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Société

Le Refuge

Chroniques de réfugiés


ARTICLE - 7 octobre 2004
Youssef Taha: "J'ai beaucoup de colère et d'agressivité... Ce sont des mécanismes de défense exagérés que j'ai développés pour faire face à la vie."
photo: Joseph Yarmush
Depuis 1989, 12 050 jeunes hommes de 17 à 24 ans ont été accueillis au Refuge des jeunes de Montréal. Des sans-abri. Des éclopés de la vie. Au Refuge, ils profitent d'un lit, d'un repas, d'une douche et d'un soutien individualisé pour les aider à sortir de la rue. Associé à cette cause depuis 2001 Voir a rencontré Nicolas Boileau et Youssef Taha, qui sont passés par là.
 
YOUSSEF

Youssef Taha a 24 ans. Il est clean depuis 20 mois déjà. Depuis le 27 janvier 2003, plus précisément. La date est importante. C'est ce jour-là qu'il a pris la meilleure décision de sa vie. "Je n'avais pas de bouffe. Je n'avais pas de cash. Je devais de l'argent à mon vendeur de drogue. C'est alors que j'ai décidé de tout arrêter."

Youssef Taha revient de loin. Aîné d'une famille dysfonctionnelle, il n'a jamais connu son père. Solitaire et renfermé, il est aussi maniaco-dépressif. Dans ses périodes de crise, il peut piquer des colères monstres, ou se mettre à vivre à la quatrième vitesse. "Une fois, j'ai loadé ma carte de crédit jusqu'à la limite en seulement 20 minutes. J'ai acheté du linge, deux bouteilles de parfum, plein d'affaires..."

Sa descente aux enfers s'amorce à l'âge de 17 ans. C'est sa copine qui le débauche. Avec elle, il touche aux substances illicites pour la première fois. "Elle fumait du pot, j'ai commencé comme ça." Bientôt, il passera aux pilules, aux speeds, au PCP. Plus tard, il essaiera la cocaïne et même le crack, une quinzaine de fois. "Tous les jours, je buzzais du matin jusqu'au soir." Subsistant par ses propres moyens de l'âge de 16 à 18 ans, il travaille comme pompiste dans une station-service. Ses pourboires lui donnent assez d'argent pour payer sa dose quotidienne de paradis artificiels.

À l'âge de 20 ans, Youssef Taha éclate. Chez sa mère, il fout le bordel et défonce les murs à grands coups de poing. "J'avais le mal de vivre. J'avais le goût de crever." Il a tenté de le faire savoir au monde à trois reprises. "Une fois, j'ai pris 150 comprimés antidépresseurs d'un seul coup." Il frôle la mort. Quatre jours à l'hôpital. Lors de sa thérapie, il ne respecte pas les règles du centre qui le reçoit et se fait montrer la porte.

Et là, c'est la rue. Grise. Sale. Youssef Taha touche le fond du baril.

Il découvre le Refuge des jeunes. Pendant cinq mois, il s'y pointe tous les soirs, à 6 h tapantes. Il s'inscrit à l'accueil, on lui remet une serviette, il prend une douche, il soupe et se couche. "Après une journée dans la rue, t'es fatigué." Une quarantaine de gars, tous paumés comme lui, font la même chose chaque jour.

En juin 2002, toujours entre la rue et le Refuge, Youssef entend parler de l'aide que la Ville offre à ceux qui se sont retrouvés sur le pavé à cause de la crise du logement. Il apprend que ceux qui en ont besoin peuvent être hébergés dans un dortoir de fortune installé dans un gymnase. Il s'y rend pour trouver de l'aide. Là-bas, un photographe en quête d'un bon sujet lui croque le portrait, lequel se retrouve en une du Journal de Montréal. Il devient l'emblème visuel de la crise du logement. Avec l'aide d'intervenants de la Ville, il se trouve une piaule dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

Il y est toujours. Aujourd'hui, complètement sobre et fier de l'être, il stabilise ses humeurs irrégulières grâce au lithium. Et une fois par semaine, il rencontre des gens comme lui aux Narcotiques anonymes. Youssef Taha est-il heureux? "Je suis mieux. J'ai un toit sur la tête et de quoi manger." Il est mieux, mais il demeure un persécuté dans l'âme. "J'ai beaucoup de colère et d'agressivité contre le système, contre la vie, contre la société, contre l'autorité. Ce sont des mécanismes de défense exagérés que j'ai développés pour faire face à la vie."

Il caresse aujourd'hui aussi le rêve de terminer ses études pour devenir, éventuellement, travailleur social. Les travailleurs sociaux qu'il a rencontrés, que ce soit au Refuge ou ailleurs, ont été ses meilleurs modèles. Mais ce n'était pas des sauveurs. "Ils ne faisaient que me guider dans mon cheminement, mais c'est moi qui faisais les efforts." Son expérience, bien que douloureuse, a pour lui beaucoup de valeur. "Si je ne partage pas ce que j'ai, je vais le perdre." Youssef aimerait utiliser ce que la vie lui a montré pour en aider d'autres, comme lui, qui sont aujourd'hui perdus dans un abîme...

ooo

NICOLAS

Nicolas Boileau n'était pas un ado facile. Il était blasé par tout, par l'école surtout. Son univers se résumait au bordel de sa chambre, aux jeux vidéo et aux partys déments organisés dans la maison familiale. Il y a cinq ans, sa mère, qui n'en pouvait plus, lui a lancé un ultimatum. Un mois de sursis. Un mois pour se trouver un job. Un mois pour faire quelque chose de sa peau. Sinon, c'était la porte.

Un mois plus tard, ce fut la porte. Il avait 19 ans. Nicolas Boileau n'est pas issu d'un milieu défavorisé. Sa mère est représentante pour une compagnie. Son père, qu'il n'a pas vu depuis un bail, est architecte. Dans son environnement immédiat, rien ne le prédestinait à se retrouver, un jour, dans la dèche la plus complète.

Bien sûr, il en a voulu à sa mère de l'avoir ainsi foutu dehors. Sans diplôme. Sans toit. Sans avenir. Mais oubliez le discours misérabiliste de la victime sur laquelle tous les dieux s'acharnent. Malgré sa tête de cochon, Nicolas Boileau reconnaît aujourd'hui qu'il n'a reçu de sa mère que ce qu'il méritait. "Elle a bien fait, ma mère. Sinon, je serais encore chez elle." D'ailleurs, s'il avait été aux prises avec un enfant tel que lui, il aurait probablement fait la même chose...

Le jour où il se retrouve à la rue, Nicolas va crécher chez un cousin. Il part rapidement. "J'étais écœuré de le voir drogué." Nicolas fume alors du pot quotidiennement, il a aussi touché à la coke à trois reprises. Mais il ne se considère pas comme un toxicomane. Enfin, pas autant que d'autres.

Démoralisé au possible, il commence à fréquenter le Refuge. Selon le règlement, il peut y être hébergé un mois, mais doit se trouver un autre endroit pour le mois suivant afin de laisser la place aux autres. Il alterne donc entre le Refuge et la Old Brewery Mission (OBM). "Le Refuge, c'est le Ritz. L'OBM, c'est les bécosses. Il n'y a pas beaucoup de jeunes là-bas. Que des vieux qui crachent, qui puent, qui pissent partout... J'avais peur de devenir comme eux." Au Refuge, Nicolas passe de bons moments avec d'autres gars de son âge. "On tripait ensemble. Le jour, on allait niaiser au métro Sherbrooke, et le soir, on rentrait en dedans."

Pendant quelques mois, il demeure ainsi en transit entre le métro Sherbrooke, le Carré Saint-Louis et le Refuge. Mais depuis trois ans, Nicolas occupe un logement supervisé (toujours par le Refuge). Un 1 1/2 dans l'Est. Juste à côté de la voie ferrée, devant l'usine de biscuits Viau. Il aime bien. C'est sa place à lui. À l'étage du dessus, il y a le local communautaire où règne le respect. Des intervenants sont là pour l'aider, l'écouter. Il a beaucoup d'estime pour eux, même s'il avoue les brasser un peu de temps en temps...

Nicolas Boileau a une blonde. Elle habite Longueuil. "Je serais incapable de vivre avec elle!" Avec cette même blonde, il a un petit bonhomme. Huit mois. Quand il en parle, il a des flammèches dans les yeux. "Je ne veux pas manquer les moments où il marchera, où il commencera à parler." Parfois, quand Nicolas dort chez sa blonde et que celle-ci ne veut pas de lui dans son lit, il va se coucher par terre, dans la chambre du petit...

Nicolas Boileau n'est plus dans la rue. Il est père. Et il a maintenant des projets. Depuis cet été, il a arrêté le pot. Le sevrage n'est pas toujours facile. Crises d'anxiété chroniques. "Parfois, je n'ai aucun contrôle sur mon corps. D'autres fois, je pense trop." Il a aussi commencé à travailler pour une entreprise de personnel temporaire. Le job est dur, mais ça lui fait du bien. "Tu peux être fatigué parce que t'as rien fait de la journée. Mais quand je reviens du travail, c'est une fatigue qui me procure du bonheur." L'autre jour, il est allé travailler dans une boulangerie. "J'ai tellement vu de pain que je n'en mangerai plus jamais de ma vie!" Avant cela, il est allé faire du ménage à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. "J'adorais mes heures de lunch, je m'installais près de la piste et je regardais les avions."

Parce que les avions, c'est sa deuxième passion. Après son fils. Les avions de ligne, surtout, le fascinent. Une fois, pendant son contrat à l'aéroport, il a vu un Boeing 767 d'Air Canada tout près de lui. "Si j'avais eu le guts, je serais monté à bord et je l'aurais conduit." Dans son jeu vidéo Flight Simulator, Nicolas peut faire le trajet Montréal-Toronto en 55 minutes. Son rêve, parce qu'il faut bien rêver, serait de devenir pilote.

En attendant, il caresse un autre rêve, celui de devenir chauffeur d'autobus. Pas à Montréal, mais à Toronto, une ville qu'il aime davantage et où il a vécu six ans. Mais avant même d'y penser, il doit aller chercher son permis de conduire. Pour cet été, il aimerait économiser suffisamment d'argent pour se payer un scooter. Entre les avions de ligne, le bus et le scooter, il y a un point commun: ce goût de partir, de faire du chemin, de voir du monde. Un goût de liberté.

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26 oct. 2004, 11:42
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Je trouve que ces deux récits nous montre qu'il y a malgré tout de l'espoir avec les gens de la rue. Ce que j'aime particulièrement, c'est qu'on voit que c'est quelque chose qui peut arriver à n'importe qui tellement les histoires des deux hommes sont vraiment différentes. Je pense que le deuxième m'a touché plus particulièrement parce qu'il a quand même eu une enfance correcte. Pour le premier, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été gâté par la vie. Dans notre société qui est de moins en moins tolérante, je trouve que ces lieux sont encore des endroits qui permettent aux jeunes d'avoir un peu le moyen de penser et de réfléchir à où ils en sont et ce qu'ils veulent de leur vie. Ils ont juste assez de confort pour ne pas que les besoins de bases leur trotte par la tête et c'est bien comme cela. Je leur souhaite bonne chance dans leur projets futurs.
15 oct. 2004, 08:19
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Je trouve rassurant de savoir qu'il existe des endroits comme le Refuge pour nos jeunes... On a tous besoin de «notre» petit coin intime où on se sent en sécurité. Où on a pas peur ni froid. C'est une belle preuve de courage que j'ai lis dans les deux témoignages. De recommencer à vivre à 20 ou 30 ans, avec nos vieux démons dans nos baggage, pas facile! Croyez-moi! Je pense que les gens sont portés à juger les jeunes trop rapidement et surtout trop sévèrement. Ce n'est pas parce qu'un être humain a les cheveux verts ou un anneau dans le sourcil qu'il est différent! Rappelez-vous d'où vous venez! On a eu nos modes nous aussi. S'était différent mais pas nécessairement plus rassurant pour les personnes qui nous croisaient sur la rue. Soyons indulgent!
13 oct. 2004, 00:22
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Quand on vient d'accoucher, qu'on tient son petit dans ses bras, qu'on rêve à un prénom idéal qui le mettra à l'abri des infortunes de la vie, l'idée qu'un jour il pourrait se retrouver dans la rue ne nous effleure même pas. Et si jamais ça arrive, on se demande ce qu'on a fait, bien sûr, mais au-delà de la culpabilité, il faut regarder la souffrance insupportable de ces jeunes qui vivent dans la rue ou fréquentent les refuges. Le jugement gratuit n'a jamais rendu service à personne. Ils ont peut-être choisi de vivre dans un milieu hostile, mais ce n'est probablement rien en comparaison avec le combat qu'ils se livrent à eux-mêmes, intérieurement. C'est ce que les intervenants des refuges ont compris. Je suis une maman et je commence seulement à le comprendre. Et ce n'est pas sur mes qualités altruistes que je compte pour y parvenir. Je n'ai pas l'âme de ces intervenants à qui je lève mon chapeau. Je continue à essayer de comprendre grâce à l'amour que j'ai pour mon enfant, qui a maintenant son petit studio à Montréal.
12 oct. 2004, 02:06
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Les organismes sont là pour aider, ils sont la pour la population en détresse, oui ils sont la; Un organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue, un autre qui vient en aide aux sans-abri et ainsi de suite. L'action de ces organismes sert probablement à quelque chose. Mais en gros, ils servent selon moi qu'à stabiliser le problème d'un individu en particulier, un seul parmi tant d'autre. Une publicité permanente pour calmer la peur des citoyens devant le fléau. Aider une personne ou deux ne règle rien, ça donne juste un soupir et un relâchement. L'organisme a le même effet qu'une drogue, elle apaise la douleur. Il projette même dans le temps ce problème sans le régler. Vivre heureux dans son malheur.
11 oct. 2004, 20:20
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Je ne me suis jamais levée sans savoir si je pourrais manger à ma faim ou si je pourrais avoir un lit chaud pour m'endormir le soir venu. J'ai eu un mal de vivre comme ont tous les adolescents certes, mais j'ai trouvé rapidement mon refuge dans l'écriture... Maintenant, je travaille avec des adolescents et je me rends compte à quel point cette période est cruciale dans la vie de chacun. Notre identité se forge; l'enfant se cache derrière les pupilles pour laisser place à l'adulte qui survient parfois trop vite... Les reponsabiltés se pointent le bout du nez et il est difficile d'abandonner notre univers de jeux pour plonger vers le stress des grands! La carence d'affection et le manque de modèle laissent parfois les jeunes devant un vide énorme. Ils est essentiel que ces jeunes puissent se retrouvés entre eux pour partager leur vision de la vie... Il faut aussi des personnes dévoués qui veulent écouter leur peine pour leur faire découvrir la lumière à travers le trou de la serrure. Les jeunes apportent souvent beaucoup plus qu'ils ne le croient... lls nous enrichissent; ils s'agit de rapports humains formidables. Ce mal de vivre nous concerne tous; c'est un mal de société! Cessons de se regarder le nombril en pensant que c'est leur problème. NON! L'entraide est essentielle... Un jour qui sait ce qui peut nous arriver!
11 oct. 2004, 16:51
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J'ai été, dans une autre vie, travailleur de rue. J'ai rencontré ces jeunes et d'autres plus vieux qui avaient aussi été autrefois des jeunes. J'ai croisé le chemin de ceux qui se cherchent dans la foule, qui se terrent aux coins des bouches d'air chaud, qui égrennent leurs journées comme autant de pas qui les ramènent toujours au même point. À cet endroit à l'intérieur d'eux-mêmes où ils se perdent à répétition. La vie, quand elle a perdu son sens social, devient une course pour la survie qu'il vaut mieux engourdir. Pour ne pas sentir ce vide, cette absence de sens. Cette futilié apparente qui cache l'ancrage même de l'être dans son parcours égaré. Il est bien difficile de comprendre ce qui mène des gens qu'on aime à se réduire ainsi à une existence de survie. Dans des conditions qui hypothèquent toujours leur santé tant physique que psychologique. Avec le néant en lieu et place d'avenir et un immense trou dans la poitrine en guise de présent qui est la réponse bien inadéquate à un passé à oublier. Dans ces errances mécaniques au travers d'un circuit qu'on refait sans arrêt, il y a un refuge. Le Refuge. Là où la nuit sera moins longue, moins froide, plus reposante. Le temps de refaire le faible plein de cette énergie qui manque toujours. Celle qu'on a jamais pour faire un différence dans cette vie de routine qui nous hypnotise de ses milles feux éphémères. Le Refuge c'est la possible pause qui peut devenir une halte. Le temps de se ressaisir pour que chaque jour cesse d'être comme le précédent et que de ces différences minimes naisse l'espoir d'une vie sans ce détour aussi pénible qu'inutile. Et comme un Ulysse, de retour d'un long et difficile voyage, nous émergerons de nos propres ténèbres, fatigués mais appaisés. Prêts à jeter l'ancre et retrouver nos royaumes intérieurs et à faire confiance à ceux qui nous ont aimé. Ceux qui d'entre-nous ont eu besoin de ce Refuge et qui en ont profité pour construire le leur, ceux-là, savent...
11 oct. 2004, 15:51
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En cette ère d'obligation de performance, reconnaître que l'on a besoin d'aide n'est pas une mince affaire. En effet, de nos jours, tout appel au secours est considéré comme une faiblesse et les personnes souffrantes sont vite étiquetées comme non productives et inutiles. Résultat: on "toffe" et on endure jusqu'à ce que le couvercle de notre "presto" vole en éclats. La démarche accomplie par Youssef et Nicolas est profondément estimable puisqu'elle découle d'une ferme volonté de s'en sortir et ce, en dépit des blessures d'orgueil qu'un tel choix implique. Le fait de reconnaître qu'ils ne pouvaient pas y arriver sans aide exigeait une certaine humilité, de même que le courage de poser un regard impitoyable sur leur condition. J'espère que d'autres personnes trouveront ce même courage pour mettre fin à leur enfer personnel. Pour Youssef et Nicolas, le salut passait par Le Refuge des jeunes de Montréal. Pour d'autres, comme moi, c'est passé par le bureau d'un psychologue. Mais quel que soit l'outil que l'on choisit, le début de la guérison passe tout d'abord par reconnaître qu'on a besoin d'aide.
11 oct. 2004, 11:35
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J'ai beaucoup aimé ce texte qui nous démontre très bien les résultats de travail d'un organisme qui travaille fort pour ces jeunes de la rues! Quand je vois des jeunes dans les rues qui quêtent de l'argent ça m'enrage à tout coup! Car je me dis qu'ils ont la santé et la forme physique pour travailler au lieu de quêter...mais souvent on ne sait pas pourquoi ils en sont rendus là. Donc de voir des jeunes de la rue nous raconter leurs histoires et de voir qu'ils s'en sortent me donne une lueur d'espoir en la jeunesse d'aujourd'hui! Une lueur d'espoir en ces organismes humanitaires! J'espère de tout coeur que le Refuge continuera longtemps d'aider ces jeunes à s'en sortir et de vivre une vie meilleure! Bravo au refuge! et à tous ces jeunes qui acceptent de se faire aider!
11 oct. 2004, 10:03
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La cause des jeunes de la rue est une cause parmi plusieurs autres qui sont criantes. Je crois cependant que ce qui permet de se démarquer des autres provient du fait que son porte-parole et représentant est justement un individu qui aura passé par le chemin que suivront les jeunes dans le besoin. Dan Bigras ne joue pas de jeu ! Ma contribution à cette cause aura été d'une part d'acheter le DVD du refuge et d'autre part de chercher désespérement une date de spectacle de Dan Bigras pour l'encourager à continuer son bel ouvrage. L'inertie des gens vis-à-vis de telles causes est probablement relié au fait qu'ils contribuent plutôt à croire et encourager les enfants malades ou la lutte contre le cancer puisque tout ceci attire beaucoup plus la pitié. Le concept de choix nous fais aussi dire qu'ils n'ont pas choisi d'être malades contrairement aux jeunes de la rue qui ont creusé leurs tombes eux-même. Par contre, si on étudiait mieux la trajectoire suivi par les jeunes de la rue, on comprendrait que bien souvent, ceux-ci n'ont pas nécessairement choisi de se retrouver où ils sont. Dans notre belle société, il n'y a pas de la place au soleil pour tout le monde ! En creusant un peu, on réalise que finalement, ces derniers n'ont probablement pas eu d'autres choix que d'en arriver là. L'image renvoyé par leurs problèmes à la société fais malheureusement reculer beaucoup de gens qui méprisent ces jeunes qu'ils jugent avant tout d'irresponsables, d'immatures et d'incultes. En passant, passez vite chercher le DVD réalisé par Dan Bigras qui vous fera réfléchir: écoutez bien la chanson de Pierre Flynn (La maudite machine) qui devrait en réalité être l'hymne national du Refuge...
11 oct. 2004, 09:09
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C'est dur de s'imaginer passer par là. J'ai 16 ans.. je n'ai pas de problèmes de drogues ni d'argent et je sais que c'est possible qu'un jour je me retrouve dans la rue. Dans le meilleur des monde, cela n'arriverait à personne mais ce n'est pas le cas. C'est pourquoi plusieurs organismes sont mises en place pour aider les sans-abris. Voila ma question : Les aident-ils toujours? Ce que je veux dire c'est que le sans-abris arrive, mange, se douche, dort et repart le lendemain. C'est sur que c'est beaucoup mieux que de dormir dans la rue mais ce n'est pas de cette façon que le sans-abris va se sortir de la rue. Ce n'est pas suffisant! Je sais bien qu'il y a des programmes d'emplois pour les sans-abris mais ils devraient s'allier avec les refuges pour faire deux pierres d'un coup. C'est mon opinion. La société fait de son mieux pour aider ces gens. Je crois que, chaque être, à sa façon, fait son bout de chemin mais à voir le nombre de sans-abris dans les rues de Montréal et d'autres grandes villes, il faut croire que ce n'est pas assez.
09 oct. 2004, 20:17
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On a l'impression que ces jeunes sont différents, mais ils ne le sont pas. Tous les jeunes sont déroutés sans trop d'espoir ou d'illusions. Le refuge est une goutte d'eau dans cet océan de désabusés, mais combien nécessaire. On a pas le droit de croire que ça ne changera rien parce qu'il y en a partout et de plus en plus : tant que la société ne révisera pas ses choix de société on doit faire quelque chose. Le refuge ça marche, les jeunes s'y sentent en confiance et en sécurité, ils peuvent prendre le temps de se reposer et rêver un petit bout de temps. Ces jeunes ont besoin de ne pas être seuls car c'est un constat ils sont extêmement nombreux à souffrir c'est mondial maintenant. Ne pas être juger c'est parfois tout ce qu'ils demandent et ça le Refuge leur offre à tous et chacun. Ils ont enfin des droits, ils peuvent s'exprimer sans risquer de déplaire,puis avoir de la peine sans que cela dérange en plus de dire vraiment ce qu'ils pensent. Bravo à cette équipe qui ont compris que cela en vaut la peine et qu'il n'y en aura pas de facile ils n'yront pas tous à l'université,ils ne s'en sortiront pas tous rapidement, mais ils auront eu une chance et à un moment donné plusieurs vont faire quelque chose de leur vie à leur façon c'est ce qui compte.Ils auront le sentiment d'être utiles,seront enfin valorisés et viendra la satisfaction d'être ici sur cette terre de sentir qu'ils font une différence...C'est assez près du bonheur ça. Le Refuge leur offre ce que personne ne leur a jamais offert sans rien leur demander,on doit y croire....
08 oct. 2004, 20:30
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J'ai eu la bonne fortune de connaître un homme d'âge mûr. Quarante ans. Toutes ses dents. Raffiné. Instruit. Ses qualités malheureusement n'étaient pas ce qu'elles devraient être; il venait d'ailleurs. D'un autre pays. Ailleurs, c'est l'inconnu, c 'est l'indicible, l'obscurité. Et l'internet est partout. Les satellites, les caméras, les journaleux, aussi. Un chaînon manque, celui de l'information véridique. L'on se marie à Baghdad. L'on y fréquente des discothèques. Le savez-vous? Je fis ce que je pus. Je lui suggérai la pharmacie, le recyclage en un terrain à sa mesure, celui du sur-qualifié exclus. Lui qui avait un MD, il se contenta de petits boulots. L'alcool, les pillules n'y firent rien. Sa femme, ses enfants l'abandonnèrent à son triste sort de pariah. Eh! bien, depuis vingt ans, il fait l'OBM. Moi, j'ai épuisé toutes mes ressources. Et si tu retournais dans ton premier pays? Dans un univers soudain privé d'illusions et de lumières, l'homme se sent un étranger.Cet exil est sans recours puisqu'il est privé des souvenirs d'une patrie perdue ou de l'espoir d'une terre promise (Albert Camus). Comment peut-on accepter d'être un étranger toute sa putain de pseudo-vie? Quand mettra donc fin à l'immigration indésirable?
08 oct. 2004, 14:32
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J'ai été souvent porté à croire que tout ce que le refuge, et bien d'autres organismes d'entraide faisaient c'était peine perdue. Que ces jeunes et moins jeunes dans le besoin, avec le mal à l'âme, ce mal de vivre, passaient à ces refuges que pour une très courte période, et recommencaient aussitôt leur vie de je m'enfoutiste de la société, erraient sans peine jusqu'à une nouvelle nuit de dèche, où la faim et le froid devait forcément les ramener dans ces refuges. Mais un jour j'écoutais parler Dan Bigras dans une entrevue, il parlait de ces refuges, il parlait aussi de lui, de cette difficulté de fonctionner adéquatement qu'ont certains jeunes dans une société, mais il a dit surtout ceci, c'est ce qui m'a marqué: Ils ne réussissent pas à les sauver tous, mais s'ils réussissent avec un, ça fait déja la DIFFÉRENCE, et moi je dit que ce UN peut faire une boule de neige et en entraîner d'autres dans le sillon du plaisir de vivre. Un jour à la fois avec ce que tu as et ce que tu es TOI.
08 oct. 2004, 11:28
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1) Rédaction d'un journal: Je me suis mis à la rédaction de mon propre journal. Je me suis acheté un cahier Canada, le mois dernier. Le premier jour, je ne savais pas quoi écrire. D'ailleurs, ce jour-là, je m'en rappelle, j'étais en colère. Tout me tapait sur les nerfs. Je crois, au fond, que j'étais en colère contre moi-même. Je me faisais violence. Je venais de me voir dans un miroir, un vrai. Mais était-ce plutôt celui de mon coeur, de mon âme, celui que ma conscience retournait à mes yeux? J'ai écris péniblement quelques lignes. Des mots que je trouvais inutiles. Pourtant remplis de sens, lorsque je les relis:qu'est-ce qui m'arrive? Où est-ce que je m'en vais dans la vie? C'est ça, ma vie? Des questionnements, plutôt que des vraies phrases. Laissés sans réponse! 2) Prise de conscience: J'ai écrit quelques mots, comme ça, pendant une semaine. Après, je me suis mis à me relire. Une fois, plusieurs fois. Le jour, le soir, la nuit quand je n'arrivais pas à dormir. Parce que ces mots se sont mis à danser dans ma tête. Au début, c'était comme une musique macabre, sinistre. Un matin, il y avait plein de soleil, j'ai marché dans la ville. Puis, je me suis assis sur un banc d'un square. Il y avait le vent qui sifflait entre les feuilles des arbres. Ça sentait bon, malgré l'air du centre-ville. J'ai subitement pris conscience de ma vie, de mon existence. Unique. Je crois m'avoir dit: tu es le seul à changer ta vie. Ce jour-là, quelque chose de grave s'est passé en moi. J'ai essayé d'écrire ça dans mon cahier. C'est difficile à nommer. Je fais des fautes en tentant d'écrire le mot "métamorphose". J'en ai parlé à ceux qui m'aident, à ceux qui m'aiment. 3) Chemin de vie: J'écris des titres ou des sous-titres maintenant dans mon cahier. Ça m'aide à me situer dans mon cheminement de vie. J'ai trouvé enfin quelque chose que j'explore: ma vie. C'est bête, je n'y avais jamais pensé auparavant. Je ne sais pas pourquoi. Aujourd'hui, je sais: ce parcours est le mien.
08 oct. 2004, 10:43
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Le refuge aide les jeunes à s'en sortir mais combien s'en sortent vraiment ? Peut-être pas beaucoup mais en dehors des statistiques, celui qui s'en est sorti vous dira sans doute que ça en valait la peine. Et ces gens assurent souvent la relève pour en aider d'autres à s'en sortir aussi. Je lève mon chapeau à tous ceux qui l'on pas eu facile et qui mêne aujourd'hui une vie plus stable. Cependant, j'ai un peu de misère à comprendre ce qui pousse le monde à se rendre si bas. C'est sûrement quelque chose qu'on ne peut comprendre sans y passer alors vous m'excuserez, qu'avec ma vie bien rangée de bonne petite fille j'ai de la difficulté à m'imaginer tout ça. Je ne saurais quoi dire à ces gens là et quoi faire pour les aider. Heureusement que d'autres le savent et qu'ils mettent leurs compétences à profits.