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Littoral
Pour ses débuts en tant que réalisateur, Wajdi Mouawad adapte sa propre pièce de théâtre, où un jeune Montréalais décide d'aller enterrer son père dans le pays de ses origines, le Liban. C'est alors qu'il découvre une contrée marquée par la guerre, où le corps qu'il trimballe n'en est qu'un parmi tant d'autres.
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Littoral
Au nom du père
ARTICLE -
4 novembre 2004
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Steve Laplante et Gilles Renaud
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Littoral, pièce créée en 1997 par Wajdi Mouawad au Théâtre d'Aujourd'hui, passe de la scène à l'écran. Un passage qui ne se fait toutefois pas sans heurt malgré le caractère cinématographique du texte d'origine. Réflexions du dramaturge devenu réalisateur.
Québécois de parents libanais, Wahab (Steve Laplante) apprend la mort de son père (Gilles Renaud) après une nuit torride avec une maîtresse de passage. Désirant l'enterrer dans le caveau familial auprès de sa mère (Estelle Clarreton), Wahab découvre que son père était détesté de sa famille, qui lui refuse cette faveur. Contre toute attente, Wahab dérobe la dépouille et s'envole pour le Liban. Dans ce pays à feu et à sang, le jeune homme croisera la route de cinq hommes et femmes de sa génération (Miro, Isabelle Leblanc, David Boutin, Pascal Contamine et Manon Brunelle) ayant perdu leurs parents durant la guerre. Chacun tentera d'aider Wahab à enterrer son père de façon à faire le deuil de leur propre père.Il y a de ces films que l'on souhaiterait pouvoir aimer davantage... C'est le cas de Littoral de Wajdi Mouawad. Poème funèbre à la fois sombre et resplendissant, ce premier long métrage du dramaturge et metteur en scène bien connu semble hésiter entre la fiction et le film d'art et d'essai. Serait-ce parce que ce dernier n'a pas toujours tenu tête à son entourage? "La création est si urgente chez moi, explique Mouawad, que je ne peux pas attendre cinq ans pour faire un film. En pré-production, tout doit être pensé à l'avance; or, quand je décidais de changer un plan au tournage, on paniquait. Il fallait donc que je revienne parfois à l'idée première. En fait, le cinéma m'aura rendu plus gentil..." À la lecture de la pièce (publiée chez Leméac / Actes-Sud-Papiers), force est de constater l'énorme sacrifice auquel a dû se livrer l'auteur, secondé par Pascal Sanchez, qui signe une adaptation libre de son œuvre sans pour autant en renier l'essence: "Étrangement, c'est l'entreprise de faire un film le plus silencieux possible qui a été pour moi la plus grande découverte de ce médium-là", d'avouer Mouawad, dont la seule préoccupation est de raconter des histoires. Ici, pas de Chevalier Guiromelan ou d'équipe de tournage aux trousses de Wilfrid devenu Wahab; reste cependant le spectre du père qui suivra son fils à travers ce long parcours initiatique. À des lieues de la simple captation scénique, Littoral nous transporte donc sur les traces d'un Odipe inversé - Wahab croyant avoir tué sa mère et fait l'amour avec son père - , de la sombre métropole enneigée au lumineux Liban (l'Albanie, pour les besoins du tournage), où les frontières entre le rêve et la réalité se dissipent, et le passé et le présent se réconcilient afin qu'un futur soit possible. Avoir su conserver le symbolisme de la pièce demeure sans contredit la grande force de Mouawad; ironiquement, c'est également ce qui rend l'œuvre par moments maladroite. C'est ainsi le cas pour les dialogues que les interprètes, reprenant les rôles qu'ils ont créés à la scène, déclament à la manière d'incantations. À l'instar du Dogville de Lars von Trier, qui avait partagé le public, Littoral comporte sa part de conventions scéniques qui s'acceptent moins facilement à l'écran qu'au théâtre.
Par ailleurs, certains ressentiront un malaise en voyant des comédiens québécois "pure laine" incarner des Arabes: "Je trouve que cela soulève un problème proprement québécois, s'étonne l'auteur. C'est comme si au Québec, nous étions incapables de nous projeter dans l'autre, de nous imaginer être quelqu'un d'autre et, par le fait même, d'imaginer que l'autre puisse être Québécois. Pourtant, nous n'avons pas de difficulté à accepter que Tom Hanks joue un Européen de l'Est [...] Au Québec, il y a quelque chose de très rigide par rapport à la fiction; pourtant, en disant fiction, nous pouvons bien nous imaginer dans la peau d'un assassin. Comme nous avons de la difficulté à nous imaginer qui nous sommes, cela crée un rapport à la réalité qui est complètement tordu." Enfin, on a beau dire qu'une image vaut mille mots, celles de Littoral, malgré leur grande beauté lyrique, que l'on pense à cette magnifique et audacieuse scène de funérailles où le verbe n'a plus sa raison d'être, rivalisent difficilement avec la richesse du texte original. De conclure le réalisateur: "Si j'avais mieux fait le film, on aurait peut-être eu plus de facilité à y croire. Cela dit, je refuse de prendre entièrement toute la responsabilité, je crois que les gens doivent faire la moitié du chemin. " Une invitation qui ne se refuse pas. Voir calendrier Cinéma
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28 mars 2007, 13:46
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Imaginez qu'à la mort de votre père, vous appreniez que vous aviez tout faux...
Que ce que vous croyez être votre histoire familiale n'a rien avoir avec la réalité...
C'est ce qui arrive à Wilfrid, jeune Libanais qui vit à Montréal.
Alors qu'il pense son père au Brésil, ce dernier est retrouvé mort dans la métropole québécoise.
Du coup, il découvre que sa mère n'est pas décédée dans un accident de voiture, mais en lui donnant la vie.
Après avoir écouté des cassettes enregistrées par son père, il décide d'emmener son corps dans son pays natal.
Écrit et réalisé par Wajdi Mouawad.
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08 avr. 2006, 15:40
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La voix chaleureuse du père disparu (Gilles Renaud) guide la quête de réconciliation avec ses racines de Wahab (Steve Lapointe). D'origine libanaise, Wahab va découvrir sous la chaleur écrasante du Liban, les séquelles et la réalité de la guerre qui a ravagé la terre de ses ancêtres. Du même coup, il va faire la connaissance de personnages éclectiques, loufoques et touchants dont les atrocités de la guerre ont marqué à jamais leur âme.
En compagnie de ses nouveaux amis, Wahab va parcourir le Liban avec le corps de son père. Essayant de trouver un emplacement où il pourra enterrer la dépouille de son géniteur, il devra faire face au choc des cultures et confronter la réalité qui ravage son pays d'origine.
Littoral possède une trame sonore enivrante qui accompagne merveilleusement bien les paysages lyriques et les situations surréalistes dont les protagonistes doivent faire face. C'est un film homogène où les sons et les images éveillent nos sens pour nous faire découvrir la vision de l'homme de théâtre Wadji Mouawad. C'est touchant, beau et purement artistique. Pivotant entre un humour cynique et le drame, Mouawad nous captive. Cependant, le jeu théâtral quelque peu excessif de certains personnages détonnent dans le paysage.
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13 févr. 2006, 16:17
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On le dit souvent, l'adaptation au grand écran d'un roman ou d'une nouvelle ne rend pas toujours justice à l'oeuvre. Pour ce qui est de LITTORAL, la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, l'exercice m'apparaît encore plus pénible.
Cette allégorie aux multiples visages, celui de la rencontre manquée d'un père et de son fils, des sanguinaires ravages de la guerre et celui de la mort, s'en trouve malheureusement fort mal servie.
Les acteurs sont médiocres, le registre théâtral qu'ils adoptent, ne leur convient absolument pas. Ils en mettent trop et aux mauvais endroits. La mise en scène est d'un statique ennuyeux faisant dévier l'attention vers des banalités alors que le thème général, lui, loin de l'être, s'en trouve évacué.
On ne peut reprocher cette omniprésence de cadavres, les vivants arrivent à en devenir dans l'immense cimetière qu'est devenu ce si magnifique Liban. On ne peut reprocher l'exacerbation d'un fils revenant au pays natal de ses parents, cherchant un trou afin
d'enterrer le cadavre de son père, cet éternel inconnu qu'à la fin il se résignera à le plonger au fond de la mer. Mais ça sonne le faux pathétique.
Cette volonté à peine retenue d'ajouter l'horreur à l'horreur, ennuie. S'en devient trop, ça frôle l'inconscience au point qu'on arrive à ne plus croire à ce projet d'abord si louable, devenant de moins en moins vraisemblable au fur et à mesure que l'histoire évolue. Par chance que la musique et les chansons, quelques très belles prises de vue également, nous font oublier un ensemble particulièrement macabre.
Il y a aussi cette intention du réalisateur d'insister sur les symboles comme s'il voulait nous marteler ses messages. Il serait plus pertinent pour Mouawad de s'en tenir au théâtre, là où il excelle, sachant remplir la scène de manière si personnelle. Génie qu'il ne réussit malheureusement pas à nous démontrer derrière une caméra.
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07 sept. 2005, 19:22
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Les rapports entre théâtre et cinéma, pourtant abondamment analysés, seront toujours ambigus. En choisissant pour sa première réalisation d'adapter sa propre pièce, Wajdi Mouawad brave donc la question de la théâtralité au cinéma, et réussit son entreprise de manière inégale.
Les deux « espaces » du film demeurent fortement théâtralisés, les décors étant généralement traités comme des « huis-clos » où le drame, à la fois politique ou intime, germe puis éclate. Le film prend réellement son envol lorsque le personnage principal s'enfuit vers un Liban à la fois ténébreux et écrasé de soleil. Le spectateur est alors transporté dans un univers terrible et onirique mais surtout extrêmement touchant. L'un des grands mérites de "Littoral" est ainsi de montrer un personnage jonglant avec une réalité floue, où les « visions » oniriques ou fantastiques se succèdent. Ces mirages sont introduits de façon très simple comme lors des scènes finales sur la plage : cette grande sobriété déconcerte et émeut. L'interprétation irrégulière du comédien principal rapproche cependant le film de l'adaptation théâtrale affectée. Certaines séquences, qui devaient receler une force peu commune sur la scène épurée d'un théâtre, perdent de leur force brute dans les décors très réalistes du cinéma : ainsi la séquence des mines accumule les effets et les cris alors que sa véritable puissance se situerait plutôt dans l'épure.
Cependant, grâce à une certaine maîtrise de la mise en scène, les séquences artificielles se fondent peu à peu dans un ensemble où l'émotion prévaut. "Littoral" demeure une ouvre singulièrement inédite dans le paysage cinématographique québécois, d'abord par son sujet et aussi par son traitement. Le choc des cultures, symbolisé par des oppositions constantes et une musique très métissée, est exprimé d'une façon saisissante et sensible, aussi bien dans les aspects cinématographiques et théâtraux. ce qui contribue à faire de Littoral un beau film inégal.
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23 avr. 2005, 17:30
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Je suis libanaise d'origine et j'habite le Canada depuis plus de quinze ans. Je croyais qu'en partageant ce film avec ma famille et surtout mon père que nous pourrions nous souvenir de ce Liban que nous avons quitté il y a si longtemps. Sincérement les mots que j'utiliserais pour décrire ce que je ressens après avoir vu ce film ne suffiront pas pour décrire ma stupéfaction et surtout mon dégoût envers Wajdi Mouawad. Commençant par le début avec son acteur principal qui ouvre la porte aux policiers tout nu. Irréaliste et non nécessaire pour l'histoire. Les acteurs Québécois qui font semblant d.être des arabes...INACCEPTABLE! N'y a-t-il pas à Montréal ou au Québec de jeunes acteurs libanais qui pouvaient jouer ces rôles? Le fait que le film est tourné en Albanie me frustre énormément, pourquoi pas filmer au Liban et présenter ce pays si beau au peuple Québécois. Si je voulais voir un film tourné en Albanie j'aurais pas choisi celui-ci. Le film est un échec total de tous les points de vue. Rien ne vient de la réalité c'est une FICTION. UNE HONTE AU CINÉMA QUÉBÉCOIS POURTANT SI BON. Je vais partager mon point de vue sur ce film à tous mes amis et je vais faire en sorte que personne ne perde son temps à le regarder.
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20 avr. 2005, 07:43
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Après le visionnement de ce film, je suis demeurée un peu perplexe, oscillant entre deux opinions. L'accent québécois de la plupart des protagonistes m'a accroché dès le début du film: heureusement que David Boutin justifie ses origines françaises et qu'on a eu l'heureuse idée de faire taire Pierre Curzi qui incarne le joyeux cadavre du père. Cette dimension m'a vraiment agacé, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un groupe d'imposteurs.
Puis, tranquillement, la poésie des images et de l'histoire m'a peu à peu charmée. Dès que Mouawad situe son action ou ses images avec la mer en toile de fond, on respire soudainement l'authenticité: le film dégage alors toute la magie que le théâtre est capable de nous faire ressentir. C'est peut-être en fait l'onirisme permis au théâtre qui est difficile à recréer au cinéma: les possibilités sont plus grandes au cinéma, mais parfois, l'économie de moyen est plus efficace afin de laisser les images se créer dans notre esprit.
Ainsi, j'aurais aimé voir le même film avec des comédiens d'origine arabe qui m'aurait convaincue de la possibilité de cette histoire, ou encore, j'aurais aimé voir Mouawad faire un film sur la réalité libanaise des habitants de Montréal. Il me semble que l'une ou l'autre de ces options auraient été plus confortable pour le spectateur. Toutefois, ce film en est un de déracinement et de retrouvailles, fictives mais probablement aussi un peu autobiographique, alors c'est peut-être là le choc des réalités que Mouawad voulait exprimer.
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30 mars 2005, 17:00
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Ce film fut en salle en novembre 2004 et n'a eu le succès commmercial qu'il aurait dû avoir, que voulez-vous les goûts pour la grosse farce s'enlignent avec le gros pop corn. Je l'ai loué ce week-end, sans savoir qu'il y avait eu une pièce avant, on ne peut pas tout voir et tout savoir. Littoral est un très bon film, l'affiche parlait d'un "road movie" québécois, un cadavre sur le toit, c'est un road movie fait par un québécois, mais l'action de se passe au Liban, pays dévasté par la guerre, il n'y a plus de place dans tous les cimétières, alors on assiste aux péripécies de ce fils qui trimbale le cadavre de son père, aidés par des orphelins comme lui, et finalement au lieu de l'enterrer il va l'immerger dans la mer. Gilles Renaud fait le mort pendant tout le film, les jeunes arabes sont joués par des québécois et j'ai bien aimé ce choix du casting. C'est un film qu'il faut voir plus d'une fois, à cause des flash-back, de la mentalité libanaise et pour revoir ces paysages qui nous semblent presqu'irréels ou lire ou voir la pièce.
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13 févr. 2005, 01:07
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Faux, et usage de faux. Voila ce que Wajdi Mouawad a fait de son premier long métrage. Imaginez un film dont l'action se déroule au Québec, tourné par une équipe Saoudienne avec Denys Arcand aux commandes (qui se serait exilé en 63 vers l'Arabie, suite à la censure de son film « On est au coton »), où les acteurs jouant le rôle de villageois de Sainte-Hacynthe sont des Saoudiens qui causent un arabe francophonisé et un français arabisé, où les chauffeurs de taxi sont torontois. Un originaire de Sainte-Hacynthe serait rentré de l'Arabie Saoudite pour enterrer son père mais se voit insulter et persécuter pour s'être présenté avec son passeport Saoudien, un autochtone se fait écraser par un troupeau de vache au nord de la ville alors que les fermes se trouvent au Sud, et finalement pour brosser tout ça, le film est tourné majoritairement en Finlande. Le film aurait été ridiculisé, le Canada aurait déclaré la guerre à Abdullah. Dans le cas de Mouawad, il se permet, sans doute à cause des inclinaisons fâcheuses des peuples jadis colonisés à accepter leur sort, et de l'ignorance du spectateur compétent sur ce petit coin du monde, de faire le film qu'un Arcand exilé aurait fait, mais inversement.
Toutes ces raisons donnent carte blanche a Mr. Mouawad de faire passer les gardes de l'aéroport pour des cinglés post My Lai, trouver un taximan marocain quand les seuls marocains oeuvrant à Beyrouth sont au Consulat, faire sauter un gars sur la seule zone minée au Sud avec la frontière israélienne alors qu'on est supposé être au Nord, et de faussement reconstituer les paysages libanais en filmant en Albanie croyant que l'anagramme a elle seule suffirait, sans parler des très bons acteurs québécois jouant très mal un libanais en colère. Un libanais en colère c'est moi, après avoir vu ce film.
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25 oct. 2004, 08:40
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2 commentaire(s)
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Sans vouloir comparer l'oeuvre des deux hommes, en faisant son entrée dans le monde du cinéma, cet homme de théâtre qu'est Wadji Mouawad ajoute une SOLIDE corde à son arc.
Je ne connais pour ma part que très peu l'oeuvre théâtrale de Wadji Mouawad mais j'étais tout de moins très curieux de voir ce qu'il était capable de faire au cinéma. J'en ai donc profité pour aller voir Littoral au FCMM alors qu'il était présenté avant même sa sortie officielle et, fort heureusement, j'ai été emballé par le talent de Wadji Mouawad et son Littoral.
Avec son premier long métrage, Wadji Mouawad nous sort donc de notre Plateau Mont-Royal pour nous faire voyager jusqu'au Liban, un pays qui détruit par la guerre qui ne semble pas tout à fait terminé.
Le film raconte l'histoire de Wahab, un jeune québécois d'origine libanaise dont la mère est décédée à la naissance même de son fils et dont le père a été absent tout au long de sa vie suite aux accusations de négligence qui aurait entraînée la mort de sa femme. Lors de son 25e anniversaire Wahab apprend donc la mort de son père qu'il croyait au Brésil et découvre dans un même temps la véritable cause de la mort de sa mère qu'il croyait morte dans un accident de voiture. Se voyant ensuite refuser le fait d'enterrer le corps de son père dans le caveau familial, Wahab décide d'aller l'enterrer son père dans son pays natal qu'est le Liban. S'en suit donc une foule de drames que Wahab n'aurait jamais imaginé dans un pays détruit par la guerre.
Au cours de cette histoire, l'on découvre une multitude d'acteurs et actrices qui jouent avec justesse en plus d'en redécouvrir certains que nous connaissons déjà, le tout dans un contexte qui n'a jamais été exploité au Québec.
Donc, sur une musique efficace et des images à couper le souffle, Wajdi Mouawad nous offre tout ce qu'un cinéaste peux offrir de mieux et fait un Robert Lepage de lui-même en portant, avec brio, au grand écran ce qu'il avait initialement conçu pour la scène.
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02 déc. 2004, 09:21
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Wadji Mouawad est une révélation. Un auteur hors du commun qui connaît l'art des
symboles et de l'écriture scénique. Je suis litéralement tombé en amour avec
l'oeuvre de ce québécois d'origine libanaise lorsque je suis allée voir sa pièce
Incendies. Et voilà qu'il revient dans la région avec un film qui nous change
agréablement des films quétaines qui empoissonnent nos écrans.
L'auteur sait, sans même une parole, exprimer tout un éventail de sentiment.
Personnellement, je trouve que la nudité du personnage,
au début du film, est très révélatrice de son état psychologique. Il se sent
complètement impuissant et vulnérable face à la mort de son père (est-on plus
vulnérable que lorsqu'on est nu??). Le film est remplit d'analogies du genre qui
sont visiblement le reflet du passé de metteur en scène de Wajdi Mouawad. Comme
au théâtre d'ailleurs, nous avons droit à des silences lourds de sens et
d'intensité, à des objets qui ont une signification autre que leur objectif
premier et à des scènes poignantes. Je ne peux que féliciter l'auteur pour
n'être pas tombé dans le piège de surexploiter les mots aux détriments des
images et des sons.
J'attends impatemment la venue de la prochaine pièce ou du prochain film signé
Mouawad.
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24 nov. 2004, 17:10
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Dès la première scène du film, j'ai malheureusement décroché. Vous connaissez beaucoup de gens qui ouvrent la porte à des inconnus, flambant nu ? Et ce n'est pas une question de puritanisme. Qui se placerait dans un tel état de vulnérabilité.
Le fondement de l'histoire qui suit, parvenir à enterrer papa, constituait possiblement une bonne assise à la pièce de théâtre mais s'avère un prétexte un peu faible en tant que fondement d'un film. Il aurait fallu étoffer le propos.
Malgré ces failles non négligeables, le film n'est pas sans intérêt. Il épouse un peu trop de caractère politique à mon goût mais force m'est d'admettre que, jamais je n'ai tant ressenti les affres de la guerre par le biais de scènes habilement nuancées. Une phrase du film m'a marquée : «On ne peut pas transporter tous les cadavres du pays sur nos épaules.» Elle reflète à merveille l'impuissance ressentie.
La grande victoire du film tient à cette impression de voyager qu'il parvient à nous insuffler. J'ai été particulièrement sensible aux scènes de mer, précieuses, fabuleuses, significatives. Des scènes souvent dotées d'une subtile et savoureuse poésie. J'ai également été impressionnée, à un certain moment, lorsqu'on sent et goûte la poussière autant qu'on la voit.
En bout de ligne, j'ai fait un plus beau voyage que lors de ma dernière visite aux grands explorateurs.
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22 nov. 2004, 07:52
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C'est une production qui m'a plu et aussi m'a laissé un peu perplexe. Je n'ai pas l'intention de résumer ce film, mais plutôt d'en décrire ma compréhension.
D'apprendre que ton père a été rejeté par la famille mérite de comprendre le pourquoi de cette situation.
De découvrir son père en cassette me semble un peu de la fiction, mais cette perplexité me semble aussi réaliste et chose du possible.
Voilà que s'installe dans son esprit une soif intense de connaître ses origines, le tout accompagné d'un ardent besoin de savoir d'où on vient, de ne pas connaître la vrai vérité, laissera toujours un chainon manquant important dans la continuité de notre avenir, de notre vie.
Durant la découverte du drame, apprendre que ta mère est décédée lors de ta naissance, et ton père qui est rejeté par la famille est donc un double deuil qu'il fallait découvrir.
Il faut aller au bout des choses et en assumer toutes les mésaventures qui peuvent survenir et en accepter le dénouement.
La vie d'un père qui a pris le large par le rejet, mérite de terminer sa course au "Littoral", là où sont ses origines...
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21 nov. 2004, 14:49
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Quel film particulier. J'en sors tout juste et plein de questionnement me viennent à l'esprit.
La relation perdue d'un père et de son fils que la douleur de la perte de l'Etre cher a séparé.
La réconciliation de deux entités qui tout en étant éloignées dans le courant de leurs vies sont restées si proches en même temps, si présent dans la tête de l'autre.
Retrouver le pays qui a vu naître ses parents, ce pays dévasté pour qui la mort fait partie de la vie, et pour qui la guerre salit tout.
Cette guerre qui ne respecte pas les vivants et qui ultime offense ne respecte pas les morts.
On souille les tombes, on ne laisse pas aux vivants le droit de rester en paix avec le dernier liens d'avec leurs proches outrepassés.
Mais malgré toutes ses choses si difficiles on y voit l'importance de garder l'espoir, garder l'espoir que la vie peut tout de même continuer , que l'eau purificatrice peut laver la souillure et permettre de glisser dans cet au-delà. Comme le dit le personnage principal, si on ne peut l'enterrer, on va l'em'mer'rer. Pour que la vie puisse continuer, on doit laisser aller la mort.
On y voit aussi toute la difficulté de vivre avec ces doubles vies de ceux qui quittent leur pays d'origine pour un pays d'adoption, mais qui finalement sont rejetés dans les deux mondes. Cette difficulté d'être, d'être soi avec ses racines, ancestrale et nouvelles.
Sûrement que l'auteur avait des choses à dire à son père par sa pièce de théâtre et par son film, sur la dureté de la guerre et la difficulté de la double origine.
Quelques aberrations dans les images parfois, mais dans l'ensemble c'est l'ambiance du film que je retiendrai. Et cette relation père-fils qui aurait pû être.......
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19 nov. 2004, 08:04
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Premier qualificatif de ce film : il s'agit d'un film horizontal. Horizontal tel un bord de mer, le rivage d'une plage. Il s'agit d'une longue enfilade d'événements comme si nous embarquions dans un tunnel sans fin. Un long périple qui nous fait voyager au Liban et en Syrie. De superbes paysages à contempler s'offrent à nous.
Wadji Mouawad a de très bonnes idées qu'il réussit à placer grâce au septième art. J'adore ces mises en scène au théâtre et on constate très vite qu'il a une touche surréaliste dans son approche cinématographique. Il y a des images à la Magritte ou à la Salvador Dali dans les collages de Mouawad afin de découvrir l'histoire personnelle du père et du fils, personnages centraux de l'histoire.
Le traitement du film est intéressant par le jeu des juxtapositions passé-présent. On utilise les photographies et cassettes audio comme repères des traces du passé et pour situer l'action au moment présent. Il y a un jeu habile de montage qui nous fait glisser d'un temps à l'autre tout au long du film.
Malgré tout le film demeure horizontal. Il n'y a pas de verticalité ou de rebondissements sauf peut-être le décès d'un ami qui se veut un élément déclencheur et une prise de conscience directe de la différence notoire entre la vie au Canada et celle du Liban qui a vécu la guerre et qui souffre encore des luttes et des effets de celle-ci.
L'approche d'un travail d'équipe par l'ajout de quelques personnages secondaires qui aide à enterrer son père est intéressante. On voit les personnages se déplacer en îlot, c'est vivant et on sent la solidarité qui unit ces gens regroupés par le pèlerinage et les méandres de la vie.
Il y a certainement une part autobiographique dans ce récit père et fils qui sont demeurés mystérieux l'un vis-à-vis l'autre au fil des années. Un premier film exploratoire pour Wadji Mouawad avec de grandes forces au montage. Le choix des comédiens est pertinent: connus et moins connus. C'est bon de voir de nouveaux visages !
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16 nov. 2004, 20:10
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Que Mouawad soit un intellectuel « québécois » sympathique, soit ! qu'il représente un avenir pour le théâtre, soit ! Qu'il reste un dramaturge de talent, soit ! Mais , de grâce, ne faites pas de lui un cinéaste accompli et de son oeuvre un ...chef d'oeuvre !
Car « Littoral » ne m'a pas plu du tout ! Film sans prétention, tant mieux , mais mal réalisé, avec un casting désolant et des clichés tellement énormes qu'ils en sont ridicules . Un exemple ? la manière shématisée dont apparaissent les soldats syriens tout au long du film . On connaît l'emprise de la Syrie sur le Liban, mais de là à montrer les gros méchants-laids-cupides-violents soldats de la sorte , il y a un monde .
Et la distribution? Un vrai désastre ! Un acteur québécois à l'accent profond sous le soleil du ( faux ) Liban, s'adressant à un faux Libanais à l'accent de Rimouski et qui , les pauvres, mal dirigés, font ce qu'ils peuvent, c'est à dire pas grand chose . On croirait voir jouer la troupe du CEGEP du Vieux Montréal ( excusez-moi si elle existe vraiment ! ), mais certainement pas des acteurs professionnels...ou en voie de l'être .
Un film raté, malgré quelques moments d'une poésie intimiste et d' images agréables . Monsieur Mouawad, la prochaine fois, ne bâclez votre travail, s'il vous plaît, et allez piocher dans la multitude de bons acteurs québécois que vous avez à votre disposition.
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Pays:
Canada
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France
Année: 2004
Durée: 1h36
Catégorie: Drame
Classification: Général
De: Wadji Mouawad
Avec: Steve Laplante, Isabelle Leblanc, Miro
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Région de Montréal
Québec / Bas-Laurent
Outaouais
Mauricie / Centre du Québec
Estrie
Saguenay Alma
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Cinéma Banque Scotia Montréal
Cinéma IMAX Telus du Centre des sciences de Mtl
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