Transhumanistes et néo-luddites
Guerre philosophale
ARTICLE -
9 septembre 2004
Les nouvelles technologies sauveront-elles le monde, ou causeront-elles sa perte? Deux pensées s'affrontent...
LE TRANSHUMANISTE Justice de Thézier rêve d'une société où l'on pourra "surmonter nos limites biologiques par les progrès technologiques". Il rêve d'une société progressiste où, grâce aux prodiges de la génétique, les individus pourraient vivre centenaires, jouir d'une intelligence accrue et de sens plus aiguisés, être immunisés contre la maladie et ne plus connaître les handicaps physiques. Une société, en somme, où tous seraient égaux. Pour atteindre cette utopie ("réaliste", insiste-t-il), il invite le monde à lancer une seconde révolution tranquille. Une révolution qui permettra d'embrasser les nouvelles technologies afin qu'elles portent l'humanité vers de nouveaux horizons.Non, Justice de Thézier n'est pas un illuminé. Il est responsable de NEXUS, le chapitre montréalais de l'Association transhumaniste mondiale. Le "transhumanisme", sachez-le, est cet état transitoire qui mènera à l'émergence de posthumains (des gens modifiés génétiquement qui, par définition, n'appartiendront plus à la race humaine telle que nous la connaissons depuis 100 000 ans). La transition est en cours. Les nouvelles technologies augmentent déjà les capacités des humains; pensons simplement aux lentilles cornéennes, aux prothèses diverses et aux stimulateurs cardiaques (pacemakers). 
LE NÉO-LUDDITE Kalle Lasn a 62 ans. Originaire de l'Estonie, il habite aujourd'hui Vancouver. Inquiet des conséquences désastreuses des nouvelles technologies, il rêve d'un retour en arrière. Il rêve d'une société où l'automobile (et le pétrole) ne serait plus l'unique moteur de l'économie. Une société où l'agriculture modifiée génétiquement serait éradiquée et où les citoyens seraient libérés de la propagande commerciale diffusée par la télévision. Une société, en somme, où l'humain vivrait en harmonie avec lui-même, ses semblables et son environnement. Kalle Lasn a vécu la majeure partie de son existence dans un environnement naturel. Joint au téléphone, il déplore le fait qu'aujourd'hui, les gens évoluent davantage dans un "environnement électronique". "Certaines personnes passent tellement de temps devant l'ordinateur ou la télé, ou encore à écouter leur baladeur qu'elles me semblent à demi vivantes, dit-il. Elles passent toute leur vie dans leur tête. Leur apparence est grotesque, elles ne peuvent plus marcher convenablement, ou courir. Elles ne peuvent plus avoir de rapports sexuels vigoureux. Il y a quelque chose de mauvais dans ces types d'humains." Non, Kalle Lasn n'est pas un illuminé. Dans les milieux gauchistes, son nom est surtout associé au magazine Adbusters, qu'il a fondé en 1989 et qui est rapidement devenu le porte-étendard du culture jamming et de l'anticorporatisme. Il se définit comme un néo-luddite. Un peu comme les Luddites du XIXe siècle (des ouvriers qui résistèrent violemment à l'arrivée des machines dans les usines), les néo-luddites résistent, aujourd'hui, à l'adoption des nouvelles technologies et cherchent à déclencher une révolution culturelle au sein de la société. Entre Justice de Thézier, le transhumaniste et Kalle Lasn, le néo-luddite, il existe un fossé idéologique considérable. L'un prône la recherche scientifique sans contraintes, l'autre considère la science comme un "projet raté". Outre un penchant certain pour les prédictions nostradamistes, nos deux philosophes contemporains partagent toutefois un point commun: tous deux rêvent d'un monde plus sain, où régneraient la paix, la justice sociale et la santé. Tous deux rêvent du Meilleur des mondes. Et comme dans le classique d'Aldous Huxley, s'oppose le monde des technologies (celui des enfants fabriqués en laboratoire) au monde "sauvage" (celui où l'homme redevient l'animal qu'il a toujours été). LIBERTÉ MORPHOLOGIQUE Justice de Thézier souhaite que les citoyens puissent profiter, un jour, de la "liberté morphologique", c'est-à-dire la possibilité de se "modifier génétiquement": changer de sexe et de traits raciaux, améliorer ses capacités physiques, etc. Il est optimiste. "Puisque l'évolution technologique ne risque pas d'être stoppée, dit-il, les progressistes doivent articuler des politiques qui permettront de maximiser les bénéfices sociaux issus des technologies." Parmi ces bénéfices, il évoque particulièrement les possibilités qui pourraient naître de l'ingénierie génético-germinale. "Une des percées progressives les plus importantes sera de garantir l'accès universel aux technologies génétiques permettant aux parents de s'assurer que leur enfant ait les mêmes capacités biologiques que les autres, poursuit-il. Les naissances assistées technologiquement, ce qui inclut éventuellement les grossesses artificielles, libéreront les femmes de la nécessité d'être les "porteuses" vulnérables de la prochaine génération." Ce n'est pas tout. "Le jour n'est pas loin où chaque humain pourra [profiter des biotechnologies] afin d'avoir l'intelligence suffisante pour être un citoyen actif", ajoute Justice de Thézier. CHAOS TECHNOLOGIQUE À l'inverse, Kalle Lasn est plus pessimiste. La technologie, il s'en méfie. Pour lui, il s'agit avant tout d'un produit propulsé par le capitalisme. Et le capitalisme nous mène tout droit au chaos. Il a d'ailleurs sa petite vision de l'avenir. "Au cours des prochaines années, le prix du pétrole continuera d'augmenter, dit-il. De 45 $ le baril, il grimpera à 55 $, 60 $ et même 70 $ le baril. L'économie sera très instable partout dans le monde et il surviendra ce que j'appelle un "11septembre/2". Vraisemblablement une attaque bioterroriste qui touchera une grande ville américaine. Bien plus que 3000 personnes périront. L'économie mondiale chavirera et la situation sera pire que dans les années 30. Après coup, toutefois, l'économie locale renaîtra et les grosses multinationales commenceront à disparaître. Une nouvelle culture émergera qui ne sera plus basée sur l'automobile, le pétrole et la télévision, comme aujourd'hui. Enfin, la vraie vie recommencera..." Kalle Lasn reconnaît que la technologie possède de bons côtés. Mais il soutient que ceux-ci sont assombris par ses côtés néfastes. "Nous sommes la première génération de l'histoire de l'humanité à faire face à la possibilité que la nature puisse mourir." Si Justice de Thézier partage ce constat, il persiste à dire que seules les technologies peuvent régler les problèmes actuels, tels que l'épuisement des ressources naturelles. "Grâce aux nanotechnologies, nous pourrions produire pratiquement n'importe quoi sans gaspillage ni pollution. Les nanotechnologies permettront éventuellement la construction d'usines spatiales (pour forer des corps extraterrestres) ou le déplacement des industries lourdes [et polluantes] ailleurs que sur la Terre. La seule véritable solution à long terme de notre pénurie de ressources naturelles est la colonisation de l'espace." Pour Kalle Lasn, les transhumanistes doivent faire preuve de réalisme. "Il y a 40 ans, explique-t-il, il était possible d'être un transhumaniste et de s'émerveiller devant les incroyables progrès de cette technologie qui transformait notre vie. On parlait alors des avions, des automobiles et des téléphones. Mais 40 ans plus tard, les côtés obscurs des technologies sont devenus si importants que ceux qui pensent encore qu'elles peuvent nous sauver vivent dans un monde illusoire..." Et vous, quel avenir voulez-vous pour vos petits-enfants? La version des transhumanistes ou celle des néo-luddites? Pensez-y! Parce que c'est aujourd'hui que ça se décide!
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08 juin 2006, 17:02
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Les nouvelles technologies proposent une mutations chez l'humain.
Wow!
Tout ça pour améliorer ses performances physiques, émotionelles et intellectuelles. Tout ça pour s'assurer un paradis par modification chimique.
Bordel! Coloniser l'espace, ça passe, mais tenter de s'assurer un paradis céleste par modification chimique, c'est pas un peu exagéré? Comme si l'hyper-conscience, la théologie et la technologie moderne avaient un lien propre. Si tu te retrouves en enfer, c'est à cause de ton webmaster. Si tu as des boutons dans 'face, c'est que ton interface a trop de résolution et que tu dois diminuer tes DPI. Tu bandes plus? Va sur Viagra.com. T'es un épais? Connecte-toi sur haute-vitesse par câble. Tu aimes pas ta vie? Change de site. T'es encore malheureux? C'est la faute à Bill Gate. Tu viens de te faire congédier? Fait "Redémarrer".
Donc, les générations futures auront des relations intimes nanotechnologiques et les condoms seront de marque Norton ou McAfee. Au diable la nature humaine, Robocop est le king! Dieu changera de nom pour Windows et on récitera l'Oraison dominicale avec "sur la terre comme au logiciel!" On aura des témoins de Mac Intosh, des Adventistes du septième bitmap, la secte de Word Perfect et les élus de Job Boom.
Même les forces du mal auront à se recycler pour continuer leur ravage et Satan devra prendre des cours de programation PHP.
Imaginez maintenant, dans un proche futur, voir votre enfant en train de clavarder avec un port USB branché dans l'cul, à sembler parler tout seul ou à prononcer des adresses URL à haute voix afin d'accéder aux sites interactifs de son choix. Son cerveau deviendra un hébergeur, sa vie deviendra morne et sans vie. Ne soyons pas surpris si l'un d'eux, une fois "débranché, découvre qu'au fond, il n'est qu'un abruti pré-programmé.
Un avantage est cependant à envisager, si ça peut t'empêcher d'utiliser ton cellulaire au volant, j'encourage son implant!
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08 juin 2006, 12:55
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Les naissances assistées technologiquement, qui inclut éventuellement les grossesses artificielles, libéreront les femmes de la nécessité d'être les "porteuses" vulnérables de la prochaine génération." de Justice de Thézier .
Juste ça , ça donne froid dans le dos. Je partage bien plus l'opinion de Kalle Lasn. En regardant derrière un fait était " la santé de la tere".
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31 mai 2005, 15:38
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qui n'a pas lu ravage de rené BARJAVEL ; le dilemme ne date pas d'aujourd'hui: l'idée d'une opposition entre ceux qui veulent une régression et ceux qui veulent aller plus loin dans les technologies est exposée dans le livre. La conclusion du roman est accablante pour les pro-technologies ( c'est la vision de ce roman de science -fiction):La société entière est dévastée par le déreglement du tout automatique et un retour au mode de vie traditionel de subsistance s' impose alors.
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28 févr. 2005, 20:22
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Je pense que l'auteur a un goût prononcé pour le sensationnalisme. D'une part, je comprends qu'il désire peut-être rendre l'article plus agéable et divertissant à lire. Tout le monde aime se divertir. Mais à ce moment l'article devient un passe-temps amusant, pas un moyen d'information. Il est faux de confondre les deux. Justice de Thezier a écrit une réplique où il exprime ses idées plus clairement: http://transhumanism.org/index.php/WTA/more/676/
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18 oct. 2004, 20:32
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Intéressante et pertinente cette discussion sur l'avenir des nouvelles technologies. Je trouve que nous vivons sans nous en rendre compte une extraordinaire crise de sens et de culture. Les pires craintes et les plus grands espoirs s'opposent sans que l'on sache vraiment dans quel univers grandira nos enfants. Pour répondre à la question de M.Proulx, j'ai essayé d'imaginer le monde idéal pour mes petits- enfants . J'y ai vu:
-Une cour d'école où se mélange de manière cohérante des humains venant de cultures différentes, avec ou sans handicaps associés.
-Une classe branchée sur la technologie adaptée aux enfants techno qui auront de plus en plus besoin de média interactif et d'images pour apprendre et se réaliser.
-Des parents, des pédagogues qui auront compris qu'une aide technologique ne remplacera jamais un environnement humain affectueux, qu'une relation, pour qu'elle devienne significative doit prendre forme dans le réel et le concret.
Je crois que les contacts peuvent être facilités dans le cyberespace. Je crois aussi que la technologie peut rendre les gens plus heureux. Toutefois, je crois à la nécessité de réfléchir sur un cadre ethique qui définis nos règles et nos valeurs pour éviter les abus.
Dans mon travail avec les enfants sourds, j'exploite beaucoup les nouvelles technologies et je m'intéresse surtout à la communication à distance.
J'ai appris que les aides technologiques peuvent aider l'enfant handicapé mais j'y vois aussi des limites. Par exemple, l'implant cochléaire ne pourra jamais remplacer totalement l'oreille humaine. Il y aura toujours des adultes sourds pour transmettre la culture sourde. Il y aura toujours des enfants sourds en quête d'identité.
Dans ce grand discours philosophique, il nous reste quelque chose de commun et d'universel pour inspirer nos décisions: le besoin d'être en relation et d'être en contact avec différentes cultures dans un but précis de trouver un sens à sa vie.
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16 sept. 2004, 12:15
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En lisant l'article de Steve Proulx et toutes les réactions des membres, je me suis demandé si je n'étais pas tombé sur une lettre de chaîne diffusant une légende urbaine alarmiste qu'on se fait souvent transférer dans nos boîtes de courriel.
Entre deux cours, j'ai pris la peine de lire le manifeste politique de Justice de Thézier sur le site de l'Association Transhumaniste Mondiale (un OGN fondée en 1998 qui regroupe des chercheurs, praticiens et théoriciens qui réfléchissent sur l'avenir et l'impact des technologies) et de le rencontrer en personne.
Loin d'être un philosophe ou gourou utopiste, il m'a semblé un homme éveillé, intelligent et sensible, guidé par un sens profond de la responsabilité. Justice réfléchit beaucoup (peut-être trop à mon goût!) à la problématique de la nature humaine, le racisme génétique, l'écart grandissant entre les riches et les pauvres, le fléau du corporatisme capitaliste, les cotés obscurs des technologies, mais surtout l'importance du renouvellement des idées et de l'animation des débats publics et politiques.
J'admets être toujours indécise à savoir si je suis pour ou contre le transhumanisme mais je trouve déplorable la facilité avec laquelle des lecteurs peuvent porter aussi rapidement des jugements diffamatoires en réaction à un article réducteur mais surtout dû à une méconnaissance de l'individu et de sa cause.
À quand la fin de cette hystérie démagogique et le début d'un échange respectueux d'opinions?
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14 sept. 2004, 15:32
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Les bons scientifiques ont cassé les petits bâtonnets d'A.D.N. au nom de la recherche et la biodiversité a perdu à tout jamais son sens, comment prédire les réactions à long terme de ces changements génétiques, personne ne peut le prévoir. La technologie à des limites et celles-ci commencent a se manifester par l'apparition de virus et de vers informatiques où encore par la sursaturation des satellites qui finiront bien un jour par nous retombées sur la tête. Un retour en arrière n'est peut-être pas la solution, mais il faudrait cesser la coupe à blanc, la sur utilisation de produits chimiques pour la production de biens consommation, la pollution générée par de plus en plus de véhicules sur les routes, etc.
La vie est courte et ce genre de gourous pullulent par les temps qui courent, que 2 où 100 idéologues de la sorte se confrontent dans des débats d'idées interminables, la situation actuelle ne changera pas et elle est plutôt môche et nos politiciens le sont aussi, le vrai sens de la vie est de savoir quelquefois s'arrêter et d'apprécier le fait d'être et non d'avoir. Être en harmonie avec son entourage, faciliter la vie de nos proches, donner de son temps lorsque c'est possible, sortir de Montréal 2 ou 3 semaines à la campagne, là les gens savent comment ça marche. Alors les gourous de tout azimut devraient prêcher la prévention et la prudence, plutôt que l'évolution technologique où les retours utopiques en arrière.
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14 sept. 2004, 13:26
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Tiens, je suis curieux.
On a de nombreux philosophes qui, par le passé, ont imaginé la meilleure des sociétés selon leurs observations et leurs compréhensions de la nature humaine. Platon a imaginé la République, Marx le communisme etc. Toutes étaient des utopies qui se sont révélées imparfaites dans la pratique.
Monsieur Justice de Thézier ne s'intéresse pas à la politique, ou du moins ni l'article du Voir ni sa propre réaction à cet article ne l'indique clairement. Un autre point distingue les penseurs mentionnés plus haut et monsieur Thézier. Même s'ils se sont tous penchés sur la question du bien-être de la société, les vieux philosophes avaient un avantage net sur notre universitaire: ils élaboraient une formule en connaissant la majorité des variables, dans ce cas-ci, l'homme et sa nature. Malgré cela, ils n'avaient pu tout prévoir et leurs systèmes ont tous fini par présenter des failles qui profitaient aux uns et défavorisaient les autres.
Monsieur Thézier, lui, prévoit une meilleure société en transformant l'homme en autre chose, et il ne s'intéresse pas à la politique. Il ne connait donc pas ce à quoi l'homme et sa nature pourront potentiellement ressembler avec le temps, ni à quoi pourra ou devra ressembler le système social qui serait adéquat pour gérer l'homme "transhumé". En fait, ce qui me turlupine, ce n'est pas l'idée même du transhumanisme, mais plutôt l'enthousiasme prématuré de gens tels que Thézier qui sont plus intéressés par le changement que par les conséquences du changement.
Ceci dit, si jamais ceux-ci affirmaient se pencher effectivement sur les issues possibles d'une telle transformation, je leur répondrais qu'étant donné la vitesse à laquelle une organisation comme Nexus est apparue après la nouvelle selon laquelle nous avons enfin décodé le génome humain, ils ne peuvent pas me reprocher d'être un tantinet inquiet pour un "demain" où je serai présent!
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14 sept. 2004, 12:56
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Dans quel monde voulons-nous vivre? Celui des légumes biologiques ou trans-géniques, des chirurgies plastiques ou des rides, du risque ou de la sécurité, nous avons finalement le choix et, c'est tant mieux.
Tant que l'un ne décidera pas de l'autre, tant que l'absence de moyens financiers ne fera crever personne (comme si ça se pouvait), la vie poursuit son cours, tant bien que mal.
Personnellement, même s'il est probable que je fasse disparaître quelques rides (déjà commencé), j'opte pour l'essence de la vie dont
on s'éloigne trop souvent. Il ne faut pas croire tout ce que l'on retrouve sur le net, la vraie vie en dit beaucoup plus long et nous avons besoin de
réalisme, pour être là et être satisfait de sa vie, de profiter au maximum du plaisir de vivre sans artifice, puisqu'elle est un feu d'artifices en elle-même. Les effets spéciaux peuvent diminuer l'effet escompté.
Voyez le dernier Exorciste, comparativement au premier, on en rediscutera par la suite.
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13 sept. 2004, 18:46
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Premièrement, je dois dire que la philosophie transhumaniste me frustre à l'extrème. Elle suggère de nous transformer en homme parfait. Comme elle propose que la technologie continue d'avancer, de nouvelles industries vont se créer et nous allons vivre dans un monde de plus en plus capitaliste. De plus, avec le transhumaniste, on pourrait changer de sexe, de couleur, améliorer nos capacité physiques, enfin nous pourrions nous changer complètement pour atteindre un idéal qui sera dicté par les compagnies qui se serviront du transhumanisme pour faire toujours plus d'argent. Aussi, ils veulent déplacer nos industries polluantes dans l'espace comme si nous n'en avions pas assez de polluer la Terre ou encore permettre aux femmes de ne plus être porteuses, leur privant ainsi d'une des plus belles expériences de leur vie: sentir leur enfant grandir dans leur ventre pour ensuite le mettre au monde. De plus, dans leur monde idéal, il n'y aurait plus d'handicapés. Eh bien voulez vous que je vous dise: les personnes souffrant d'un handicap transforment la plupart du temps les gens de leur entourage en leur montrant qu'ils sont chanceux d'avoir tous leur membres et souvent aussi par leur grande persévérance et leur joie de vivre. Dans un monde homogénéisé, nous ne saurions jamais satisfait de qui nous sommes et nous nous poserions probablement sans cesse des questions sur notre identité.
Ceci étant dit, je dois aussi avouer que j'aime la philosophie néo-luddite, mais je crois qu'on ne peut s'y raccorcher car nous vivons dans une société basée sur l'argent. Nous ne prenons plus le temps de nous émerveiller devant la nature et les arts et nous ne prenons même pas la peine de dire un simple bonjour aux personnes que l'on croise sur la rue. La société n'est simplement pas prête pour ce style de vie. Et même si l'attaque bioterroriste touchant les É-U prévue par Lasn survenait, il va toujours y avoir des profiteurs qui vont venir faire de l'argent sur le dos des victimes.
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13 sept. 2004, 14:12
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GUERRE PHILOSOPHALE annonce le titre. Guerre? Bof. Rencontre plutôt d'un débat vieux comme l'humanité pensante. Hier, demain, mieux, pire, etc. Toute l'éthique questionne ces choix que nous faisons ou devrions faire, ou laissons faire par d'autres. Et là, précisément, Axel Kahn et Albert Jacquard proposent des pistes beaucoup plus concrètes à mon sens, que ce que soulève ces deux " philosophes'' d'opérette.
L'avenir que je souhaite à mes petits-enfants? D'abord, qu'ils en aient un. Si nous sommes ce cancer qui ronge la planète et qui tue son hôte, nous disparaîtrons. Voilà une question réglée. Mais si nous voulons vraiment vivre, ce que je crois et ce que semble nous démontrer l'histoire de l'humanité, l'imagination et la conscience de notre responsabilité réelle nous sauvera.
Quel avenir je leur souhaite? Le leur! Qu'ils aient le pouvoir, le courage et la passion de modeler leur monde, celui qu'ils auront choisi, quitte à déboulonner nos vieux modèles!
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11 sept. 2004, 20:47
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Mon nom est Justice De Thézier et je suis le fondateur et directeur général de NEXUS: l'Association Transhumaniste de Montréal.
Non, 'Justice' n'est pas mon nom de naissance mais c'est un surnom que j'ai depuis mon enfance et que j'utilise comme prénom par préférence.
Pendant que je poursuis un degré en science, technologie et société à l'UQÀM pour étudier l'impact des nouvelles technologies sur la société québécoise à travers une approche rationelle et critique, je me suis porter volontaire pour coordonner l'introduction de la mouvance transhumaniste au Québec.
Malgré l'impression que la photo et l'article du Voir peuvent donner, le transhumanisme n'est pas une secte de rêveurs technophiles de nature eugéniste, nostradamiste ou raelienne!
Au contraire, le transhumanisme est une mouvance académique et culturelle qui, à travers une approche interdisciplinaire, cherche à accélérer les progrès technologiques qui permettront aux gens de vivre plus longtemps et plus sainement mais aussi à anticiper et proposer des solutions aux conséquences néfastes des nouvelles technologies.
La mouvance transhumaniste qui se manifeste à Montréal reflète de façon dynamique plusieurs valeurs de la société québécoise, soit le pragmatisme et la solidarité. Le transhumanisme québécois arbore une philosophie technoréaliste et tend à être démocratique, voir progressiste, sur le plan politico-économique. Étant donné que certaines des percées technologiques révolutionnaires les plus anticipées ne verront le jour que dans 20 ou 45 ans, les transhumanistes québécois ne se limitent pas à la spéculation optimiste sur ce que l'avenir nous apportera! Au contraire, ils offrent une vision et un programme concret pour que le Québec devienne une des sociétés les mieux préparées au monde de demain.
Je vous invite à m'écrire à dethezier@hotmail.com pour aller prendre un café et discuter de ce programe mais évitez les insultes gratuites car j'ai encore un coeur humain... ;)
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12 sept. 2004, 11:36
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Je trouve vraiment ironique que si "Adbusters", organisme fondé par monsieur Lasn, ait atteint un tel degré de notoriété, c'est bien à cause d'Internet.
Monsieur Lasn rejette les nouvelles technologies comme Falardeau la convergence...
Quant à monsieur Thézier et son rêve de "liberté morphologique", je lui dirais que "c'est pas demain la veille"...
Il suffit simplement de regarder l'attitude des nantis face au problème, bien actuel, du SIDA en Afrique.
Si le partage des richesse et des technologies ne se fait pas aujourd'hui, pourquoi se ferait-il demain...
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12 sept. 2004, 11:33
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Je trouve vraiment que dans notre étrange temps, on qualifie de philosophes un peu n'importe qui... Mais disons que c'est un détail...
Ce qui m'a le plus marqué dans cet article, outre le côté excessif des deux positions (utopistes opposés, chacun à leur façon), c'est que plus ça change... plus c'est pareil... en philosophie comme ailleurs.
Pendant des siècles, la question au centre de la philosophie a été de déterminer si l'homme était bon ou mauvais en état de nature. En gros, est-ce que l'homme est meilleur socialisé ou sans socialisation. D'un côté il y avait le mythe du Bon sauvage souvent associé à Rousseau. L'idée principale c'est que c'est en se socialisant que l'homme apprends l'envie, l'amour-propre et d'autres sentiments peu louangeables qui mènent à la violence la plus abjecte.
L'autre idée, liée à Hobbes, c'est que l'homme est violent sans la société (l'homme est un loup pour l'homme) et qu'il se socialise justement pour règlementer ses actes et sortir du cercle vicieux de la violence.
Frappant donc parce que le débat ici est du même ordre. Dire: est-ce que la technologie rend l'homme bon ou mauvais... c'est la question miroir à laquelle tentait de répondre les philosophes d'un autre siècle. Et il n'y a jamais eu de réponse peut-être uniquement parce que l'homme a du bon et du mauvais en lui, technologie ou non!
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11 sept. 2004, 14:07
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Transhumanisme ? Cishumanisme! L'on améliore cet animal à l'aide de matériel génétique provenant de l'homme ou d'une action de l'homme. Ces êtres transgéniques seraient des sur-hommes, pas des posthumains. Qui aurait- intérêt à fabriquer de telles créatures? Une sorte de symbiose entre Goliath et Einstein. C'est de la foutaise! Cette robotique génétique est vouée à l'échec, car l'Homme et ses descendants seraient dominés par ce êtres.
Reste la Nature. Nous ne pouvons pas revenir à l'homme de Rousseau. Mais la Nature quoique changeante est du domaine de l'homme. Son adaptaion à l' environnement physique. Ce qui nous ammène à Darwin. Dans 100,000 ans, que sera l'homme qui aurait survécu aux violations répétées de la Nature ?
L'on peut réparer les fautes de la Nature humaine aux moyens de la technolgie. Je me demande si cette intervention ne va pas à l'encontre du darwinisme. Les mésadaptés dont nous ne tenons pas compte, ce sont les mésadaptés sociaux. `Le défi, c'est pas le technique. C'est le social`.Qui s'y attaque?
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