) rappelle étrangement Saddam Hussein(historique). Par ailleurs, Pennac s'intègre à son roman d'une façon insistante. Il émet, à partir de son quartier général (son hamac), grand nombre de réflexions(essai) sur la politique, sur la littérature, sur la séduction. Bref, un Pennac intéressant même si, une fois n'est pas coutume, la famille Malaussène et ses inextricables péripéties en est exclue.
17 janv. 2004, 11:57
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J'ai bien aimé le livre, mais il m'a tout de même beaucoup déçu. Je m'attendais à mieux de la part de Daniel Pennac, moi qui adore la famille Malaussène et que je suis leurs péripéties avec un plaisir (et avec un sourire) à chaque fois. Le dictateur et le hamac est parfois drôle, le livre est bien mené, mais personnellement il ne m'intéresse moins que les précédents livres de Pennac que j'ai lus.
16 déc. 2003, 09:49
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Bonjour, je suis enseignante au secondaire et depuis quelques années, j'incite mes étudiants à lire du Pennac. Au moins une fois par année, je leur fais lire, obligatoirement, un livre de cet auteur. Ainsi, ils découvrent un auteur intelligent et certains apprécient maintenant la littérature. La plupart du temps, il utilise un style simple, ce qui fait que mes élèves ne sont pas dépassés. Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire son nouveau livre, mais je compte bien me l'acheter pour Noël si quelqu'un d'autre ne le fait pas pour moi!
09 déc. 2003, 21:04
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Bravo! C'est tout ce qu'il y a à dire ou du moins le plus important. Ce livre est vraiment bien. Ce livre fera la joie des professeurs de littérature en quête de nouveau livre à faire analyser par les étudiants! Et croyez-moi il y a de la matière pour cela! Ce livre raconte une quantité d'histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres. Sincèrement c'est à lire!
14 nov. 2003, 09:27
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Je crois que je n'avais plus lu de bouquins depuis plusieurs années. Plus envie car je ne parvenais pas à oublier les Barjavel, Merle, Buzatti et consorts que j'avais tant aimés et que je ne retrouvais plus ailleurs .. Peut être parce que je cherchais mal ? Peut être aussi parce que j'avais envie de lire quelque chose qui ne serait pas qu'un simple livre. Je voulais du rêve, de l'enfance revisitée, retrouver ceux que j'avais adoré et qui auraient grandi avec moi : Charlie et sa chocolaterie, plongés dans des histoires de meurtres en série ou bien Tintin menant cette fois une enquete dans un bordel en Thailande.. Et puis vint un certain jour de 2002 (c'est tout frais et entre parenthèses c'est si bon de constater qu'on peut encore découvrir des choses a 30 ans). ça s'appelait 'la fée Carabine'. un certain 'Pennac Daniel' Stupeur : ce livre était incroyable : Introspection : comment avais je pu passer aussi longtemps sans les malaussène ?? horreur :pourquoi n'avais je pas lu au bonheur des ogres avant celui ci ?? Et depuis, du Vercors (MON Vercors !! dans des livres !!!) a Belleville, de la roulotte de Thérèse au Grand Magasin, je traine ma savate .. Tous sont passés entre mes mains .. il ne reste plus la moindre miette de la saga que je n'aie devorée. Alors quelle ne fut ma déception de voir arriver un dictateur et son hamac en lieu et place de Benjamin. Je t'attendais mon ami ! ou es tu ?? pourquoi m'envoies tu cet inconnu ?? je vais le lire ce bouquin, mais le coeur n'y sera sans doute pas. que voulez vous? les malaussène ! Malgré ce manque dont je suis affublé une nouvelle fois (que puis je lire maintenant ?) je voudrai vous dire merci car l'envie de rêver n'a cette fois ci pas disparu. Les histoires que j'aime lire, pourquoi ne pas les créer de mes mains ? Car j'ai maintenant envie d'écrire pour retrouver ce que vous m'avez donné. Avec sans doute moins de talent que vous monsieur Pennac. Mais si tout n'était qu'histoire de talent ..
04 nov. 2003, 15:06
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Daniel Pennac se défend d'avoir voulu écrire un essai en même temps qu'il récuse le fait de s'en tenir au seul récit d'une histoire. Ce livre se veut autant l'un que l'autre, mais sans qu'il soit possible de les confondre, bref l'essai est le sosie de l'histoire qui à son tour se fait remplacer par un autre sosie et pour le lecteur, il ne reste plus qu'à se tricoter l'histoire qu'il voudra avec ces deux fils d'ariane. Voilà qui est profondément original et qui mérite qu'on tente de résoudre un peu le mystère pendant que Pennac somnole dans son hamac. D'abord, il est incontestable que ce jeu de personnages témoigne de la facination de l'auteur pour le piège des apparences qui deviennent plus vraies que le réel. Comment comprendre autrement la fascination qu'il éprouve pour ces paysans brésiliens qui s'arrêtent pour contempler un dictateur de fiction qui possède plus de réalité à leurs yeux que le vrai dictateur qui lui pourtant a un pouvoir véritable sur leurs propres vies. En même temps, le piège qu'il veut dénoncer par le fait d'être témoin de cette scène se retourne contre lui puisque ce n'est plus le dictateur qu'il prend à partie, mais le sosie de ce dernier que les paysans sont en train de regarder sur leur télé. Il commente une situation qui a d'abord été commentée par le personnage du dictateur que les paysans brésiliens sont en train de regarder et l'histoire se continue puisqu'à mon tour, je commente le commentaire du commentaire. Bref, la réalité et la fiction se jouent mutuellement de drôles de tours. Mais au-delà de ce jeu de poupées russes, il n'en deneure pas moins que Pennac, fait du même coup une critique de tous les pouvoirs, pas seulement du politique comme avec celui du dictateur, mais aussi de celui de l'argent avec cette amérique faux-semblant et aussi de celui de la séduction avec son Valentino en goguette.
28 oct. 2003, 11:36
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Vais-je un jour finir par finir un des livres de Pennac?! Non, ce n'est pas que je ne le trouve pas particulièrement plaisant, mais... chaque fois que je re-débute la lecture d'un de ses livres, je finis par le fermer me disant que je préfère découvrir ses histoires en écoutant un de mes amis me raconter. Ah cette famille qui possède un chien "savant" qui parle et qui devient un personnage coloré. Je préfère qu'on me raconte peut-être parce qu'exprimé par cet ami, je ris plus que lorsque j'en fais la lecture. Mais certes que si cet ami ne me racontait pas ses livres, je prendrais un malin plaisir à les lire moi-même!